CHAPITRE IV
SlétUoilc à suivre pour rappllcâtlen de ce* . principe*!
Nous nous sommes ciTorcé de démontrer, dans les chapitres précédents, que les plantes avaient besoin d’aliments généraux nécessaires à leur existence, et d’aliments spéciaux indispensables à leur complet développement; l’application de ces principes exige d’abord que nous analysions les plantes que nous soumettons à la culture, que nous les analysions dan^ leur état de plus grand développement et de plus grand produit, et dans des circonstances locales et climatériques différ rentes pour nous assurer de la nature de leurs éléments, et par conséquent de celle des aliments qui doivent leur être fournis. Cette analyse est indispensable pour établir le choix et la dose de ces aliments sur des hases solides; c’est par elle que dort commencer toute recherche sur l’alimentation végétale.
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’ )l fau^ ensuite constater ceux ide ces éléments d'alimenta» tion qui manquent au terrain, et ici se présentent deux méthodes : la première consiste à faire l’analyse exacte et détaillée du sol pour déterminer les substances qui lui manquent, et qu’il faut lui fournir; la seconde est fondée sur l’analyse des récoltes que l’on enlève au sol pour constater les matières qu’il faut lui restituer pour le remettre dans l’état où il était avant la récolte. La première va directement au but ; mais . elle exige, pour chaque terrain, une opération qui devrait être répétée chaque année, si on ne la combinait avec la seconde. Oélle-ci a l’avantage de pouvoir se réduire en formule, car une fois les plantes de la culture usuelle analysées, on peut penser que leur composition dans les' différentes années ne s’éloigne pas beaucoup d’une composition normale et moyenne qui est à déterminer. Mais c’est aux savants à rédiger ces formules, et une fois à la disposition dn public, il semble que le choix des engrais nécessaires n’est plus que l’affaire d’un calcul très élémentaire. On se tromperait cependant si l’on croyait à l’exactitude rigoureuse d’un pareil moyen. Déjà nous avons plusieurs analyses de plantes faites par des chimistes habiles et dans les différentes circonstances de climat et de sol ; elles sont, loin de donner des résultats identiques ; les éléments constituants des plantes y varient selon des proportions très diverses. On n’aura donc de la sorte qu’un à peu près^si l’on ne fait pas à chaque récolte l’analyse des plantes. Or, cette analyse est encore plus délicate et plus longue que celle du sol. On parviendra à une approximation satisfaisante si, quand on aura des analyses moyennes des plantes, on commencé à analyser, le sol ; qu'ensuite, pendant un certain nombre d’années, on se serve des formules qui indiquent la composition des plantes, mais que plus tard on en revienne à l’analyse du sol. Cette marche est d’autant plus nécessaire que les terres perdent ou acquièrent des éléments nouveaux par d’autres Voies que les
AOROLOGiE.
Récoltes et les engrais, et qu'il faut bien vérifier de tepips en temps cés gains et ces pertes qui s’opèrent à poire in^u .
Après avoir déterminé la nature et la quantité de substances complémentaires è ajouter au sol, il restera à (aire l’étude de ces sul)stanccs elles-mêmes, et ce sera le sujet de nos recher- ^chej actuelles.
Mais avant d’entrer dans une discussion détaillée, noos de-
vons nous arrêter un moment sur l’ordre que nous aurons à suivre, et qui est loin d’être indifférent, car il peut faciliter ou compliquer l'étude que nous devons faire; il peut éclairer et diriger les applications tout en rendant ]a théorie plus facile À saisir, ou jeter du trouble dans 1^ esprits et de l’incertitudu dans les pratiques, selon qn’il sera bien ou mal choisi. Supposons, par exemple, que npus adoptions l’ordre suivi par tous les auteurs qui nous out précédé , celui qui divise les cngcais ,éu minéraux, végétaux, animaux: qui ne voit <^’en transportant ici une division empruntée à l’histoire naturelle , nous manquons notre but, qui n’est. pas de faciliter la recherche de l'origine de l’engrais, origine toujoiirs bien connue, mais d’dclairer l’agriculteur sur la convenance de son emploi, pour laquelle cette classification ne nous apprend rien? Nous avotis donc pensé que l’ordre à suivre dans cette matière devait dér pendre surtout du degré d’importance des substances propres à la nutrition, combinée avec la difficulté de se les procurer. Non pas que cette importance relative ne puisse varier et .qu'cjle ne doive être attribuée pour un champ donné à lasub;stancc peut-être très commune qui lui manque; nous parlons jçi de l'importance absolue en la basant sur l'état général des terres, et en donnant la prééminence aux éléments de nutrition qui y sont les plus rares, qui sont les plus chers et les plus djiriciles à obtenir. En suivant cette méthode, nous aurons déjà beaucoup fait pour établir la valeur comparative des cn- ,grais., Comme elle se base sur, des cppsidérations générales
relatives à cette impartancc, relatives à la constitution et ù l'action de ces substances, c'est par leur exposition que nous, allons commencer.