‹ Cours d'agricultureChapitre 129 sur 174 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

, Conslderntlon» générales snr les madères alimentaires des plantes (engrais).

En exposant la nature des principes des plantes, nous avons > signalé en première ligne plusieurs de ces principes, l’eau, l’acide carbonique' et l’âzote, comme étant indispensables à l’existence des plantes. Nous assignons par là leur degré d’importance relativement à l’alimentation végétale. Si nous voulons ensuite assigner un rang à ces trois éléments, tous les trois nécessaires, il faudrait partir d’une autre considération^ celle de la facilité ou de la dilTiculté de se les procurer.

Dans un grand nombre de pays, la nature fournit elle-même l’eau nécessaire à Talimcntation des plantes; dans d’autres, ce, principe est surabondant, et ailleurs il est en défaut habituellement, où dans certaines saisons de l’année. Nous avons déjà indiqué, en parlant des amendements, les moyens de r^ itablir, dans ces deux derniers cas, l’équilibre nécessaire à une bonne végétatiou ; nous ne nous en occuperons pas ici.

Restent donc l’acide carbonique et l’azote. L’acide carbonique résulte de la décomposition des débris végétaux que ren- , ferme la terre et sursature souvent les éléments calcaires du' . ÿol ; il se rencontre ordinairement en quantité suffisante, et quelquefois môme il existe en excès, ce qui oblige à le neutraliser par le moyen de la chaux ; fourni d’ailleurs aux plantes par l’atmosphère, il ne manque guère que dans des cas assez rares, dans des terrains secs où le terreau a été épuisé, ou entière-

AGROLOOIE.

ment converti en matière charbonneuse. Dans Ce cas même, l’abondance et le bas prix des matières qui peuvent le fournir, < comme la marnej les débris végétaux épuisés, le ligneux, n’oflrent que l’embarras du choix.

Il n’en est pas do même de l’azote : il n’est pas prouvé que les plantes en soutirent à l’àir atmosphérique, et, dans tous les cas, plusieurs familles entières de végétaux, comme les graminées, sont tout à fait impropres à l’y puiser; mais c’est dans l’ammoniaque mêlée à l’air et ramenée sur la terre par les rosées et les pluies, et surtout dans les débris des végétaux et des animaux, qu’il se trouve en abondance. Les matières minérales, la chaux, l’argile ne sont que des excipients, propres àretenirla petite quantité de celui qui flotte dans l’atmosphère sous forme d’ammoniaque ou d’acide nitrique; en outre, plusieurs des composés azotés sont volatils , et laissent perdre une partie de cette base sans profit pour la végétation. Enfin, le besoin de substances azotées est tellement senti, que, sans analyse préalable, par un accord général et spontané, fruit de l’expérience de tous les peuples, le prix de chacune des substances qui le contiennent est presque relatif à la quantité d’azote qu’elles renferment, dans chacun des emplois que l’on peut en faire. C’est donc cette substance la plus rare, la plus chère, la plus nécessaire que nous devons rechercher la première ; c’est elle qui doit surtout nous préoccuper dans le choix des engrais. Quand nous aurons pourvu nos terres d’azote, il sera facile ensuite de trouver les autres suppléments nécessaires à la végétation.

Si nous passons aux aliments spéciaux, nous trouverons les alcalis minéraux, principes qui se présentent constamment, quoique en proportions très variables, dans les analyses végétales, et parmi ceux-ci la potasse occupe le premier rang, soit par le plus grand nombre de végétaux où elle domine, soit aussi par sa rareté et son prix. La soude remplace fréquemment la potasse dans la végétation comme dans les arts ; noua •

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la trouvons dans les plantes qui ont ctù sur des terrains salifères sans que la réussite des récoltes en aitsouflbrt. Elle s’y rencontre à des doses qui rappellent celles de la potasse dans d’autres terrains, tandis que celte dernière a pris un rôle secondaire, et un grand nombre d’arts qui se servaient exclusivement de potasse emploieat maintenant, à cause de l’écohomie qui en résulte, la potasse factice, qui n’est autre chose qu'un mélange de sels de soude fondus ensemble.

Le phosphore se trouve ordinairement dans toutes les terres calcaires sous forme de phosphate; il manque souvent aux terres noti calcaires, et on peut le lui fournir au moyen des os pulvérisés, des coquillages, du falun ou du noir animal ; le prix des os est tel qu’en payant l’azote qu’ils contiennent, on obtient gratuitement le phosphate de chaux; on peut aussi l’avoir à bon compte en employant les coquillages, le falun.

Le sulfate de chaux marche sur la même ligne, à cause de la petite quantité que l’on en emploie sur les terres, et de son bon marché dans la plupart des pays. Quoique plus cher, le chlorure de sodium, partout où il serait nécessaire, ne devrait être fourni qu’â faible dose, et probablement son application la plus utile ne serait pas celle que l’on ferait directement au sol. Si l’on nourrissait des bestiaux, il conviendrait d’arrose J. le fourrage de sa solution, pour le retrouver ensuite dans les fumiers. Il aurait ainsi, dans la nourriture du bétail, un effet avantageux sur le sol qui compenserait la dépense.

La chaux, la magnésie, quand on peut se les procurer, ne coûtent presque que des frais d’extraction et de transport.

Après avoir ainsi parcouru tous les aliments des végétaux à Jour état do simplicité, et indiqué les moyens de se les procurer, nous aurons à nous occuper des alimehts composés qui constituent réellement ce que l’on doit appeler engrais; ce sont lés excréments et les urines des animaux dermestiques, recueilli^ par des excipients quelconques, secs et spongieux comme la

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terre, la paille on tout autre végétal sec qui s’empare (fe leurs sucs, ou bien liquides comme l’eau, auxauels on les mêle dans des réservoirs.

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