CHAPITRE VII
Altmeiita dea vésétanx canaldéréa comme conteBant de l’asoSe.
Nous avons- à pourvoir aux besoins très divers des teitcs, À leut apporter les éléments de nutrition qui leur manquent, à compléter ceux qu’elles possèdent en quantité insuflisante. Ce n’est que par le choix judicieux des substances qu’on de-^ ' vra leur appliquer que l’on parviendra à remplir le but que se propose l’agriculture. Jusqu’à présent on a agi un peu au hasard, ou plutôt l’emploi des fumiers, qui eux-mèmes'coétiennent la plupart des éléments de la végétation, a suppléé . à l’intelligence du cultivateur. En employant à doses inconnues un pareil mélange de substances, on avait la chance que la substance réclamée par la terre s’y rencontrerait. C’est ainsi que dans l’ancienne matière médicale on entassait une foule de médicaments divers dans la thériaque, espérant qu’il s’en trouverait quelqu’un qui conviendrait à la maladie, et que les organes malades sauraient bien y choisir. Aujourd’hui il y a quelque chose de plus à faire : c’est d'ajouter à ces fumiers èux-mémes les éléments dont ils manquent; c’est d’y rétablir les ^oportioDS én rapport avec les besoins des tmes quel’mt
ALIJIEXTATIOS VÉGÉTALE.
traite ; c’est enfin, dans bien des cas, de profiter d’une foule do , corps qui présentent isolément un ou plusieurs de ces éléments, que la pratique dédaigne faute d’en connaître les propriétés, et qui peuvent être d’un grand secours pour l’agriculture.
D’après ces idées, l’ordre qui convient le mieux à notre ‘ étude est celui qui classe les corps susceptibles de fournir des ' aliments aux plantes selon l’ordre de l’élément qui y domine; nous allons commencer ept examen par ceux qui renferment • l’azote en quantité notable, et par les substances où Tazotc se trouve en simple état de combinaison, sans être engagé dans des corps non azotés ; nous continuerons en suivant l’ordre des composés les plus simples, et nous terminerons par les engrais les plus composés, les fumiers. Nous devons reconnaître ici , hautement que la plupart des analyses de ce chapitre appar- . , tiennent à MM. Boussingault et Peyen, dont les travaux ont , été si utiles aux progrès de la science agricole.
Section r*. — SeU. > '
• S — Nitrates.
Les nitrates de potasse, de soude et de chaux ont été soumis à l’expérimentation agricole et ont donné de bons résultats. Le nitrate de potasse en particulier a été souvent essayé. Nous- ■ même nous en avons éprouvé de bons effets, en le mêlant-.avec du terreau dont nous recouvrions les graines de betteravos au moment du semis. ' > . j
M. de Woght dit que l'effet de 5*^,5 de salpêtre égale celui de 1,000 kilogr. de fumier*. Le nitrate de potasse renfermant .13,78 p. 100 d’azote, &a,5 en renferment 0,76 , c’est-à-dire moins que n’en renferment 200 kilogr. du fumier de ferme de . MM. Bmusingault et Payen. Il nous parait donc qu’il y a ici {i) Sammlung landtvithtchafÜiche,l.tiiS2i. .• '
508 AGBOLÔGIE.
une erreur évidente dans l’appréciation des effets de cette sub- ’
stance. M. Lecoq* dit, au reste, que c’est celui de tous les ' . • . engrais salins qui jouit des propriétés les plus énergiques, et „ qu'employé à petites doses il agit toujours et paraît favoriser . la végétation des céréales, des légumineuses et du sarr^in. Malheureusement il ne l’a pas expérimenté de manière à pouvoir traduire en chiffres les impressions qu’il nous transmet. •
La cherté de ce sel, quand il est purifié, a toujours, empéofaé l’extension de son usage. Il vient maintenant de l’Inde en. grande quantité. Il coûte 50 fr. par 100 kil., et, ajpporté par vaisseau français, il coùteen outre 15 fr. de droit. Si l’on fait abstraction du droit d’entrée, maintenu pour protéger les insignifiants produits des ateliers français, qu’il serait si facile de . rétablir en temps de guerre et qui pédant la paix ne peu- . .
.vent que gêner l’agriculture, on voit que 100 kilogr. de sel. contenant 13,78 d’azote, chaque kilogramme de ce gaz re- .* . • viendrait à 3 fr. 62 c.
. Mais il n’est pas nécessaire de recourir à l’achat direct du nitrate de potasse pour s’en assurer les effets. On sait que les ' terres poreuses se chargent naturellement des nitrates quand on les place dans des circonstances favorables. C’est ainsi que • l’on faisait des nitrates artificiels en Prusse et en Suède, avant l’importation du salpêtre de l’Inde; c’est ainsi qu’on en fait encore en Espagne. • ■
Il suffit de construire de petits murs, peu épais, avec de la terre calcaire poreuse, contenant peu d’argile, mêlée et gâchée avec des cendres, de la paille et même des fumiers ; de les couvrir d’un toit et de les arroser de temps en temps, pour que '
.ces terres soient chargées de salpêtre au bout de l’année. Si l’on n’a pas employé de cendres, on n’a qu’un nitrate de chaux qui est un engrais tout aussi faon. Comme le cultivateur n’est pas obligé de lessiver ces terres pour en obtenir le salpêtre, • * •
(i) Mémvire sur les engrais salins, p. 76. ■ ' ■ ■ ’ . .
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ALIMENTATION VÉOÉTALE.
{nais qu’il les transporte immédiatement dans les champs, les principaux frais sont évités, et l’on obtient des nitrates à un hon prix. L’emploi du fumier n’est pas absolument. indispensable; on pourrait le suppléer en arrosant la terre avec unesolution de potasse ou de soude, pour activer la nitrification au moyen d’une base plus énergique que la chaux carbonatée. Ce que nous avons dit à la page 135 sur la nitrification explique suffisamment ce qui se passe dans cette opération. Les estais en grand que l’on fera de cette méthode pourront seuls' nous apprendre ses résultats économiques. Mais il est évident' quec’^t là le meilleur moyen de fixer à notre profit une grande masse de l'azote répandue dans l’atmosphère.
La chaux et la marne répandues sur la surface des terrains' agissent 'aussi en partie par les mêmes principes, en fournis-'' sant une base saliGable aux acides qui, à la faveur de l'évaporation aqueuse, se forment dans l’atmosphère ou au contact de la terre.
Le nitrate de soude, que l’on trouve en masses énormes aii Pérou sur une étendue de plus de 300 kilomètres, est préféré maintenant par les fabricants d’acide nitrique, et devrait l’êtrepar les cultivateurs à cause de son plus bas prix et de la plus grande quantité d’azote qu'il contient, si ce prix n’était en- 1 core beaucoup trop élevé pour l’agriculture ; 100 kilogr. de ce ' ' sel coûtant 48 fr. 30 c. sans les droits de douane ' contiennent 16,43 d’azote, qui revient ainsi à 3 fr. le kilogr.
M. Vilmorin a démontré l'efficacité de ce sel en répétant l’expérience que Franklin avait faite avec le gypse. Les figures tracées sur le terrain avec le nitrate de soude en poudre ont été reproduites par une plus grande énergie de la végétation. M. Vilmorin remarque que les graminées semblent avoir mieux proGté de cet engrais que les légumineuses.
Nous allons rapporter, en parlant de chaque engrais, les
(1) Le droit est de. IG fr. 50 c. par 100 kilogr.
510 AGBOLOGIE. : ; •
expériences agricoles auxquelles iis ont donné lieu et qui sont arrivées jusqu’i nous, entourées do détails qui paissent rendre leur examen utile. Nous les considérerons sous deux points de vue; le premier consiste dans les recherches de la partie de l'engrais absorbée par la récolte, et servira à constater la durée de scs eiïets. Nous prenons ici pour base l’azote enk3vé par la '* récolte que nous comparons à celui enlevé par l’engrais ; une • des conditions qui rend cette recherche possible, c’est que l’expérience ait été faite comparativement entre des terres qui - " n’ont pas reçu d'engrais et des terres qui enont reçu différen- . ' ' tes doses. En partant de la base admise par Thaër et confirmée par des faits agricoles très nombreux, nous admettons qu’une récolte de blé enlève au sol les 0,40 de sa fertilité acquise; nous aurons ce degré de fertilité, cette vieille graieee de sol, '
^'il faudra ajouter à celle apportée par l’engrais pour avoir . l’azote total de chaque récolte.
Le second objet de recherche est la question économique ; lùais celle-ci dépend tellement des circonstances locales , des prix de revient de l’engrais et de celui du produit, que les ré> > • sultats indiqués ne devront être pris que pour de simples renseignements.
M. Kublmann nous a donné les résultats de l’empTot de ni- ' trate de soude sur une prairie des environs de Lille ; le sel ' était délayé dans l’eau de manière à représenter un- volume de 335 hectolitres de liquide par bectare. Ses effets sont ici mis ‘ en rapport avec les produits obtenus sur la terre où l’on n’avait pas employé d'engrais. v ' '
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133 k. de nitrate de soude. . . .
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AI.I«ËXTAT10(r TÉSÉTALE. 511
La dose absorbée est exaetemeat la même dans les trois cas, et comme pour les réœites de Cromeat,' elle est de 0,40 de l’engrais mis en terre. H est done probable que la décomposition do ce set n’est pas rapide et suit à peu près le cours de la végétation comme celte du faimer lut-mème.
Quant aux résultats de M. Kubimann, nous trouvons qu’il a obtenu, de 133 kilogr. de nitrate coûtant 86 fr. 45 c., iin excédant de récolte de 800 kilogr. de foin valant 64 fr.; que si le prix du sel était dégrevé de l’impôt, il l’aurait payé 64 fr., 10 c., ce qui aurait fait la balance exacte entre la dépense et la recette; qu’il a obtenu de 266 kilogr. de nitrate coûtant 172 fr. 90c. un excédant de récplte de 1,723 kilogr. de foin, Valant 137 fr. 84 c.;'et que si le prix,du sel était dégrevé de -l'impôt, il l’aurait payé 128 ir. 21 c. ,
^ L’usage, du nitrate de soude parait s’étendre beaucoup en Angleterre*. M. Chaterley a expérimenté les effets du nitratede soude et de potasse ; .voici ses résultats réduits à la mesure de l’hectare*. , . , ..
QuMiUlé' * d'engrai».
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frotnent. graio. paille. ?•'»«. aol. Uagraw. «ii Ufre. ^
kii. k!l. kll. kit. kil. kil. kil. kil.
« «jn 50,33 ttto 10,30 00,1^ 151,70 00,00 f94,7(> -0,40
jOTik.Gdc nitrate
desoode. . . . 1703 07,83 ^9 11,96 79,09 191,70 f7,0t 178,7t 0,41
iV3k.Gdc niiralc
depoiassc. .. 1748 07,99 2199 10,77 78,00 151,70 14,27 iCS,97 0.47
.. Ces expériences annonceraient une tendance des sels , et^ surtout du nitrate de potasse, à agir un peu plus promptement que la base fixée de 0,40; cette légère différence peut tenir à la saison. Les données économiques fournies par l’auteur ne nous semblent pas assex précises pour que nous devions en faire;
mention ici.
1) Voijage en Angleterre, de a. deGmtev, el Jourml d'agrioul— lura firali'juc, t. IV, p. 48ft. . ,
(2) .'JJmoires '.b la Société chimique de Londres^ t. I, p. .153.