‹ Cours d'agricultureChapitre 139 sur 174 · C. — ÀtUret végétaux eulHvés pour engrais · texte numérisé non relu

C. — ÀtUret végétaux eulHvés pour engrais

• 1. Fèves. Dans les envitons de Bologne, oa sème des fèves ‘ comme engrais sur les terrains destinés à porter du chanvre, après les avoir préalablement fumés. La fève est à fleur et

■ propre à être enterrée au moment où l’on donne la dernière façon pour le chanvre*. On considère l'herbe de là fève en Oeuf* comme une demi-fumure.

. 2. Fescea. Les veScesontétéemployéescommeengraisverl,

mais la cherté de leur graine rend cet engrais très coûteux ;

‘ on se sert aussi de maïs dans le Milanais. François de Neuf- . château a beaucoup prôné le tabac pour l’cxtrème fertilité - • qu'il apportait aux terr.es où l'on enterrait sa plante. On dit * l'avoir employé autrefois dans les environs de Florence. La ' ' . ' petite quantité de graine qui est nécessaire et son bas prix .auraient rendu cet engrais fort utile. Mais le tabac ne prend un girand développemetat que sur des terres déjà très riches, quand même le monopole du gouvernement n’en aurait pas fait prohiber la culture dans certains pays et accru la valcurde sa plamte dans d'autres.

. 3. Seigle^ M. Giobert, de Turin, préconisa, il y a quelques années, l’emploi du seigle enterré en vert pour servir à l’cp-

'. fl) Crud, Ecônomk de l’agriculture, art, Chànvre. . ‘ .

AUMEXTATION VÉGÉtALg. 503..

grgis’. Il prétendait qu’à l’époque de ta floraison cette plante ’ produisait uu engrais égal à celni d’une fumore complète avec le fumier de ferme, et qu'en raiteroaot avec d’autres récoltes, le maïs et le froment, par exemple, on pouvait avoir indéfini*. ' ment le qiéme résultat que si l’on employait ce fumier .'L’agriculture était ainsi réduite à un grand état de simplification, et le régne animal, qu’un préjugé injuste fait eonndérer commet $i onéreux, était banni de l’agriculture.

, Le» expériences du comte Verrï^ prouvèrent que la légère augmantation de récolte que l’on obtçnajt ne compensait pas les frais. Dès la seconde anuéd, le produit du champ fumé aveq le seigle descendit au niveau de celui qui n’avait pas reçu d’engrais. Toute la puissance du seigle était consommée. Les analyses viennent à l’appui de ce résultat. En eOet, supposons . une pleinerécolle de seigle de 1 8 hectolitres, la paille ctle grain nous Journiront 40*^, 33 d’azote équivalant à. 1^,330 kil. d’engrais de ferme; c'est, comme on. voit, une fumure assez légère.- ^.Spergule. M.de-Woght s’est beaucoup servi de la spergule, et il n’est pas inutile de l’examiner ici sous le. point de vue de l'engrais. M. de Dombasic a dpnné, dans ses Annales^, , la. traduction de .l’ouvrage spéciàl.où cet agriculteur zélé a' rendu compte de ses essais. Il y affirme qup si l’on sème con-< sécutivement un champ de spergule pour être enterré en vert èn mars, juin et août, on peut compter que l’efiet de ces trois herbages équjvaudra à celui de 39 voilures de fumier oq de 3j900 kilogr. par hectare, ce qui, dit-il, enrichit plus le sol * qu'une récolte de seigle ne j'épuise.

. Le produit do la spergule, semée et récoltée dans la saison, . ne va pas au delà de 3,000 kilogr. par hectare; les trois récoltes successives donnent sans doute une quantité moinijre ^ .

(I) DM Soverscio, Turin, 1819. . .

^2) /àid., 2' édiC., Milan, 1881. • • '

AGROLOGIE.

mais supposons qu’elle soit égale, nous aurions à enterrer l’équivalent de9,000 k^ogr. de fourrage sec qui nous donnent 103‘‘,5 d’azote, ou 25,800 kilogr. de fumier de ferme capable^ de produire 98 bcctel.- de seigle. M. de Woght récoltait dans ses expériences 17 hectol. de seigle qui s’emparaient amsi de la moitié de l’engrais. Reste à déduire de ces avantages la dé-'* pense des cultqres nécessitées par ce triple ensemencement.

Au reste, cette plante ne réussit bien que dans les terrains sablonneux et frais,- et dans les climats humides. Quand orr s'ètne la spergulc pour engrais, on répand 60 kilogr. de serpencc par hectare surnm lahour', et on passe un rouleau après avoir jeté les graines.

5. Sarrasin. On a parlé aussi de cultiver le sarrasin pour engrais vert. Schwerz nous dit qu’en Allemagne on n’enterre * le sarrasin que quand la récolte de la graine ne laissé plus d’eSpoir. Dans le midi de l’Europe, on pourrait essayer de le semer au premier printemps sur les guérets, pour l’enterrer quand il serait en fleurs. Il faudrait employer 1 0 à 1 1 déca^ , litres de graines par hectare pour que les plantes fussent assez

. épaisses ; mais nous ne trouvons pas de résultat connü de cette ' opération. La paille de sarrasin renferme 0,54 d’azote p. 100 ’ à l’état sec, et 0,48.'après la dessiccation à l’air. ; .

6. Madia sativol. On a introduit depuis peu lè madia sativa ' dans la culture. La facilité de sa sortie et sa croissance rapide sur toutes sortes de tèrràins ont attiré l’attention dés cultivateurs, et plusieurs d’entre eux l’ont essayé eomme engrais" vert. MM. Boussingault et Payen pensent qu’en raisou des* *

. exsudations résineuses qui couvrent cette plante, il conVien- . drait de lui faire subir une macération avant de l’enterrer •comige engrais. Les fanes de madia sont assez riches en azote; ■ elles en possèdent 0,66 p. 100 à l’état sec, et’ 0,53 après la • •de^iccation à l'air, c’est-à-dire que dans ce dernier état elles surjpassent, poids pour poids, la valeur du fumier de ferme.

. • . 4LIUENTÀT10H VÉGÉTf^LE. 565

Toute la question économique réside donc dans la quantité de ces lanes que l’on pourrait récolter par hectare sur un sol donné, Ce n’est qu’après des essais répétés que l’on pourra prononcer sur la convenance de cet engrais vert. > •

7. Navette. La navette est plus anciennement et plus fré^, quenunent employée é cet usage. Schwerz cite rezcellent usage , qu’en font , sur un sol de sable, les habitants de Hœrdt, en. ' ‘ ' Alsace. Après la récolte des pois , ils sèment la navette surun seul labour ; ils l’enfouissent par un autre labour avant les ge^ lées, et elle profite à la récolte du blé de printemps.qui la suit.

Ils sèment aussi de la navette après les ponnmes de terre prinr tanières,. de manière à pouvoir Tcnterrer en automne au profit . du seigle. Pans le pays de Caux , on sème la navette vers le 15 octobre, et à la bn de mars on fume par-dessus et l’en ervfouHIa plante pour cultiver des pois; après les poison sèmo de nouveau la navette avant le 15 août, et on la renfouit en octobre pour semer le blé. On sèmo aussi la navette, mêlée avec de la vcsce, à la Gn de juin sur les trèfles que l’on veut rom-' * pre, pour l’enterrer en septèmbrect semer du blé en octobre." •

C’est ce qu’on appelle dans le pays semer sur verdage à ren*

/bm'r*. Cette plante a l’avantage de ne pas exiger une grande'- ■ dépense pour achat de semences; car il suDit de 10 à 12 kilogr.de graines par hectare.

S .Chanxre. M. Bressy présenta, en 1820, le chanvre comme *

•une des plantes les plus améliorantes. On connaît la fertilité ' croissante dos cbèneviércs et on l’attribue aux débris des plantes et dés feuilles, qui restent sur le terrain. Aux environs de Compïègne, on destine les terrains de seconde qualité au chan- ' vre et on l’alterne avec le seigle ; on le vend sur pied, mais les débris recueillis précieusement sont regardés comme uh puis^‘ sant engrais*. A ceux qui veulent l'cpfouir an lieu de le vendre^

(1) Annales de VagricuUure française, 2® série, t. XHI, p. 69.

{2) Société de Seine-cl-Oise, i920,p.. .

â6tj ' i ' ACROLOGIÉ. • . . * •

et qui aflirment qu’on en retire 100 fr. par 33 ares , ne pour* rak-on pas dire qu’à ce prix il raudrait mieux faire cette vente et acheter de l’engrais que d’enterrer le chaoirré lui-méme; et si le chanvre reste trop petit pour être vêndu, ses effets, comme engrais, ne seront-ils pas insignifiants? On emploie 3 hect. 36 de semences par arpent. La tige de chanvre complètement sèche contient 1,74 p. 100 d’azote.

.9. Dibriidiveri. On conçoit que tous les débris de plantes, les feuilles de betteraves, de carottes, de pommes de tefre, peuvent être considérés comme des engrais verts; il en est de même des chaumes des céréales , et l'on s’en aperçoit bientét qpand on sulistitue la faux à la faucille, la première coupant la paille bien plus ras que la seconde ; les Cham|» s'en trouvent appauvris , si l'on ne compense pas cette soustraction par une augmentation d’engrais. M. Boussingault estime à 687 kilogr. par hectare le poids des fanes de pommes de terre ayant produit 13,000 hectol.de raçines; cette quantité de fanes contenait d'azote représentant 3,900 kil. de fumier*. Les feuilles des betteraves d’un hectare qui avait produit 15,000 kil. de racines pesaient, desséchées, 1,167 kilogr., contenant 53^,5 d’azote représentant 13, 100 kilogr. de fumier. Enfin fe chaume d’une récolte de froment de 14 hectolitres par hectare a pesé 518 kil. àl'étatsec, contenant 1,81 d’azote et représentant seulement 400 kil. de fumier. Les feuilles tombant des arbres enrichissent aussi le sol dans les forêts, et ce n’est pas sans dommage pour elles qu'on les en retire pour les porter sur les, champs où elles sont d’ailleurs un très bon engrais; celles de chêne, per exemple, donnent à l’état normal, en automne, 1)175 p. 100 d’azote, et à l’état sec, 1,565’; cependant ilfaut les faire fermenter avant de s’en servir pour détruire le tanpin qu’elles contiennent. Enfin, les prairies artificicilea ont ‘

(1) Voir le Ubieau à la fin du voiamc, pour les autres espèces de fCHille's. ! ; ■ C .

AHMEMATJOîf VÉGÉTALE. 567*

iieaucoup pins d'importance, et constituent, au mpyen de leur chaume et de leu'n racines, un des engrais verts les plus usités cl les plus puissants. Un becUre de luærne défrichée, dont . nous avens recueilli tous les débris et les racine pour nous aswrcr de leur quantité, nous a donné Un poids de 37,031'kilogr. à l'état normal, qui contenait 0,80 p. 100 d'azote; par conséquent, 296'‘, 168 d’azote représentant 74,400 kilogr, ‘ de fumier de ferme, quantité susceptible de produire 33 hectolitres de blé. On a reconnu depuis peu la valeur nutritive de ces racines cuites données aux moutons. Ce sera un avantage, sans dqute, si les Rimiers qui en proviennent sont bien administrés, sans quoi les terres pourraient s’en trouver très ‘ mal. M. Boussingault a recueilli sur un hectare 3,000 kil. de racines à l’etat normal, pu 1,547 fûl. à l’état sec, contenaat 97\84d’azpteet représentant 6,961 kil. de fumier. Ce&débris* seraient donc beaucoup moins riches que ceux de la luzerne.

D. — Réfiexion» tur les engrais verts.

On peut apprécier maintenant tout cé qu’ôn doit attendre des engrais verts ; leur eflkacité est bien coq^tatée et par leurs résultats agronomiques, et par leur analyse. Ceux que l’on obtient, par le défrichement des prairies artiBciellas sont les plus abondants et les moins coûteux; parce qu'ils résultent d’ilne culture qui a déjà payé ses frais. La convenance de l’emploi des autres plantes enfouies est entièrement subordonnée à leur réussite sur les terEains auxquels on les destine, et leur soc- . cès défend d’ailleurs des chances des intempéries atmosfdiér riq’uies. D’ailleurs, la possibilité de leur culture est subordonnée à la distribution des autres travaux de la ferme, qui peut souvent ne pas comporter des travaux extraordinaires venant se contrecarrer avec ceux qu’exige l’assolement adopté. Nous croyons donc que ce n’est que dans des situations spéciides que Hon peut baser sur l’usagé des engrais verls les coqi-

56a 4GR0L0GIÊ.. •

binaisons d’une économie rurafe. Il sera (>téférabte, dans le plus grand nombre des cas , de cultirer des plantes qui puis- .sent servir à la nouniture des animaux, puisque ceux-ci restituent à la terre une grande partie des éléments qui servent à leur nourriture , et créent avec l’autre partie un produit ani^ mal d’une plus grande valeur.

.Cependant il est des circonstances où les engrais verts peuvent devenir une ressource d’une grande importance, et même où ils sont l’unique pivot sur lequel on peut faire rouler tout le système d’une amélioration du terrain. Ainsi , quand on se trouve en présence de terres négligées, maigres, sans pâtura-’

' ges pour y nourrir les animaux, sans possibilité d’acheter des fumiers ou de se procurer des masses de végétaux venus sans culture, on est naturellement amené â chercher dans les engrais verts cette première force qui donne l’impulsion à la machine ' agricole. On commence alors par essayer en petit plusieurs plantes propres à cet emploi, et on fixe son choix sur celle qui réussit le mieux dans le sol auquel on la destine. On donne au terrain la préparation convenable, on sème avec soin, et la plqnte étant ën fleurs, on la roule ct.on l’enterre. Si le semis s’est fait au printemps, on lui fait succéder immédiatement, selon les saisons et les circonstances, une nouvelIcLplante amé-' liorante d’automne. Si les fanes de ces récoltés ont été peu . abondantes , on recommence l’année suivante, et jusqu’à ce que l’herbe recueillie ait démontré, par son épaisseur et sa hauteur, que le terrain est en voie de progrès; alors- on sèmé sur le terrain ainsi préparé une prairie arlilieielle convenable à la situation, et l’on a ainsi un commencement d’engrais animaux ; ce n’est que sur les défrichés de cette prairie que., l’on commence la culture des céréales. Si l’on améliore ainsi successivement les différentes parties du domaine, on se trouvera arrivé à un résultat important.

Ne nous le dissimulons pas , cependant ; l’engrais ainsi ob-

AtlMENTATION VÉGÉTALE^ ‘ Ô69

’t«nu toute cher , et sur des terres pauvres il faut quclquéfoia . plusieurs années d’attente et de travaux pour atteindre le but qu’on se propose. Sur de pareils terrains les premières récoltes d'herbes sont faibles, la terre ne se saturant que graduellement de ce que l’on pourrait appeler sa. ration d’entretieb avant de manifester sa fertilité. M. Rieflel, l’habile directeur de Grand- Jouan , aflirme , dans soit Agriculture de l'Ouest, que l’amélioration de ses landes lui a coûté tout ce qu’elles valent , et . nous croyons que c’est le résultat que l’on obtient par toutes les méthodes.. Bannissons donc toute illusion , ne croyons pas que l’engrais vert soit un présent gratuit de la nature;^ elle aussi , tend souvent te qu'on croit quelle donne.

• Quant aux terres qui, dès les premiers semis, donnent l’herbé avec abondance , on doit recourir sur-le-champ avec elles aux prairies artificielles ; sans se laisser aller à l’espoir de fumer à plus bas ptix avec les engrais verts. La rente de la terre et les travaux destinés à ces engrais s’élèvent te plus souvent au-de»-

. sus de leur valeur réelle. On évitera Cette erreur en ayant soin de tout calculer' et de tout peser, d’après les données que l’on trouvera dans ce qui précède. Ainsi on pèse en vert une partié de l’herbe obtenue sur une étendue déterminée, et dont la pousse est une moyenne entre la plus belle et la plus chétive ; on la.fait dessécher complètement soStau baind’huile à la température de lûO**,. soit sous la machine pneumatique; on dosq . l’azote de la plante , et on trouve son prix dé revient par la comparaison avec les frais de culture; on compare ce prix d’un kilogr. d’azote avec celui obtenu des fumiers , et par ces précautions on prévient tout mécompte dans une telle opération.’

• Nous connaissons cependant des cas où, malgré la belle venue de l’herbe, on peut préférer les engrais verts à la production du fumier d’étable , mais ils sont rares, ^ous citerons ce que nous avons vu dans certaines contrées du midi où l’on perd cfaaque-aouée une grande partie des troupewx par le pissement

AOBOLOGIE..

de Sang (sang de rate), et où )’od est trop éloigné des marchés ‘ d'engrais pour pouvoir en obtenir à des prix raisonnables. K est évident que là il faut renoncer à toute amélioration si l’on ne recourt aux engrais verts , à moins que l’on ne trouve une race d'animaux exempte d’épizootie, et pouvant remplacer avantageusement les montons indigènes. . .

.. ■ , . S III. — Débris végétaux.

•' . *■ — Terreau.

Il existe, dans le fond des étangs et des marais situés sur u» térrain calcaire, des amas de terreaux qui peuvent èfreutilis^ comme engrais ; mais cet engrais est abondant en parties charbonneuses et pauvre en azote. fibre ligneuse y a déjà subi une décomposition qui l’a privée de la plus grande partie de l’azote qu'elle contenait; un pareil terreau ne nous en a pas ollert plus de 0,13 p. 100, et il aurait fallu plus de trois fois * son poids pour égaler le fumier d’étable. Mais il peut èfare utile . aux tenains pauvres en carbone. Il y a aussi dès terreaux plus riches; ce sont ceux qui n’ont pas été formés sous l’eau, qui proviennent de prés défrichés, de cimetières, et qui sont mêlés à une forte proportion de bases minérales. Ceux-ci peuvent être em-r ployés arvec avantage quand leurs frais detransport ne dépassent pas leur valeur réelle, que l’on appréciera endosant leur azote.,

B. — Tourbe ■

La tourbe, quand el|e ne peut être employée plus utilement au chauffage, a souvent été proposée comme engrais; mais chargée de tannin, de matières hydrogénées, et de divers acides végétaux et minéraux , ne possédant qu’une petite quantité de matière azotée , ce n’est qu’aprés lui avoir faib subir des préparations coûteuses qu’on a pu la faire servir à cet usage. :

■ Le seul énoncé db.sos défauts semble, indiquer le remède ;

.VLIMKXTATIOX VEGKTALE. 57| '

neutraliser les acidrs efic tannin par la chaux , les cendres, lui donner les alcalis qui lui manquent, l’associer à des substances azotées, tels sont les moyens de tirer parti du carbone surabon^ dant de la tourbe , et pour cela le procédé le plus économique est de se servir de la tourbe sèche pour litière ; on épargne la paille, on neutralise sans manipulation les principaux acides de la tourbe, et on lui ajoute les düTérents sels des urines et des excréments. On peut aussi la mélanger avec du fumier d’éctH rie, dans la propottion d’une partie dé lumier et trois de tourbe, en élevant le tas par couche de 1 5 centimètres d’épatsseur.’-w Lord Meadowbank, qui est l'inycntcur de cette méthode, prétendait qu’il obtenait ainsi une masse de funaier égale, poids pour poids, au fumier d'écurie. Il est certain que |es acides et le terreau lui - même par sa porosité retiennent une grande partie de gaz ammoniacaux qui s’échappent du fumier ; mais pour que la masse pût acquérir en totalité la valeur du fumier, il faudrait que celui-ci perdit les trois quarts de son azote pendant sa fermentation ; alors en effet la masse aurait la valeur du fumier initial , plus celle de l’azote, renfermée dans les fibres ligneuses non décomposées de la tourbe. Or, supposons ce^ fumiers composés de moitié paille et un tiers d’excrétions mixtes du «dieval (urine et tècesj ; il aura :

Pour 100 kilogr. de paille de froment .... 0,49 d'azote/ '

Pour 100 d’excrétions mixtes. ........ 0,74

. Et pour 100, la moitié..'. ........... 0,61

Or , l’analyse de ce fumier en donne 0,40; il a donc perdu 0,21 et non 0,37 de son azote pendant sa fermentation. Ainsi, ' Icprincipal effet de cette manipulation est de convertir la tourbe' eii terreau doux, propre à alimenter les plantes do carbortc/ dans les tetres qui en manquent.' • .

Au réste, le lavage par la pluie et l’action de l’air désacidificnt la tourbe à sa surface; et quand, après l'avoir tirée des

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