‹ Cours d'agricultureChapitre 144 sur 174 · CS · texte numérisé non relu

CS

18 juin . .

... lOOUO

lüOüO ;

6 juillet .

18 juillet .

... lOUOO

lODOO :

En combinant les résultats de ces deux tableaux, nous trouvons que le 31 mars le poids étant de 10,000, le fumier avait 1006 parties solubles, mais qu'au 18 juillet la masseréduite à 4550 possédait 1376 parties solubles; il ne restait plus que . 455 de celles qui existaient primitivement; le nombre de ce$ parties avait diminué dans la même proportion que la masse. Ainsi, réduction du poids et des particules solubles de moitié en trois mois malgré les précautions prises contre l’évaporation, tel est le résultat de ces recherches.

M. Gazzeri n’a pas fait l’analyse des gaz, et se borne à nous ■ afTirmcr que les caractères d’animalisation du fumier avaient disparu, et qu’il n’avait plus l’odeur caractéristique qui accompagne la combustion des matières animales. Noiis avons cru devoir compléter son expérience qui laissait trop de doute sur la valeur réelle du fumier qui avait fermenté. Pour cela, M. de . ^irbel nous a remis du fumier de couche épuisé, qui avait cessé' d’émettre la chaleur qui annonce la continuation de la fermentation. L’analyse en a été faite par M. Payen qui a trouvé qu’il ne contenait plus que 31,34 p. 100 d’eau; sa combustion laissait 39,50 p. 100 de résidus; desséché dans le vide, il a donné 1,577 p. 100 d’azote, au lieu de 3,070 que contient le fumier

• ■ ALIMENTATIOX VÉGÉTALE. 596

' n’ayant qu'un commencement de chaleur; >1 y a donc eu une perte de 0,493 d’azote sur la masse restante ; mais cette maSse étant réduite de 10000 à 4550 devait contenir 4,549 d’azote . si elle avait conservé tout celui de la masse primitive réduite à 1,577; elle a donc perdu 0,65 de son azote primitif, c’est-àdire les deux tiers. Ainsi la déperdition de l’azote a été enccye plus précipitée que celle des autres prineipes du fumier.

fl y a donc une illusion complète de la part des cultivateurs, qui, trompés par l’apparence d’homogénéité du fumier consommé, pensent qu’H a acquis une plus grande valeur; la fermentation avancée , il a perdu plus de la moitié de sa masse , plus de la moitié de ses principes solubles, et les deux tiers de son azote. Ce qui reste consiste principalement en principescarbonisés.

' Au reste , cette erreur a été partagée par un grand nombre . de bons esprits ; Schwerz lui-méme n’en est pas à l’abri. Il nous dit que la diminution du volume du fumier ne fait que concentrer sa force sans l’augmenter, et que la quantité d'engrais qui se trouvait dans quatre voitures de fumier frais se retrouve le même, avec la même force, au volume près,, après la décomposition, dans deux voitures ou dans une seule. Il reste évident, ajoute-t-il, que la décomposition du fumier n’augmente pas sa ■ force ou sa qualité. Mais à peine a-t-il achevé de prononcer ce jugement, que le remords le prend, et il croit devoir dire que ' cette donnée est trop favorable, et qu’il doit y avoir perte, nonseulement en quantité, mais encore en qualité*. Les incertitudes d'un si bon esprit doivent nous faire sentir l’importance' des 'secours que l’agriculture peut attendre de la méthode èxpérimcntale, source de tous les progrès des arts modernes.

Si Ton voulait parvenir à réduire les frais do transport, ce ne serait donc pas par la fermentation que l’on pourrait arriver ‘àune diminution- de la masse à transporter, mais plutôt par (I) Précep/es d'affriculturc jjratigue, p. 250.

.590 ' , AGBOLOGIE... . '

dessiccation. Que l'on songe, en elTet, (]ue c'est parce que le fumier des auberges du midi a près de moitié moins d'humidité que le fumier qualifié de normal par MM. Boussingault et Paÿen , qu'il l'emporte aussi de moitié par sa valeur, car leç deux fumiers desséchés ont à peu près le même dosage. On préviendrait ainsi la fermentation et la déperdition de l'azote. Mais comme cotte opération n’est pas toujours facile, c’est par un autre moyen que l’on s’oppose à l’évaporation des gaz azotés.''. C’est celui qui est employé en Suisse, et qui est indiqué par M. Schattenmann * . L’exposé de cette méthode complétera ce que nous avons à dire sur la bonne préparation du fumier. Elle consiste à mettre en contact, des sulfates avec les gaz ammoniacaux pour les convertir en sulfate d’amiponiaque qui ne sont pas volatils.

On peut aussi employer l’açide sulfurique , mais il peut en résulter des accidents , et il est moins facile à manier que le sulfate de fer, dont le prix est d’ailleurs peu élevé (8 à 10 fr. les 100 kilpgr. en petits eristaux). Le sulfate de chaux, qui serait encore à meilleur marché , a l’inconvénient de provoquer le dégagement d’une grande quantité de gaz hydrogène sulfuré dont l’odeur est fôrt incommode. Quant au sulfate de fer, aussitôt qu’il est en contact avec les matières animales , il se liit une double décomposition; l’acide sulfurique se combine avec l’ammoniaque et forme un sulfate d’ammoniaque fixe; le fer se combine avec le soufre et forme du sulfure de fer. Toutes les émanations désagréables cessent aussitôt. M. Schatteninann verse sur ces matières une dissolution de sulfate de fer marquant 2 degrés à l’aréomètre, en ayant soin que le principe alcalin reste prédominant. Pour s’en assurer, il suffit de prendre une goutte d’eau saturée et d’y porter une solution faible de cyanure de potassium; si le sulfate de fer est en excès, il se forme aussitôt du bleu de Prusse.

(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XIV, p. 274..

. AtlUEirrATION VÉGÉTALE. 597

Ainsi) selon la nature des engrais que l’on aurait àtraiter, on fera l'essai de la dissolution ; on prendra un ou plusieurs kilpgr. d’engrais, on les arrosera d’une quantité suilisantc de solution saline, et l’on éprouvera l’eau qui en dégouttera; on s’arrêtera alors à une dose inférieure à celle qui a déterminé la forma-> tion du bleu de Prusse.

En déposant le fumier par couches, comme nous l’avons , indiqué, on répand sur chaque couche la dose nécessaire dé dissolution de sulfate de fer. M. Schattcnmann monte ainsi ses tas à -3 ou 4 mètres sans craindre l’excès de la fermentation et la déperdition du gaz. On obtient par ce procédé un fumier d’une grande énergie; les parties végétales se décomposent,” ' les parties animales se modifient, et l’engrais ne perd aucune de ses propriétés. L’azote se.trouve concentré dans le sulfate d’ammoniaque, et si le fumier se réduit do volume , il ne s’en élève que de la vapeur d'eau et du gaz acide carbonique, mais il conserve toutes les substances fertilisantes.

8 flL — Qualité et valeur des fumiers.

Les fumiers d’étable , composés de tant de matières différentes,forment un ensemble de principes très composé. M. Braconnot, analysant un fumier réduit en masse pâteuse, connu des cultivateurs sous le nom de beurre noir, y a trouvé les

principes immédiats suivants :

!• Eau 72,20

2* Carbonate d’ammoniaque (quantité variable

indéterminée) . ?

3® Azulmatc de potasse, contenant un peu d’a-

zulmate d’ammoniaque 1,15

4® Matière grasse, cireuse, unie à la potasse et

à l'ammoniaque 0,08

5® Carbonate de potasse 0,06

A reporter 73,49

(l) Amaks de çhimie, 3« série, t. XII, p. 212.

Ô93 ACBOLO&IE. .

Report 73,4» ' .

0“ Chlorure de potassium 0,21

' • 7® l’ailles converties ctriourbe 12,40

8“ Matière tourbeuse très divisée 3,63 ‘ ■

10° Phosphate de chaux 0,45

11“ Sable quartzcux grossier. 3,00

12° Matière terreuse indélerminco 3,52

^ 13° Sulfate et phosphate de potasse traces.

M.BoussingauIt a, de son côté, analysé avec beaucoup de soin les futniers de ferme pour en connaître les prineipes élémeotalres. II a trouvé qu’en moyenne ils retenaient 0,793 d’humiditè au moment où on les transportait sur les terres et qu’ils' aient composés de la manière suivante : '

. Eau ■,...... 793 ■

Carbone 7*

Hydrogène 9

Oxygèrfe 53

Azote. 4 • I

Cendres 67

I à l’état sec ; '

Carbone 358

Hydrogène 42‘ ' " ' .

'Oxygène 258

.Azote 20

Cendres 322

ïüôô

Les cendres ont présenté les éléments suivants :

I carbonique 20 .

Acide ! phosphorique 30

1 sulfurique •■ . . . 19

Chlorure . 5

Silice, sable, argile 664

Chaux 86

Magnésie . . . 36

Oxyde de fer, alumine 61

Potasse et soude .......... 78

ALIMENTATION VÉ6KTALE. .. « .599

' Ainsi 1 ,000 parties de fumier à 1,’état'sec et à l’état huutide étaient ainsi composées :

Eau

ÉUt MC.

Éut bitmidci

Carbone .........

Hydrogène. . . .'. . . .

Oxygène

Azote

1 carbonique . . .

Acide ! phospliorique . .

1 sulfurique

Chlore

Silice, sable, argile . . .

Chau.x .-J

Magnésie

Oxvdedc fer, alumine . .

Potasse et soude

Les différents fuinicrs sont loin d’avoir les mômes qualités ét, la môme valeur. La variété des animaux que l’on élève dans les . fermes, celle do leur nourriture dans les différentes saisons , la mauvaise tenue des places à fumier qui ne sont pas à l’abri des eaux pluviales et en reçoivent souvent, en surcroît de l’écoulement des toitures* de bâtiments, les débris divers- que l’on y entasse, rendent les qualités de, fumier très diverse?, et s’il était .convenable de prendre pour type un fumier normal, on ne pourrait pas plus mal choisir que d’aller l’y chercher.. De tous les fümiers, celui qui est le plus uniformément préparé est celui des auberges de rouliers qui, d’un bout de la France à l’autre, donnent la môme nourriture à leurs chevaux ; c’est ce qu’on appelle l’ordinaire. Nous possédons dans le midi une auberge d’où est tiré celui que nous avons sounais à l’analyse. Après un commencement de fermentation , il contient 60,58 d’eau sûr 100 parties; il pèse 660 kilogr. par mètre cube, et quand il est bien entassé sur la voiture qui le transporte, 8 30 kilogr . Après la combustion, il reste 27,50 p. 100 de cendres. D’après l’analyse

600,'. I Agroiogie.

' de M. Payeo, il contient, desséché dans le vide, 2,083 p. 100 d’azote; à l’état normal avec son eau, 0,796.

MM. Boossingault et Payen ont analysé aussi un fumier de la ferme de Bechelbron, près de Haguenau. C’est ce qu’ils ont nommé leur engrais normal. Celui-ci est composé, comme nous l’avons vu plus haut, des déjections de tous les animaux dé la ferme; il a 79,3 d’eau, n’a que 0,40 p. 100 d'azote dans '

• C8t état, mais complètement desséché, il en présente 1,95. On ne s’éloigne donc pas beàucoup de la vérité en disant que généralement nos fumiers de toute espèce présentent à l’état sec environ 2 p. 100 d’azote, et qu’ils ne différent guère entre • eux (à moins qu’on n’ait fait abus de la litière ou que l’on ne les ait chargés de- terreau et de déhris végétaux ) que par la

• quantité d’eau qu’ils renferment. On pourrait donc convenir,

- sans inconvénient, que le fumier normal serait celui qui, à

l’état sçc, renfermerait environ 2 p. 100 d’azote. Et comme la , différence de la valeur dés différents fumiers tient principalement é la proportion d’eau qu’ils contiennent , si on les dessèche complètement avant de les analyser, on pourra les comparer rigoureusement. Le fumier de MM. Boussingault et Payen valant 100, celui des auberges vaudra 197.

Le prix vénal de ce dernier dans le midi est en ce moment de 1 fr. 30 c. les 100 kilogr. Ainsi le prix du fumier de ferme ' serait de 66 c. C’est sur ce pied que, dans cet ouvrage, nous’ avons établi les comparaisbns numéraires. ’

§ IV. — Engrais liquides.

• ■ . Nous avons déjà parlé de l’engrais liquide ou ftstcr,,que l’on compose en faisant arriver les urines dans une citerne où elles sont mélangées d’eau ; mais l’engrais liquide complet de la Suisse et de plusieurs parties de l’Allemagne est formé de la ‘ totalité des déjections animales que l’on pousse dans la citerne-

Pour faire régulièrement l’engrais liquide tel qu’on le pra-, tique à Zurich, pays classique de cette méthode, l’étahle doit être pavée de madriers, avec une assez forte pente de l’avant à l’arrière. Immédiatement derrière les animaux se trouve une rigolo de 3 décimètres de largeur sur 2 de profondeur, et qui aboutit à cinq citernes d’une dimension sudisante pour recevoir chacune le lizier d’une semaine. Elles sont enterrées dans le sol et rendues imperméables à l’eau. Chaque rigole se ferme à son extrémité par une palette en bois. L’urine coule naturel* lement dans la rigole, on y fait tomber tous les excréments avec un balai ; alors oq la remplit d'eau, on agite les matières pour les délayer, on ouvre la palette, et l’on fait écouler tout le liquide dans la oiteme. Quand la fermentation s’annonce par la présence de bulles à la surface des liquides, on y jette du sulfate de fer pour s’emparer des gaz ammoniacaux; souvent on lemplace^ette substance par do l’acido sulfurique. A la lin du moi», la quatrième citerne étant pleine, on vide la première ; au moyen d’une pompe , On remplit du liquide qu’elle contient des tonneaux posés sur des chars, et on le répand sur les champs ou sur les plantes en végétation. On procède successivement de même et de.semaine en semajne pour les autres.

On conçoit que la vertu de cet engrais est en rapport direct avec la quantité d’urines et d’excréments qu’on y a mélangée. On n’a pas encore essayé do doser l’azote de l'engrais liquide de la Suisse, dont on vante les bons elTets. On peut rendre la fumure plus ou moins forte, en augmentant ou diminuant la dose que l’on en applique aux terres; mais l’on n’a encore à cet égard que des données empiriques. Schwerz, qui a décrit en détail la pratique de cet engrais, fait observer qu’il no faut pas mêler aü liquide le marc solide du fond du réservoir, si l’on veut le répandre sur les jeunes plantes. Il a trouvé que ce marc épais formait une croûte qui s’attachait aux plantes, gênait

Page 1