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leur croissance, et que, tombé sur la terre ensemencée, il empêchait les graines de lever. Plus tard survenait un tissu blanchâtre, probablement une cryptogame, qui couvrait le champ. Ces inconvénients n'avaient pas lieu si le marc était enterré parle labour qui précède les semailles. Il faudrait en conclure que ce n'est qu'à cette époque que le fond des fosses doit être vidé. .
Le principal avantage de. l'engrais liquide est de présenter, aux plantes'une nourriture toute préparée qui a des effets im-^ médiats, d’utiliser ainsi la force du fumier à toutes les époques de l’année, sans attendre longtemps^ avant d’en obtenir les effets; par ce moyen on peut porter secours aux récoltes qui paraissent souffrir, sans rien perdre des élérhents fécondants de l’engrais ; un de ses avantages est enfin de pouvoir suppléer en partie ou même entièrement à la litière, dans les pays où la paille est rare, et où on vent la réserver po# la nourriture des ’ animaux. Les inconvénients de l’engrais liquide sont les avances nécessaires pour la construction des écuries et des citernes; les frais qu’exigent les transports des engrais dont la masse est rendue plus considérable par l’addition d’tine grande quantité d’eau, ce qui suppose que son adoption ne sera réellement utile qu’à ceux dont les champs sont à portée des fermes ; enfla la sujétion habituelle d’enlever à époque fixe, et sans pouvoir s’en dispenser, les liziers déjà faits, pour rendre UbreS ks citernes qui doivent servir aU roulement de la fabricatioo.
La meilleure raison que l’on puisse donner en leur faveur, c’est la prospérité agricole du pays où ils sont en uSage. Nous parlerons de la distribution de cet engrais en traitant des cukurcs.
§ V. — De l’engrais ùemaiid.
Les urines et les excréments humains retirés des fosses d’aisance et conservés dans des citernes voûtées placées au-dessous
‘ ALrjiKXTATiox véuétalf: . 60.1 •
du sol constituent ce qu’on appelle Vengeais flamand. Ces citernes sont de le contenance de S à 3,000 hectolitres, et on tes remplit en toute saison, c’est-à-dire lorsque les autres travaux permettent de faire des transports de la ville à la citerne. Pour être d’un bon emploi, il doit avoir fermenté pendant' quelques mois. À cet effet, on ne vide jamais entièrement les citernes, et on y ajoute de la matière à mesure qu’on en retire.
Les cultivateurs assurent que cçt engrais n’éprouve aucune perte dans sa qualité, même par un séjour de trois années.
La fermentation lui donne de la Viscosité plutôt que de la li-> • •.quidité, ’ ' ’ .
Cette description de l’engrais flamand, due à M. Kuhimann, professeur à Lille*, nous le fait suffisammeDt apprécier. Il parait certain que la privation d’air, la basse température des fosses enfoncées dans le sol et bien ferrtiées, -rendent la fermentation très lente èt expliquent le peu de déperdition de l’en- • grais pendant une longue durée de temps. A ces notions, if fout ajouter qu’en Flandre on ajoute souvent des tourteaux à cet engrais, pour leur procurer un commencement de désagrégation et augmenter la valeur de la masse.
MM. Payen et Boussingault ont analysé l’engrais envoyé der Lille, et ont trouvé qu’il contenait dans son état normal 0,19 à 0,22. p. 100, ou en moyenne 0,205 d’iizote; il coûte 25 c. l’hectolitre pesant 125 kilogr., qoi contiennent 0,25 d’azote' la valeur de ce gaz est de 1 fr. le kilogr. Mais le volume à transporter, pour avoir une égale quantité de principes nutritifs, étont double de celui du fumier de ferme, les frais qui en résultent sont ooiisidérables. Aussi, dans la banlieue de Lille, compte-t-on le transport pour un prix égal à l’achat et l’entretien des fosses, et. le répandage pour un prix double, cé qui ferait revenir l'azolc employé à près de 4 fr. le kilogr.
. M. Kuhimann a expérimenté sur-une prairie des environs - (1) Kuhimann, AnnaUs de chimie', 3® série, t. III, p. 88, etc. '•
AGKOLOGIC.
(Je Lille les efiets de l’engrais flamand ; celui qu'il employait était moins aqueux que l’engrais tel qu’il est livré ordinaire* * ment au cultivateur et tel qu’il a été analysé par M.- Payén. II était même beaucoup plus ricbe, si l’on en juge par ses effets.
La prairie, sans l’engrais rendait 4,000 kilogr. de foin avec 21,666 kilogr. d’engrais qui lui coûtait 75 c. les IQO kilogr., et par conséquent en totalité 162 fr. 42 c. tout transporté sur lés terres; il a obtenuunerécol te supplémentaire de3,433kil(^. de foin, valant 274 fr. 64 c. Ce résultat explique bien l’empressement que les Flamands, voisins des villes; mettent à se ' procurer cet engrais. ;.
S VI. — Engrais Jaufflret. , ’
C’était en Provence que devait naître Jauffret, l’apôtre et le martyr de$ engrais. Son pays, pauvre en bestiaux, manquant *■ de fourrages et par conséquent d’eiygrais, voyait son élan agri- . çole arrêté par les effets de son sol et de son climat ; mais auprès de ces terres épuisées existaient dç vastes espaces couverts de végétaux sauvages, d’arbustes, de roseaux, etc. ; les habitants les recueillaient, les entassaient, les humectaient, provoquaient leur fermentation et les employaient ensuite comme engrais. JTauffret perfectionna cette méthode, en substituant à l’eau, avec laquelle on arrosait la masse des végétaux, une lessive composée de fumiers animaux délayés et de différentes substances salines, salpêtre, cendres, plâtre, suie, etc., qui ajoutent à l’engrais les éléments qui manquaient aux végétaux employés, ou qu’ils ne possédaient qu’en dose insuffisante. Cette marche était bien fondée, et il ne manquait à l’auteur que de mieux connaître la composition des plantes pour faire. ■ par son moyen de très bon engrais. Sa recette -n’est qu’un tâtonnement où l’on ne saurait blâmer que l’exigmté des proportions des substances employées. Nous ne pouvons la donner
ALIMEMTATION TÉCETALE.
ici, parce qu’etle a été communiquée aux actionnaires sous le sceau du secret. Tout imparfaite qu’elle est, JautTret a rendu, en la répandant, un grand service à tous les lieux où l’on possède une masse de végétaux adventices qui ne coûtent que la peine de les ramasser, et en signalant les grandes ressources que l’on peut tirer de leur emploi ; ce service justifie les récompenses dont il a été l’objet, et accuse peut-être leur insufSsanoc.
Après lui, M. Turrel, son disciple, n’a pas tardé à reconnaître, dans ses nombreux voyages de propagande, que les circonstances où les procédés purs de son mattre étaient économiquement applicables n’étaient pas communes, et tout en les recommandant pour les pays où l’on peut se procurer à bas prix les éléments végétaux de l’engrais, il a profité des progrès de la science pour composer de nouveaux mixtes convenables aux différents sois et aux diUérentes cultures. Il n’en a pas publié la composition ; mais si nous l’avons bien compris, ils sont, principalement salins, et remplissent au moins une des conditions de la nutrition végétale; il ne perdra sans doute pas de vue l'importance des aliments azotés, s’il veut donner à scs engrais composés toute la perfection qu’ils comportent*.
Dans ces derniers temps, les esprits, tournés vers les améliorations agricoles, ont accueilli et ^sayé une foule de préparations décorées de noms divers. Gomme le secret est toujours la base de ces spéculations, on ne peut prononcer sur chacune d’elles que par le moyen de l’analyse. Il est rare que leur Valeur intrinsèque égale le prix qu’on en demande. D’aillcursj soit mauvaise foi des fabricants, soit vices de manipula-, tion,' ces engrais présentent toujours des dosages différents.- Les lumières apportées par la chimie agricole feront rentrer
(1) M. Turrel a réclamé contre celte assertion et affirmé qu’il m’avait jamais méconnu la nécessité des principes azotés, que ses engrais con- , tiennMt toujours. ' ‘ ' • " ' • ■
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toutes ces entreprises dans les bornes du vrai ^ et ensmgneroat la prudence aux cultivateurs, l’économie et la régulafité des manipulations aux fabricants. Ce commerce devient si vaste que le gouvernement doit à l’agriculture l’établissement de lar bdratoires d’essais pour vériller le titre de ces produits, Le Cou> servatoire des arts et métiers, et plusieurs professeurs de cbi-> ■ mie dans les départements, parmi lesquels il faut citer honorablement M. Girardin de Rouen, se sont voués volontairement à cette tâche. , • •