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CHAPITRE VIII

Allmenle de* végétaux con«ldéré* ceuauie -■ coutcaantducarUene. . ..

La plupart des terrains renfermenila quantité de earbone nécessaire pour suOlre, avec le concours de l’atmosphère, a l’alimentation des plantes ; quelques-uns même, comme les dé* ■ friebements de bois feuillus, ceux de prairies et pâturages, ceux qui contiennent des tourbes, en renferment une quantité excédante; cependant il est aussi des cas nombreux où les ter* ■ rains, dépouillés de Icurpiincipecharboniveux, ne dégagentpas une quantité d’acide carbonique en rapport avec les besoins de la végétation; on voit éçhouer alors les engrais atolés, mais dépourvus, de carbone, qui ne communiquent que,peu de développement aux plantes, tandis que les fumiers composés, et même les terreaux, leur rendent la fertilité qui leur man- • qqait. Comparez les plantes jardinières crues sur un sol sablon*

.neux richement fumé de poudrette et celles qui ont poussé sur un terreau avec le même engrais,, et vous serez convaincu de la justesse de ces vues. Cette observation a pu faire illusion aux agriculteurs sur l’importance absolue de ces terreaux, et a servi à leur assigner dans les théories une place supérieure â. celle

qu’its* méritent. Mais si aujourd’hui nous savons tout ce qué valent les terreaux azotés et le peu de prix de céux qui ne le -sont pas , si nous apprécions bien la facilité d’obtenir de l’acide carbonique en comparaison do la difficulté de sc procurer de l'azote, nous ne pouvons cependant nous dissimuler que la vé- ‘gétation souffrirait également de la privation’ absolue de l'un «t de l’autre.

Or, il est des terrains qui manquent complètement de terreau, et d’autres de terreau soluble. Ces derniers sont ceux qui ont été longtemps privés par la sécheresse, ou par toute autre cause, d’une végétation énergique, ou le terreau qui existait a achevé sa décomposition et a étéTéduit en carbone privé d’hydrogène, devenu compacte, pesant, ne pouvant plus se brûler qu’à une chaleur très supérieure à celle de l’atmosphère, n’étantpâr conséquent plus propre à fournir de l’acide carbonique. Dans les terrains non calcaires, l’acide carbonique ne peut provenir que de la décomposition du terreau ; o^est donc surtout dans ceux-ci que les plantes éprouvent la privation de cet' élément.

On reconnaît qu’un tetrain est privé de' libres ligneuses ^propres à se décomposer en le faisant bouillir avec de l’hydrate ou du carbonate de potasse. La teinte plus ou moins foncée de la solution indique l’.abondance ou l’absence du terreau soluble. Si 5 gramines^de terré bouillie dans 2 décilitres de solution alcaline ne donnent qu’une couleur à peine jau- • nàtre au liquide, on en conclura que ^application d’engràis abondants en libres ligneuses ou celle de matières calcaires est nécessaire

On choisit les premiers dans la longue liste que nous venons de dérouler, parmi ceux qui renferment le plus de ligneux ; les terreaux, les fumiers de couche épuisés, les masses de végétaux fermentés, l’engrais Jauffret, les tourbes préparées, les semis de plantes enfouie» en vert, tels seront les re-

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mèdes efficaces pour le mal qucToa veut guérir. C'est dens de telles circonstances que l’on a observé les miracles des engrais verts, et surtout du lupin. D’ailleurs, plus ces engrais pqssé» dent d’azote joint à la libre ligneuse, et plus ils seront utiles et énergiques*, car un terrain qui manque de matière chatbon» ncuse est ordinairement encore plus dépourvu d’azote.

M. de Villeneuve a proposé de se servir, pour rendre d» carbone au terrain, des charbons altérés et demi-fermentés fournis par la partie superliciellc des couches de charbons, de sçrte que les travaux de première découverte des mines permettent d’extraire à très bas prix des masses considérables de charbons engrais. Ces charbons ainsi altérés deviennent émi- ' nemment poreux, propres à condenser les sucs fertilisants des fumiers et ceux de l’atmosphère; ils se tiennent en- forte pra- ..portion d'eau (40 p. 100 de leur poids); pn peut les animaliser en les mêlant à des substances azotées et en leur donnant âinsi . les qualités qui leur manquent 1.

• Quand les charbons ne sont pas entièrement altérés et que. l’on dispose de beaucoup de débris, on leur fait subir une conbustion lente en les arrosant avec des lessives chargées de sels oxydants, comme les chlorures et sulfates dépotasse, desoude, de chaux, etc. • ■ *

Mais au moins ne faudrait-il jamais employer ces charbons sans les mélanger avec des matières calcaires ou des cendres propres à neutraliser les parties pyriteuses de Ces charbons.

Pour enrichir un hectare d’un aliquote de 5 p. 100 du • poids de sa couche jusqu’à 0™,30 de profcmdeur, il faudrait y transporter près de 2,500 kiiogr. métriques de ce charbon. Il sera facile de faire le calcul de la dépense pour chaque position. Mais l’on aurait ainsi pourvu pt ^ur longues années le. soi d'un élément important, soit qu’on le considère comme élément nutritif, soit qu’on le regarde seulement comme pro- (1) /ouraai ffa^ricMlture protipue, t. VH, p. 7î et suiv.

AUHEMATIOX VÉGÉTALE.

pre à condenser le gaz des engrais, rhuilaidité des terrains, ôü à augmenter sa faculté d’absorber la cbaleur par la coloration qu’il lui communique. >

Quand on n’a pas de matière ligneuse ou herbacée à sa dis- ‘ position, ou peut se procurer l’acide carbonique qui manque au terrain par l’application de la marne ou du carbonate de chaux. Ou se rappelle ce que nous avons dit dans la première partie, en parlant de ces substances ; on sait que la chaux qu’ils contiennent se transforme progressivement en bicarboUate, qui, dissous.dans- l’eau, passe dans les plantes en leur fournissant à la fois la matière calcaire et l’acide carbonique; nous parlerons plus au long de cette application, quand nous en se- • ' rons aux aliments calcaires. ' ’

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