CHAPITRE X
• Alimenta de* eëcétanx conntdéréa comme
^ contenant di» ^niratea,
• En analysant, dans la première partie de cevolumc^y les différents systèmes proposés pour eitpliquerles effets du plâtre^ , nous avons combattu l’explication donnée par IR.Boûssingault, • qui regardait cette substance comme destinée à fournir aux plantes la chaux qui leur était nécessaire.
Pesdeux raisons principalesqu’il donnait, lapTcmIèreétait ta quantité considérable «le chaux que présentaient les cendres des plantes reconnues pour ressentir un effet marqué derappUca^ tiondu plâtre, en comparaison de celles des plantes qui y étaient insensibles, tandis que la dosé d’adide sulfurique était très faible dans les uns et les autres et nullement proportionnée à la chèux absorbée ; la seconde raison était que la dose d’acidosnifuriqué restait é peu prés la même dans les plantes plâtrées et non plâtrées ; enfin , la dernière , et qui lui semblait victorieuse, c’étàjt que le plâtre n'était applicable <{u’aux terrains qui manquaient de l’élément calcaire. Nous regardions les deUX ‘ premières raisons comme suffisantes pour renverser l’bypothéSe de Davy, qui trouvait dans l’acide sulfurique l’élément favorablc'à la végétation des légumineuses } mais la certitude que les
1[1) Voirie système de culture du major Beatson par lacombuslion des lerées et les procédés de combustion.
. 2) Pa^e 8? al suiv.de ce volume^ ‘ . i -*
AIIMENTAT'iON' VÉGÉTALE. 625 •
effets des plâtres étaient énergiques , même sur des terrains ' abondants en calcaires, ne nous permettait pas d’adopter
• l’explication de M. Boussingault , et nous laissâmes la question dans le doute. En y réfléchissant depuis l’impression des premières feuilles de ce volume, nous avons cru que l’explication donnée par notre savant confrère était très probable et qu’il n’avait eu que le tort de l’appuyer sur un fait inexact. Remettons, en effet, sous nos yeux les proportions de calcaire et d’acide sulfurique qui entrent dans plusieurs genres de plantes; nous aurons, pour 1 0 mille parties de la plante sèche : ‘
• ' ' Acide lulfur. Cbatii.
Froment, paille et graine combinés. 8 62
Avoine 33 49
Trèfle 19 .192
Chanvre ... 5 190
■ Les deux premières plantes n'éprouvent aucun effet du plâtre , les deux dernières y sont très sensibles. On voit , en outre, que la dose d’acide sulfurique semble flotter indifféremment de l’une à l’antre de ces deux catégories ; mais que la dose do chaux s’élève beaucoup dans la seconde, qui comprend les plantes affectées avantageusement par .l’emploi dit. plâtre. Le trèfle et le chanvre doivent donc être très exigeants à l’égard de la chaux , et ils doivent trouver l’acide sulfurique' qui leur est nécessaire dans les mêmes sols où les céréales peuvent le puiser. ;
La faible solubilité du sulfate de chaux lui permet de s’offrir .• incessamment aux plantes et en dose- toujours modérée ; c’e^ une source de substance calcaire qui ne cesse d’en fournir, pour peu que le terrain soit humide ou qu’il tombe do la pluie, pendant toute la végétation ; c’est celle qui remplit le mieux les exigences des plantes avides de chaux.
Il reste à expliquer ses effets sur des terrains déjà pourvus de carbonate de chaux. Il qous semble que si l’on a lu attentive-'
. Ç>36 . • ■ AükULOUIE. .
iftent.ce que nous avons dit à' l’égard de cette substance et de la marne, on aura vu qu’elle se transformait avec lenteur en sel soluble per le contact de l’eau chargée d’acide carbonique. Nous croyons donc que, tout en étant susceptible defourpiréla consommation bornée en chaux d’un grand nombre de plantes^ le carbonate de chaux , à moins d’une, extrême subdivision , ne peut pas satisfaire toujours à la consommation des légumineuses, par exemple , et qu’un sel soluble en tout temps comme le sulfate de chaux, en plus fortes doses et sous d'autres conditions que le carbonate de chaux n’exigeant pas de l’eau chargée d’acide carbonique pour se dissoudre, doit agir, très avantageusement sur la végétation des plantes avides desubstances calcaires. Tel est le point de vue qui noiis parait pouvoir appuyer maintenant l’explication de M. Boussingault, à laquelle nous nous rallions jusqu’à ce que de nouveaux faits se produisent dans la science. ,
Le procédé conseillé par Davy> pour déterminer le sulfate de chaux contenu dans un terrain, n’exigeant ni des appareils pmticuliers ni l'emploi de réactifs, pourra.étre exécuté partout sans dilhculté. On prend un poids déterminé de terre, 400 grammes, par exemple ; on le mèle avec un tiers de cbarhoa réduit en poudre, on expose pendant une demi-dieure le méiange mis dans un creuset à la température' rouge. On fait bouillir pendant, un quart d’heure dans un quart de litré d’cati distillée; on filtre la liqueur, ét on l’expose pendant quelques jours à l’air dans un vase ouvert. Si la terre contient uneq.uantité tant soit peu considérable dé sulfate de chaux, il se loroÂe un précipité blanc dont le poids indique la proportion.
Pour les personnes pourvues de réactifs, les méthodes indiquées.dans la première partie.sont préférables et pluspromptes.
Le plâtre est la substance qui fournit le plus économiquement l’acide sulfurique aux plantes. On pèut l’employer cru ou •(1) Chimie agricole, i. l,^. 20i. : ^ . • ••• • •• v • .
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cuit ; mais ce dernier est plus facile à réduire en poiidrc fine, ce qui facilite sa distribution et sa dissolution dans l’eau. Son effet est le même dans les deux états, comme Pont constaté récemment encore, par des expériences directes, MM. Girardin ctDubreuiU L’on emploie surtout le plâtre cuit, parce qu'il est plus facile à pulvériser ; mais, selon M. Girardin, cet avantagé est plus que balancé par l’ëiévatioh.de son prix pulvérisé,
‘ n coûte à Rouen 2 fr. 25 c. l’beétolitre ; le plâtre cru, débris des carrières , pulvérisé exprès, ne coûte que 1 fr. 80 c. l’hectolitre. . Nous croyons cependant que comme on ne peut jamais pulvériser le plâtre cru au même degré de finesse que le plâtre cuit, il faudrait en employer une dose un peu plus forte, et que dès lors l'égalité de dépense serait bien '
. prés de se rétablir pour les deux plâtres. Quoiqu’on ait constaté les bons eiïets*du plâtre quand il est enterré dans le sol, nous persistons à nous en servir en couverture , quand les plantes sont déjà sorties, pour qu’il n’y en ait pas de perdu. ' • Le plâtre contient assez souvent une assez forte dose de matières étrangères, en particulier du carbonate de chaux ; c’est pourquoi, avant de fixer la proportion que l’on doit eh répandre sur le terrain, il est utile d’en faire l’analyse. Pour y parvenir, on traite le plâtre par l'acide acétique qui dissout les carbonates; on traite le résidu par l’alcool qui dissout l'acétate de chaux. Il reste alors le sulfate de chaux qui n’a pas été attaqué. La différence des proportions de carbonates que l’on trouvé dans les différents plâtres explique la différence des doses que les auteurs ont conseillé d’appliquer aux cultures. La dose de plâtre employée est généralement de 5 à ()00 kifogr. par hectare, on va même quelquefois jusqu’à*
1 ,000 kilogr. ; mais rarement les plâtres sont purs, et il ne serait pas étonnant que ceux qui les portent à celte dernière dose n’employassent pas beaucoup au delà de 300 kilogr. de ■ sulfate de chaut. . • ••
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On croit que les plantes à cosse ne doivent pas être plâtrées, si l’on ne veut pas qu'elles poussent abondamment en feuilles et non en graines; c'est ainsi, selon Schwerz, que les fèves plâtrées prolongent beaucoup leur végétation et mûrissent* * tard. Cette vigueur des tiges, cette abondance de feuilles annonce assez toute l’impulsion que le plâtre donne à la végétation, mais doit aussi par cette raison le faire réserver pour les fourrages. On sait que, d'après les expériences de M. Ma- * Caire, quand on fait cuire les légumes dans des eaux séléniteuses, les sels solubles alcalins sont remplacés dans le tissu du végétal par des sels de chanx insolubles* ; d’un autre cûté, ces. mêmes semences provenant de certains sots cuisent très bien, . tandis que, provenant d'autrea sols, elles restent dures après la cuisson la plus prolongée dans l’eau la plus pure, et l’on ne parvient à vaincre cette résistance qu’enrendant l’eau alcaline par le moyen d’un nouet de cendres ou d’une addition de souscarbonate de soude ou de potasse. Quand bn examinera comparativement les sols qui produisent des légumes faciles et dilTiciles à cuire, n’est-il pas probable qu’on trouvera chez ces derniers une quantité sensible de sulfate de chaux? Ce qur nous ferait adopter cette opinion, c’est que les localités que ' nous connaissons comme renommées pour fournir des légumes faciles à cuire sont toutes de celles où les effets du plâtre sur les prairies artifîcielles sont des plus remarquables.
Au lieu de répandre le plâtre sur les plantes ou de l'enterrer, on peut l’incorporer dans le fumier, où il a l’avantage de retenir les gaz ammoniacaux. Celui qui échappe à l’action dq l’ammoniaque reste au profit des plantes qui réclatnent cet élément. Mais on doit être averti qu’il y a alors un- dégagement abondant de gaz hydrogène sulfuré qui répand au loin l’odeur la plus désagréable, et qu’il faut que de tels fumiers soient placés dans des lieux très distants des habitations.
(l) Bibholhèque universelle, i98.
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Dans les terrains qui sont dépourvus de plâtre, les fourrages légumineux ne donnent pas, même avec des engrais abondants, la moitié des produits que l’on obtient par son secours.
Qn a proposé, dans les pays à'sol calcaire éloignés de carrières de plâtre, d’y suppléer en arrosant le terrain avec de l’a- -ckle sulfurique allongé d’eau . Cet acide coûte en fabrique 20 fr. les 100 kilogr^, qui produisent 172 kilogr. de sulfate de chaux. Ainsi les 307 kilogr. de sulfate de chaux par hectare coûteraient près de 36 fr. Nous ne pensons pas qu’il y ait aucune localité assez éloignée des plâtrières et assez rapprochée des fabriques d’acjde pour qu'il lui convienne d'adopter cette substitution.
Secxio» I”. — Cendres pijriteuses.
’ On trouve dans un assez grand nombre de localités au nord de la France, mais surtout près de La Fère (Aisne), des bancs . d’une matière noirâtre, ayant l’apparence de cendre, contenant des pyrites de fer, du sulfate d’alumine, des sulfates et des carbonates de chaux, dont on fait grand usage en agriculture. Quand cette terre est entassée, elle s" échaulTe, s’enflamme, brûle lentement en prenant une couleur rouge. C’est dans cet état qu’on la vend et qu’on la transporte au loin. On emploie aussi la * matière noire dans son état primitif avant la combustion, mais alors il faut en doubler ladose pour en obtenir les mêmes effets.
Ces effets résultent du sulfate de chaux qu’elle contient, et aussi d’une dose de 0,65 d’azote qui, poids pour poids, lui donne une plus grande valeur que celle du fumier de ferme. Les Flamands en font grand usage pour leurs prés et leurs prairies artificielles. On enterre les cendres de bonne heûre longtemps avant, les semailles, sans doute afin que les principes solubles n’agissent pas trop activement, et probablement parce que l’aciJe sulfurique libre rencontre dansla (erre