‹ Cours d'agricultureChapitre 151 sur 174 · AG«0L0GIE · texte numérisé non relu

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. les principes calcaires ou les alcalis qui s’y trouvent, et les transforme en sulfates. Les cendres se vendent sur les lieux 50 c. l’hectolitre ; mais le plus soûvent on les transporte fort loin, ce qui augmente leur prix de revient. On emploie 4 à 6 hectol. par hectare de prairie, un peu plus sur les pâtures, et la moitié de cette dose pour les cultures de printemps*.

On a trouvé aussi dans la Seine-Inférieure, à Forges-les- , £aux, des cendres pyriteuses dont on fait usage pour l’agriculture, et dont MM. Girardin et Bidaud ont donné une anttlyse intéressante dans les Mémoires de la Société d' agriculture

de la Seine-Inférieure*. Nous nous empressons de la trans- • • * • crire ici ;

(< Dans les environs de Forges-les-Eaux, il existe à la surface ou près de la surface du sol des couches plus ou moins épaisses de lignite noir alumineux et pyriteux , qu’on exploite déjà depuis longtemps pour la fabrication de la couperose. Cette couperose, connue dans le commerce sous le nom de couperose de Forges, est une des plus pures et des meilleures' que l’on connaisse.

« Les terres pyriteuses, après avoir été lessivées, sont ordinairement mélangées avec un quart de leur poids de cendres de tourbe, et employées, dans la plus grande partie du pays de * Bray, comme un engrais stimulant très puissant pour les prairies, les herbages humides et les terres arables proprement dites.

« M. Dupré, Jjropriétaire de l’exploitation des terres pyriteuses, vend les terres lessivées, sous le nom impropre de cendres vitrioliques, à raison de 1 fr. l’heclOlitre. Elles sont tout à fait analogues aux cendres ou terres noires de Picardie, qiii ont ta même origine et le même emploi.

« Nous en avons fait l’analyse sur un écbantillcm qui nous a

(1) Puvis, Maison rustique du XIX* siècle, p. 75 oX suiv.

(*2y Trimestre de juillet 18i2, p, 229.

• ALIMENTAnOir VléGÉTALK. .031

été envoyé par M. Dupré. Voici le résultat de notre examen :

100 parties de cendres lessivées contiennent 24 parties d’eau.

100 parties de cet engrais desséché contiennent ;

(Matière organique ou humus

soluble ' 2,74

Sulfate ferreux 1 ^

Sulfhte ferrique . ..... .f

1 Sable Qn .38,92

Humus insoluble, 49,8^

Sulfure de fer • * j

Oxyde ferrique . } ”* ^

•100,00 100,00 « Nous avons déterminé avec soin la quantité «i’azote, au . moyen de l’appareil de Liebig. Nos expériences nous ont dotmé p. 100 d’azote en poids. . ' ' •

« Le titre de cet engrais est donc exprimé par le cbifTre 680,0, et son équivalent par celui de 14,70. D’où il résulte que 14*^, 70 de cendres vitrioliques de Forges agissent autant, sous le rapport de l’azote, que 100 kilogr. de fumier normal.

• Lès cendres de Picardie ne renferment, d’après MM. Boussingault et Payen, que 0,65 p. 100, et leur équivalent est représenté par 6l,50. Les cendres vitrioliques de Forges sont donc bien supérieures sous ce rapport.

' « L’existence du sulfate de fer dans ces terres, sulfate qui se

reproduit continuellement pàr l’action de l'air sur le sulfate de fer qui s’y trouve en particules très fines, explique les propriétés .fort actives qu’elles possèdent, comme stimulant, sur les prairies naturelles et artificielles.

« Leur puissante dTicacité peut être rapportée à plusieurs causes : . ' .

' « 1°.À leur couleur sombre qui a une grande influence sur l’échauflement de la terre par les rayons solaires ; ■ '

« Au sulfure de fer qui, par sà corhUostion Ihnte, aug' mente l’échaolTement de la terre et l’excitation électrique ;

« 3** A là forte proportion d'biHnus soluble et insolùlile

<>32 AGROLOGIE.

« Au sulfate de fer qui, outre sa propriété de faire périr promptement les mauvaises herbe», lès mousses, les lichens, etc., réagit sur le carbonate de chaux du soi, et forme du sulfate de chaux qui agit si puissamment sur les légumineuses.

« 'D’aÿrës leur composition, il est évident que c'est surtout »ur les sols calcaires et sur les sols fréquemment chaulés et marnés que les cendres vitrioliqucs' doivent produire les meilleurs effets. C!est aussi ce que l’expérience démontre. ^

K On les emploie à la dose de 4 à 6 hectolitres par hectare sur les prairies et les herbages. Sur les.prairies artificielles, la dose est un peu plus forte. Pour les récpltçs de printemps, et particuliérement pour les légumineuses, la doSe est moitié moins forte. On les répand tou& les quétre ans. » ' '

Section II. — Sulfate de fer.

En parlant des engrais azotés, nous avons indiqué l*usage du sulfate de fer pour fixer des vapeurs ammoniacales qui s’en ' échappent; mais d’ailleurs l’opiiiion continue à flotter relativement aux effets de ceael lui-mème sur la végétation. Les .terrains vitriolés sOnt stériles, mais' les terrains trop abondants en«el marin le sont aussi, et si nous avons dû combattre le. préjugé qui associe l’idée de étérilité à celle de ce dernier sel, et prouver qu’elle ne doit s’attribuer qu’à sçn excès, nou$ agirons de même pour, le sulfate de fer, en rappelant que des expériences de Thaër citées dans la première partie de cet ouvrage avaient déjà fait soupçonner que la question de sa nocuité n’était qu’une question de dose. De nouvelles expériences semblent confirmer cette idée.

M. Gris, professeur de physique à Cbàtillon-sur-Scino, frappé de l’effet que produisait sur les malades attaqués de chlorose, l’emploi des sels ferrugineux, crut y voir une mdica-

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tioR pour en faire usage contre la maladie des végétaux (}ue signaient lëur débilité et leur défaut de coloration. Des expériences nombreuses, faites sur des plantes cultivées dans les jardins, constatèrent que l’application du sulfate de fer leur rendait la force et la couleur. Cet effet fut très marqué sur des hortensias, puis sur des orchidées qui n'avaient jamais pu supporter la transplantation hors de leur soi natal, et qu’on est parvenu à faire vivre grâce à leur arrosement avec de l’eau imprégnée de ce sel. On étendit bientôt ces essais aux arbres à fruit, et l’on obtint un succès égal. Enfin M. Leclerc, membre d’une commission chargée de suivre ces expériences, appliqua ce sulfatage à des blés jaunes et languissants. Il mêla ' à un hectolitre de terre de 3 à 8 kilogr. de sulfate de fer, en fit répandre sur ces Ués qui égalèrent bientôt leurs voisins, qui étaient en bon état de santé. M. Maitre répandit, aussi le Tavril, un kilogr. de sulfate de fer grossièrement pulvérisé et miélangé de 25 litres de terre arable, bien meuble, sur 14 ares de luzerne d’un an non plâtrés; on plâtra le reste de la pièce le lendemain; au moment de la coupe, l’œil le plus exercé n’aperçut aucune différence entre les diverses parties de cette pièce de fourrage.

On distingua deux effets dans cette expérience. Tantôt le sulfate de fer agit de même que le fer pour combattre l’état chlorotique des plantes, tantôt il agit k la manière du plâtre sur les fourrages.

Quelles que soient les théories par lesquelles on cherchera à expliquer cette action, les faits rappelés par M. Gris et par la commission qui en a suivi la vérification doivent fixer particulièrement l’attention des agriculteurs. Nous savons de plus la propriété remarquable que le sulfate de fer manifeste pour convertir l’ammoniaque ensel fixe et le préserver d’une déperdition certaine, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs.

Le prix du snlfutc de for est de iâ fr. les 100 kilogr. à Paris.

AGROI.OGIE.

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