CHAPITRE XII
Valenr coumerctalcile* CDgral*.
, Nous avons pris un grand soin, en examinant les différente engrais dans les chapitres qui précèdent, d’indiquer leur valeur vénale, toutes les fois qu'il a été possible de la trouver. On pensera peut-être que les résultats que nous indiquons ne sont pas d’une grande utilité, car, pourra-t-on dire, lés prit indi- ' qués sont différents selon les pa]fs, selon leur éloignement de la production,, selon les difficultés de communications, selon les impètls de douanes, etc.
Ainsi , il y a de grandes différences de prix entre le guano ’ transporté à Liverpool, à Londres et dans nos ports', ainsi', le nitrate de soude est affecté chez nous de droite qui cbarvgenl les conditions de spn emploi. Malgré la vérité de ces observations qui doivent prémunir l’agriculteur contre des erreurs dans lesquelles il tomberait s’il ne tenait pas compte dé toutes ces circonstances, nous avons persisté à croire que l'éva- ' hiation des engrais faite par l’accord libre et spontané de ceux qui les emploient et .qui les paient était on élément très important de leur théorie.
Noos y. trouvons d^abord la confirmation de ce que nous' avons dit en commençant, de la grande disprop<ûtk>n qu’il y' a entre la valeur de l’azote propre à entrer dans la végétation et celle des autres éléments de l’alimentation végétale. En effet; ' ‘ si nous prenons pour exemple l’engrais le plus généralement employé, le fumier, et parmi les fumiers, celui dont le prix est le mieux établi par la progression de l’offre à la demande et par l’équilibre constant de son taux au piaiché,. celui des auberges de rouliers'du midi, au prix de 1 fr.SOc.leslOOlnldgr..,
ALlMUffTATlOS VÉGÉTALE. 643 ••
il nous procure l’azote à .1 fr. 64 c. Partons de cette base,’ , et voyons le prix relatif des substances principales qui entrent dans un hectolitre de froment, nous aurons :
Azote . . . 3'‘88 6f33
• Potasse et soude . . , 1,76 1 76 '
On voit dans ce total que l’azote entra pour les trois quarts, èt les alcalis pour un quart sedlement dans le prix def engrais. ' C’est donc  sa procurer de l’azote an meiflcur marché possible que doit viser le fabricateur d'engrais, r ’
. La confiance que noos venotis.de témoigner pour l’éraluB- ' tion des eboses fixées (Mir le libre commerce et l’équtbre des ventes et deé achats sembferait devoir ^re aiogulièrement * ébranlée par la grande divergence dans les prixaniqucls on coït- ' sent à. payer l’azote des diverses origines , si un grand nombre dp substances d’où il provient n’étaient pas employées* à d’autres destinations. Notre inv^igation nous a donné les résultats . suivants : . • •
Wr
Quantité
k félMt MtOwL
Noir des raffineries. . . j
Poudrotte. . .'....
Nitrate do potasse, avec le droit
■. d’entrée
Tl,
— sans le droit
Tourteaux de coton.
Nitrate de soude, avec le droit . . .
— sans le droit.
Sulfate d’ammoniaque
Tourteaux de'lin
Roseaux (à Arles). . .
Chlorhydrate d’ammoniaque ....
Tourteaux do colza
Tourteaux de madia •
— de sésame . . . <
Fumier normal ,
AUROLOGIE.--
Tri*
^ . d«10Ckx
QUaoliiû
d'uzole
rrii
• r«tat noiroal.
po«r cent.
fumier du midi. . i .
Guano (à Rouen). . . .
lf,00
Sang desséché ......
Chair musculaire. . . .
Colombine. .
'Chiffons
Si tous les engrais produisaient des ciïets proportionnels à leur quantké d'azote, si plusieurs des substances que nous vëjioils de nommer n'étaient pas employées par les arts à d'autres Usages, l’azote de tous se paierait le môme prix, qui devrait se rapprocher de celui obtenu du fumier de ferme (I fr. 64 c.). !)lais d’abord certains engrais présentent lépr. azote sous une forme si divisée et sL propre à passer imiBédiatetnent dans la végétation, qu’ils procurent aux plantes un prompt développe^ ment et une vigueur qui leur permet de s’emparer des principes les plus cachés de |a fertilité naturelle du sol : tels sont le noir des radineries, la poudrette et le guano. Aussi le nçir des • radineries employé dans les défrichements del’ouest estdl monté à un prix tout à fait disproportionné à sa valeur réelle eta>t-il été repoussé de la culture régulière. La poudrette est de moins en moins recherchée, et le guano ne doit son bon marché qu’à sa nouveauté qui inspire encore de la défiance, et à la concurrence des importateurs qui cherchent à placer promptement leur marchandise.
Les sels ammoniacaux sont employés dans les arts et, comme les tourteaux, ils exigent peu de frais de transport relativement àleur valeulr. Ainsi, supposons un fermier qui veut fumer une terre beaucoup plus largement que ne le permettrait le fumier; jclKrcbons à quelle distance il devrait aller chercher du tourteau de colza ou du fumier pour que l’un et l'autre fussent au même prix. ' . • .
Le prix de la voiture de fumier étant à 0,25 par kilomètre,
et 1 00 kilogr. de fumier de ferme équivalant à 8 kilogr. de tourteau de colza , si nous transportons le fumier et le tourteau à quatre kilomètres de distance seulement, nous aurons ; ‘ ‘
Prix du fumier Prix des 8'‘, 3 de tourteau.
Transport de 100 kilogr. . 1 • Transport de S*", 3 *08
Excédant du prix du-fumier, 63 c.
On comprend d'après cela comment, dès qu’il s’agit d’acheter des engrais , le moindre éloignement donne la supériorité aux engrais riches, et ouexpliquera par la concurrence des acheteurs leurs prix élevés en comparaison de celui des fumiers.
' Heureusement ces engrais fabriqués dans les fermes nè peuvent être mis aux enchères par les localités plus riches , ils ne peuvent se transporter qu’à de petites distances, et demeurent la propriété du sol qui les a produits.
C’est sur de pareils rapprochements que l’on pourra baser la convenance d’employer tel ou tel engrais quand on sera, obligé d’en acheter.
Il y a aussi une.autre considération qui doit avoir urie grande . ■ influence sur la préférence à accorder à tel ou tel engrais ; c’est celle de la durée de la matière. Même après avoir pris soin de convertir en sels fixes les parties volatilisées d’un engrais , il reste entre eux une grande diversité dans la manière dont l’azôte se trouve engagé dans des fibres ligneuses ou des pores ' qui ne le cèdent qu’après leur décomposition, ou par des efforts de la part de radicules , ou des variations de température et d’humidité qui sont plus ou moins incertaines. Ainsi, toutes les expériences que. nous avons citées nous montrent que le fumier de ferme , qui ne cède que 0,25 à 0,33 do son azqte'à ■ la première récolte, peut bien avoir 3 ou 4 ans de durée, tandis que nous voyons le guano , les sels ammoniacaux en céder • 0,40, les tourteaux Q,50 à 0,^ , et avoir ainsi une duré»