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,C5i ■ AGROtOClE. *
ajoütt'r ù cdle de (a récolte, ou retranoiicr de la quantité de fuinitT fournie; cette quantité se réduit donc de 21,000 kilojjr. à 20,234 kilogr. ' ' ' .
I^s 1,286 kilogr. de blé, restés nets après la déduction de ' lascmence de la première récolte, ont une valeur de 353 fr.
('6 c. ; la^condc récolte, qui a produit brut 214 fr. 95 e.,ee réduira aussi à la valeur nette de 193 fr. 29 c., qui auront produit une quantité de paille équivalente à 4J9 kilogr. de fuinier, en apposant que la valeur et la quantité de l’ensemble ' de ces pailles soient égales à celles du blé. Le produit net tota des deux récoltes sera donc de 546 fr. 94c., qui représentent l’effet de 19, 815, kilègr. de fumjcr. Son prix réel serait donc * 2fr. 75 c., équivalant exactement à 10 kilogr. de blé*. •
Comparons ce résultat avec celui qui a été obtenu par divers agronomes. Thaër (§ 250, 258) admet que 1,000 kilogr. d’engrais mettent le sol en état de produire 70 kilogr. de froment, et par conséquent, d’après ses formules, 140 kilogr. de paille, dont l’équivalent est pour son fumier de 167, par conséquent ayant la valeur do 84 kilogr. de fumier; ainsi ce sera seulement la quantité de 916 kilogr. de fumier qui produiront 70 kilogr. de blé, ce qui nous donne la quantité de 76 kilogr. de blé par 1,000 kilogr. de fumier, 'ou 7,6 kilogr. p. 100. Nous • avons trouvé 10 kilogr., ce qui ferait penser que notre engrais^ ■ csl à celui de Thaër comme 10 : 7,6. •- •
(I) Dans la séance de la Société centrale, où le mémoire a été tu, oûr a Objecté à ce résDltal que si les travaux do préparation de la terre ne devaient pas être comptés quand il s’agissait de la valeur d’une quantité de fumier ajoutéo.à une culture déjà faite pour obtenir une réA,
■' coite quelconque, il n’en était pas de même des frais de récolte, du * battage, etc , qui, ebez nous, s’élèvent à 2 fr. par hectolitre. Ainsi U y aurait eu à -déduire, pour 10 kjlogr., le huitième du prix trouvé,, puisque l’hectolitre pèse 80 kilogr., et la valeur du fumier se réduirait .à 2 fr. 50 ç. au lien de 2 fr. 75 «., et à de blé au lieu de 10. Le genre et le prix des travaux varient tellement que nous préférons 'laisser dans toute f.a généralité le chiffre que nous avons trouvé sauf à diacun’à fait'- de» déductions selon les éirconstanees locales. *
’ AUMF.STATIO!» VlÇwiTALr:. Gj.>
Burgcr attribue à 1,000 kilog'r. d'engrais la production do TSlsilogr. de froment et 150 de paille équivalant à 88 kilogt.de fumier; ainsi 912 kilogr. de fumier produisent 75 kilogr. de froment, et 100 kilogr. en produisent 8,2; ainsi notre fo-* ■ mier serait à celui de Burgcr comme 10: 8,2. ' ‘
Kressig admet le produit de 85 kilogr., et par conséquent de 170 de paille par 1 ,OCO de fumier ; ce qui se résume, toutes réductions faites, à 8*^,7 de blé par 100 de fumier. ' ' ' ‘
. On voit combien ces différentes évaluations se rapprochent ' de celles que nous avons trouvées par l’observalron directe. Lé’ seul point qui puisse faire matière à contestation dans la mé-' thode que nous avons employée, c’est notre manière ë’éraluer la paille. ' ■ ' - '
M. Puvîs‘ attribue au poids de la paille doublée la même valeur qu'au fumier; mais il est évident que la paille h’entre dans celui-ci que pour sa valeur propre, et que l'on ne peut liii attribuer de plus celle qu’elle acquiert par son mélange avec les urines et les exéréments dès bestiaux.
Dans les pays pauvres en fourrages et où la paille acquiert une assez grande valeur, nos calculs seraient modiliés ; mais si ■ d’un côté la récolte de paille élevait le produit du fumier, d’un autre côté l'emploi de la paille pour litière élèverait aussi son prix de revient. ' ■
S U. — Betterave. ■' ’
Si l’on cultive la betterave sur des terres fraîches qui ne pondent pas un fonds d’ancien engrais, on obtient 165 kilogr. de cetic racinc par 100 kilogr. de fumier. Des résultats plus élevés sont une pure illusion et ne proviennent que de la fertilité précédemment acquise par le champ. . ■ . •
Ce résultat est confirmé par les produits de U culture dans (t) Des engrais aiiiinaifx^ ISJl. ' ' ’ '
G56 . ■ AGBOJ^OGIB. . ^ •
le jiord^ Ees cultivateurs y récoltent 40,000 kilogr.-s.ur des’ terres qui produisent 20liccto!. de blé ou 1 ,ü00 kilogr. de blé résijiltant de 25,000 kilogr. de fumier, qui, à 1G5 kilogr. de betteraves par 100, produisent 41,000 kilogr.
M. Mathieu de Dombasle n’obtient que la moitié de cette , récolte pour la même quantité d’engrais*, mais c’est sur des terres sèches qui ne consomment pas tout leur fumier dans Une première récolte. . ...
• M. Crud® fume ses betteraves avec 270 quintaux métriques de fumier; il en résulte 540 quintaux de racines; mais c'est sur scs lûcbes terres du Boulonnais, où l’engrais est incorporé depuis longtemps avec la terre. ,
La betterave se paie 1 fr. 60 c. dans le département dm Nord, mais on y ajoute 35 kilogr. de pulpe qui a un xjuart.de la valeur de la betterave; ainsi, 35 kilogr. valant.56 c., c'est 14 c. à ajouter à ce prix, qui est alors de 1 fr. 74 c. pour 100 kilogr. de betteraves, et la valeur du fumier sera de 2 fr. &8 c'.; nous l’avons trouvée de 2 fr. 75 c. par la culture du blé dans ■ ' les terrains arrosés ; l’accord ne pouvait être plus parlait.
§ 111. — Prairies.
Les prairies arrosées, forcées à pousser plusieurs fois par .an par les coupes successives qu’elles subissent, et ayant une végétation continue, même en hiver, paraissent être un des moyens les plus sûrs pour découvrir la valeur des engrais, et cependant on ne peut l’employer qu’après avoir observé attentivement ce qui se passe dans la végétation des gazons. Eo faisant acception de quelques plantes qui y viennent contre 1'intérét et le gré des cultivateurs, celles qui les composent ont *des racines traçantes qui se rapprocheqt sans cesse de la sur-
(tj -4>mal«5 3« flow'île, t. VII, p. 255. ' ‘ '
iX) Econointe de l'agriculture, § 255. ;■ . ,
ALHIENTATION MCCLTALE. . 057 •
face du terrain Ji- mesure qu’elles surit recouvertes par les détritus de feuillage et par les engrais que l’on répand en couverture. Elles poussent de nouvelles radicules, toujours plus hautes que lés précédentes, et les rneines profondes finissent par mourir et se convertir en terreau ; de sorte qu’après sa complète formation, quelque âge qu'ait le pré, son gazon (et nous entendons par là la partie du sol qui est enveloppée dans, le tissu de ses racines) a toujours la même épaisseur, dont l’existence, dans une certaine épaisseur, parait essentielle au « hon étatde la prairie. Cette couche est une richesse accumulée, mais placée à fonds perdu, qui ne rentre au profit du propriér' taire que-par le défrichement de sa prairie. Les herbes de pré ne parviennent à tout leur développement qu’autant que, par la succession des. années, elles se sont formé au-dessus du sol miné.ral un milieu de terreau azoté pour leurs racines. Quand |e gazon n’est pas. complètement formé et qUe les racines des plantés reposent encore sur le sol. minéral, si celui-ci n’a pas ' unorichesse naturelle assez élevée, les récoltes des prairies sont .encore peu abondantes, et elles ne sOai à leur maximum qu’après plusieurs années de végétation et de nombreuses fu-. mures, excepté dans les terrains riches et perméables dont nous avons parlé, jusqu’à ce poiçt maximum , le fumier distribué aux prairies ne produit pas tous ses effets, et ce n’est que quand elles y sont parvenues que l’on peut espérer de voir reproduire sa véritable valeur. Cette proposition deviendra claire par le détail de ce qui se passe quand on établit de nouvelles prairies. Les observations do ce genre ne manquent pas autour de nous.
On fume la surface du terrain avant de semer le grain de. foin. Les herbes sortent isolées et la surface de la terre est dégarnie la première année ; la seconde, les trèfles commencent à s’étendre et les graminéep à taller; la troisième, le gazon paraît formé; mais il manque réellement de l’épaisseur et de la richesse qu’exige le pré, et il- est si peu parvenu à son point !..
■ •■C53 • . . AGROLOGIE. • ■ . . . .
de perfection , que ce n’est qu'aprùs un grand jwmhrc d’an- . • nées, si l'on ne fume pas, et si l’on fume, qu’après avoir reçu ..
• une dose de fumier que l’on peut estimer à 5,000 quintaux métriques par hectare, que le pré.parvient à son état stationnaire, dans lequel chaque dose nouvelle de fumier produit son maximum d'elfet. D'après CCS expériences, on peut donc alTirmer .. . que, soit que l’on calcule le nombre d’années de faible produit ‘ dans le cas où l’on ne fume pas, soit que l’on compte l’avance to-
/ . taledefumicrraitcavantd’arriveràcepoint,ilyauraparhec-
tare l’équivalent d’une quantité de 2, 500 quint, métriques defu- ' mier en avance, en supposant que l'on ait eu pendant la première époque des récoltes de foin équivalentes à la moitié du fumier.
' ' ■ Pour estimer la Valeur de l’engrais appliqué aux prairies, il ' . , faut donc ajouter à l’engrais qu’on leur applique annuellement ■ le vingtième de 5,500 quintaux, ou 125 quintaux qui repré- . , • • sentent l’intérêt de la valeur de l’engrais amorti. — '
Généralement, on fume les prés tous les trois ans dans le .
, département de Vaucluse, où ils sont bien soignés. Leur durée
y est éternelle. La nature et la qualité de l’herbage vont toujours en s’améliorant, et on n’y est pas obligé, comme en Lom- . hardie, d’alterner les prés avec d’autres cultures, à cause de la détérioration de leur qualités Les prairies que l’on défriche, en . • . , Italie, sont principalement garnies de trèfle, mais les grami- ■ nées n’ont jamais le temps d'y prendre tout leur développe-
• ment. Une prairie que nous avons portée graduellement à •
l'état maximum de produit en foin nous présente les résultats suivants. Fumée en hiver avec 50,490 kilogr. de fumier. Ce qui fait 16,830 kilogr. par an, elle produit :
f® année 17,000 kil. de foin.
2* année ....... 1D,300
3® année ......... isgioo.
Total . . . 13,!)00 ou par an . ■ . . ^ . li,3eo-
3 bv C'.noglc
ALIMlîNTAflON VésÉTAtÇ. . . €!>9 *
Le prit du foin étant de£ fr. les lOOkilogr., cVstnhe Ta» leur de 918 fr. qui résulte de 1&,830 kilogr. de fumirr ét 13,500 kilogr. de fumier avancé, ou de 29^330 kilogr. de fumier. Les 100 kilogr. de fumier produisent donc 52 kilogr. de . foin, ayant une valeur de 3 fr. 1-2 c.; nous avons trouvé que le fumier, appliqué au blé et. à la betterave, valait 2 fr. 88 c. On ■ voit combien se rapprochent ces trois évaluations, obtenues à "travers tant de circonstances dilliciles à apprécier.
. ‘ § IV-. — Luzerne.
La luzerne. est-elle un racillcur.roodulc que le foin pour apprécier la valeur du fumier? Nous allons voir combién.il faut s’en délier et à quelles anomalies cette plante est sujette.
Sur une terre qui n’en a jamais porté et qui a du fonds, on obtient souvent de très belles luzernes sans engrais. Nous l’a-' vons vu réussir adnurablement prés de Montélimart sur un sol graveleux, rouge; profond, que l’on ne croyait" propre qu’à la’, vigne , et sans autre engrais que le plâtre.
Elle donne des résultats aussi riches dans les alluvions profondes de certaines rivières, si ces aHuvionssont perméables et’ fraîches sans être humides.
Daqs les terrains qui.ont du fonds , elle prospérera mémo avec une fumure médiocre, s’ils n’ont pas encore porté de luzerne; dans ceux qui ont peu de fonds, elle donnera de gran-". dos espérances à sa première année, mais elle dépérira à mesure que scs racines atteindront le sous-sol. '
Si le terrain a üéji porté une ou plusieurs fois de la luzerne^ son dépérissement commence de bonne heure et sa durée est limitée à peu d'années, quoique la surface du terrain ait été abondamment fumée.
Ainsi , ce que cette plante parait rechercher de préférence, c'est la richesse dans la profondeur, c’est dépouvoir apptofon'»
660’ ... .-i .. AGEOLCfClK.*. • ■ . ■*
dir continuellement ses racines dans une terre qui tenferiDe toujours des principes propres à sa nutrition. Tant que ces couches superposées de fertilité constante existent, la luterno eontinue son développement et ne cesse de produire de nouvelles et abondantes récoltes. Nous avons pu observer sur le bord du ' ’
B,bône. et de l’Ardèche des racines de plus de 4 mètres de long. . • " . Trouvent-elles un courantd'eau imprégnée de principes fécondants, elles se subdivisent en radiculeset continuent à vivre* ' . encore pendant longtemps; mais trouvent-elles une couche imperméable ou entretenue dans Thumidité par des eaux.
' croupissantes , les progrès s'arrêtent, la plante dépérit , le ehainp se dégarnit; la limite de l’existence de fourrage est arrivée. . • ' • • ' '
Quelle est la durée de cet épuisement des couches profondes, qui ne permet pas à la luzerne de reparattre avantageusement 'sur les terrains qui en ont. déjà porté? Ce temp$ dépend du genre de culture qui aura suivi la luzerne. Il est plus court dans les terres arrosées; les travaux profonds l’abrègent aussi dans les terres sèches ; plus le terrain est perméable et plus tôt la luzerhe peut reparaître sur le même champ. Dans des terrains plus compactes , un ancien agriculteur nous assurait qu’après trente ans d’intervalle , il s’apercevait distinctement des places ■ où avait existé la luzerne trente années auparavant par sa moindre vigueur, et surtout par sa moindre durée. Olivier de Serres donnait quinze anS de durée à un champ de luzerne; nous en avons vu qui sont arrivés à cet ôge dans les terrains nçufs; mais aujourd'hui ils atteignent à peine cinq ans, et, il y en a beaucoup qu’il faut défricher à la quatrième annéei Cpmme il faut nécessairement semer cette plante sur des sois profonds, toutes les terres d’un domaine n’y sont pas indistinctement propres , d’où résulte le retour trop fréquent de cette culture sur les mêmes espaces de terrain. Dans Tassolement do Nîmes, la luzerne revient douze ans après son dé-
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AlMESTATIOi» VÉGÉTALÊ. . . • G61
‘ foncimient', ct‘là aus<i oa s’aperçoit que ce temps e^t trop • court.
. En faisant la part du mal que lui causent des fauchaisons trop tardives et pratiquées quand la fleuraison de cette plante est achevée, on ne peut expliquer tous ces faits qu’au moyen, de deux hypothèses. La première hypothèse repose, comme nous l'avons déjà dit, sur la nécessité pour la luzerne de trou- ‘ . ver des couches meubles et contenant des sucs nutritifs à me- , sure que sa racine s'allonge ; on sait que dans les bons terrains, cette racine présente pdu de radicules latérales , ses bouches absorbantes sont donc placées à son extrémité. La seconde ' hypothèse consiste à supposer la persistance, pendant une longue suite d'années , d’excrétions malfaisantes produites par la luzerne qui a précédé et qui sont incompatibles avec la présence de cette plante pendant toute leur durée. Mais il faudrait que l’cxistencedc ces excrétions fût bien démontrée pour qu’on ' 'pût admettre qu’exposées, pendant douze et trente ans, à la réaction de tous les corps envirohnants, elles eussent conservé, toutes leurs propriétés nuisibles. Nôus croyons que la théorie de l’épuisement explique tout aussi bien les faits que nous .avons décrits, et sans qu’on puisse lui opposer les mêmes objections. , '
, En partant do ces données , examinons ce qui se passe dans le midi, relativement à la culture de la luzerne.
Dans les terrains qui ne sont pas naturellement meubles, on prépare, par des labours profonds , une couche perméable aux racines de la luzerne. Cette profondeur fixe, pour ainsi dire,
. dans les terres compactes la durée de cette plante. En 4 ou 5 ané , scs pivots atteignent à 30 centimètres environ de lon- . 'gueur, et si le sous-sol se trouve tellement dur qu’il ne puisse ùtze pénétré, la plante ne tarde pas à dépérir. , ,
. .11 faut ensuite disposer d’une quantité de fumier suffisante pour que son mélange avec la terre ou l'infiltration' de ses
662 ■ ArrROtoflré. , • ..
sucs atteigne la couche que les raeiaes doivent ôccdper ; cette ' condition est indispensable pour les terrains qui ont déjà porté
• de la luzerne et dont les couches profondes sont déjà épuisées.
Or les sucs, filtraot à travers le sol et déposant successivement une partie des matières qu’ils tiennent en suspension , n'arrivent pas très profondémentsans être complètement dépouiljés
. de leurs principes fertilisants. €’cst ce qui borne encore la durée de la luzerne quand il faut procéder par des engrais artifieiels ; et cela est si vrai que le fumier accroît bien la récolte* , en proportion de son abondance , maïs ne prolonge pas dans' celte môme proportion la durée de la plante; d'ailleurs les cultivateurs répugnent à enterrer profondément le fiimier, de crainte qu’il né puisse être atteint ensuite par les céréales qui sont semées sur des labours moins profonds. . •
Ainsi tout le succès , dans les terres qui ne sont pas neuves pour la luzerne , dépend de ces deux choses : profondeur du labour , abondance •d’engi'ais. La première prolonge la durée * de la plante en offrant de l’espace pour l’allongement de ses racines et en facilitant i’ihfiltration des sucs des fumiers; la deuxième fournit la meilleure nutrition.
La première année, la luzerne croit avec luxe sur une fo- . mure abondante, elle y trouve cette large nourriture qu’il lui faut ; la seconde année, elle se trouve encore dans une zone de , terrain bien fécondée par les sucs infiltrés, elle donne alors ses plus belles récoltes; dès la troisième année, la dinainution devient sensible; clic s'alTuiblit encore' dans la quatrième et la cinquième. Celle décroissance est d’autant plus rapide que le terrain est moins perméable. .
Mais de cette tendance de la luzerne à puiser sa nourriture par l’cxltémité de scs racines résulte aussi que l’engrais déposé . ’ • près de la surface de la terre reste presque intact , et qu’après le défrichement le sol se trouve dànS un état do richessè qui •
• prouve à quel point cette plante s’approprie les éléments atrao-
ALIMENTATION VÉGIÏTALE.. V. G63
sph<iriqo«s. Les récoltes de blé qui succédeat se comportent exactement comme si le biinier accordé à la luzerne était de- . meuré tout entier à la disposition des récoltes qui vont la suivre.
Voici quelques résultats pratiques qui éclakciront ce point délicat,:
Pendant cinq années une luzerne a produit 640 quintaux métriques de fourrage sec ; elle a été fumée avec 1 ,030 quintaux de fumier. On a fait trois récoltes successives de blé, et l'on ne s’est arrêté qu’à cause de l’abondance des mauvaises herbes ; le terrain est resté en très bon état , et on a pu, après une jachère complète, en tirer encore deux récoltes de céréales. En totalité, on a obtenu 102 hectolitres de blé, ou 8,160 kilogr. qui représentent l’effet de 816 quintaux métriques de fumier. . ..
Il y a donc eu une perte de 214 quintaux de fumier seulement, pour représenter 640 quintaux de fourrage. Ces récoltes ont eu lieu dans des terres naturellement fraîches^ la perte en engrais est beaucoup plus considérable dans les terres arrosées. * qui dissolvent davantage les sucs des engrais et favorisent leurdécomposition.
La luzerne a donc coûté en fumier 214 quintaux, plus l’iiitèrèt de l’avance de la totalité de l’engrais pendant six ans, terme moyen des rentrées (cinq années de luzerne et deux de céréales). Voici le compte de cette culture pour un hectare :