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. • convenable Selon Liebig l’existence de cet acide uimiqae ‘ dans le sol serait une cbimère. L'extrait de terreau dont nous parlerons plus loin ne se combine pas chimiquement avec la chaux, et la preuve que cet auteur en donne, c’est l'entière blancheur des stalactites formés par des filtrations, dans des caves surmontées d’un amas énorane de terreau et de terre calcaire.
Enfin, M. Monnier de Nancy a prétendu en dernier lieu^ qu’un terrain épuisé n’était qu’un terrain rempli des excrétions ■acides des plantes, se fondant sur l’observation de M. Becque- . rël, que dans l’acte de la végétation il se produisait toujours .de l’acide acétique ; l’embryon agissant comme le pôle négatif 'd’une pile qui retient les bases et repousse les acides. Sel<m cet auteur; l’addition de la chaux au sol fournirait la base nécessaire à la neutralisation des acides.
D’après eette hypothèse, qui ne voit que l’action des engrais «nimaux fournirait par son ammoniaque une base bien plus
* active encore à l’action des acides ? et cependant voit-on qu’ils .. aient sur les terrains non calcaires les effets de la marne? changent-ils la nature de leur végétetion? enfin explique-t-on ainsi le bon effet de la chaux caustique sur les terrains calcaires? ■Ceux-ci ne contiennent pas de principe acide libre, et cependant la chaux agit avec énergie en plusieurs cas. Ces observations, en détruisant l’absolude cette hypothèse, ne nous empé-
• chent pas d'admettre l’effet de la chaux sur les acides libres du sol; la présence de plantes acidulés les y indique, et les réactife éonfirment cette indication. Mais nous ne pouvons rien conclure d’un cas particulier et circonscrit pour établir une théo>- 'rie générale.
Après avoir ébminé toutes ces explications des effets de la
(1) M. Puvis, De l'emploi delà chaux, p. 121 et suiv.
J (2) Introduction, p. 122.
‘ (3) Mémoire sur les engrais.
PARTIES CONSirrU ANTES DES TERRAINS AGRICOLES, ’ft ’ • * chaux dans les terrains, il fallait chercher ce principe d’action.
Pour y parvenir, nous avons pris un grand nombre de terres de diflérentes natures, nous les avons fait digérer dans l’eau distillée, et après la filtration nous avons cherché les substances dissoutes dans les eaux de lavage. Traitées par l’oxalate d'ammoniaque, toutes celles qui contenaient de la chaux ont donné un précipité, dont la quantité allait jusqu’à 1 à 2 millièmes par chaque centième de carbonate de chaux contenu dansies terres. Elles renfermaient donc un sel de chaux soluble.
Nous ayons alors recherché si ce sel était un sulfate en essayant les solutions par le nitrate de baryte, et, après avoir mis de côté celles qui donnaient un précipité et qui, par conséquent, contenaient du gypse, nous avons continué nos recherches sur celles qui nous restaient.
Ces mêmes eaux, traitées par le nitrate d’argent, ont donné des précipités de chlorure d’argent pour quelques terres déjà connues comme contenant des chlorures alcalins; elles ont été aussi mises à part. Celles qui ne donnaient pas de précipité ont .été traitées par la méthode de M. Deshassyns de Kiebemont pour s’assurer si elles contenaient des nitrates*. Les unes en contenaient, d’autfes en étaient exemptes.
Ayant fait bouillir ces dernières eaux pendant quelque temps, il s'est formé un dépôt qui nous a prouvé que le sel calcaire qu’elles tenaient en dissolution était du bircarbonate.. -• fieprenant alors toutes les terres calcaires essayées, nous en ■ avons dosé l’azote; clics en contenaient toutes sensiblement} quelques marnes réputées pour leur activité et que Hon emploie en plus petite dose, en contenaient même une quantité assez notable, jusqu’à 0,00164 ; mais celte quantité était trop petite, comparativement à célic des engrais, pour expliquer Teffet de la chaux.
Ne pouvant trouver la raison de cet effet dans la quRotité ' (I) -Celte méthode est décrite plus haut; ch 1, srct. U, ^ 2.
.72' * ' • AGROLÔGIE.
de substances solubles contenues dans ces terres,' nous avons . dû la chercher dans le principe de continuité d’action. Toutes les terres calcaires lessivées ont été eiposées à l’air, à l’abri du • vent, et humectées de temps en temps pendant six mois. Alors elles ont été soumises à un nouveau traitement, et. toutes ont fourni de nouveau un précipité calcaire. Il sé formait donc constamment dans ces terres un ser soluble à base de chaux, qui fournissait aux plantes un principe nécessaire, la chaux, . et probablement aussi, dans bien des cas, un autre principe plus important encore, l’azote provenant de la décomposition des nitrates ; nitrates qui ^reforment aussi constamment dans les terres qui en ont déjà fourni. Ce serait donc en passant à l’état soluble par sa transformation en nitrate et en bicarbonate que • ' la présence de la chaux dans le sol favoriserait l’action de la < végétation. Nous traiterons plus en détail décès effets dans un *
' des articles suivants. . ■
' ' La terre calcaire pure constitue un terrain froid à cause de sa couleiir blanche. Ce terrain retient une grande quantité * d'eau(jusqu'à 8d parties pour 100), et quand il est mouillé il se change en une bouillie qui n’ofTre aucun appui aux plantes ; dans l’état humide, ^’il survient une gelée, il se soulève, çt '
• bu dégel il retombe sur lui-même en déchaussant les racines; * . il se sèche lentement; quand il est sec, il laisse trop facilement .pénétrer l’air jusqu’aux racines ; il devient pulvérulent et ne' leur offre pas, non plus un appui convenable ; son manque de .ténacité le rend très facile à cultiver, ce qui explique comment . ‘ un tel sol n’est pas abandonné et commçnt les cultivateurs suppléent par l’étendue à son peu de produit.
Parmi ces terrains purement calcaires, il faut distinguer ''ceux qui portent le nom de craies et qui possèdent, sous le rapport agricole, des qualités particulières, en raison de leur ' composition et de leur structure, dont nous parlerons plus loin.
Quand la chaux est mêlée avec le sable siliceux, le terrain
dDyXioogle
PARTIES CONSTITUANTES DES TERRAINS AGRICOLES. IS s’égoutte mieux; il acquiert du liant, offre un meilleur sup*port aux plantes , et est susceptible d’un grand nombre de bonnes cultures s’il peut être arrosé en été; car pour peu que ce terrain soit coloré, il devient brûlant, et, s’il ne peut être arrosé, il n’est propre qu’aux récoltes qui mûrissent dès la fin du printemps.
Mêlé avec l’argile, le carbonate de chaux forme d’excellents sols qui ont toutes les qualités recherchées par les agriculteurs , surtout s'ils contiennent en outre une portion convenable de sable; il constitue alors des loams, un des genres de terrains les méilleurs et les plus recherchés. Les terrains qui contiennent beaucoup de chaux mêlée à l’argile et que l'on pourrait appeler marneux s'écaillent et se pulvérisent facilement à leur surface par les temps secs ou chaux. Ils perdent ainsi leur ténacité dans les couches supérieures.
Section V. — Delà marne.
Quoique la marne ne soit qu’ûn mélange d'argile et do carbonate de chaux auxquels se joignent le plus souvent quelques autres substances, la silice, l’oxyde de fer, etc., nous ne pensons pas faire un double emploi en lui consacrant un article particulier. En effet, les deux éléments minéraux qui constituent la marne y sont mêlés d’une manière si intime qu’il est impossible de parvenir à imiter la nature par de simples procédés mécaniques , tellement ils sont juxtaposés molécule à molécule. Ainsi , quand on soumet la plus petite particule possible de marne à l’action d’un acide sous l’objectif du microscope, on voit l’attaque se faire par toutes ses faces* et par tous ses angles, et l’argile qui reste se trouve composée d’une multitude d’autres particules d’une finesse telle qu’il est presque impossible de l’évaluer.
Quand on a voulu essayer de composer une marne artifi-
AGROLOGIE.
«ielle par le mélange le plus exact possible, ce produit dé l’art s’est trouvé avoir des propriétés tout à fait autres que celles . de la marne naturelle formée des mêmes éléments. On s’aperçoit d’abord au microscope combien nos moyens mécaniques sont grossiers : même quand nous employons de l’argile le plus finement pulvérisée possible et mélangée avec du carbonate de chaux dans le même état, les particules de chaux sont agglomérées, séparées de celles de l’argile par d’assez grandes distances; l’bygroscopicité, la chaleur spéciflque de cette marne artificielle sont tout autres que celles de la marne naturelle, et sa pesanteur spécifique est moindre.
De ce mélange intime et de cette structure de la marne résulte sa faculté de se diviser et de se réduire en poussière quand elle est mouillée ou qu'elle est exposée seulement aux variations hygrométriques de l’atmosphère, à cause du changement considérabledevolumequ’acquiert l’argile imbibée d’eau. '
On trouve des marnes très compactes, ayant l’aspect extérieur du marbre, et cependant se réduisant à l’air, et assez promptement, en une finë poussière homogène, sans laisser aucun nodus calcaire.
D’autres ont plutôt l’aspect d’un poudingue et sont de véritables mélanges de marne et de nodus de carbonate de chaux, • qui ne se délitent pas.
Certaines marnes, ayant éprouvé les effets de l’humidité depuis leur formation , sont déjà délitées dans la minière, et se présentent sous un aspect pnlvériilent, et sont mêlées quelquefois déplus ou moins de ces noyaux calcaires. Les unes Sont grises, d’autres plus ou moins jaunes où rougeâtres, colorées qu’elles sont par les oxydes de fer. Les variétés des marnes sont infinies, comme les circonstances qui ont pu leur donner naissance.
Le but de l’emploi de la marne est d’ajouter le principe cal- ' Caire aux terrains qui manquent de chaux, de le lui fournir sous une forme pulvérulente qui laisse beaucoup de prise aux
PABTIES CONSTITUANTES DES TERRAINS AGRICOLES vS-
influences atmosphériques pour transformer lé carbonate calcaire en sels solubles (nitrate et bicarbonate dé chaux) ; ses effets sont ceux que nous avons indiqués comme signalant la présence de la chaux dans les terrains.
On avait cru longtemps que, pour apprécier les marnes, il suffisait de connaître la quantité de chaux qu’elles contenaient; mais on n’a pas tardé à revenir de cette erreur et à se convaincre qu’il y avait d’autres éléments d’appréciation qu’il fallait Yechercher.
M. Lartet, bien connu par ses intéressants travaux de pa- .léontologia, n’avait pas vu saps surprise la différence notable que manifestait l'action de diverses marnes sur' la végétation, quoiqu’elles parussent à peu près de même composition miné- .rale, à en jnger par les analyses ahimiques. Vingt-cinq voitures d’une de ces marnes produisaient un effet égal à celui de deux cents voitures d’autres marnes. Ce savant s’étant adressé à nous pour avoir l’explication de ce phénomène , nous ayant envoyé des échantillon» de ces différentes marnes et des terres sur lesquelles il les employait, nous avons été conduit à nous* occuper spécialement de cette question.
. La meilleure de ces marnes, celle qui produit les grands efi^ts à petites doses,, contenait 0,675 de carbonate de chaux, les autres en renfermaient de 0,66 à 0,41. On voit donc que; même dans les plus pauvres de ces dernières, la proportion de chaux n’indiquerait pas la différence énorme des doses que l’on est obligé d'employer.
L’existence de débris fossiles dans les terrains marneux du Gérs, d’où proviennent ces échantillons, nous porta à rechercher la quantité d’azote qu’ils contenaient. Traitées à l’appareil de Liebig, les parties superficielles et pulvérulentes nous ont fourni 1 à 1 I millième d’azote; mais les parties compactes' nt internes de la meilleure marne n’en donnaient plus que des quantités. insensibles. Les marnes pulvérulentes offraient de