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l'azote; quelques-unes contenaient de l’acide nitrique rendu sensible, par l'épreuve, avec le protpsülfate de fer et l’acide sulfurique ; toutes donnaient du bicarbonate de chaux. Il était évident que c’était par leurs surfaces et leurs efliorescences que les marnes devenaient susceptibles de se charger des éléments de la fertilisation. «
L’aspect de ces divers échantillons offrait déjà d’assez grandes différences. La marne de Gaussan, de qualité supérieure^ se présentait sous forme déroché homogène, dure,. grise, à cassure conchoïde, ayant toute l’apparence et la solidité d’une' pierre à bâtir; les autres ressemblaient plutôt à des poudingues formés d’ün mélange imparfait de matières diverses ; les unes rousses et ferrugineuses, les autres grises; les unes pulvérulentes, les autres dures et en rognons.
Mise à déliter dans l'eau, la marne de Gaussan se fondit en très peu de temps en une poudre homogène, sans laisser de noyau; les autres ne se délitèrent qu’en partie, laissant 875 parties sar 1,000 de rognons durs presque entièrement calcaires, et ne présentant par conséquent que- 125 parties de matières pulvérulentes, sans qu’un très long séjour dans l’eau parvint à délayer la partie dure. -,
Dès lors n’avions-nous pas quelque drqit de penser que le mystère était dévoilé? Les agents extérieurs n’agissent sur le carbonate de chaux, pour former les nitrates et les bi-carbonates, que par ses surfaces; c’était donc la proportion des surfaces et non celle des masses qui devait représenter l’effet qui pouvait être produit par ces marnes.
Pour-arriver à un résultat positif, il aurait fallu pouvoir mesurer avec exactitude la dimension des particules; mais l’entreprise était impossible. Leur grand nombre, la diversité de leur grosseur ne permettaient pas d’y songer. La poudre fine, obtenue par léyigation, se réunissait en petites masses dont on ne pouvait détacher les grains isolés ; en l’humcctant, qu
PARTI£$ CO'nSTITCANTES DES TERRAINS AGRICOLES. 77 parvenait à en séparer quelques grains ; nous en avons trouvé de roTi de millimètre de côté, sans qu’il nous soit possible de dire si ce chiffre était une moyenne ou un minimum.
Ne pouvant ainsi comparer entre eux d'une manière complètement exacte les volumes des particules des deux espèces de marnes, nous avons pris le parti de supposer que les dimensions moyennes de leurs parties pulvérulentes étaient les mêmes. Il restaitalors à apprécier celles des noyaux, qui étaient très variables ; mais comme elles pouvaient être exactement mesurées, nous pûmes les réduire k la forme de cubes ayant 4 «nillimètres de côté, et par conséquent 96 millimètres carrés de surface. Mais un de ces cubes, divisé en petits cubes de de millimètre de côté, en fournirait environ 296,000, ayantensembleu ne surface de 6,024 millimètres carrés. La surface des qoyaux (96 millim. carr.} était donc si petite, en comparaison' de celle des particules^ qu’elle pouvait être négligée, et alors nous avions, pour représenter la puissance de la marne de Gaussan, le nombre 1 ,000 de ses particules pulvérulentes, et, pour les autres marnes, le nombre 125 qui est pour elles le chiffre de ces mêmes particules; eequi revient à dire que l’effet immédiat de la marne de Gaussan et celui des autres marnes est dans le rapport de 1,000 à 125 ou de 8 à 1, précisément la proportion dans laquelles’emploient les deux espècesdemarnes.
L’exactitude de ce résultat avait droit de nous surprendre ; mais il était impossible de ne pas l’admettre , ayant répété plusieurs fois l’épreuve des pesées et y ayant trouvé'assez peu de différence quand on opérait sur des quantités un pou fortes; car il est bon de prévenir que l’on trouvera dans les marnes de qualité inférieure des portions qui, étant détachées de la masse, se déliteraient entièrement. Ce sont surtout les plus grises, les plus homogènes, les moins ferrugineuses. Ce n’est donc qu’en opérant sur des quantités un peu fortes que l’on peut trouver les véritables proportions des noyaux et des parties pulvérulentes.
AGaOLOGIE.
Ces résultats, que nous avonseu depuis l’occasion de vérifier ' et de confîrnrer sur des marnes de beaucoup d’espèces et dans* des pays différents, nous donnent un moyen d’apprécier les quantités relatives de marne à employer dans les différents cas. Ce n'est plus, comme on le voit, de la seule analyse chimique que doit dépendre cette estimation, il faut la combiner avec la lévigation.
Nous avons vu que les marnes possédant 0,675 de carbonate de chaux et se délitant entièrement, s’employaient à la dose de ^5 voitures de 0,3 métrés cubes; la dose est donc de 20 mètres cubes. Si l’on demande la quantité qu’il faudra de lamarne de Leugny (Yonne) qui contient 0,80 de chaux, mais qui laisse 0,118 de nœuds calcaires; la partie agissante de cette marne se trouvant ainsi réduite à 0,882, qui à raison dé 0,80 renferment 0,704 de carbonate de chaux, nous aurons là proportion 100 : 0,882 :: 80 : ® = 0,706, proportion de chaux renfermée dans la partie agissante, et ensuite cette autre proportion : 0,706 : 20 :: 0,675 : x = 19,1, nombre de métrés cubes de marne à employer , à peu près le même qu’à Gaussan ; et en effet on emploie aussi 25 voitures de marne à Leugny*.
( 1) Cette marne avait fixé notre attention, particulièrement à cause de ce qu’en avait dit M. Puvis dans son Esstù sur la marne, il la signalait comme manifestant des propriétés particulières donnant à l’eau une consistance- glntincuso tout ù fait remarquable. Nous avons prié notre confrère, M. Payen, de répéter son analyse. Voici ses résultats :
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