Partie iiisoluljli! à l'acide clilorhydrique
Alumine et oxyde de fer 15
Carbonate de rliaux , 800
Cliloriires alealins 18
Pertes et matières organiques 3i
l,üOü
Azote pour 1 ,000 de matières normales. . . 1 ,G2
— de matières sèches. , . . 1,6 4
équivalant comixie engrais à 24,691. Ainsi, il faudrait 24- parties do
' PARTIES CONSTITOADîTESDItS terrains AGRICOLES. 79
Si l’on voulait estimer une marne ne possédant que 0,35 de carbonate de chaux et ayant 0,50 de son poids en noyaux, on trouverait d’abord que 50 de marne no renferment que 0,179 de carbonate de chaux agissant, et la proportion 0,175: 20 : ; 0,675 : X — 77, nous donne la quantité de mètres cubes de cette marne qu’il faut employer* .
On détermine facilement la proportion de carbonate de chaux que renferme la marne en la traitant avec l’acide acétique.
« Quand reilervescence a cessé, on sé^he le résidu et on le pèse; la perte indique le poids du carbonate de cbaux. Ce procédé est suilisamment exact dans la pratique, pourvu qu’avant et après l’opération la marne soit ramenée au même degré de dessiccation.
Pour estimer la quantité de noyaux, on ploiige dans l’eau une quantité désignée de marne qui doit être au moins d’un kilogramme ; on laisse digérer pendant une heure , ensuite on agite, on décante, on remet de nouvelle eau, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’eau reste claire après l’agitation ; alors on sèche et on pèse le résidu qui est composé des noyaux.
Les avantages que présente l’emploi des marnes les plus actives sont immenses. Lebr efiet est moins long que celui des marnes à noyaux solides qui ne se délitent et n’entrent en action qu’à la longue ; il ne dure pas trente ans. comnie pour plusieurs de ces dernières, mais aussi il y a bien moins de charrois à faire à la fois, et l’on n’enfouit pas, pour n’en jouir que longtemps après, un capital considérable ; les travaux plus rapides ne gênent pas la culture ordinaire de la ferme, tandis
cette marne pour équivaloir à 10 parties d’engrais normal de Boussingaull et Payen. Or, on l’emploie en moins grande quantité et avec des effets bien différents et prolongés pendant plusieurs années.
(1 ) Les termes de cette proportion sont les suivants :
0,175 chaux de cette marne.
0,G75 chaux delà marne normale de Gaiissan.
20 nombre de mètres cubes de marne de Gaussan employés.
77 nomUe de oièties cubes à employer de la uouvelle marne.
so
ïAGKOLOGlE.
que quand il faut transporter de grandes masses, l'entreprise devient inabordable pour le plus grand nombre des cultivateurs ; enfîn, l’eflet pouvant être borné à la durée des baux, le fermier , sûr d’en retirer tous les profits , s’y livre j^ius facile- , ment et n’est pas obligé de recourir à des transactions compliquées avec le propriétaire pour s’assurer la jouissance du capital restant en terre. Quand on ne pourra se procurer que de la marne à rognons durs, le procédé indiqué pourra aussi faire . ' apprécier les avantages quç l’on doit retirer de son application; * il pourra servir d’indice de la durée de scs elTets et diriger dans la discussion des intérêts relatifs du propriétaire et du fermier.
M. Teillieux a prétendu avoir constaté que les- marnes étaient d’autant plus fertilisantes que l’époque de leur formation était moins ancienne, et il attribuait le peu de succès que l’on avait obtenu de certaines marnes à ce qu’on avait négligé l’appréciation de cette circonstance. Ainsi les marnes de Paris, du Mans, qui reposent en couches horizontales au fond de bassins de vieux lacs d’eau douce sont préférables à celles de la Beauce et de la Touraine, situées sur la craie ; préférables à celles des jurassiques moyens, qui constituent une partie de la Normandie; préférables à celles qui peuvent se rencontrer sous . les couches du calcaire jurassique de Niort, et surtout à celles du lias , qui se rencontrent seules dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de cette ville.
Ces aperçus ne sauraient, être admis sans être appuyés d’un grand nombre de faits choisis dans des localités et des formations différentes, et soumis aux épreuves que nous venons d’indiquer. Pour mettre en défiance contre une généralisation aussi hasardée, il nous suffira de «dire que les marnes les plus riches , du Gers sont précisément les plus anciennes, et que leur effet peut se comparer à celui des marnes tertiaires de l’Yonne.
. PARTIES CONSTITUANTES DES TERBAINS AGRICOLES. 81 ■' Section VI. — De la magnésie.
La magnésie se rencontre en mass.es dans certaines localités sous le nom de magnésite (Salinelles, Gard); on la trouve mêlée au sol des vallées dans lesquelles débouchent des rivières qui descendent de montagnes dolomitiques ou talcqueuscs, comme celle de la Durance ; la magnésie se manifeste aussi sous la forme de sulfate de magnésie s'eflleurissant sur les limons des rivières qui ont traversé les schistes magnésiféres. ,
L'incinération des végétaux a fait reconnaître de la magnésie dans leur composition, toutes les fois que le sol en. renfermait; dans le cas contraire, elle était remplacée par de la chaux*. En effet, le carbonate de magnésie participe à toutes les propriétés chimiques du carbonate de chaux ; l'eau chargée d'acide carbonique change le carbonate de magnésie, comme lo carbonate de chaux, en bicarbonate soluble. Le carbonate de magnésie n'a pas une ténacité très différente de celle de la ^ chaux, mais il est beaucoup plus avide d’eau : il en absorbe :
. quatre fois et demie son poids ; il contribue donc à rendre les terrains plus frais, plus liants, plus légers, plus accessibles aux agents atmosphériques ; au tact, on le trouve doux et onctueux. Bergmann avait observé que la magnésie entrait en proportion notable dans la composition des terres les plus fertiles; celles que nous avons été dans le cas d'examiner, et qui sont ' renommées par leur fécondité, conGrment cette remarque. Les terres de la vallée du Nil contiennent une forte proportion de magnésie; différents sols du Languedoc, considères comme excellents, en onj; de 0,07 à 0, 12. Thaër (g 506) a constaté lés qualités améliorantes extraordinaires d’une marne qui renfermait 0,20 de carbonate de magnésie. Cependant on a observé
(1) Th. de Saussure, Journal de physique, 1800, t. Il, analyse dCs pins du Brevenl et de Lasalle.
AGROLOGIE.
que les terrains formés uniquement de débris dolomitiques ■ n’ont plus qu’une végétation languissante, ressemblant encore en cela aux terrains crayeux; une graminée dure [nardus tirictà) s’empare alors du sol et forme des pâturages de qualité médiocre*. Mais cela tient bien moins à la présence de la ma- • gnésic qu’â l’état de cohésion du sol, à la pauvreté du terrain, à ses autres éléments, et surtout à la surabondance de l’oxyde de fer qui s’y trouve quelquefois *.
Bien qu’Une* proportion convenable de magnésie constitue des sols excellents, cette substance calcinée avait paru frapper la terre de stérilité, et cette remarque de Tennant avait fait la mauvaise réputation de cette matière, qui a été pendant longtemps la terreur des agriculteurs; mais Davy etLampar diüs oot prouvé que la chaux de magnésie n’avait réellement que des qualités bienfaisantes. Nous avons indiqué plus haut les moyens de séparer la magnésie des autres substances con- , tenues dans le sol, et l’on devra y recourir quand on voudra «onstater la quantité de cette substance que renferment les 'terrains.
Section VII. — Du tulfate de chaux (gypse, plâtre).
Le plâtre est généralement indiqué en si petite quantité par l’analyse des terres arables , que pendant longtemps on n’a guère cherché à |’y trouver que dans le voisinage des minières de roches, gypseuses ; mais depuis que les analyses ont été plus soigpées, on n’a pas tardé à s’apercevoir que sa solubilité le faisait disparaître dans les lavages, et qu’il constituait ainsi, avec quelques autres sels solubles, une grande partie de la perte que l’on trouvait à la fin des analyses. Maintenant on cherche à constater sa présence avec plus de soin.
(1) ‘Cambessède, Bulletin de la société d'agriculture du Gard, 1812, p. 282.
(2) Cafendrio ÿeorgico di Toriao, 1838, mémoire de M. Abeno.
PARTIES COKSTITCAirTES DE5 TEItR AINS AGBICOLES. 83
L’attention publique a été attirée sur cette substance par Mayer, pasteur de Kupfcrzel, qui fit connaître l’usage que l’on en faisait, de temps immémorial, à Heblen en Hanovre. Cette publicité marque une brillante époque dans les fastes agricoles. Par le moyen magique de 2 ou 300 kilogrammes de plâtre répandu sur un hectare, les légumineuses, la luzerne, le trèfle, le sainfoin, etc., prennent un développement double; leurs feuilles sont plus larges, plus nombreuses, d’un vert plus foncé; les racines participent aussi à cet accroissement de poids. Le procédé de Mayer fut communiqué en 1768 à la Société économique de Berne; dés 1771, il sc répandait et se . popularisait en Dauphiné *, mais c’est surtout aux États-Unis qu’il s’est naturalisé et est devemi ntie pratique agricole tellement appréciée, qu’on y importe chaque année une grande quantité de plâtre de Montmartre.
Avant d’examiner les différentès hypothèses que l’on a produites pour expliquer les effets du plâtre, il taut d'abord poser les données du problème et indiquer les conditions que sa solution doit nécessairement remplir. Et d'abord le plâtre ne produit pas son effet sur tontes les espèces de plantes; cet effet n'a été constaté jusqu’à présent d'une manière indubitable que sur les légumineuses, le chou, le colza, la navette, le chanvre, le lin, le sarrasin ; on plâtre aussi le mais en Amérique, mais sans résultats certains. Les céréales et la plus grande partie des graminées n’en resséntent aucun effet. Il paraîtrait cependant que dans les terrains abondants en terreau et dépourvus de carbonate de chaux, le plâtre a aughienté la récolte du blé en agissant sans doute alors par son principe calcaire, que l’acide carbonique du terreau changeait en carbonate*.
En second lien, le plâtre n'agit pas sur tous les sols. S’il y en a un grand nombre où il sulht de tracer une ligne avec de
(1) 'journal de physique, t. XVII, p. 287.
(2) Journal d'agriculture pratique, Z^série,.!.' f, p. 225.
AGROLOGIË.
la poussière de plâtre sur un champ de trèfle, pour qu’on la ' distingue plus tard à la.-beauté de la végétation des plantes qui s'y trouvent ; si Franklin a pu .populariser l’usage du plâtre en * Amérique, en écrivant avec cette substance, sur un pareil champ, ces mots: Ceci est plâtré, et imprimer ainsi en vect foncé la leçon qu’il écrivait avec sa poudre blanche, il est d’autres sols où ces effets sont complètement nuis. Le plâtre réussit sur des terrains argileux, sur des terrains calcaires, sur des terrains . sablonneux, sur des loams, et il échoue sur d’autres terrains qui paraissent offrir la même composition. Ces données semblaient indiquer la marche à suivre pour arriver à résoudre le problème : 1° rechercher ce que présentait de particulier la • composition des plantes favorisées par le plâtre ; 2° recberclier la composition des sols où il réussissait et la comparer à celle desplantesetdessolsoùilrestaitsanseffét.Acettemarchesùre, * • mais laborieuse, on a substitué, commeon le fait trop souvent,
. des hypothèses basées sur des observations incomplètes. Le'
. moment est venu de les passer en revue.
Un assez g»nd nombre d’agriculteurs, frappés de l'avidité I ■ du plâtre pour l’eau, ont pensé que cette substance agissait.en attirant l’humidité de l’air, en la fixant sur le sol et sur les 'plantes ; mais ils n’ont pas remarqué qu’alprs elle devrait agir •' également pour tous les végétaux ; qu’elle n’absorbe pas plus • d’eau que le carbonate de chaux lui-mème ; qu'une fois qu'elle en est saturée, elle cesse d’en attirer ; que la quantité de plà- • • tre.employée est si minime, que le volume d’eau nécessaire à sa saturation serait toujours très peu considérablé, et que le ‘ plâtre ne cède plus l’eau une fois qu’il s’en est emparé ; il fal- , lait donc abandonner cette explication. Il était oiseux de la chercher dans une prétendue affinité du plâtre pour l’oxygène sur lequel il n’a aucune action.
, M. Socquel* prétend que le plâtre agit sur les feuilles en
{i) Mémoires de lu société. d‘agriculture de Lyon, I6i9. • ■
PARTIES COtlSTITDANTES DES TEBBAINS AGBICOLES. 85 raison du sulfure qu’il contient par suite de la calcination qu’on . lui fait subir, et qu’alors il se comporte comme un corps désoxygénant, secondant et suppléant l’action de la lumière sur le parenchyme vert des feuilles, et augmentant ainsi la quantité de carbone qu’elles peuvent assimiler.
M. Mathieu de Dombasie a observé * que cette théorie reposait sur une base fausse, savoir : la supposition que, par la calcination du sulfate de chaux, telle qu’elle s’exécute dans les fours des plâtriers, cette substance sc trouve convertie en sulfure. Il est bien vrai que lorsque le sulfate de chaux, réduit * en poudre, est calciné dans un creuset avec du charbon égale-* ment pulvérisé, l’acide est décomposé, et la chaux se trouve * réduite à l’état de sulfure ; mais il en est autrement dans la * calcination ordinaire du plâtre. Il y a bien aussi alors une petite quantité de sulfate de chaux décomposée; on s’en aperçoit à l’odeur d’hydrogène sulfuré qui sc développe lorsqu’on détrempe du plâtre calciné; mais cette quantité est infiniment petite, et les personnes qifi savent combien est vive l’odeur que dégage le sulfure de chaux lorsqu’on l'humecte, ne douteront pas qu’il suflisc d’une dix-millième partie de la masse réduite en cet état, pour que l’odeur soit aussi sensible que celle qui se développe lorsque l’on gâche du plâtre. Si le sulfure de chaux y existait en quantité notable, le plâtre ne serait pluspropreaux usages auxquels on remploiedanslcsbâtimcnts,' car cette substance se comporte avec l’eau d’une tout autre manière que le sulfate de chaux privé d'eau par la calcination.
Mais ce qui écarte péremptoirement la théorie de M. Socquet , c’est d’une part l’emploi que l’on fait du plâtre en ‘ le mêlant au sol par les labours, et en$uite*les effets bien constants du plâtre cru pulvérisé.
■ft) Rapport à la société d’agriculture do Nancy sur les effets du plâtre, inséré dans les Mémoires d’agriculture de M< de Valcourt, * p.' 356 et suiv. .
AGROLOGIE.
Le plus grand nombre des cultivateurs choisit pour pIAtrer les légumineuses le moment où elles ont développé leurs premières feuilles et celui où elles sont baignées de rosée qui attache la poussière gypseuse aux folioles des plantes. C’est cet usage qui a suggéré à M. Socquet la première idée de son système; il supposait que l’action de cette substance ne pouvait SC faire sentir que sur les organes foliacés de la plante ; mais il a été bien reconnu par les agriculteurs les plus habiles et les plus expérimentés que l'effet du plâtre n’était pas moins réel ' quand, répandu sur la terre avec lascmaillc, il'y était enterré par les labours. Thaër l’a répandu sur le seigle avant de semer ■ le trèfle (g 655); Schwerz* le regarde comme aussi efficace, qu’il soit enterré ou qu’il soit seulement répandu sur la plante;
. Bigaud de Lisle, qui le recouvrait par un trait de charrue,, se louait de son emploi MM. Sageret, d’Harcourt et de la Yillarmois, avaient fait les mêmes essais avec le même succès.
De telles autorités, des expériences aussi réitérées et aussi posi- * ^ tives, prouvent suffisamment que l’action du plâtre ne se borne
pas aux feuilles des plantes, mais qu’il est aussi absorbé par les
racines. La routine fait rechercher un temps humhie pour qna •
)e plâtre s'attache . aux folioles de la plante, et M. Forestier,
de l'Oise, affirme que ses plâtrages ne réussissent jamais que
par un temps sec, temps pendant lequel la poussière gypseuse
tombe en plus grande partie sur le sol
Mais si, indépendamment de ces raisons, il est reconnu que •
le plâtre cru produit les mêmes effets que le plâtre cuit,. on né •
pourra plus conserver le moindre doute sur l’inconsistance de .
la théorie de M. Socquet. En Amérique, on considère la cal-
cination comme diminuant les effets du plâtre ; les réponses à
(1) Préceptes d'agriculture pratiqué, trad. par M. Schauenbourg, p. 315.
(2) Mémoires de la société eentpale d’agriculture, 18U, p. 453 ctnotç.
(3) Cui(ii;a(e«r, juillet 1830, p. 36 et noie.
PARTIES CONSTITUANTES DES TERRAINS AGRICOLES. 87 des questions adressées au juge Péters, de Philadelphie, confir- * ment en partie cette opinion ; il y est dit : « Le plâtre cuit est plus aisé à broyer ; j’en ai fait emploi en môme temps que de plâtre non calciné ; semés le même jour et à côté l’un de l’autre, ils n’ont présenté aucune didércnce dans les résultats L » Cette opinion est. celle de tous lés agriculteurs qui ont essayé comparativement le plâtre dans ces deux états; Schwerz * reconnaît qu’il a, lorsqu’il est cru, toutes les propriétés du plâtre cuit. C’est donc bien comme sulfate dechaux, et non comme sulfure, que cette substance agit sur la végétation des légumineuses, des crucifères et de quelques autres plantes.
Th. de Saussure et Pictet pensent que le plâtre agit sur le terreau, dont il bâte la décomposition, en faisant concourir ses éléments à la nutrition des végétaux. En effet, si l’on met de l’eau chargée de sulfate de chaux en contact avec de la fibre ligneuse, l’odeur qui s’exhale du mélange annonce les réactions qui s’opèrent. On répète facilement cette expérience en petit ; en versant dans une eau mucilagineuse, sucrée ou chargée d’extrait de terreau, une solution do sulfate de chaux, il se forme de l’acide carbonique, de l’hydrogène sulfuré et des sulfures. Après une pluie, on sent l’odeur d’hydrogène sulfuré qui s’exhale d’un terrain plâtré. Mais si cet effet était le seul, ne devrait-il pas avoir lieu sur tous les terrains pourvus de terreau, et toutes les espèces de plantes ne •profiteTaient-elles pas des bénéfices de cette réaction qui leiir fournirait des éléments utiles à leur végétation ?
Si, au lieu de se trouver en présence de la fibre ligneuse seule, le plâtre était rapproché d’un corps qui produirait aussi de l’ammoniaque, comme le fumier, il y aurait formation de sul fate d’ammoniaque et de carbonate de chaux . Comme les terrains contiennent plus ou moins d’ammoniaque , c’eSt à cette .
(1) De Valcour, Mémoires d'agriculture, y). 452 et 35G et suiv. •
, . i2) Préceptes d’aqriculttve, p. 309-et suiv.
AGHOLOGIB.
fonction seule de fixer l'ammoniaque sous une forme moins Volatile, que Liebig veut borner les effets du plâtre ' . Ce mode d’action est réel , et il faut en tenir grand compte. Point de doute que le plâtre n’’agisse sur les sels ammoniacaux qui sont à sa portée, qu’il n’absorbe les vapeurs ammoniacales et ne se transforme de la manière qui vient d’étre indiquée ; que, sous cette forme nouvelle, il ne fournisse aux plantes une partie de l’acide sulfurique, que l’on trouve dans leurs cendres, et de l’azote qui entre dans leur composition. Mais cet effet ne peut être unique, et il doit même être assez faible dans le plus grand nombre de * terrains, par exemple, dans les sables qui retiennent peu d’ammoniaque et qui cependant éprouvent l’amélioration la plus notable de l’application du gypse ; et si l’action de cette suljstancë sur la végétation était seulement de leur fournir de l'azote, pourquoi son effet ne serait-il pas également marqué sur toutes les espèces de plantes, et en particulier sur le froment qui en est si avide? ’ ■
A son tour, M. Boussingault a pensé que le plâtre agit utilement sur la prairie artificielle en portant de la chaux dans le soP; selon lui, le plâtrage équivaudrait au cbaulage^; et ce qui l’y confirmerait, c’est que, selon Rigaud de Lisle, le plâtre n’a d’action que sur les terrains qui ne contiennent pas suffisamment de carbonate de chaux *,
Tout en reconn<ûssant le grand mérite critique qui distingue ' le travail de ce savant, il nous est impossible d’adopter ses conclusions.
Rigaud de Liste, chimiste instruit, habile agriculteur, placé • au centre d’un pays où l’on se sert de plâtre, s’étânt procuré un grand nombre d’échantillons de terrains où le plâtre réussit et de ceux où il échoue, les examina avec attention et crut re- ■
(1) Introduction à la chimie organique, p. 107.
(2) Economie rurale, t. II, p. 233.
(3) Ibid., p. 229. (4) Ibid., p. 233.
marquer que les premiers renfermaient peu de calcaire et que les autres en renfermaient une grande proportion Le hasard l'avait- mal servi dans le choix de ses échantillons. Arthur Young avait déjà observé les bons effets du plâtre sur les terres calcaires M. Rieffel déclare que cher lui le plâtre n'agit jqu’à condition de la présence dé l’élément calcaire dans le sol^; et nous aurions pu lui fournir des terres contenant jusqu’à 0,20 de carbonate de chaux et où ces effets étaient très remarquables! Ce premier fait ébranle l’cxpKcalion de M. Boussingault,' par sa base.
Mais son travail détruit aussi la théorie deDavy que nous avions adoptée, et qui regardait le plâtre comme un aliment nécessaire aux légumineuses et qu’il fallait leur fournir quand le sol n’en, contenait pas. En montrant la faible proportion de sulfate contenu dans les légumineuses contre l’opinion que l’on s’en était faite, M. Boussingault ne pèrmet plus d’admettre cette théorie. Voici ce qui résulte de l’analyse des cendres de ses récoltes de lafermedeBechelbronn, en 1841 ; nons avonâ réduit tous les chiffres en centièmes du poids des cendres *.
Acioes
pbot^b. «ulfur.
Chlore.
Cliaui.
Magne lie.
Alcali
miiiiiii.
Silice.
Pommes de terre
alumine.