‹ Cours d'agricultureChapitre 24 sur 174 · AGROLOGIB · texte numérisé non relu

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vaporation de la liqueur d'épreuve a fourni un extrait sec qui . pesait 39 milligrammes, tandis que celui laissé par la plante ne pesait que 33 milligrammes.

MM. W'iegman et Trinchinetti* ont répété cette expérience avec le même succès. Mais nne si faible absorption d’extrait de terreau avait-elle contribué au développement de la végétation? 11 est à regretter que pour éclaircir ce doute on n’ait • pas mis en comparaison des plantes végétant dans l’eau pure.

Ce que l’on ne peut mettre en doute, c’est l’absorption de l’extrait de teil-eau et sa combinaison avec la potasse, prouvée ■ par la décoloration des liquides.

Maintenant il faut prouver qu’il y a eu assimilation de cette solution au végétal , et qu’il n'y a pas eu une simple absorption impropre à la nutrition, comme serait celle de l’encre et do la teinture de bois de Brésil qui colore le végétal sans s'y assimiler. 3L de Saussure observe que l'albumine de froment en se vidant sert.de nourriture au végétal dans la première pé- 'riode de son existence ; or, si On le retranche par l’opération de la main, ou s’il est retranché, comme cela arrive naturellement, par la pourriture et le ravage des insectes, la plante proiite peu dans l’eau ou dans un sable infertile : elle y double tout au pjus sa matière sèche végétale, tandis que si on la plante dans le terreau, elle reprend" sa vigueur. L’extrait de terreau remplace donc ici l’albumine. ' '

Le terreau contenu dans le sol est en grande partie insoluble, comme nous l’avons dit, et ne devient soluble que par le progrès de la fermentation. Cette fermentation lente se conti- . nue chaque fois qu’il est humecté et présente sans cesse aux - • plantes de nouvelles doses de matière extractive.

EnGn M. de Saussure examine les résultats obtenus par M. Lucas sur les effets du charbon pur pour obtenir une belle ■ végétation*. . .

(1) Siir le pouvoir absorbant des plantes, 1 vol. in-4®,

' (2) Voif ce mémoirè dans l'iniroduclieil de Liebig, p. ci.iv.

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)l a trouvé, et M. Lundstrœm a trouvé comme lui que le charbon pilé mêlé avec la terre ne produisait aucun bon’eflct sur la végétation quand, par une longue décoction avec Teau distillée, on l’avait dépouillé de tous ses sels, et des substances organiques qu’il renferme.

C’est donc seulement comme absorbant les gaz de l’atmosphère et comme amendant un sol tenace, ou enfin comme colorant un terrain blanchâtre, que le charbon doit être considéré comme utile dans l’agriculture.

Les terrains trop abondants en terreau, qui en contiennent, par exemple, le quart de leur poids, sont généralement peu fertiles. De Saussure avait déjà prouvé que l'eau trop chargée d’extrait de terreau était moins favorable aux plantes que. celle qui en contenait une moins grande quantité*. Il en résulte que dans les terrains que nous considérons, il se forme une atmosphère surabondante d’acide carbonique. Or, le même auteur a prouvé qu’>une petite dose d’acide carbonique ajoutée à l’air commun était nuisible aux végétaux à l’ombre et pendant la nuit, et qu’au soleil même elle ne leur était utile qu’autant que cette atmosphère contenait du gaz oxygène libre, circonstance qui ne peut exister qu’imparfaitement, si le sol offre à l’oxygènede l’air un corps qui l’absorbe continuellement pour former de l’acide carbonique. Sur de pa- ' reils terrains on n’obtient de bonnes récoltes que par l’emploi de la chaux caustique, qui absorbe une partie de l’acide carbonique et enlève à l’atmosphère des plantes de celui qui est superflu, ou par l’emploi d’engrais animaux qui forment avec ce même acide des carbonates d’ammoniaque et de potasse.

On a reconnu généralement 5 à 8 centièmes de terreau danâ les terres les plus fertiles; elles produisent à l’ânalyse, pour 1 gramme de terre, 4 à 8 centigrammes d’acide carbonique, avec une quantité variable d’azote. On trouve aussi des ter-

(I) Essais sur la végétation, p. 170. ' •

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