‹ Cours d'agricultureChapitre 25 sur 174 · ACROLOGIE · texte numérisé non relu

ACROLOGIE

rains fertiles qui ne renferment quc des quantités insensiiircs ■ lie terreau ; telles sont, par exemple, en Flandre les terres de Lille, analysées par M. Berthier et citées dans VAgriculture de la Flandre de IVI. Cordier ; mais elles sont soumises à une excellente culturp, et on supplée par des engrais abondants et annuels à ceux que la nature leur a refusés ou qui ont été détruits par la continuité de cette culture elle-même; d'autres terrains sont soumis à des inondations périodiques qui leur ap> portent en faible dose, mais sans interruption, les substances ' nutritives des plantes ; d’autres enfin sont placés de manière à . recevoir les égouttements chargés du l'extrait de l’engrais des , terres supérieures.

On peut donc alTirmcr, en thèse générale, que le terreau est ■ une piartie constituante des bons sols ; que c’est la plus sûro ‘ garantie de la production de l’acide carbonique, qui remplit des fonctions si importantes relativement aux végétaux et relativement au sol ; qu’il*est d’ailleurs le dépôt de plusieurs autres principes essentiels â la végétation. Il se conserve et s’augmeüte par la production spontanée des plantes, aux dépens de leurs débris accumulés ; c’est ainsi que les terrains qui ont été longtemps plantés en bois, se recouvrent d’une couche de terreau, 'd’autant plus que le bois était plus fourré, que la lumière pé- • nétrait moins dans le massif, que le terreau se décomposait ftioins vite ; mais, si, après le défrichement, on n’a pas soin d’enterrer profondément ce terreau et de le soustraire à faction de l’air et de la lumière, il ne tarde pas à Se décomposer tout entier, nuisant à la croissance des plantes par l’abondance du gaz qu'il exhale, et ensuite disparaissant complètement et ne laissant que des débris charbonneux. Une bonne culture tend à entretenir la provision do terreau du sol par les racines et les portions de tiges qui y sont enterrées; par la restitution, sous forme d'engrais, des matières enlevées par les plantes qui y croissent,

' . ei par les assolements bien dirigés. Elle ne se borne pas à con-

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PARTJES CONSTrrUASTES DES TERRAINS AGRICOLES- 1 1 5 server çeUe richesse ; elle parvientà l’accroître, en introduisant, dans le cercle des rotations, des plantes qui se nourrissent en grande partie des principes atmosphériques. Elle a donc pour résultat d’enrichir la terre aux dépens de l’atmosphère.

§ IL — Du terreau doux. - '

On désigne sous ce nom celui qui se trouve dans la plupart' des terres, et qui se forme à l'air, des débris de plantqs qqi n’ont pas de principes acides. Sa solution ne change pas la couleur du papier dctournesol.*

S III. — Du terreau à tannin (terre de bruyère, de bois).

Un assez grand nombre de végétaux renferment un principe immédiat appelé tannin, dont la saveur est astringente, qui a ' des réactions acides, et qui, combiné avec les bases terreuses et . alcalines, forme des sels de diverses natures. Son. caractère le plus remarquable est de s’unir à la gélatine et .de former avec • elle un sel insoluble qui fait la solidité des cuirs que l’on a traités par les écorces tannantes. Le tannin se forme de toutes pièces dans ces végétaux par la combinaison du carbone, de* l’hydrogène et de l’oxygène ; car il n’est pas nécessaire que le sol en contienne un atome pour que les arbres qui y croissent cii' renferment la même quantité que ceux qui ont cru sur des ter- ' rains contenant le tannin en nature. Cependant ces plantés à tannin paraissent mieux prospérer dans les terrains qui en contiennent ; le chêne, le cbélaignier, le saule, le sumac, le grenadier, les bruy ères, les fougères, etc., se plaisent dans ces terrains qui sont même absolument nécessaires à un grand nombre de plantes cultivées dans nos serres. Tous ces. végétaux, qui renferment beaucoup de tannin, produisent à leur tour les terreaux tannants que l'on a appelés terres de bruyères, e| qui présentent, avec les càractèrcs de l’acidité, ceux de

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la présence d'une assez grande quantitéde fer. D'autres végétaux et en plus grand nombre se trouvent mal de la présence de cet acide que l’on est obligé de neutraliser par l'application de la chaux et des engrais. On en reconnaît la présence en faisant bouillir le terreau dans l'eau et en versant dans lasolution filtrée une solution de'gélatine qui produit un précipité blanc opaque.

On croit que c’est à la présence du tannin dans les sables de Bordeaux que les vins qui y croissent doivent leur acerbité dans les premières années, puis leur bouquet particulier et leur longue conservation.

§ IV. — Du terreau formé sous l’eau (tourbe).

. Dans les lieux marécageux, constamment qpuverts d’une petite quantité d’eau ou qui se desséchent ei) été, il se produit une végétation spéciale dont les débris se réduisent en une es- ‘ péce de terreau d’une nature particulière ; la masse augmente ■ chaque année et finit par former un banc de débris végétaux -carbonisés dont on se sert pour le chauflage.

Le mode de carbonisation des tourbes participe de ce que l'on appelle la pourriture séché et la pourriture humide, selon que la masse carbonisée reste plus ou moins longtemps à découvert. On y reconnaît les restes de plus dé trois cents espèces de végétaux encore bien caractérisés : des ulricuiaires, des pota~ mogetons, des myriophillwns, des sphagnes, des sctVpes, des cai-ex, des prèles, des iris, mais principalement la conferva ririularis qui parait être en divers lieux le principal élément de la formation des tourbes.

La tourbe, formée de diverses plantes et dans des circonstances dilTérentes, ne présente pas une composition uniforme. En général, les plantes qui la forment contiennent peu de sels alcalins qu’elles paraissent remplacer par des sels calcaires, comme dans la chara, qui s’en encroûte entièrement ; la fourbe

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PAHTIES ÇONSTITÜAKTES DES TERRAINS AGRICOLES. 117

qui se forme sur un fond calcaire ne contient pas d’acides.' Souvent on trouve dans cette substance des acétates et des ‘ phosphates, même des acides acétiques et phosphoriques libres, et du sulfure de fer. L’existence de ces corps dans la tourbe tient à la présence, dans l’eau qui l’entoure» de principes immédiats qui éprouvent l’action désoxydante des plantes- . privées d’air, lesquelles puisent l’oxygène dont elles ont besoin dans tous les corps environnants ; ainsi l’oxyde de fer rouge se* change en oxyde noir, le sulfate de fer en sulfure.

M'. Reisch* a soumis la tourbe à l'action de l’eau, de l'al-^ cool et de l’étber, et en a retiré différentes matières résineuses de consistance variable. Il a décrit les produits pyrôgénés delà distillation, et a trouvé dans les produits gazeux de l’hydrogène sulfuré. Il a' reconnu aussi que la tourbe contenait du tannin et une matière azotée, puisque, calcinée avec du carbonate de potasse et de fer, elle a produit du cyano-ferrure de potassium et des traces de sulfo-cyanure de potassium.

D'autres tourbes donneraient d'autres résultats. LeS tourbières qui reçoivent les eaux de la mer contiennent du sel marin, Beaucoup d’entre elles ne renferment pas de sels alcalins ; ■ mais le grand Usage que les Flamands font de leurs cendres comme engrais ne porte-t-il pas à croire que dans certains cas elles contiennent dé la potasse ou de la soude?

On ne peut rien dire de général sur la tourbe ; chaque tourbe exige un examen et un traitement particulier, parce que chacune a sa composition spéciale.

La tourbe ne fournit pas toujours cependant des couches puissantes. Dans les terrains marécageux qui reçoivent des alluvions, des débris tourÊeux se trouvent intimement mêlés au sol, comme le terreau dans les terres sèches : c’est ce qui forme les terrains paludiens. Si les dépôts sont crayeux, la tourbe est douce, le terrain a l’apparence de la richesse, mais {i) Journal de pharmacie, 3i.’

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