AGROLOGIK
il manqué de principes fertilisants. Le terreau tourbeux, est 'éntièrement carbonisé et sans principe alcalin. C’est une for^ mation de lignite en petit qui n’apporte aucure nourriture aux ' plantes. Ce terrain qui est gris lorsqu'il est sec, parait noir quand il est humecté ; il a aussi pour caractère de contenir . des débris nombreux de coquilles d’eau douce que l’on recon- , naît à la loupé.
Section XV. ' — De l'oxygène, de l'hydrogène et de l'eau.
Si quélques éléments des végétaux peuvent manquer tout à fait ou se substituer les uns aux autres, il y eU a trois au moins que l’on rencontre toujours, et qui peuvent être considérés cqmmc leur base constante, savoir : le carbone, l’oxygène et l’hydrogène ; ils ne varient dans les plantes, dans leurs diiïér rentes parties et dans leurs produits divers, que par. leurs pro- .portions. On conçoit parfaitement que les plantes puissent tirer leur oxygène de l’air, puisqu’elles absorbent ce gaz de Tatmosphère pendant là nuit, en exhalant du gaz acide carbo- : nique ; mais quant à l’hydrogène, elles ne peuvent l’obtenir que de la décomposition de l’eau, soit de celle qui se trouve mêlée à'.l’air soUs forme de vapeur, soit, et probablement aussi, de celle qui est aspirée par les racines et qui circule dans les vaisseaux de la plante.
En effet, cette quantité d’eau dont s'empare la végétation ■ aux dépens du sol est très considérable. Nous avons montré ailleurs* que le mûrier laissait évaporer, en 24 heures, 155 grammes d’eau par mètre carré de la surface de ses feuilles ;
■ c’est donc, pendant les six moisde%a végétation, 27*^, 9 d'eau
■ qu’ahsorbe chaque mètre carré de feuilles de mûrier. Haies avait fait de semblables calculs sur plusieurs autres espèces de
' plantes ; et si l’on pense à la quantité de feuilles dont sont cou- '(1) Mémoires d'agriculture, t. III, p, 198.
. . PARTIES CONSriTi ANTES DES TEHRAINÿ AGRICOLES. . 1 19
Verts les arbres de nos forêts, on jugera de l'immense évaporé- . tion qu'ils déterminent.
Pour fournir à cette évaporation, la terre reçoit les eau* pluviales, qui sont beaucoup plus abondantes que ne l'exige là consommation des plantes ; mais une partie de ces* eaux s'évapore à la surface de la terre, et -nous avons calculé que dans le climat venteux de la vallée du Rhéne, cette évaporation ter-y ■resti'e absorbait le quart-des eaux de pluie : une autre partie de ces eaux descend dans les couches inférieures du sol .
Excepté dans les déserts dé sable et à la surface supérieure du terrain, en été, toutes les terres renferment toujours une certaine quantité d’eau, plus ou moins grande, suivant leur hygroscopicité et les circonstances météoriques ou de gisement où elles se trouvent. On l’évalue facilement, en en pesant une ■portion et la desséchant complètement dans le vide sec, ou au moins dans une étuve, jusqu’à ce qu’elle cesse de perdre deson poids; après cette dernière opération, la quantité d’eau qui reste mêlée à la terre peut être négligée, si l'on n’a paspour but de procéder 'à une analyse exacte.- Nous avons fait voir que la végétation est encore active quand la couche de terre, placée à 0'“,60de profondeur, conserve 0,12 d’eau :
‘ c’est un minimum. Dans les lions terrains où la végétation oontintie toute l’année, sans que les herbes se flétrissent, la terre conserve 0,10 d’ea'u à 0“,30 de profondeur.
. L’eau est le besoin le plus impérieux des végétaux. Ils vivent encore plus ou moins longtemps, prennent un certain développement dans l’eau distillée elle-même; mais sans eau,' c’est en vain qu'on mettrait à leur portée les matériaux les. plus assimilables : ils se flétrissent et meurent. Examinons donc quels sont ses divers usages. '
D’abord, comme eau, sans éprouver aucune modification,' elle fait partie de l’organisation du végétal ; elle donne la souplesse à ses organes : elle les pénètre de toutes parts.
AGROI,OGre
C.'csi elle ensuite qui parait entretenir le - mouvement ascen- • sionnci de la sève et le mouvement circulatoire des vaisseaux .du latex, par la continuelle évaporation qui a lieu à la surface ■des organes foliaires, où elle est remplacée sans cesse par celle;, que les racines puisent dans le sol. Ce que les réactions nor- • veuses produisent chez les animaux, en imprimant un mouvement mécanique aux muscles, la seule force évaporatoire parait le produirechezlesvégétaux dépourvus d’organes intérieurs- ' J mobiles. Elle n’a pas une fonction moins importante comme excipient de toutes les matières solubles contenues dans le sol.
Elle dissout les nitrates, les chlorhydrates, les sulfates, ainsi ] que l’ammoniaque de l’atmosphère et celle du soi; elle ah- ' Mrbc un ^ de son volume d'air atmosphérique, s’empare de l’acide carbonique du terreau en le traversant, et dans cet état elle dissout les carbonates terreux, attaque les silicates alcalins . '■
qu’elle dispose à se décomposer, et à abandonner leur potasse ctJeursoude. . . • ' ,
. .. L’importance de l’air dissous dans l’eau est si grande pour ' ’ la végétation que dès qu’elle est chargée* de principes en pu- * ■ tréfaction éminemment désQxy gênants, et qu’ainsi elle cesse de transporter de l’oxygène, elle cesse aussi d’être propre à la ' végétation. On sait que les plantes périssent dans les solutions ' trop chargées de terreau, dans les eaux de fumier, dans les eaux croupissantes des marais, dans les terrains abreuvés par des eaux sans mouvement, tandis qu’elles prospèrent près des* eaux courantes et par l’elTet des irrigations. L’eau distillée prir Vée d’air est défavorable à la végétation. . *
Outre les eaux stagnantes et croupissantes, on doit se défier • aiissi de celles qui tiennent certains sels en dissolution .
Enfin, les produits hydrogénés, d’autant plus nombreux que le climat est plus cbaud et moins nuageux, les cires, les huiles, les résines, les baumes, les essences, le caoutchouc, etc,, - ‘ indiquent une si grande proportion d’hydrogène séparée de • •
PARTIES CONSTITUANTES DES TERRAINS AGRICOLES. 121 . l’eau par la végétation, qu’on ne peut se défendre de l’idée que celte réaction s’opère sur les torrents d’eau qui circulent .dans le végétal, et que dès lors une partie de cette eau est décomposée et fournit l’hydrogène, qui se trouve combiné dans tous les produits végétaux.
.Section XVI.— De l’azote, de l’ammoniaque et des nitrates. ■
' Pendant longtemps on n’a considéré la présence de l’azote, dans les végétaux, que comme imc exception ; on en faisait l’attribut spécial du règne animal ; on désignait par le nom de Eubstapccs animalisées les partiés des substances végétales, dans lesquelles il se trouvait : tel était le gluten, par exemple. Cependant les progrès de l’analyse accroissaient chaque jour te nombre de ceS substances ; on avait reconnu l’azote dans la plupart des'semences ; l’analyse.des jeunes organes faisait coij- •. naître, que les premiers développements de la végétation absorbaient beaucoup d’azote; l’épuisement considérable' occa- ' sionné par. les semis épais des jardiniers dans les terreaux IcS mieux préparés confirmait ce premier aperçu et faisait pressentir que c’était au sol lui-même que les végétaux prenaient ' cet azote ; on se confirmait dans cette opinion en voyant que les .récoltes fourragères, que l’on enlève avant leur fructification, .épuisaient moins le terrain que les plantes qui produisent leurs graines ; mais il fallait dos faits plus concluants pour se former une idée nette de l’importance de l’azote dans la végétation et
• dans le sol : SpTengel en avait conçu le soupçon* ; mais les travaux dcMM.Liebig, Boussingault et Payen sont venus dissiper tous les doutes : le premier, par une foule de déductions et de
• rapprochements ingénieux ; le second, par' la description d’un cours de récolte suivi pendant plusieurs années, et par son pnémoire sur les résidus des récoltes, qui montrait que les be-
• (1) .thnofés tîc Boii/îc, t. VIII, p. 218 et suiv.
AGROLOGIE.
soins d’engrais azotés étaient proportionnels aux parties d'azote . soustraites par les produits; le troisième, par une série d'anahses qui ont montré la présence de l’azote dans presque tous les organes des végétaux. C’est ainsi qu’a été complétée la dé-, monstration appelée par les travaux des chimistes les. plus distingués, qui signalaient chaque jour un plus grand nombre de , corps azotés parmi les végétaux.
Ainsi le nouveau point de vue qui fait aujourd’hui la base ' des théories agricoles se résume dans c&s trois points : 1** l’azote est une partie constituante des végétaux; 2° c’est par leurs racines que les végétaux tirent du sol la plus grande partie de cet azote; 3*^ certaines plantes sont peut-être aptes à s’a{Tpropricr l’azote contenu dans l’atmosphère ou dans l’eau aérée qu’elles absorbent.
■ * Examinons maintenant comment et sous quelles formes l’azote se trouve dans le sol et est. mis à la portée des plantés.
Noos avons vu que les argiles et les oxydes de fer avaient la . . propriété de s’emparer des gaz ammoniacaux et de les conserver dans leurs pores, qu’il en était de même du terreau, et qu’en outre celui-ci présentait souvent des traces de l’azote qui était entré dans la composition des plantes d’où il tire son originc ;maissi ces sources d’azote n’étaient pas sans cesse re- ' nouvelées, les 0,0004 en poids de ce gaz, que renferment les , terres fertiles, seraient bientét épuisés, si toutefois les sùb-.. stances où il est caché consentaient à le céder tout entier à la végétation; car tout l’azote d’une pareille terre ne représente que celui , contenu dans environ 30 récoltes de froment.
Suivant M. Becquerel, il y a production constante d’ammoniaque dès que, sous l’influence de l’air, l’eau est en contact avec une substance oxydable, fl y a alors décomposition de ■ l’eau et de l’air; l’oxygène s’unit à la matière oxydable, et, l’hydrogène de l’eau s’unit. à l’azote de l’air. Or, la plupart des .
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rAKTIES r.O.NSTITf ANTES DES TEUBAINS AERItOLF.S. 123 . terres sont remplies d’oxyde de fer, de terreau qui passe à l'état d’aeide carbonique, substances qui ne sont pas parvenues à leur degré le plus avancé d’oxygénation. Il y a donc constante formation d’ammoniaque chaque fois que le sol est mouillé et que l'eau s’évapore ; cette ammoniaque est saisie en partie par l’eau surabondante qui la transporte dans l’intérieur du sol, et ^e dissipe en partie dans l’air.
Ces réactions et le produit de la putréfaction des animaux sont probablement la source de l’ammoniaque qui existe dans l’atmosphère. De Saussure avait remarqué que le sulfate d’alumine pur finissait par se changer à l’air libre en. sulfate ammoniacal d’alumine* ; toutes les eaux exposées à l’air contiennent de l’ammoniaque et troublent les dissolutions de plomb et d’argent; l’eau distillée avec le plus grand soin ellé-mème,. qui, quand elje est récemment préparée, n’est nullement mo-, dihée par les réactifs, indique la présence de l’ammoniaque apres quinze jours d’exposition à la lumière*. Liebig a constaté son existence dans l’eau de pluie ^ ; on s’en assure en ajoutant de l’acide sulfurique à l’eaude pluie et l’évaporant à siqcité; le r^îdu contient du sulfate d’ammoniaque que l’on reconnaît à l’aide du bicblorure de platine, et plus facilement à l'odeur pétiétrante qui s’en dégage quand on y ajoute de la chaux en poudre. Ce sont autant de preuves directes et certaines de l’existence de l’àmnronia'que dans l’atmosphère.
‘ On a voulu objecter que l’analyse de l’air n’avait jamais fait reconnaître cette ammoniaque atmosphérique^ et, à ce sujet, Liebig fait remarquer qu’un volume d’air de 1,427 mètres -cubes, i l’état de saturation et à la température de 15 degrés, renferme 1 kilogramme d’eau qui entraîne avec lui toute l’ammoniaque contenue sous forme gazeuse dans ce volume d’air.
. fl) Recherches sur la végétation, -p. i07, noie,
.'(2) ltiid.,p. 308, note. ■
■(3) Introduction, p.-r.ii. " - • '
AGBOLOGIE.
S’il ne renferme que 1 décigramme d’ammoniaque, 100 centir. mètres cubes d'air soumis à l’analyse dans un eudinomètre ne contiendraient que 7 bill ionièmesd’ammoniaque, quantité absolument inappréciable par nos moyens d’analyse quand même elle serait dix mille fois plus grande, et cependant l’hectare de terrain qui recevra par an 125,000 kilogrammes d’eau de pluie y trouverait 40 kilogrammes d’ammoniaque et 38,8 kilogrammes d’azote pur; or, l’azote contenu dans le bois produit
par un hectare, s’élève à 34 kilogrammes par an* ; 10,000 kilogrammes de betteraves n’en contiennent que 22 kilogrammes*; enfin 10 hectolitres de blé contiennent 19>‘,77 d’azote^. ' • Cette dosesi minime d’ammoniaque devient donc immense par le volume de l’air où elle est répandue, et de même qucî-g^rj d’acide carbonique que renferme l’atmosphère ne peut être épuisé par toute la végétation du globe, de même aussi une quantité presque inappréciable d’ammoniaque devient sensible quand elle peut être recueillie sur la masse entièré de l’atmosphère.
L’ammoniaque se trouve aussi dans les eaux de neige, et Liebig affirme que plusieurs kilogrammes d’eau de neige, prise au 'mois de mars à la surface d’une couche de 0'°,27 de hauteur, ontdonné, par l’évaporation avec l’acide chlorhydrique, un résidu de sel ammoniac, mais la couche intérieüfe qui touchait au wl en contenait une proportion bieu plus grande. Les eaux de source et de fontaine renferment toutes des carbonates et nitrates d’ammoniaque.
On conçoit que l’air des régions chaudes, où l’évaporation dçs grandes pluies se fait sur une vaste échelle, doit renlermer l’ammoniaque en plus grande quantité. C’est peut-être à cette circonstance qu’est due la fertilité des terres méridionales et
(1) Chevandier, Compte rendu, t. XVIIl, p. 141.
(2) Boussingault, 1. 1, p. 286 et 291.
(3) /6id.,-t. l, p. 279’el 280. ‘ '
PARTIES CONSTirÙAKTES DES TERRAIAS AGRICOLES. 125
l’osage toujours moins fréquent du fumier, à mesure que l’on avance vers le midi. Sans aller chercher les régions tropicales, il y a des terres en Provence qui reproduisent, tousles deux ans, huit hectolitres de blé sans recevoir aucun engrais.
Parvenue sur le sol avec les eaux de pluie et dé neige, une partie de l'ammoniaque est retenue par l’eau, par le terréau,
• par l’argile, par l’oxyde de fer, une autre passe immédiatement dans la végétation par la succbn des racines et l’absorption des feuilles; enfin une autre partie s’évapore et se disperse de nouveau dans l’atmosphère'. Les cultures bien garnies de plantes, et faisant ombre' au sol, retardent l’évaporation et augmentent la quantité d’ammoniaque qui tourne au profit des plantes. ■ .
Les engrais végétaux et animplix sont enfin une source abon- • dante d’ammoniaque. C’est la restitution à la terre d’une partie de l’azote enlevé au Sol par les plantes, et en outre de celui qu’elles ont puisé dans l’atmosphère. Cette richesse, ajoutée à celle que le sol reçoit gratuitement parle secours des pluies et des rosées, tend à augmenter sans cesse la fécondité des terrains, tandis que ceux qui ne reçoivent pas d’engrais finissent ■par rester dans un état stationnaire, en rapport avec la quam- ‘ tité d’ammoniaque formée annuellement dans leur climat et ramenée sqr la terre par les météores. La production d’un . agent ausi puissant que les engrais devra donc fixer particuliérement notre attention dans la suite de ce cours. '
Ce n’est pas seulement sous forme d’ammoniaque que l'azote se trouve dans les terres, mais souvent aussi sous forme de nitrates. L’usage que l’on fait du nkre pour les poudres de guerre a depuis longtemps attiré l’attention publique sur les terres qui contiennent les sels nitreux . On sait qu’il sort annuellement de l'Inde et de la Chine des quantités énormes de nitrate de potasse obtenu sàns aucune préparation ; Bowles nous apprend, dans son Histoire nnlurelle d’ Espagrié: que ce
AGKOLOGIE. •>
sel y est fort abondant, et que près du tiers des provinces méridionales de ce royaume contiennent du salpêtre natif ; ({u’il suffit d» labourer deux ou trois fois un champ, en hiver et au . printemps, pour qu’en ramassant ensuite au mois d'aoùt la couche superficielle on poisse en retirer par lixiviation une grande quantité de salpêtre. Les mêmes terres qui ont été les* sivées l’année précédente, exposées à l’air, rendent l’année . suivante une égale quantité de salpêtre,
Qn retrouve le même phénomène en Airique, en Italie, en * France, dans tous les pays qui présentent à l’acide nitrique une base salifiable. Les bancs de craie de la Touraine, de fa Saintonge, de la Roche-Gnyon (Oise), sont des nitriéres nuturellcs bien connues. Le nitrate de potasse se forme' dans des lieux qui sout sans doute abondants en potasse, comme les deltas du Gange et du Nil, les terres longtemps en fricbe de l’Espagne ; en France, on trouve surtout du nitrate de cbanx, mêlé d’une petite quantité de nitrate de potasse ; ailleurs ce sont des nitrates de soude ; an Pérou, ce dernier sel existe en coucbes très épaisses*. > .
D’où provient l’acide nitrique qui s’empare ainsi des bases terreuses et alcalines du sol ? On l’a attribué longtemps aux matières azotées qui pouvaient se trouver mêlées au sol ou à la • roche. Dans cette explication, on insistait sur la nécessité dé mêler des fumiers aux terres avec lesquelles on préparait les ni- . trières artificielles, sur les terres salpêtrées qui se trouvait f»ûicipalement dans les écuries, les bergeries, les caves et les lieux habités; mais l’examen attentif des circonstances qui accompagnent la formation du salpêtre sur les rochers crayeux de la Roebe-Guyon a fait évanouir cette hypothèse. M.Loagcbami»
(1) Tous ces faits, et un grand nombre d’autres, sont réunis dans le OBzième volume des Mémoires des savants étrangers; dans un roé^ moire de M. Longehamps, surla nitrificalionfAnn. de^ssciences d'obscrvàtion, février l.»2ti) ; dans un mémoire de Gaultiér de Claubry (,4)in. de cApm'e, t. LU, et. ailleurs). ; ,
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a observé que la quaQtité de nitre retirée des craies supposait . ]a préseuce de m de gélatine pure et sèche, et que, comme . cette même craie en fournirait indéfiniment la roémé quantité tous les ans, il en résulterait que ta craie serait presque eotiè- . rement de la gélatine, ce qu’il est impossible d’admettre.
• Nous verrons plus tard que les eaux d’orage contiennent de l’acide nitrique ; mais il ne faut ps en conclure que ce sont ees eaux qui font passer les craies à l’état de nitratesi En eiiet fl faut observer que le salpêtre ne se produit que sur les faces .verticales des dépôts de craies exposées qu midi et dans un état remarquable de porosité* ; si les eaux d’orage seules étaient la cause de la fonnation de ce sel, les plans horizontaux de craie, et les pians- verticaux ou inclinés à toutes les expositions, devraient s’imprégner d’acide nitrique, et les roches calcaires, poreuses ou non, devraient subir la même action ; ce qui n’arrive pas. Il prait donc qu’il fout, pour produire la nitrification: 1'^ l’action de la chaleur solaire ; S^la .non-prmanence de l'humidité ; 3** une base calcaire poreuse. Sous ces conditions, dans les circonstances qUi se produisent' habituellement, la combinaison de gaz, qui ne se ferait pas au simple contact, a lieu pr l’intermédiaire des eorp preux . ainsi la craie se nitrifie, tandis que le marbre ne se nitrifie ps, et cette action s’exerce sur l’oxygéne et l’azote de l'atmosphère en présence de l’air oxygéné apprté par l’eau pluviale. Les • mêmes causes doivent opérer aussi la nitrification des terrains placés dans les pys où les pluies sont rares et où de légères ‘ averses procurent une évaporation rapide. Il y a alors formation d'ammoniaque et oxydation immédiate de ce corps qui > poduit l’acide nitrique, lequel s’empare des bases du sol .
Mais dans les contrées tropicales, il n’est pas nécessaire de . chercher à expliquer la formation de l’acide nitrique au contact du sol. La fréquence des orages, le nombre et la violence (1) GaullierdeGlaubry, niùmoirpcité, p. 3i.
128 • • • ■ AGROLOGIE. '
(les détonations électriques, pourraient seules donner Pe^iplication du phénomène de la nitrification de leurs terres. A Rio> bamba, M. Boussingault remarquait que lé nitre se formait de préférence dans les localités où les orages étaient les plus fréquents*.
Dans les climats plus tempérés, Liebig ayant analysé 77 eaux de pluie, dont 17 provenaient d’orages, trouva que ces dernières contenaient toutes de l’acide nitrique et que, parmi les autres, deux seulentient en otTraient quelques traces. Cet air> leur nous dit que Iq présence de cet acide dans.les eaux d'orag» l’avait d’autant moins surpris qüc Gavendish, et après loi Séguin, avaient produit de l’acide nitrique en combinant l’azote et l’oxygène par le moyén de l’étincelle. électrique. Il était, clair, d’après cela, que la foudre, en traversant l’air, détermi* . pait la formation d’une grande quantité de cet acide*.
Or, M. Boussingault nous alfirmc, d’après ses observations, qu’en négligeant ce qui se passe hors des tropiques, en considérant seulement la zone équinoxiale, on peut prouver que* pendant l'année entière, tous les jours, et peut-être à tous les instants, il se fait dans l’atmosphère une continuité de décharges électriques. Il ajoute qu’un observateur placé sur l’équateur, s’il était doué d'organes assez sensibles, y entendrait continuellement le bruit du tonnerre, et c’est aussi à cette con- • tinuité de décharges électriques, au milieu d’ùn air chargé d'humidité, que cet auteur attribue l’origine de la plus grande ■ partie de l’acide nitrique, qui, uni aux bases, fournit le salpèt tre qu’on trouve à la surface de la terre’*.
. Enfin, l’acide nitrique se forme aussi sous l’influence d’ün air calme et de l’humidité, dani des terres poreuses, mêlées de débris animaux qui produisent l’ammoniaque en nature; c'est
(1) /Innaies de c/u'mif, LVIl, p. 180, note. . .
(2) /fcid., t. XXXV, p. 329.
(3) /6id., t. LVll, p.,180. " • . '
par ce procédé qüé l'on étal;ilit les nitrières artificielles, mais il Défaut pas méconnaître aussi que, même sans addition de matières animales, les terres qui ont déjà été lessivées pour en extraire le nitre', semblent avoir acquis une disposition parti» culiére à en former de nouveau, et qu’en se bornant à les arroser, en les exposant au soleil et les préservant du vent qui, -emporte le gaz au fur et à mesure de sa formation, on obtient
• une nitrification rapide.
' Telles sont les sources qui reproduisent au profit du sol l’azote consommé par la végétation r l*) L’ammoniaque et l’acide ni- ' trique de l’atmosphère, produits probables de l’évaporation;
' 2^ ces .mêmes corps retenus et absorbés par l’eau au fur et à mesure de leur formation ; 3® les corps, les débris, les déjections animales et végétales apportées sur le sol sous forme d’engrais, oü qui ont été Uissées par les cultures ou à la suite des récoltes ; 4® l’existence dans les terres de corps poreux qui condensent l’ammoniaque, et de bases qui saturent l’acide, et
• les tiennent en réserve pour la végétation future..
Ifresterait cependant à indiquer encore une des sources où les ' plantes pourraient puiser mdéfiniment de l’azote si elles étaient aptes à se l’approprier : je veux parler de l’air atmosphérique. ’ . M. Boussingault a bien démontré que certaines plantes, telles que les légumineuses et les topinambours reproduisaient ‘plus d’azote que n’en contenait l’engrais qu’on leur avait . fourni*. Ainsi, dans un assolement do cinq ans, avec une aa- ■ née de trèfle, la récolte d’uu hectare a donné de 47 à d’azote en sus de celui du fumier ; dans un assolement de six ans, avec une année de trèfle et une année de pois 109'^ en sus ; dans un assolement composé de deux années consécutives defromeut filmé', seulement 4*‘,6 ; enfin deux années de topinambour 86^. Il semble donc que l’on aurait pu conclure de ces résultats , . que l'azote excédant était enlevé par les plantes à l’atmosphère.
Annales âe chimie, t. LVII et -LIX
■AGROLOGIE.. •'
Mais l’esprit juiTicieux et circonspect de cë satant ne lùi a pas permis d’énoncer une conclusion aussi absolue ; aussi dit-il seulement que « l’azote peut entrer directement dans l’organisme des plantes si les parties vertes sont aptes à le fixer ; que cet élément peut encore être porté dans les végétaux par l'eau toujours aérée qui est aspirée par les racines; enfin qu’il est possible, comme le pensent quelques physiciens (Saussure, ' Liebig), qu’il' existe dans l’air une infiniment petite quantité de vapeurs ammoniacale. >
. L’excédant dont nous venons de parler ne prouve pas, en effet que les plantes puisent l’azote à une de ces sources plutôt qu’à ’ l’autre, les faits agricoles tendraient à faire rejeter l’idée que les graminées ne fussent pas aptes aussi à présenter un excédant ; en effet, dans les terres non famées de la vallée du Bbône, nous avons observé que l’on obtient tous les deux ans une récolté de 9 hectolitres par hectare en sus de la semence. Il y aurait donc line source autre que les fumiers qui fosmiirait tous' les ■ deux ans 33^,84 d’azote, ou 16'‘,92.par an et par hectare*-. Or, dans les deux premiers assolements de M; Boussingault on voit un excédant Je 9*^,4 et de 8‘‘,5 d’azote par an; celui de topinambour fournit il est vrai 43*^, mats une masse considérable de tiges et de teuillés est venue augmenter la quaidité d’engrais : ces tiges n’ont pas été pesées, les feuilles et pellicules n’ont pas été dosées; or, en retranchant 16'‘,92 de* 43‘‘ et en divisant le reste par 0‘‘,37, dose d’azote de
lOO*! de tiges de topinambour, on trouve qu’il suffirait de 70** métriques de tige par hectare pour fournir ce supplément d’azote. Nul doute qu’un champ, de topinambours bien garni ne fournisse une quantité beaucoup plus grande de débris.
(1) D’après les anaiyses.de M.. Boussingault, nn hectolitre de Ué s’asssimile, savoir :
Pour 78 kilogr. de grains.
• Pour 136 kilogr. de paille,
PARTIES C0I4STITIJANTB& DE» TERRAINS AGRICOLES, lâl • Nous venons de passer en revue et -d'eNaminer sous tous leurs rapports agricoles essentiels (es divers éluraents dont se' composent les terrains arables. Nous avons reconnu que tous, MDS exception, avaient deux fonctions à remplir ; la première d’offrir un appui à la plante, un milieu au développement de ses racines ; la seconde d’entrer comme partie intégrante dans sa composition. Mais nous avons reconnu aussi qüe, sous le second rapport, ils n’avaient pas tous la même importance, soit parce que plusieurs d’entre eux peuvent se remplacer mutuellement, soit parce que les végétaux trouvent dans l’atmosphère les substances qui manquent au sol, soit enfin parce que la nature prodigue certains éléments et n’accorde les attires que d’une main avare. Il était donc facile de pTévoir qup l’attention se porterait principalement sur ces derniers, qui sont le plus souvent en proportion insuffisantedansles champs. £n effet leur quantité décroît rapidement si elle n’est pas Te-r nouvelée, et ils disparaissent même entièrement au bout de quelque temps, par la consommation qu’en font les végétaux et à cau^ de leur sdlubilité qui permet aux eaux de les entratner sur les pentes ou dans, les couches profondes de- la terre. Enfin quelques-uns de ces éléments sont si peu stables que l'action des vents ou de la chaleur les disperse dans l’atino’* sphère sous la forme de gaz.
■ Ainsi les alcalis, la- potasse et la soude, finissent par disparaître des terrains; la ohaux* dissoute par les eaux chargées d’acide carbonique, disparaît aussi presque complètement. M. Gucymard a cité des terrains de la Grande-Chartreuse, formés de débris de roches calcaires, et d’où l’élément calcaire avait été entièrement enlevé par les eaux carbona^ées ; on sait que la durée des marnages est limitée, et qn’au bout d’un certain nombre d’années l’analyse ne fuit pas retrouver de chaux dans les terrains qui en avaient reçu une assez forte •dose. Quant à l’azote, en quelque état qu’il se- trouve, il dispa*
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ratt aussi promptcuient par l'ciïet des eultares, de sa dissolU’> lion dans Teau et de l’évaporation, surtout dans les pajs où des causes naturelles ne le renouvellent pas constamment; d’ailleurs il èst toujours en quantité insuffisante dans les champs pour déterminer une vigoureuse végétation de plantes utiles, excepté dans quelques cas trop rares pour pouvoir servir de règle. Sous le rapport de la nutrition des plantes, c’est à la recherche de ces trois précieux éléments que l’agriculteur devra surtout s’attacher; c’est à les remplacer, àJes accrokrê dans une juste mesure, qu’il devra mettre tousses soins.
Toujours sous le point de vue de la nutrition des plantes, on oc pourra regarder comme indiiïérente l’absence ou la pré^ rance d’une certaine proportion de terreau. Si l’acide carbonique de l’atmosphère peut pourvoir les plantes du carbone qui leur est nécessaire, il ne faut pas perdre de vue que, dans les premiers temps de leur développement, elles manquent des organes verts propres à l'absorption de ce gaz. En outre, le terreau dégage continuellement ce même gaz, en charge Teau de.pluie, qui dès lors devient propre à agir sur les carbonates terreux et sur les silicates alcalins, et sert à rendre ces sub- . élances solubles et à les faire passer dans la végétation. Enfin; comme corps poreux, le terreau est éminemment propre à recevoir et à condenser les gaz ammoniacaux qui se disperseraient dans un terrain qui en serait privé. Sous cédernier rapport, comme sous celui de coloretr le sol et de le rendre capable d’abtorber plus de calorique, on devra s’assurer aussi de la présence des oxydes de fer.
Quant aux fonctions des terrains agricoles, qui consistent à offiir un ap()ui à la plante, à servir de milieu à ses racines, à faciliter ou gêner les cultures; ces propriétés tiennent à leurs qualités physiques plus encore qu’à leurs qualités chimiques; et c’est sous ce nouveau point de vue que nous allons examiner les terres dans la deuxième partie de cet ouvrage.