‹ Cours d'agricultureChapitre 3 sur 174 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

la science ù l’agricuHiire et aux sciences technologiqnes accessoires 1 A-t-on trouvé le moyen d'extraire le sucre de la betterave, nos colonies ont été mises en péril, et, ne se bornant pas à l'appui de la fiscalité, elles ont dù se hâter de rechercher les moyens d’extraire plus complètement le sucre de leurs cannes; leur capital va peut-être doubler par l’effet de cette terreur salutaire; l’extraction de la fécule de pomme de terre et ses applications, en rendant possible la conservation et le commerce de ce produit, a propagé la culture de cette plante et a rassuré nos popula lions contre la crainte des disettes ; le marnage, mieux connu et plus employé, a augmenté l’étendue des cultures de froment et réduit celle des grains inférieurs; il a amélioré la nourriture de la nation ; l’usage de la chaux appliquée aux terres a eu ’ un effet analogue ; appliqué aux semences, il en fait disparaître le végétal parasite qui dévorait leur substance; l’étude des effets des fumiers a fait connaître la perte immense que cause le retard de leur emploi ; un grand nombre d’engrais, mettant ù profit des substances jusqu’alors dédaignées, sont venus en aide à l’agriculture et ont considérablement augmenté la production ; l’observation attentive des insectes nuisibles aux plantes nous met sur la voie des moyens de défense à opposer aux armées innombrables de ces ennemis; en un mot, aucun de nos procédés agricoles, aucune des circonstances de la végétation n’est interrogée sans qu’il en jaillisse un perfectionnement ou une découverte utile. Le temps de la moisson est venu; hâtez-vous pendant qu’il en est temps encore, d’autres glaneront plus tard.

Je dépasserais de beaucoup les limites que j’ai dù m’im- . poser si j’énumérais ici toutes les questions importantes qui demandent une prompte solution ; ainsi, l’étude attentive des variétés de plantes peut en doubler le produit.

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Plusieurs espèces de blé sont plus fécondes en grains et plus riches en substances nutritives; ne faut-il pas les étudier, . les connaître, savoir à quels terrains, à quels climats elles sont propres? A-t-on constaté la convenance des variétés de vigne sur chaque terrain, sous chaque climat? Sait-on celles qui produisent le plus d’alcool, celles qui donnent un goût plus agréable? N’ est-il pas possible qu’une telle étude conduise inopinément à trouver telle variété de vigne qui produise le double en alcool, le triple, le quadruple, le centuple en valeur commerciale provenant du développement du bouquet? A-t-on suffisamment étudié les plantes propres à donner un engrais végétal? Sait-on celles qui renferment les plus grandes quantités de cet azote que nous recherchons dans les engrais animaux, etc., etc.? Je j, . termine ici cette nomenclature qu’il serait si facile d’é- ^ tendre.

Ce n’est donc pas une vaine étude qu& nous vous proposons de faire. L’agriculture, élevée au niveau des autres . connaissances humaines, est une science sérieuse, réservée .

’à de hautes destinées, et qui, commençant à peine à s’oi'ganiser, répand déjà ses lumières et sa vie sur le monde, qui attend' d’clle la subsistance de celte population nouvelle que ' la paix et la civilisation font pulluler de toutes parts. Ce n’est plus cette science purement descriptive et historique, * se bornant à raconter les procédés en usage parmi les cultivateurs les plus soigneux ; elle a.aujourd’hui la juste am- ‘ i ^ bition de les devancer, de leur expliquer leurs propres opérations, de les réduire à des valeurs numériques, d'en faire la critique, de les perfectionner, de Jeur en indiquer de nouvelles. Voilà sous quel point de vue je voudrais vous faire envisager l’étude que nous allons faire; voilà la carrière que je voudrais vous ouvrir.

En vous la présentant dans toute l’étendue de scs vastes

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