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CHAPITRE II

Oispowltlon des coacbes des terrains agricoles.

Les terrains meubles qui couvrent la surface de la terre et ..qui. sont le domaine de l’agriculture sont formés de plusieurs eouchès superposées les unes aux autres, mais que nous devons ranger sous deux divisions principales, les couches perméables* à Peau, les couches imperméables. Nécessairement, pour qu’ü puisse y avoir culture, les couches supérieures sont plus

ou moins perméables ; car une argile pure ou une roche aride •

Ute seraient pas susceptibles de nourrtr des végétaux. C’est partir de la couehe imperméable et en remontant vers' le sol que se trouvent les terres qui peuvent être pénétrées par les racines et dont nous aurons à nous occuper. • *

Nous appellerons le sol la couche supérieure du terrain jusqu’à la profondeur où elle conserve la même nature minérale.

Le sol se divisera en : 1® sol actif, celui qui estipèlé de terreau, qui reçoit les impressions de l’atmosphère, les sels solubles, dans lequel se passent les phénomènes de la végétation, et qui est atteint par les labours; 2’ au-dessous de cette ptemièTe couche et quoique conservant la même composition mi- ■ . nérale, si le sol est profond , nous appellerons sol inerte la se- ,eondc couche qui n’est pas entamée par les cultures. ^ *

. • t>£ LA, FOi'.MATlON DES TERRAINS AGRICOLES. ^ 227

Au-dessous du sol, au moment où une nouvelle couche de composition minérale dilTérente se présente, nous avons le sous-sol qui peut être formé lui-tnèmo do plusieurs eouefaes variables aussi dans leur composition jusqu’à ce qu’on atteigne dans la profondeur la couche imperméable.

Si le sol est placé immédiatement sur la couche imperméable,, il n’y a pas de sous-sol. La profondeur du terrain est la distance qui sépare la surface de la couche imperméable ; ainsi, par eAemplo, ces terres peuvent être composées d’une des manières suivantes :

mètres.

1 0”,33 sol actif. ■ I

Terre calcaire silicate. . 1 |eni,07 sol inerte.

■ Terre siliceuse. . . « . . 2 sous-sol.

• • Argile. ........ 1 ‘ couche imperméable.

Profondeur. . . . 3 .

oit • ' ' .

Xeire Siliceuse 0™,30 sol actif.

Roche de grès, ., . ... couche imperméable.

Profondeur. ... 0“,30 '

ou encore ! ; ’ .

Terre argilo-siliceuse . . 2 sol actif.

Terre argilp-calcaire. . . 1 sous-sol. ' . ‘

Roche calcaire.' ..... couche imperméable.

Profondeur. ... 3

Section fr*. — Du sol actif.

La profondeur du sol actif dépend entièrement, d’après la définition que nous en avons donnée, de celle des labours. En effet, leur effet étant de presser la terre piétinée par les chevaux cl corroyée parle sep, et de la rendre ainsi très compacte, il se forme artiliciellemcnt à cette profondeur un sous-sol presque imperméable qui s’imprégne difficilement d'eau et qui n'est jamais en contact avec l’atmosphère. Il dépend donc du

228 ■ . ACROLOGIE; ’ .

cultivateur d’avoir un sol actif, profond ou mince. Dans un sol profond, les racines s'enfoncent sans peine et vont chercher l'humidité et les sucs nourriciers dans un plus grand cube dé terre. Aussi, tous les cultivateurs sont d’accord, maintenant, sur les avantages d’un sol actif profond, et dans des contrées entières on l’entretient en cet état par des minages périodiques très coùteu}: et que l’on ne croit pas acheter trop chèrement.

Souvent et surtoutdans les terres d’alluvion, le sol actif se trouvant épuisé de certains principes, on renouvelle sa fertilité ■ en le mêlant au sol inerte qui les possède et qu’on lui substitue. C’est ainsi que nous voyons des terres cultivées eu garance améliorées par le défoncement profond nécessaire pour extraire la racine d^c cette plante ; c’est qu’alors le sol inerte est d’une excellente nature et que, n’ayant jam&is été épuisé par l’action • de la végétation, il a conservé le dépôt de substances nutritives que les eaux avaient entraînées. Mais si le sol actif est devenu tpi seulement par le mélange des engrais, et que le sol inerte soit devenu presque imperméable par le tassement et ne contienne aucun principe fertilisant, quand il se trouve par cette opération substitué au sol actif,. il en résulté une série de mauvaises ré-, coites jusqu’à ce qu’on l’ait de nouveau fertilisé par dés engrais.

Section II. — Du sol inerte.

La prolongation du sol actif en sol inerte n’ëst pas toujours avantageuse. Quand le sol actif a des qualités excessives, soit< en ténacité ou en légèreté, ou en sécheresse, ou en humidité, il est bien préférable d’arriver immédiatement à un sous-sol d’une qualité opposée et que l’on puisse mélanger avec le sol par le moyen des labours profonds. Mais dans les sols de bonne qualité, et surtout dans les alluvions, un sol d’une bonne pro- . fondeur est chose très désirable. Quand le sol inerte repose sur la couche imperméable ou sur onc couche, filtrante abreuvée

De LA FORMATION DES TERRAINS AGRtCOLks. ' 2S9 (l'cau, il ne peut pas dépasser un mètre de profondeur sdns inconvénient, parce que, dans cette dimension, il transmet eiH corn l’humidité du fond à la surface, s'il est composé de suIh stances hygroscopiqués. Dans le cas où la couche d’eau serait très profonde ou que le sous-sol fût d’une mauvaise qualité, la grande épaisseur du sol inerte est un avantage, puisqu’on peut toujours, par le moyen des labours profonds, en faire un utile ' récipient d’humidité en permettant aux racines d’aller la cher-i ‘ cher profondément. , .

Section III. — Du sous-sol. ' ' • ■

La nature dûsous-sôl acquiert beaucoup d’importance quand ‘ il est situé à une petite profondeur et peut être atteint par fes labours. Alors on peut considérer : 1° s’il est suffîsamment filtrant; 2° s’il (»C d’une nature meilleure pu pire que le toi, et s’il peut ou non lui servir d’amendement ; 3° si sa couche supérieure est d’une grande ou petite épaisseur, et, dans ce dernier cas, quelle est la nature de la couche immédiatement inférieure.'

1 . Sous-sol filtrant. Cette nature de sous-sol est très avan-: tageuse pour les terres fortes et pour celles qui sont situées somt un climat pluvieux, ou encore pour celles qui peuvent être ar-* rosées, fin sous-sol bien perméable à l'eau l’est aussi aux racines, et les arbres y prennent un développementadmirablc.-'. C’est sur un sous-sol formé de terres graveleuses que viennent les magnifiques noyers et châtaigniers des vallées, de mémD que l’opulente végétation de mûriers de quelques parties des Cévennea. Les luzernes et le sainfoin y donnent de belles récoltes, parce que ces plantes recherchent surtout leur nourriture daais la profondeur; mais aussi il peut rendre le sol trop aride pour les plantes annuelles dans les climats méridionaux.'

• 2. Sous-sol peu filtrant. Si ce sous-sol est trop près de lar surface, de la terre, il retarde l’écoulement do l’eau eh hiver, il

ACnOLOGlE.

se change d’extrait de terreau, absorbe l’oxygène et en prive les racines des plantes qui s’y macèrent et souiïrent ou meurent. L'inconvénient diminue avec la profondeur de ce soussol, parce qu’alors te sol cesse d’étre compléteinent imbibé. Les terrains argilo-calcaires pesant 16, tandis que l’eau pèse 10, et recevant 0'°,50 d’eau dans leur complète imbibition,

■ une pluie d’un centimètre n’imbibera complètement que

■ ^5(]e terre; mais quand les pluies sont fréquentes et abondantes, et que la terre n’a pas de pente, ce n’est pas trop de 0"',30 de profondeur pour que les plantes restent toujours dans un état moyen d’humidité pendant' la saison des pluies.

3. La nature du sous-sol contribue à augmenter la valeur ■de )a terre quand elle est meilleure que celle du so{ lui-méme,

Ainsi il arrive dans les alluvions que d’excellents limons ontété enterrés sous des couches de gravicrsqui constituent lesoL On peut utiliser ccùx-cj par des plantations d'arbres si la couche inférieure est assez peu profonde pour qu'iJa puissent l’atteindre en quelques années; ces arbres, qui languissaient d’abord tant que léurs racines étaient encore dans la couche de gravier,

.se raniment en atteignant le riche sous-sol etfrennentun beau développement. CT est sur ce principe que nous avons pu rendre à ja production une partie du domaine du Bordelet, au confluent de l’Ardèche et du Rhône, qui avait été couverte de sable et âe . gravier par l’inondation de 1827, et qui maintenant est une véritable forêt de mûriers plantés sur un mètre d'épaisseur de ce nouveau sol aride.

4. Si le sous-sol est situé près de la surface et qu’il n'ait pas une grande épaissour, il est essentiel de connaître la miture de la couche immédiatement inférieure et de calculer si, en bri- ' sant le sous-sol et le mêlant avec le sol, on parviendra à se procurer un nouveau sous-sol do meilleure qualité. Ainsi, quelquefois, sous les sols'de sable et de gravier, se trouve une eouche peu épaisse de sablç ou de cailloux agglutinés par uu

»E LA FORMAXION DES TERRAINS AGRICOLES. . Îj31 • ciment calcaire ou ferrugineux , c'est ce qui arrive, par exemple, dans les Landes. En rompapt ce sous-sol , si cela est éconor miquement possible, on se procurera un nouveau sous-sol plus profond, plus perméable, plus f^ais. Il m’a été rapporté que , des plantations qui ne pouvaient réussir, à' Cause de' la petite .épjiisseur du sol, avaient eu un grand succès, et avaient pro- .

: duit de très beaux chênes dans ces mêmes landes, quand on , avait percé le pouddingue inférieur avec une aiguille de mineur pour introduire leur pivot sous la couche peu épaisse dusous-sol. Quel travail faudrait-il, dans quelques situations fa-'

, vorables de la contrée, pour miner et rompre cette couche ét ' '.avoir un sous-sol excellent pénétrant jusi^’au réservoir des eaux inférieures ? ....

D’autres fois c’est une couche d’argile imperméable qui forme le sous-sol, et quand elle est fort mince, elle' peut aqissi être rompue, et avec les mêmes avantages que dans le cas précédent. Dans la plaine centrale de Vaucluse, un sous-sol ifar- .

’ giie de quelques eentimètres d’épaisseur suffisait pour retenir lés eaux à la surfaoe cq hiver, pour éter aux. plantes en été le '

' bénéfice de l’humidité sôuterraine, pour gêner le développement des racines, pour constituer enfin Un terrain détestable' et maudit; le brisement de cette couche, opéré pour cultiver la garance, a décuplé ta valeur des terres en mettant le sol en . communication avec le réservoir permanent des eaux. -

Il se- présente aussi quelquefois des phénomènes qui sont.

' inexplicables si l’on n’examine pas la nature et la constitution * du sous-sol. Ainsi, en Camargue, on remarque des places où ‘ le sel remonte à la surface par la capillarité, è côté de places ' où il ne surabonde jamais. C’est que le sous-sol imperméable ' '.qui empêche la communication entre le sol et les terrains impré- '

• gnés de sels inférieurs au sous-sol vient à manquer, et qu’il se trouve là remplacé par une veine de terre filtrante et capillaire. Ces exemples, que nous pourrions multiplier, prouvent la

. 238 • ’ ageologie.' ! '. ■

' grande importance que l’on doit attacher à étudier et à bien’ connaître la stratification du terrain que l’on cultive. Ordinairement on acquiert cette cétinaissance en observant.la succession des couches lorsqu’on creuse des puits qui se poussent Jusqu’au réservoir des eaux. Quand nos paysans veulent cult^ . ver ou acheter un sol qu’ils qe connaissent pas, ils né man- • quent jamais de l’ouvrir profondément avec la bêche; mais if ' est plus commode et plus expéditif de se servir d'une petite sonde dont on peut pousser le travail- à plusieurs mètres en ' quelques heures.

■ Section IV. — De la couche imperméable et du réservoir ' ' ' des eaux.

Le réservoir inférieur des eaux n’est pas partout à 500'" mètres de profondeur comme à Grenelle; il arrive aucon- ' • traire souvent qu’il n’est- pas assez éloigné de la surface poÜ^•^ que les longues, racines ne puissent y aller puiser l’eau nécessaire à une belle végétation,, ou que par l.’elTet de la capillarité, s’il n’y a pas de couches intermédiaires interposées, son humi-.- ■ dité n’enteetienne la fraîcheur du sol ; quelquefois même il se trouve trop près de cette surface et l’entretient dans un état •

' constant d’humidité très nuisible aux plantes. v ’

. Les racines qui se dirigent horizontalement sous la surface 7 du sol, quand le sous-sol est sec et imperméable ou quand il ne porte qu’une eau désoxygénée, plongent verticalement, du - ■ contraire, quand le sous-sol est filtrant et qu’au-dessus de lui passe un lit de sable ou de gravier, une eau courante et aérée. * C’e»t,la condition de la vallée du Nil où les dépôts limonéux' -du jleuve sont superposés à un sable Gltrant et abreuvé d’eau . Nous avons vu sur les bords éboulés du Rhône et de l’ArdéChe , •

(t) Girard, Observations, p. 28ff, dans la grande description de l’Égypte, . ; ... -

DE LA FOBMATIO:! DES TEBR,AIXS AGBICOLES. 233 des mûriers, des luzernes et des blé:^ étendre leurs racines û

3 mètres de profondeur, pour atteindre le réservoir inférieur de Teau filtrant à travers les graviers; sur les bords de la Sor-

' gue, le spus-sol argileux ayant été défoncé, comme nous l'avonjs expliqué dans l'article précédent, le sol a é;té mis en communication avec des masses tourbeuses constamment lavées par U * filtration de la rivière, et parie moyen desquelles l'ascension de' l'humidité entretient la fraîcheur du sol. A Nîmes, le sous-s(d de la plaine de Vistre eft unpoudJingue au-dessous duquel est le réservoir des eaux courantes; en le perçant en plusieurs points, les eaux sçnt montées au-dessus des pouddingues, là où leur niveau le permettait, et ont été mises en communicqtipa avec le sol. .

Quand les eaux du réservoir, au lieu d'être courantes, son! stagnantes comme dans les terres concaves,, il y a non une rivière, mais un marais intérieur ; les eaUx sont désoxygénées, et' il est important que lear réservoir ne soit pas trop près de la • surface; mais à une ccrlainé profondeur, à un mètre j par exemple, elles n'auront plus d'effet que par leur ascension capillaire, pendant laquelle elles se mettent en communication •* avec l’air et reprennent l’oxygène qu’elles ont perdu.

Mais il arrive trop souvent que ces réservoirs stagnants ne sont entretenus que par les eaux pluviales, et que, dans la sai- .son chaude, ils se dessèchent complètement après s’ètre remplis outre mesure pendant l’hiver. Ce genre de réservoir intérieur est donc plutét fâcheux qu’utile.

Quand le réservoir intérieur des eaux n’est pas à plus de

4 mètres de profondeur, on peut toujours se procurer avec facilité, par le moyen de la machine à vapeur, l’eau nécessaire^ l'irrigation pour une somme moindre que celle que l’on paie aux canaux d’irrigation existants dans le midi, en supposant la houille au prix qu’elle a le long des lignes navigables et en . employant une force qtinimum de cinq chevaux-vapeur ; on •

îi>4 , ' •: AGBOLOGie. C • ■

pourrait atteindrè à une plus grande profondeur avec le même déboursé, rêlativemenf à l’étendue du terrain, si l’on employait des machines plus fortes. Nous apprécierons mieux encore l’utiiité d'un réservoir d’eau placé à cette profondeur, sons une coudic imperméable, en traitant de la valeur des terres sèches comparée à celle des terres arrosées.

Quand le réservoir inférieur des eaux se trouve à une profondeur telle qu’il ne peut être utilisé ni par la capillarité na- , turelle du sol, ni par les machines, ou est soumis à la rigueur de toutes les variations des saisons, il Ihut obéir à la loi météorologique, heureux quand elle n’est pas sujette à de grandes variations annuelles dans la distribution des jduies. On d6it donc chercher à constater l’existence, la situation et la profondeur du réservoir des eaux et la constance on l’inconstance de son niveau, soit pour se rassurer par la certitude que l’hygrescoprcité des terres suffira pour entretenir la fraîcheur du sol, Sbit pour s’approprier par les moyens mécaniques 1^ eaux * d’un réservoir trop profond, soit enfin pour diriger la culture et le choix des assolements, selon les circonstances où l’on se trouve, et se résignér aux alternatives des saisons.

Section "V. — Défauts de parallélisme {non cotKordance)

'• des couches des terrains.

' On serait loin de connaître complètement la stratification d'un terrain un peu vaste, si l’on se bornait à l’observer sur un seul point ; le résultat ne serait exact que dans le cas où le sous-sol et la couche imperméable seraient parallèles; mais il en est très souvent autrement. Ainsi il arrive, surtout dans les diluviums, que le sol a été déposé sur une surface déjà ondulée et formée, par exemple, d’une partie concave sur laquelle des argiles auront été déposées horizontalement, puis sor des roches inclinées qiiî formént le bord du bassin. Si le sol

étant 6 {fig. 3), le âol aura de A en C un sous-sol argileux ;

■ i>p. UA FOtlMATIOX DES TUilItAlNS AURICOLRS. ' S35

a une pente qui se rattache ù la roche, il se trouvera qu'au point A (/Sÿ. 9) il aura un sous-sol rocheux qui ira toujours en

Fig.i. " " '

s’approfondissant en s’approchant de B; qu’en B il aura, un sons-sol argileux qui ira en diminuant de profondeur vers C,, et qu’enfin en D le sol changera de nature, que ce ne sera plus ie diluvium^ mais.l’argile qui le constituera.

Dans les terrains d’alluvion, on trouve les mêmes variations qui se manifestent aussi par l’absence et la présence successives du réservoir d'eau ; car les eaux courantes entassent quelque-^ fois certaines couches aux places où elles trouvent des obsta-, clçs et h’en laissent pas trace là où elles ont toute leur impé-t tuosité. Ainsi, dans l’exemple çi-dessous, le niveau de l'rau

236 ’ agrologie. •

oiais«n A on trouvera le niveau de l’eau après 'avoir percé une mince couche d'argile ; en B on percera une forte couché d'ar-' gile, mais on arrivera au gravier qui se trouve au-dessus du niveau de l’eau et par conséquent à sec ; le réservoir de l’eau n’existe plus pour le sol; en C, l’argile manque et lé sous-sol est du gravier. Bien n’est plus variable que la stratification des . alluvions. C’est encore au défaut de concordance dans la stratification des couches de terrains que l’on doit la possibilité d'atteindre quelquefois à de si grandes profondeurs, au-dessou6 d’un sol à peine incliné, des amas d’eau considérables qui peuvent remonter ù la surface et produire ce que l’on appelle les puits artésiens. En effet, on sait que diverses formations à couches perméables ou imperméables ont été soulevées de leur ‘ position horizontale, inclinées à Thorizonde manière à former les montagnes ; ces couches se rattachent au noyau de la mon- ' tagne, à différentes hauteurs, et les eaux qui coulent sur les pentes s’infiltrent nécessairement dans les couches pèrméables, les suivent, et, contenues par les couches imperméables supérieures et inférieures, forment sous les plaines des réservoirs (Teau comprimée par la pression qu’exerce la hauteur de l'eau ■ depuis son point de départ. Si l'on vient donc à percer la couche ‘ imperméable supérieure, l’eau jaillit dans le trou de sonde < pour se mettre de niveau avec le point le plus élevé de sa charge, et souvent assez haut pour venir arroser la plaine située au-dessous. S’il existe plusieurs étages de couchés perméables venant se rattacher à fa montagne à différentes hauteurs, il y aüra plusieurs réservoirs d’eau inférieurs que l’on trouvera successivement en approfondissant le trou de sonde ; la profondeur à laquelle on rencontrera l’eau variera à la fois Selon l’éloignement des montagnes qui lui servent de point de départ et selon l’épaisseur des bans imperméables qui la recouvrent. La fig. 4 montrera la constitution de pareils terrains. É est ’ -une couche filtrante, premier réservoi^ d’:Catt; F, une coucha

UE LA formation uks tf.rrains aoricolfs. 53“ (titrante, second réservoir d’eau; GG, des couches impêrmjèabies ; BC, des trous dë sonde.

Fig. 4.

L’eau pénétre dans les couches filtrantes en A et À’ ; elle descend avec ces couches au-dessous du sol de la plaine ; selon que l’on creusera en B ou en C, l’on. trouvera l'eau plus profondément,. soit que l’on veuille atteindre lé premier ou le deu\iëme réservoir, et si les couches continuent à plonger sous le terrain, on peut arriver à un point où ccttê profondeur serait si grande que les efforts humains ne pourraient l’atteindre *.

Ce qui se passe en grand pour lés dépôts susceptibles de foriner des puits artésiens se passe en petit pour les sources, et il suffit d’une lacune dans la couche imperméable qui leur sert de toit, il suffit d’un percement qui y aura été fait, pour qu’une terre soit habituellement humide. Elkington reçut une gratification du Parlement pour avoir appliqué cette théorie à l’art des dessèchements et avoir compris qu’il s’agissait d’atteindre l’eau dans la couche filtrante, vers la partie la plus haute du

. Al)' Voir Garnier, l'Art du fontéUnier sondeur, et toute la théorie des puits artésiens, exposée clairement dans une note de M. Héricart ' , , dè Thury insérée dans les Mémoires de la sociéfé centrale d'agrknltnre, - '

bigillzedt. ''l'glc

238 ’ . AGRQixxHii:. • !

terrain, et de la conduire dans des fossés hors du champ, pour le dessécher complètement, ce que l’on ne faisait qu’imparfaitement en cherchant à réunir les eaux déjà parvenues à sa partie la plus basse.

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