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CHAPITRE III

'' Ciaaalflcatlon primordiale da t«rr«ln.

D’après ce que nous avons dit précédemiiimit, il ne nous sera pas difficile' maintenant de choisir les caractères qui de-"

.vront former la première division de notre tableau. Une propriété très' remarquable nous présente d'abord deux coupes primordiales. Les terres calcaires, par l’action qu’elles exercent $ur Us engrab atmosphériques et artificiels, les mettent rapi- ' dement en état de servir d'aliment aux plantes et sont la ma- ..tière la plus précieuse pour une culture riche où les rentrées . .doivent suivre de près les avancés. Il faut aux terres qui ne renferment pas de chaux des avances considérables d'en^ais qui y reste à l’état latent, ou la longue permanence des pâturages, qui ne sont eux-mèmes qu’une manière de fournir des \Amgrais, et enfin descfaaulages et des marnages qui leur den- •n'ent le principe qui leur manque pour pouvoir continuer

être cultivées avec fruit. De plus, la végétation des deux groupes est- complètement différente , et , outre les plantes adventices caractéristiques pour l’un et pour l’autre, on remarque) pour les plantes cultivées, que le froment double * . de produit dans les terrains non calcaires, même les mieux ' fumés, quand on y ajoute la chaux, et que le produit des fourrages légumineusi y augmente dans la même proportion. Ainsi ces deux coupes sont parfaitement naturelles et agricoles â ' . la fois. '

. Si c’est l’élément organique, le terreau, qui domine, il constitue une nature de terrain qui, quelles que soient les substances minérales qui lui sont associées, a des propriétés particnjièrcs celle de changer de volume par les variations hygrp- «copiques, celle de se dessécher promptement, et par sa couleur .somble de s’échauffer beaucoup, celle enfin d'offrir un mauvais appui aux plantes. Nous avons donc cru devoir en faire une troisième division de notre tableau.

Dans les deux premières divisions, ee qui nous importe surtout, c’est la proportion des différents éléments minéraux qui entrent dans la composition des terres et qui indique ù quel point elles parlicipent aux propriétés agricoles que nous rc-

J 272 , , . AGBOLOGIE. % .•

chorcboBS. Ainsi, dans la première division, les trois princi- . paux éléments, la silice, la chaux, l’argile, sont-ils dans une espèce d’équilibre, nous aurons les^tmons*, parmi lesquels se trouvent les meilleurs sol# connus; la silice est-elle en quantité moindre du dixième, nous avons les terres argilo-calcaires; j’argile est-elle momdre du dixième, la chaux forme-t-elle la plus grande partie des principes constitués, nous avons les . craies; et si c’est le sable siliceux ou calcaire qui domine, nous, avons les saé/cs. ■ - ^

. . Dans la division des terres non calcaires, si la silice prédomine,^ nous avons les terrains siliceux; si c’est l’argile, ce sont lies ÿ/aûes. - ,

Enfin, dans le terreau, nous trouvons le terreau doux n’ayant pas de réactions acides, le terreau ferrugineux^u terre de bruyère^ et le terreau acide.

Les qualités exceptionnelles du terrain, comme d’être salifère , ocreux', caillouteux et graveleux, forment des espèces • particulières qu’il est bien dilTioilc de faire entrer dans une classiGcâtiou qui ne doit renfermer que les grandes généralités.

Les sections de chaque division seront déterminées par leur ténacité et leur hygroscopicité, d’autant plus facilement, que leur lévigation et leur lotissement nous fournissent, couhne' nous l’avons vu, des données très approximatives pour ces propriétés. ,

Le tableau synoptique qui va suivre est la réalisation de la théorie que nous venons d’exposer.. Nous avons eu le soin d’adopter les noms les plus usités, ceux qui sont déjà dans labouché et, les écrits des agriculteurs, pour les appliquer à no? ordres de terrains agricoles; mais nous les avons défiais et caractérisés par des signalements univoques, faciles à vérifier, et nous espérons qu’après un petit nombre d’essais il sera.

(1) C’est par ce mot que nous remplacerons celui de loam que nous • avions' adoplé dans notre première édition. . .. , . '

CLlSSIFICATtON DES TERRA tNS AGRICOLES.

presque inutile de recourir aux expériences indiquées, et que dans la plupart des cas le coup d'œil les remplacera en grande ■ partie.

Terrains renfer- ' mant l’élément calcaire . . .

Terrains ne renfermant pas l’é-, lément calcaire,

(inconsistants, meubles, tenaces.

|argilo-calcaires.j®f'«"*- ,

' ° I calcaires.

, i fraîches.

craies . .

f sèches.

I meubles.

) inconsistants.

, isecs.

lirais.

inconsistants.

glaiseux i meubles. . .

Argiles.

tenaces.

I doux.

micacésr.

schisteux, volcaniques. , sablonneux.

Terreaux .’ .

' I terre de bruyère.

acides < terre de |>ois.

I tourbe.

Nota. La 'vériGcation des caractères des terres peut' être' pratiquée à l’aide du petit nombre de réactifs et d’instruments suivants :

1° ün trébüchet ;

i° ün crible de fer-blanc percé de trous de 0">,0005 de diamètre; • 3® De l’acide nitrique ; ^

4® Du nitrate d’argent;

5° Du carbonate de potasse;

6° Du papier de tournesol.

Section I''*. — Terres çakaires ou magnésiennes.

Caractères. L’acide produit avec ces terres une eiïerves-* cence plus ou moins vive. Si l’on verse dans là solution de l’eau' I. . a.

AGHOLOGie.

ss^turéc de carbonate de potasse, il se forme un précipité de chaux et de magnésie.

§ I". — Les limons.

Caractères. Après l'action de l’acide nitrique, le résidu présente de l’argile et de la silice libre, qui, séparées par la lévigation, donnent au moins chacune un dixième du poids de la terre.

Observations. Dans notre première édition, nous avons donné le nom anglais de loams aux terres de cette section qui comprennent une partie de celles que, dans cette langue, t)n désigne par ce nom. Nous croyons devoir y substituer le mot . français de limon. Calui-ci n’a pas une signification assez précise, comme mot usuel de la langue française, pour nous em- 4>écber de lui donner un sens défini et précis, comme terme de science. D’aii|eurs, le plus grand nombre des terres auxquelles nous les appliquons sont de véritables limon», dans le sens vulgaire du mot, c’est-à-dire des terres de dépôt et d’alluvion. Ainsi, toute terre qui, contenant de la chaux et de la magnésie; QU de l'une et de l’autte en quantité appréciable , aura en outre au moins 0,10 de silice et 0,10 d'argile, sera un limon.

Ainsi l’on pourra avoir un limon composé comme suit :

Terreau. ■ . 4

Carbonate de chaux. . . . 43,5

* Argile.,. 32,5

Silice libre 20

C’est une excellente terre d’alluvion' formée par le Rhône^ à Gabet, près Orange, facile à travailler, produisant de beaux (liés, de beaux légumes et de beaux mûriers. On poûrra-aussi avoir un limon composé ainsi qu'il .suit :

CLASSIFICATION OES TEilfiAINS AGRICOLES.* . S75

Terreau. ... ; 4

Carlwnate de chaux. .• . . 2

Argile. 58

' Silice libre. 36

■ Thaër qualifie cette terre de riche terre argileuse. La présence de la chaux, quoique en petite quantité, la modifie au point de la retirer de la classe des glaises, où elle serait d’une pioins grande valeur, car cet auteur l’estime à 77, tandis qü’une terre semblable à laquelle manquait la cha.u\ n’était plus portée par lui qu’à 65 de valeur relative.

H. Davy cite comme des sols riches ceux de la vallée de l’Avon, de la vallée de.Tiviot, qui sont des limons de difjTérëntes proportions.

Vallée de l'Avon.

Vallée de Tivîot.

Alumine

Silice

Oxyde de fer

Matière organique . .

. Les limons se couvrent ftaturellement d’herbes; les bonnes graminées, le petit trèfle dominent parmi les plantes adventices ; ils sont la base de la culture la plus riche ; ils allient le mieux une ténacité modérée et une suffisante disposition à retenir une humidité convenable ; ils n'exigent pas des marnages et des chaulages coûteux pour être portés à leur maximum de produit ; d’un autre côté , ils ont assez de liant pour que les racines trouvent im ferme appui, et pour que l’air échanfié ou refroidi ne pénétre point sans intermédiaire jusqu’aux racines des plantes, comm cccla a lieu dans les craies et dans les sables.

1 . Limon ineqnsistaht. Lorsque l’argile est en trop petite quantité, et que la chaux et la silice dominent, on a des terres légères qui se rejmuent à la pelle, et dont la culture coûte peu

276 • AGBOLOGiE.

(le travail ; mais leur ténacité n’ést jamais nulle, comme dans les terrains sablonneux et siliceux, car un dixième d'argile suffit pour leur donner un liant suffisant.

2. Limon meuble. Quand les proportions des différents éléments sont mieux équilibrées, le limon a une ténacité moyenne qui dépasse 800 grammes et ne dépasse pas 1,500, et alors il n’est pas seulement une bonne terre à blé, mais les fourrages légumineux y prennent tout leur développement; la terre s’émiette facilement : on peut la travailler pendant la sécheresse, sans crainte de former des mottes difficiles à briser, ce qui favorise beaucoup les secondes semailles.

Nigra ferre et presse pingujs subvomere terra , Et cui putre soluni namque hoc imitatur arando Oplinia frumenti.

Virgile, Georÿ., 1. II.

Ce genre de terrain offre en Russie, par son étendue et son uniformité, un exemple très remarquable. M. dé Meyendprff l’a signalé le premier à l’attention publique en 1841*; puis. M. Murchisson l’a fait connattrè pjus en détail à la Société géologique de Londres*! Une terre noire, fertile, qu’à la première vue on pourrait croire formée d’un terreau végétal-, occupe une étendue immense de pays (80,000,000 d’hectares), limitée par une ligne courbe tirée du 54° de latitude au sud de Lichwin au 57° sur la rive gauche du Volga. Cette même formation apparaît près de Kasan et sur le flanc asiatique de l’Oural à Crasnoï-Glasnova, s’étendant beaucoup en Sibérie,' où ses limites septentrionales ne sont pas encore définies. Oh le rencontre à tous les niveaux jusqu’à une hauteur de 1 29 mètres.

Ce genre de terrain prend , en Russie, le nom de iehemoyzen'. * C’est le champ et le potager de la Russie, dit M. Meyendorff,

(1) Compterendudel'Académiedes sciences, t.\U,p. \2i3.

(2) Annales des sciences géelogigues, mai 1842, p. 4ii.

CLAS^FICATION DES TERRAIN)» AGRICOLES. • 277

région agricole (|ui nourrit au delà de 20,000,000 d’habitants, et qui déverse annuellement sur l’étranger et sur les autres parties de l’empire au delà de 20,000,000 d’hectolitres de céréales. » ■ - •

M. Philips, chimiste au muséum de géologie britannique, et M. Payen, ayant fait l’analyse de cette terre, elle s’est trou-* vée composée ainsi qu’il suit :

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