‹ Cours d'agricultureChapitre 70 sur 174 · TO · texte numérisé non relu

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Les résultats de cette analyse, comparés à ceux obtenus par - M. Régnault en 1813, démontrent que le limon du Nil, re« cueilli en différents lieux, est susceptible de présenter des variations dans sa composition. Le nôtre pourrait être regardé .comme un véritable silicate d’alumine formé de deux atomes ' d’acide silicique et d’un atome d’alumine , tandis que celui de - M. Régnault parait être de l’alumine hydratée môlée 4 de la • craie magnésienne et un peu de silicate. ^

La fertilité du soi est évidemment due au tetreau azoté qu’il ' renferme en proportion assez considérable.

- § IL, — Terres argiio-calcaires.

CARÀmlRES. Après l’action de l’acide qui enlève du poids de la terre plus d’un dixième de chaux, il reste de l’argile . doiiit la lévigation ne sépare pas un dixième de sable siliceuxlibre.

Observations. Des terrains considérables, formés des débris de calcaires argileux, se trouvent dans des formations géologiques différentes, dans les bassins dominés par le calcaire • jurassique, la craie, les formations d'eau douce, ou dans les alluvions des rivières qui en découlent. Le fonds de la vallée ' du Rhône, bordée de chaînes calcaires, en est rempli. Ce sont

28fO' • À6B0L06IB. • '■ ■ ■ ;

des terres assez fortes, mais fertiles en blé, et propres aux prairies artificielles. Les prairies naturelles y donnent d'excellents foins, et deviennent d’autant meilleures qu’elles sont plus vieilles, ce qui n’a pas lieu dans d’autres terrains, où il faut les défricher de temps en temps. L’action des fumiers, plus lente que dans les craies, y est plus active que dans les glaises ; en général, cesont des terres tenaces, formant, quand on le$ travaille par la sécheresse, de grosses mottes qui se brisent par la ^elée. Le tussilage, la lupuline, la ronce, le chardon hémorrboïdal (terratula arvensis) sont les plantes qui annoncent cés terrains.

Quoique ces terres soient, comme la marne, un composé . d’argile et de chaux, nous n’ayons pas cru devoir leur conser- ‘ ver ce nom. Le mélange qui constitue la marne est un corps sut yeneris, où les molécules diverses sont croisées et juxta- •.

■ posées d’une manière intime, qui provoque sa pulvérisation à

‘ la moindre humidité. Riende pareil dans beaucoup de terrains ■ ' sargHo-calcaires*, les mottes persistent à l’bumidité et sans se

• déliter. La marne n’est qu’un cas particulier^ un genre, si l’on

• veut, de ces terres. ^

A. — Terres argilo-ealeaires, argiUeues.

■ Caractères. Terres ayant au moins 0,50 d’argile. •

Ce genre de terrain n'offre jamais une terre meujile. 11 se rapproche des limons tenaces, dont il ne diffère que par une moins grande quantité de silice libre et en a toutes les pr(v

■ priétés, tout en étant plus difficile à travailler et exigeant pins

• de soin pour l’écoulement des eaux. i '

B. — Terres argüo-calcaires, calcaires.

Caractères. Ayant au moins 0,50 de carbonate de chaux' ou de magnésie, et au moins 0,10 d’argile. ' '

' 1 . Tenaces. Ce genre se rapproelie du précédent, et fait^* comme lui, de bonnes terres à blé.

. 2. Meubles. La quantité de calcaire augmentant, la terre devient plus friable, et la ténacité ne dépasse pas 2 kilog.

3. Inconsistantes.. La ténacité diminue encore avec l’accrois-< sement de la quantité de cbaux; elle ne dépasse pas 1*^,5. L'argile y est en faible quantité. Ces terres sont généralement des terrains paludiens, formés au fond des étangs. Elles sont blanches, ce qui les rend dilTiciles à échaufl'er; mqis leur légé^. reté et leur porosité ne permettent pas aux engrais de s’y con*^ server longtemps. Les récoltes - racines y prospèrent. Left meilleures terres à garance de Vaucluse appartiennent à oe genre ou au genre suivant, qui n’en diffère que par la dispari-, lion presque complète de l’argile. -

§ III. — Les craies. *

Caractères. Ayant àu moins 60 de carbonate de chaux, et au plus 10 d’argile.

> Observations. Les terrains auxquels nous donnons le nom de craie en agriculture ne répondent pas exactement à ceux que l’on désigne par ce nom en géologie. Pour nous, nos craies né sont caractérisées que par l’abondance de l’élément calcaire, * associé avec un peu d’argile, et en quantité plus ou moins grande de sable siliceux ou de petites coquilles microscopiques, qui la rendent rude au toucher et la font craquer sous la dent, ce que le blanc de Troyes, qui n’est autre chose que la craie dépouillée des particules étrangères à son élément calcaire, ne fait pas. ^ ■

La couleur blanche des craies rend ces terrains froids et tardifs; leur peu de liant permet aux vents de les déplacer et de découvrir les racines des plantes; aux gelées de les soulever ; enfin, les engrais s’y décomposent avec rapidité. L’aridité des

9S2 . ' ' -40»ou)G»B. >:•,

terrains crayeux est absolue dans les pays chauds et secs la végétation disparaît en été, et les plantes vivaces ne peuvent y vivre; aussi, dans ce cas, les plaines crayeuses sont-elles absolument nues, si ce n’est au printemps et à la fin de Tau-; tomne. Dans les pays à pluies fréquentes, les craies présentent des gazons d’herbes fines, délicates, et qui fournissent une alimentation supérieure au bétail et donnent à sa viande des qualités très estimées. Tels sont les herbages de Soutfa-Dowers et dçs cétesde Susses en Angleterre. Voici l’analyse de deux terrains crayeux, la première faite par Sebweitzer, et l’autre par Barruel : ^ .. .

CÔTES D’ANGLBTEBRE.

BBinOXT, PRÈS REIMS*

Carbonate de chaux. . •.

Carbonate de chaux. . . .

— do magnésie .

Phosphate de chaux. . . .

Phosphate de chaux . . .

Hydrate de peroxyde de

— de magnésie.

Alumine.

Silice

La craie, fortement tassée par le temps, a une certaine ténacité; mais quand, à force de labours superficiels, on est parvenu à créer une certaine profondeur de sol meuble, elle se laboure ayec la plus grande facilité, ce qui rend le travail des terrains crayeux très économique. . i . .....

t L'absence de la végétation, ou au moins sa rareté, est cause que les terrains crayeux manquent généralement de terreau, ^et par conséquent de toute source d’alimentation de carbone pour leurs racines. Quand, à la suite de fumures abondantes et réitérées, on est parvenu à créer dans ces terres un excédant de débris végétaux, on dit en Champagne que les terres sont

- (I) Mémoire de M. de Brimont dans céex de l’Acadéniie de Reims, ui,.p. 14a. ..1 .

. -CI.ASSIFICATION DES TERRAINS AGRICOI,ES.r

• rnieititet. Les autres parties de l'engrais, et surtout l'azote, disparaissent dès la première année; mais Je carbone reste

* • ft, déjè disposé par la fermentation à passer dans laArégètation,

' devient un élément des plus précieux et qui constitue, poEp: '

. 'les plantes, la base de leur premier développement. Ce n'ést . que quand les terres possèdent cette avance, que l'on peut

* commencer à se promettre des succès marqués de l'emploi des

engrais subséquents. ~

Alors l'expérience indique que le froment,, par exemple, peut, avec une fumure de 45,000 kilog. de fumier, douer ces pauvres terres d'une récolte de 33bectolitres par hectare ' . Cette dose d'engrais représente une récolte de 47 hectolitres ; le blé s’est donc emparé d'un peu plus des deux tiers des portions azo^ tées de l’engrais, l’autre tiers s’évapore en partie ; mais il reste en terre la partie charbonneuse qui vient s'ajouter à celle qui existait auparavant, et augmenter la richesse du sol.’ Dans les ' lerrains argileux. Une partie de cet ammoniaque perdu se «eraitconservéedansles poresde l’argile, maisaussi une moindre

* partie aurait été Absorbée dés la première année par la végé^

tation. ■

*' La luzerne, le sainfoin sont lés fourrages par excellence des terrains crayeux ; ils sont moins exposés que le trèfle à être déchaussés parles gelées^ à cause de la longueur dé leurs raéines. Mais la luzerne ne donne pas de bonne coupe d’été, i cause de la sécheresse des craies. Le froment est le grain qu'on y préfère.

Les arbres qui croissent mieux sur les craies sont le saule marccau, le mahaleb, le merisier, l’aubépine, le rosier et le buis; mais ils restent toujours grêles; le peuplier de A’irginie y croit mieux que scs congénères. On y a planté des pins sylvestres qui y vivent difllcilcment d’abord. Il né faut pas

(I) Mémoires de l'Académie de Reims, t. f, p. 166. Mémoires de

. MM. Laurent et Paillet.

•284 • < I AefiOLOGiB. • .

songer à les y serner^ à cause du déchaussement produit pas . gelées. V

1. Fraîches. Nous appelons craies fraîches celles qui o^ * ^ sol profond en communication arec le réservoir d’eau, et qui conservent 0,10 de leur poids d’humidité, en été, à 0'°,30^ de profondeur^ , • ’ .

' 2. Sèches. Si le sous-sol imperméable est rapproché de la surface, les craies seront sèches, et alors elles ont tous les iirconvénients de leur nature, sans autre compensation que la facilité du travail.

§ IV. — Les sables calcaires (terrains sablonneux).

Caractères. Le sol contient 0,50 de sable siliceux et calcaire qui ne passe pas par un crible dont les trous ont un demimJIlimétre de diamètre. ^

Observations. Ces terrains se trouvent au bas. des monta- < gnes de grès vert, et le long des rivières qui en découlent. Moins diiliciles à traiter que les terres crayeuses, parce que la pluie ne les réduit jamais en bouillie, que les plantes ne déf chaussent pas en hiver, et qu’on peut y entrer par tous \e/i temps, ce sont de très bons terrains pour les arbres et les lè> gumes, pourvu qu’ils aient de la profondeur. Ils sont ordinairement colorés et sont aussi moins froids que les craies. Les sables des dunes de la Méditerranée, qui sont.souvent de cette nature, se couvrent de pins d'Alep, de genévriers de Phénicie, et de clemalis flamula, que les habitants récoltent pour fourrage sec, quoique cette plante soit vésicante étant fraîche .

1 . Meubles. Quand la craie fine et l’argile se trouvent dans ' ces terrains en certaine quantité, ils prennent une consistance convenable, et qui les rend propres à la culture des froments

(1) Mémoires de la société d’agriculture de Ports, 1787, hiver, p. xxviij. . , , ,

• CLASSIFICATIOIf DES TERRAINS AGRICOLES. . 3S5

et des autres plantes qui mûrissent au commencement de Tété. .

9. Inconsistantes. Si le sable, est prédominant, le terrain ■n'est plus propre qu'au seigle, parce qu'alors il se dessèche dé bonne heure ; mais les vignes et les mûriers y prospèrent, pourvu qu'il ait de la profondeur.

Section II. — Terres non calcaires. ' ’

Caractères. Tçrres ne faisant pas elTerrescence avec les acii^s; leur solution par l'acide ne donne aucUn précipité par le carbonate de potasse.

■< 8 I®'. — Terres siliceuses.

Caractères. La lévigation fournit au moins 0,55 de silice libre. . ’ • ' ;

Observations. On trouve ces terres dans diverses situa- • tions géologiques : formées en place des détritus de rocbeS qui ne contiennent pas de carbonates insolubles, ou qui en ont été dépouillés par l'action du lavage par les eaux de pluies chargées d'acide carbonique, comme on le voit à la Grande-, . , Chartreuse; on les trouve sur les grèves de la mer, |es bords des rivières, h la surface des terrains glaiseux où le principe siliceux a dominé, enfln transportés par les vents et formant des dunes sur les bords de la mer et des rivières. La facilité de la culture de ces terres, en réduisant les frais, en rend souvent la culture possible dans les climats pluvieux.

1. Séchés. Quand les terres siliceuses sont dans un climat ' sec, et qu’elles ne peuvent être arrosées, elles sont peu riches.' Le chiendent y pullule, mais les pins sylvestres, maritimes, le* laricio, le cèdre y prennent un grand développement dans des , terres qui portent à peine du seigle, pourvu qu'elles aient une, .certaine profondeur, On y voit aussi de beaux bois de bouleaux

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