‹ Cours d'agricultureChapitre 89 sur 174 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Çonllnuatlon f|n mdm« «iijet. Système <ic H. de 'aa'ogrbt.

M- de Wogfat, célèbre philanthrope allemand, en se livrant à l’agriculture, chercha à appliquer la méthode de Tbaër^ mais il ne tarda pas à reconnaître qu’elle ne tenait pas ctunpttf de l’état et de la nature du sol, que lés engrais n'agissaient pas de la même manière dans tous les terrains et après toutes les cultures; il adopta alors un procédé empyrique, inventé parWulfert.qui consistait à regardèr cette propriété complexe à laquelle il donne le nom de fécondité, et qui est la source des produits, comme étant le résultat de deux facteurs, l’un la puissance du sol ou la faculté actuelle qu'il a de mettre en action les prin- • cipes nutritifs* ; l’autre la richesse, ou l’ensemhledes principes ‘ nutritifs, naturels ou artificiels, contenus dans le sol.

(I) Dans une notice sur les échelles statiques d’agriculture,- insérée dans les Annales d’agriQuUure, 2® série, t. XXX (et imprimee avec

Dlgitizi-'i

.. TENTAT. POUR APPRÉC- LA VAXECR DES TERRAINS. 3â7

Atlribaoos une fécondité de 600 degrés à un champ d’un hectare, qui sans addition de fumier produirait 1,614 k. de blé ' (20,18hectol.,ensupposant80k. àl’hectol.); il s’agit de trouver les deux facteurs, richesse et puissance, qui ont produit 600 par leur multiplication. Nous avons l’équation 600 — B X'P*

M- de Woght a jijouté 76,7 mètres cubes ou environ 6,000 kilogr. de fumier au terrain, il a obtenu 1 ^937 kilogr. de blé;

’ < H en conclut que cette quantité d'engrais a augmenté la fécondité d’une quantité correspondante , c'est-à-dire de 120 de-'

* grés, et que la nouvelle fécondité est de 720 degrés ; mais la riébesse a été augmentée d’une nouvelle quantité que nous appellerons r, la puissance restant la même, c’est-à-dire que l’on

•»720= (R+r) XP-

L’erreur de M . de Woght est d’avoir cru le problème résolu avec ces deux équations, en donnant arbitrairement une valeur

* à la pu^sance. Elles sont indéterminées, puisqu’il y a deux . équations, mais.trois inconnues,'et c’est ce que nous lui avons .objecté autrefois; mait en examinant de près sçs autres travaux, on suit de l'œil le tâtonnement qui l’a conduit à son résultat. Il a sans doute augmenté et diminué successiv-ement le chiffre de la puissance et celui de la richesse, jusqu'à ce qu'il ait trouvé le produit d’accord avec les résultats pratiques ; il s’est arrêté à Hxer à 8 degrés le chiffre de la puissance de son sol, et d^ Ipis U a obtenu les résultats R = 75 pour 1,614 kil. de blé, etr = 15 degrés (r richesse ajoutée pour 6„000 kil.de fumier).

beaucoup de fautes), nous avions traduit le mot kraft doM. de Woght par le mot français activité; dans une lettre que le célèbre auteur écrit à M. Briaunc, et qui est insérée dans la 3® livraison des Annales de Grignon, p. 159, il donne la préférence au mot puissonce adopté par M. de Dorab;isle sur le mot activité, que nous avions proposé, et celui de /orcc que présentait M. Briaunc. Sans rentrer dans la discussion métaphysique et assezobsenre de l’auteur, nous cédons à ses vœux, car il nous parait fort indifférent d’adepter l’iin ou l’autre de ces termes, dès le moment qu’ils Sont définis. La livraison citée des Annales de Grignon contient la meilleure exposition du syslcmo de M. de Woght.

AGBOLOGIE.

Il n’a pas tardé à voir que la puissance augmentait bu diminuait Selon les saisons et les ciroonstances météorologiques. Ainsi un champ, qui avait 90 degrés de richesse, lui produisait 'quelquefois 2,130 kilogr. de blé, ce qui suppbsait 792 degrés de fécondité et 8,8 degrés de puissance, au lieu de 8. C’était donc alors 0,8 de puissance qui étaient ajoutés par l’influence de l’année. M. Bella fils * a fait voir aussi que l’on ne pouvait pas régarderlapuissancecommeunequantité invariable, puisqu’elle ‘était modifiée elle-même par les effets des engrais sur le sol, qui 'changeaient sa ténacité, sa porosité et son bjgroscopicité. . I . De plus, les différentes cultures faisaient aussi descendre bu monter le chiffre de la puissance. Ainsi la présence prolongée ' du blé en terre la prive, pendant ce temps, des influences at-' mosphériques ; elle se durcit et perd 0, 10 de puissance, et seulement 0,05 dans les étés humides, ou si du trèfle était semé sur le blé. Les pommes de terre, en épuisant la richesse, aug- " mentaient la puissance de 0,01 à 0,02, à cause des sarclages» et de l'humidité entretenue sur le sol par les feuilles de cette plante. Le trèfle augmentait la paissance et la richesse ; le marnage augmentait la puissance de 3' degrés dans la f* année, de 4 dans la 2^, de 3 dans la 3” ; au bout de quinze ans, la terre revenait à sa puissance première. Au reste, ces derniers chiffres devaient être relatifs à la qualité de la maim^ employée,' et l’auteur du système avait tort d’attrihuer à la seule puissance une . bonification qui tournait àussi au profit de la fertilité.

La richesse diminuait ainsi selon les récoltes.: . >

. > degré*. ^

Pour IpO kil. de blé. 2,10

pommes de terre. , . 0,21 . '

colza. . 3,30

seigle . 2,21 . , , .

orge. ........ 2,21

avoine 2,<6

(I) Annales de Grignon, année 1813, p. 147.

TENtAT. POCS APPBÉC.' LA VALEDJt PES TERRAINS. 339

' Gcs produits consommaient la fécondité ainsi qu’il suit :

Pour 100 kil, de blé 19,08 • ’ i. ■

• . pommes de terre. . 1,68 ■

• colza 26,40

' • ' ' ' seigle . '17,62 ’■

; ^ . orge 17,68

> avoine 19,68, •

Ils indiquaient dans la terre la fécondité suivante : ' ^

• Pour 100 kiL de blé par hectare. .. . 44,2

, ■ pommes de terre. . . 4 à 5

• ■ colza. . 41,2 ' . ■

J • , seigle. ....... 44,2

orge . 44,2 : ■

■ avoine. 49,0 , •

Au moyen, de ces trois tableaiu, on peut appliquer le sysfôme de M. de Wogbt à toutes les situations où l’on cultive Jes plantes qui ont été le sujet de ses expériences. Ainsi, nous savons qu’une terre a rapporté 18 hectol. de blé par hectare .. (1,440 kilogr.), qu’elle a reçu une fumure de 4,000 kilogr, \ une 'autre terre de même qualité, mais fumée depuis longtemps, a produit 12 bectol. 8 (1,023, kilogr. de blé). La fécondité après la fumure est de 604,80 degrés; la fécondité naturelle de 544 degrés ; le fumier l’a donc augmentée de 60°.

La fertilité est donnée par les proportions : . •

■ 1440 — 1023 = 417 ; 60 : 604 : £c = 86,9 dans le 1®' cas. - ■ '

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