‹ Cours d'agricultureChapitre 91 sur 174 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

■ Caractère» tlrèa de la compealtlon de 1» terre. ^ SSyatème de Thaèr.

I Nous ne nous arrêterons pas à une foule de tentatives super* ficielles que l’on a faites pour essayer de lier la valeur relative des terres à leurs caractères minéralogiques et physiques. A' quoi bon rappeler ces essais 'malbe&reux, fruit d’une demiscience, et qiii n’ont pu' résister aux moindres épreuves? C’ett ‘en' Italie, surtout, (^’ont abondé les travaux de cette espèce y plus l’art des experts du cadastre y était avancé, plus la pratique y avait développé ce tact admirable qui leur fait juger st vite et si bien le produit brut et le produit net d’une terre; plus cette profession a été répandue par l’introduction déjà * ancienne de cadastres territoriaux exacts dans la haute Italie, plus aussi il s’est trouvé de ces experts qui ont cru pouvoir l^ormuler 1^ inspirations de leur tact intime, réduire leur art eh science,' et qui malheureusement l’ont fait sans avoir les, connaissances, qui leur eussent été nécessaires pour y parvenir. . ^ous nous bornerons donc à décrire deux de ces tentatives faites en Allemagne, l'une par Thaër et l’autre par Kreyssig.

\ Après avoir fait l’examen et l’analyse d’un grand nombre de sols, Thaër crut pouvoir les classer et les estimer, comme on va le voirdàns le tableau suivant, La dernière colonne suppose’ que le terrain de première classe a “une valeur de 100, ctles^ autres terrains sont estimés en centièmes de oette valeur.

33è ’ • V • acéOlogié.' • < - ^ •

TESTAT. POüK APP&ËC. LA VALEÜR DES TÈRRÂISS. 333' L’esprit qui préside à «ette table est de regarder l’union de i’argile et du terreau comme donnant à une terre le prix le 'plus élevé, et le manque d'une de ces substances comme rédui* sant cette valeur. Dans les terres argilo-calcaires, chacune des unités de l’argile parait entrer dans les calculs pour environ 0,78 et le terreau. pour 3,7 ; ainsi nous avons, pour la terre . n®l,-74 X 0,78 H- 11,5 X 3,7 = 100,37-, pour la deuxième, • 8.1 X 0,78 -f- 9 X 3,7 = 96,48, ce qui ne s’éloigne pas du rapport admis par l’auteur ; mais alors la troisième devrait être do 87, 53, et l’on ne s’explique pas. trop bien la raison qui a porté Thaër à l’élever presque à l’égal, de la précédente.

' ' Dans les limons, on ne reconnaît plus de loi ; le n" 4, qui a 40 d’arÿle et 4 d’bumus, est taxé beaucoup plus haut que le n** 7

* quia 58 d’argile et également 4 d’humus; et qu’on ne dise pas que c’est le calcaire qui établit cette dilTérénce, car le n°'8, 'qui a 13 de calcaite tandjs que le n** 7 n’en a que 3, de^nd au-dessous de lui,- mais d’une si petite dilTérence, qu’elle n’est p&s expliquée par la réduction de moitié du terreau. Il semble

. évident que l’auteur a peu observé les terres calcaires. ■

' Dans les glaises, l’argile acquiert une valeur plus grande que dans les terres argilo-calcaires et dans les loams; elle varie de l.,35 à 1,30; mais l’auteur a eu tort de ne pas expliquer la cause qui fait descendre le taux de la terre n^ 1 1 qui possède une plus grande quantité d’argile que les précédentes.

. , Le même avantage reste à l’argile dans les terrains siliceux ; sa valeur est de 1,50 tant que la quantité de terreau reste ta

* même, mais si elle vient à descendre, et se réduit à presque

rien, |a valeur de l’argile n’est plus que de l ,0. ' . ,

Ainsi, en résumé, Thaër estime avant toutes choses les

terres argileuses riches en terreau, ensuite les limons riches en

* ■ * * argile ; enlin, les glaises et les silices n’ont de prix à ses yeux,

qu’en raison de l’argile qu’elles contiennent. Cette préférence

pour les terresargilcuses, ce second rang assigné aux terres cal-

334 ' ■ AGUOLOGIE.' ■ ■ .

carifcres parlesagronomes du Nord, tient sans doute à des effets de climat ; la nitrification s'y fait moins bien, la chaux n'y a pas cette propriété fécondante qui la fait estimer dans le midi', les cultures industrielles moi ns fréquentes n'y font pas apprécier les avantagesd’uneprompte décomposition du fumier. Bilrgeraraijon de refuser saconFianceau système d'appréciation deThaër *,

• mtème basé sur des analyses imparfaites, où l’on s’est bort>é à.

séparer la prétendue argile de la silice par la lévigation. Nous avons déjé fait voir que l’argifc était loin de pouvoir être obtenue par ce procédé^ que ce n'était pas d'ailleurs une substance identique à elle-mëmcy que sa composition variait infininient, et que, selon ces variations, elle donnait aux terrains des proîpriétés différentes. Bürger cite deux terres dont la tetiacité était en raison inverse de l'argile qu’elles contenaient, et dont . .celle qui en avait le moins se rapprochait par conséquent davantage des terres à froment de Thacr. Ilfais do quelle argile s'ngissait-il? Était-ce seulement le résidu de la lévigation, le troisième lot? Mais qui assure qu'il n'était pas composé prèsque entièrement de fine silice, dans la terre la moins tenace? . •C'était par la rccbcrchc seule de l'alumine qu'on pouvait prononcer avec certitude sur l'état de ces terrains. Nous pensons donc qil’on ne peut avoir qu'une confiance conditionnelle au« évaluations de Thaër en ce que d'abord elles sont faites pour le climat de l'Allemagne et pour le genre de culture usité dans «CS terresj dont la principale base était les céréales, et ensuite, •à cause dé l'incertitude attachée à son mode d’analyse. -< ■.

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