A0S0L06IB
élevé par l’efi'et de la concurrence des cultures industrielles qui occupent beaucoup de bras et renchérissent le prix du travail ; le nombre des charrettes et chariots se trouve augmenté, afîn que le fermier profite de la saison de l’hiver pour taire des charrois sur la route, menant ainsi de front deux genres d’industrie; mais la quantité de bétail de rente se trouve réduite. Ayant sous les yeux l’inventaire d’un fermier de 40 hectares^
de terre, je trouve que son cheptel est ainsi qu’il suit :
Sept mules.
Cent soixante brebis
Basse-cour. . .
Cliarrettes ou instruments divers. . . .
1,806 fr.
ou, par hectare, 150 fr.
Son capital se trouve réparti ainsi qu’il suit :
Travaux et semences .
Cheptel, 159 fr., dont le douzième . .
80 fr. • c.
D. — ferme «n pdluragee.
Ici il n’y a pas un chilTre fixe de capital ; il dépend beaucoup de la nature et de la richesse des pâturages, qui permet- * tentd’y nourrir un nombre plus ou moins grand de bestiaux.
Le genre de ces bestiaux décide aussi des soins qu’ils doivent . • recevoir, et qui varient beaucoup selon les pays. Ainsi, en Suisse, on trouve un vacher pour dix à douze vaches, tandis qu’en Auvergne, où l’on ne s’en occupe guère que pour les traire, un homme peut en smgner un plus grand nombre. Ce genre de calcul ne sera jamais embarrassant pour le propriétaire, parce que rien n’est plus invariable et mieux connu que ce qui se passe à cet égard dans chaque pays ; mais ce n’est plus par hectare, c’est par tète d’animal qu’il faut faire ici le compte des travaux. . - ,
TENTAT. POÜÏl APFBÉC. LA VALEUR DES TERRAINS. 357 M. de Fellenberg les estime comme il suit, par vache :
Travanx, soins du vacher, travail du
fromager 37f. 50|.
Fauchage, fanage et charroi de 50 | 72fr. 60c.
quintaux métriques de foii\ à 35 fr. . . 35 > )
Cheptel, 240 fr., dont le douzième 20 •
C’est le maximum des soins que l’on puisse donner à cet animal, et le plus haut prix moyen qu’il puisse avoir * ; si l’on se figure que le produit brut d’une vache d’Auvergne n’est pas de plus de 7S fr. *, on jugera quelle peut être la part de travail qui lui est consacrée.
. Le capital affecté aux moutons varie de la même manière, depuis le misérable troupeau qui vit des herbes de la jachère, jusqu’au mérinos traité avec opülence dans l’étable. H serait trop long d’insister ici sur toutes ces variations, et probable^ ment nous n’indiquerions que très insuffisamment les différentes situations agricoles, en y consacrant un grand nombre de pages. Nous ne pouvons donc que renvoyer aux ouvrages, • qui en traitent spécialement, et principalement à ceux qui se ront occupés de la partie économique de cette éducation 3.
E. — Contéqutneet.
Dans les paragraphes’ qui précèdent, nous avons tâché d’in- , diquer des termes-limites des frais de travail de chaque genre d’exploitation; nous les avons indiqués en argent, et nous sentons ici qu'en adoptant cette mesure commune, nous n^’avons peut-être montré que d’une manière imparfaite la quantité absolue de travail exigée par chacune d’elles ; nous n’avons
(1) Rapport de M. Crud, p. 81.
(2) Yvart, Excursions agronomiques en Auvergne , p. 78.
(3) Voir les Mémoires sur V éducation des mérinos, comparée à celte dès autres bêles à laine, par M. de Gasparin.
Ar.ROLOGIB.
pas cru cependant devoir prendre une autre marche, et nous pensons nous être plus rapproché de la vérité qu'en choisissant tout aptre procédé.
En effet, supposons que nous eussions adopté, pour mesure commune, des journées de travail, croit-on donc que celte,, expression soit.todjours un terme identique? Voudrait-on, par exemple, mettre en comparaison la valeur du travail d'un ‘Français et celle d'un Indien? Nous aurions donc pris un terme de comparaison très inexact, et jusqu’à^ ce que l'on ait estimé au juste la force déployée par les ouvriers de chaque pays, on doit éviter de s'en servir. Nous n’en sommes qu'aux plus simples éléments de cette connaissance, et ce que nous en savons tendrait à nous faire présumer que la quantité absolue de foret* déployée par les ouvriers est en raison de la valeur réelle de leur subsistance. Or, la valeur vénale mesure assez bien cette : valeur réelle dans le cas d'un commerce libre : d'où il suit qu'en partant de cette valeur vénale nous avons pris encore pour base de calcul le terme le plus prés de la vérité.
. -Mais dans l'usage que l’on pourra faire de ces données, il ne faut jamais perdre de vue que l’on trouve rarement, dans l'application, des cas eussi simples que ceux que nous’ avons pris pour modèles; que presque toujours plusieurs genres de culture se trouvent combinés ensemble, et que, pour opérer les déductions convenables, il faut d’abord faire l’analyse exacte du domaine que l’on veut juger, pour appliquer à chacune de ses parties les éléments que nous veqons de trouver..
Enfin, nous avons considéré chaque système dans un état rhoyen, et on doit éviter d’en rien conclure dé trop absolu pour ces pays, où l'agriculture n’est pratiquée qu’avec beaucoup de négligence : on pourrait quelquefois s’y tromper d’un quart et même de moitié. L’habitude de voir rectifiera, à cet égard, .comme en tant d’autres choses, les données absolues que la théorie est forcée d’admeltrç, parce qu’çllc n’est jamais darrs
TENTAT. POUR APPRÉC. LA VALEUR DES TERRAINS. 359 • les sciences d'application que la peinture d'un état moyen qui n’existe nulle part, mais autour duquel oscillent, à de plus ou moins grandes distances, toutes les situations réelles.
S II. — De l’intérêt du capital d’-exploitation.
• Toute entreprise de culture suppose l'avance d’un capital. Le simple cultivateur qui , armé de sa bêche , entreprend db mettre sa terre en valeur, doit posséder au moins sa subsistance assurée pendant le temps de ce travail, qui ne lui rapportera un produit qu’aprés un certain laps de temps. Le fermier doit avoir en avancé la somme nécessaire pour payer sa subsistance, celle de sa famille, de ses ouvriers, et les avances du fermage, jusqu’à la vente de la prochaine récolte. Cette somme serait susceptible de lui rapporter un intérêt dans tout autre emploi, et c’est avec juste raison qu’il doit ne pas en éire privé quand il l’avance sur des travaux agricoles qu’il n’entreprendrait pas s’il n’y. trouvait un avantage au moins égal à celui de tous les autres emplois qu’il pourrait faire de son capital. ^ • '
Le fermier peut prétendre à cet intérêt ou cette rente de son capital, parce qu’il ne fait en cela que ce que fait aussi le paysan qui cultive son champ, et qui préférerait oiïrir son travail pour cultiver celui des autres, s’il ne trouvait pas un avantage quelconque à user ainsi des avances qu’il a faites, et ‘ qui le mettent en état d’attendre jusqu’à la récolte suivante la . reniée de son salaire, grossi d’un certain intérêt qu’il voit en perspective.
Dans tout ce que les auteurs d’économie et d’agriculUire ont écrit sur ce sujet, même dans l’ouvrage de Tbaër, on a .confondu ici, sons le titre de rente ou d'intérêt, deux éléments extrêmement distincts. Le premier est la prime d’assurance pour le paiement du capital au terme fixé; le second est l’in-'
,360 . AGRÔLOGIE. • ' .
térét lui-mème, qui représente Seulement le dédommagement que l’on oflre au préteur pour la non-jouissance de ce capital. Dans les placements très solides, faits à court terme, et où, par conséquent, les chances de non-solvabilité sont presque nulles, la prime d’assurance peut être regardée comme très petite et même inappréciable; le taux de Pintérèt donne alprs réellement la véritable mesure de ce dédommagement. Il varie beaucoup selon les époques et les emplois plus ou moins profitables que les empninteurs peuvent faire des fonds ; mais il est toujours facile d’en connaître le taux dans chaque pajs en particulier. . .
Quant à la prime d'assurance, ce n’est autre chose, dans . notre cas, qu’une certaine somme que le fermier doit éconor miser chaque année sur les produits, pour pourvoir aux rem- . placements des pertes de son capital circulant et de cheptel, de manière à ce qu’à la fin du bail il ait la certitude de se retrouver dans la position où il était en commençant. Sa fixation dépend donc d’une juste estimation des risques que peuvent courir ces capitaux. Essayons de nous en former quelque idée.
Le capital destiné aux travaux est perdu pour le fermier quand il ne recueille pas, outre le prix de son fermage, un produit égal à ses frais. Après la récolte, la terre sé trouve dans l’état où elle était avant les cultures, et tout est à cefairc; ^il faut un nouveau capital pareil pour . préparer la terre à une • autre récolte. . ‘
Mais si, au lieu d'une simple culture annuelle de blé avec jachère, nous parlions d’une culture plus soignée , de cdle* avec fourrages, par exemple, nous verrions que les risques diminuent, parce que la culture qui a été perdue pour les grains peut profiter aux fourrages semés avec eux; s’il était question de la culture soignée des plantes de commerce, nous, trouverions que, le travail n’étant que la plus petite partie des frais et les engrais restant dans le sol, la perte n’est jamaisto-
' . TENTAT. POUR APPBÉC. LA VALEtTR DES TERRAINS. 361' ; taie : bn voit- combien les circonstances diverses mettent de. difTérence dans les risques que court le capital de culture. Les ' chances fatales se réurrissent en plus grand nombre sur la culture la plus pauvre, tandis que la plus riche en est presque à • l’abri. Nous ne pouvons donc pas attribuer une même prime d’assurance à ces.différents capitaux, quoique réunis sous une jnèroc dénomination.
Mais ce n’est pas tout encore, et en prenant pour exemple les fermiers de la culture avec jachère, on verra que, selon les climats, les chances sont très différentes. Dans tel pays, une récolte moyenne est presque Assurée ; dans tel autre, on est • fréquemment exposé à une perte totale de récolte. Ceci est alors une question de localité, et coiqme l’attention ii’a pas encore été appelée sqr cette matière importante, il n’existe aucun ' travail qui puisse l’éclaircir daps les différents pays.
- 11 n’est guère possible d’avoir des données exactes sur les*
. risques que courent les récoltes d’un pays, sans posséder des ‘ relevés de l’état annuel des récoltes depuis une longue suite ' d.’annécs ^ car on voit souvent des séries assez prolongées de .
. bonnes ou de mauvaises récoltes, et l'on ne peut se faire Une idée des chances moyennes qu’en réunissant au moins les dé- . tails des récoltes de vingt années. Quand bn peut avoir des •renseignements positifs, il faut regarder comme une perte totale des frais de culture toutes les récoltes qui ne s’élèvent pas, à quatre hectolitres de blé par hectare dans les bonnes terres,
' à trois dans les moyennes, et à deux dans les mauvaises. Cette ■quantité ne représente en général que la rente, dans l’état actuel des choses en France. C’est d’après ce procédé que nous . •avons trouvé que, dans le sud-est de la France, la perte du capital de culture avait lieu en moyenne tous les six à sept ans, et que par conséquent la prime d’assurance des fonds devait *se porter dans ce pays à' 16 p. 106 des frais pour les terres cultivées avec jachère. Je ne doute pas que dans lo.nord et
* , Digr .* . bv*Gco^Ic
AGROtOGIE.
. l’ouest, moins exposés à ces sécheresses redoutables dû snd>est, cette déduction ne doive être beaucoup moindre ; en Aile-' magne, Thaër ne l’estime qu’à 8 p. 100, puisqu’il porte à 12
• l’intérêt totel du capital circulant, auquel il réunit la prime
d’assurance. . » .
Le capital employé cn'achats d’engrais est beaucoup moins exposé que celui des cultures, soit qu’on l’emploie en cultures variées qui se succédât rapidement, et dont la seconde culture profite de l’excédant d’engrais non consommé par la première, soit qu’oii lé destine à des cultures d’une longue duréé, à la garance ou à la luzerne, qui, ayant. plusienrs années de végétation, font, dans une année favorable, des progr^ qui dédommagent des pertes.de l’année précédente; on peut dîre que l’argent employé en engrais ést- de tous les capitaux le moins compromis. ■
• Cependant on peut encore estimer les risqués qu’il péuf
* courir dans un assolement donné. Pour que le capital entier . ■ destiné aux engrais fut perdu, il faudrait supposer que, pen-
. dant la durée de l’activité de l’engrais, toutes les récoltes que l’on aurait tentées sur le sol qui l’a reçu aUraiÇnt manqué. • Cette durée est en rapport aveq la perméabilité du sol', qui 'permet aux eaux pluvialés de l’entraîner dans les jcouebes inférieures,. à mesure que ses parties deviennent solubles, et cette même disposition du sot favorise sa décomposition. Le temps nécessaire pour cet effet est très bien connu des cbltivateurs'dans chaque pays. Supposons donc qu’au bout de quatre * ans, tous les effets du fumier aient disparu, il y aurait une déperdition d’un quart environ chaque année ; mais la chance de non-réussite des deux récoltes de blé que l’on fait en quatre ans est très petite, et au plus d’un vingt-quatrièrne dans les pays qui ont un non-succès tous les six à sept ans ; ainsi, dans . les cas les plus défavorables, on ne pourrait pas aceoider une| assuraQee de plusde 4 p. lOOà cecapital.
TÎÎNTAT. P0CR APPBÉCv LA VALEUR DES TERRAINS. 363
La partie du cheptel dèstinée à acheter du bétail . de rente peut être employée de plusieurs manières, ou à l’achat de và- ^ chcs et de brehis, ou à l’achat de bœufs et moutons à l’cn- . grais. Les premières fournissent chaque année leur propre r^emplaceracnt, les seconds doivent représenter dans leur prix de vente la valeur de l’achat et celle des denrées qu'ils consomment: Dans l'un et l’autre cas, on doit imputer au capital les chances de mortalité qui menacent chaque espèce de ces ' animaux : elles varient selon les pays. Quand une contrée est affligée du mal de sang (gastro-enteritis charbonneux), on voit .périr quelquefois des troupeaux entiers eb une année, et alors on peut regarder la spéculation comme très mauvaise. Dans les situations saines, on laisse peu mourir de vaches et de brebjs dabs une ferme, pn.lcs vend et on les remplace quand elles avancent. .en âge; mais il y a une dégradation annuelle dans leur prix, que l’on peut estimer à un douzième tout au plus ; ç’est donc 8 p, 100 d’assurance à passer à ce capital ; et quant aux bêtes à l’engrais, comme on choisit des bêtes en santé,* ‘ .que leur régime est très bon, et que d’ailleurs elles passent peu de temps sur la ferme, on ne peut guère en estimer l’as- ^ranee qu’à un vingt-cinquième ou 4 p. 100.
- Quant aux bêtes de travail , les lois dq mortalité varient • ayssi selon leur âge et leur espèce; mais en général l'expé- ’fîenco nous apprend qu’il suffit de les renouveler par douzième, et que ce que l’on retire des vieux animaux couvre la perte de ceux qui meurent avant cette époque.
‘ ' On ne peut faire aucune exception pour les juments poulinières, en raison des élèves qu’elles peuvent produire, parce que l'on tire moins do travail de ces animaux pendant l’allaitement, et que cette perte compensé et au delà le hénéfic.e que l’on pourrait faire sur les poulains. Ët quant aux veaux, U est bien prouvé que le lait qu’ils ont consommé est plus que l’é- ’ .qui\àlept.de leur valeuf.à l’époque ,du sevrqgc. , • ' ^
364 ■ ACROLOGIP. ■
L’entretien des charrues rt harnais se porte de 20 à 93 fr^ , i par béte d’attelage, plus ou .moins, selon que le terrain est. , plus ou moins caillouteux. Les cailloux parsemés dans le sol • usent avec rapidité le fer des socs. La fréquence des efaarrois rend aussi le renouvellement des chariots plus onéreux; mais . si l’on ne fait que ceux qui sont nécessaires à une ferme, on peut en porter la dépense à nn huitième des frais d'établisser ment, ou à environ 15 fr. par tête d’attelage. Ainsi, en comptant en bloc huit pour cent d’assurance pour le capital de • cheptel, nous sommes évidemment au-dessus de la proportion requise ; et quand on voudra atteindre à plus d’exactitude, en distinguera dans le cheptel ces différents emplois, et l’on attribuera à chacun d’eux le taux d’assurance convenable.
■ Ce que nous venons de dire prouve à l’évidence que les dè- ' ductions à faire pour assurance du Capital sont d’autant plus
■ fortes que la culture sera plus mauvaise : en effet, dans une . bonne culture, le capital est employé principalement eii engrais, dont l’assurancç est de 4 p. 100, où en cheptel, où-élle • est de 8 p. 100; dans les terres avec jachère, il est employé en bêtes de travail, dont l’intérêt est à 8 p. 100; en instruments, où il estde 19 p. 100, et en travaux annuels, qui çoù- ' tentjusqu’à 16 p.' 100 d’assurance.
Tels sont les tristes effets de la pauvreté volontaire è laquelle • se condamnent tant de terrains susceptibles d’acquérir urfe plus grande valeur.
§ llï. — Profit du fermier. • . ■
Le profit du fermier est partout un secret, peut-être pour lui-même | car il est bien peu d’hommes de cette classe qui ‘ sachent, au moyeri d’une bonne comptabilité, se rendre ùn * compte exact des résultats de leur culture. .
Ce que quelques-uns appellent profit n’est pas autre-cbosù .
TENTAT. POUR APPRÉC. tA VALEUR DES TERR.AINS. 365
'.que le salaire deleür propre travail et de celui de leur famille; ce que d’autres enteHdent par ce nom, c’est le bénéfice des bonnes années, que l’on n’a pas balancé avec les pertes des mauvaises. Dans la plupart de nos provinces, le profit réel, celui qui reste après le paiement du formage, des travaux, et )e solde de l’intérêt du capital, est presque nul; je n’en veux pour preuve que l’état stationnaire de la plupart des familles de nos fermiers; mais dans d’autres pays, il peut être porté en ligne de compte, et c’est principalement dans ceux à grandes ' femtes,‘où la concurrence des fermiers étant moindre, il n’y a pas autant de cbalçur dans les enebères, et où les agriculteurs, recevant une éducation plus soignée, parce qu’ils sont posses^ seurs de capitaux plus forts qu’ailleurs, savent mieux calculer • leur position. ,
Npus avons eu l’occasion de faire le compte d’un fermier qiui prospérait , et son profit moyen n’était pas au delà dil dixième de son capital. Je n’oserais pas dire qu’en comprenant dans ce calcul les mauvaises années qui viennent de passer, il lui restât beaucoup des bénéfices des quinze années pré-' cëdentes; mais certainement, en tout comptant; il n’a pas doublé son capital en vingt ans.
Les exemples que l’on citerait et qui paraîtraient contraires à notre opinion ne seraient guère pris que de domaines loués depuis longues années, à un bas prix, et par des propriétaires négligents, qui' n’ont pas suivi les variations du Cpurs des fermages, et jamais, nous osons l’assurer, sur des fermes exposées à la concurrence.
Nous .^vons qu’avec de l’activité, un bon système, un long bail, un domaine très étendu, il est possible de porter le pro- ^t plus haut; mais ce n’est pas ce cas qui se présente générale ment; et ici il faut parler des réalités. Nous pensons donc que l’on SCTa, beaucoup au-‘dessus de la vérité dans les pays que BOUS connaissons, en portant les profits aux taux ci après. ‘
ses :■ • ACKOLOOIE. Î • ; ••
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*. de l'ts(>iuitartuu. • *
Pour les domaines de 100 hectares, et au-dessus. . lOp. lo,-
do 50 à 100. . 8
de 25 à 50 0 ’
de 10 à 25 5‘ ' '
de , 1 à 10 3
Ceci est une de nos inconnues, que nous ne pouvons dè- {ermiocr que par une espèce d’empirisme et de tâtonnement.
Au reste, pour ne pas s’en tenir à ce que nous avons pu ob* server dans un pays où les fermages sont assez élevés et les grandes fermes rares, il est nécessaire de répéter ces observations, et de s’informer, par exemple, de la situation ancienne et des fvrogrés de la richesse de plusieurs familles de fermiers des environs. On pourra mieux juger ainsi de leurs profits quand on connaîtra les accroissements de leur fortune' et le temps qu’ils ont mis à les réaliser, et que l’on aura retranché de ces accroissements les intérêts annuels des capitaux. Toùiés ces opérations sont délicates, et le hasard seul, ou la bonne de quelques fermiers, peut en apprendre quelquefois à cet égard plus que des .recherches pénibles et toujours qn peü douteuses. . - ■ '
Section V. — Evaluation du fermage.
. Tous les éléments nécessBi'res pour résoudre la question que nous nous étions proposée étant maintenant rassemblés, '! il nu s’agit plus que de montrer la manière de les mettre en (jeuvre, et c’est ce que nous allons faire, en émployant les différentes méthodes indiquées dans les articles qui vont
suivre.
§ I*^. — Férme à Cultures industrielles.
^’ous avons vu que, dans ce genre de ferme, la variété des produits ne nous, permet pas d’adopter. la marche d’unç éva-^
.TENTAT. POnB APPKÉC. LA VALEtR’DES TERBAOIS. 367 ■ loalioB détaillée. En eiTet, quand même nous parviendrions à ’ obtenir le total des produits bruts, il serait très difficile d’apprécier leur valeur moyenne pour les réduire à la mesure com- * mune du numéraire ; oette méthode donnerait lieu à de graves ‘ erreurs. C’est donc par le montant des impositions et par k comparaison des fermages à ceux des fermes environnantes que l’on doit opérer.
. 1” Supposons un domaibe situé près de Lille (Nord), composé de 25 hectares 50 ares de terres labourables : il paie 433 fr. 50 c. d’impositions directes, qui sont en général dans le canton le cinquième du fermage, ce qui nous donne 2, 167 fr.
. 50 G. pour prix de Ce fermage.
2° Ce domaine peut être comparé à deux autres domaines,» qui sont approximativement de la même étendue et de;la même. ■ valeur ; le second est plus rapproché, le troisième plus éloigné du marché que le premier. Celui-ci peut envoyer au marché . quatre fois dans une journée; son prix delocation est de 100 fr.
' pat hectare y compris le pot de vin, du neuvième, ce qui fait, pour 25 hect. 5, un-fermage de 2,550 fr.
Le second ne peut envoyer au marché que deux fois en un jour; les frais de transport sont donc doublés. Ou fait, dans le premier domaipe, 30 journées de charroi à deux chevaux, valant 10 fr. (ci 300 fr.); c’est donc la moitié de la valeur des transports du domaine, à . retrancher de son fermage;- et en supposant que leur nombre soit le même que dans le dor^ rpainc de comparaison, ces transports reviendront à 600 (r., (l'ont la moitié (300 fr.), déduite de 2,550 fr., nous donne. 2,250 franco pour le prix de ferme que nous pouvons de- . mander.
' Le troisième domaine de comparaison ne fait qu’un voyage par jour ; son prix de ferme est de 75 fr. l’hectare ; ce qui farit, pour Ies25hect., 50 ares, Un fermage de 1,912 fr.; mais les , frais de 'transport 'sont quadruples de ceux 'de là prcbiièrc
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