Le rapport des deux nombres a -\- bi et a' + b' i
sera le nombre x -^yi qui, multiplié par le diviseur, reproduit le dividende. On devra donc avoir
a + bl = (a'-h b' i) {x -^ yi) = a'x — b' y -^ i{b'x + a' y).
Cette équation se décompose dans les deux suivantes
d'où l'on tire
aa
bb' ba'—ab'
Le problème comporte donc une solution unique et toujours admissible, si le diviseur «'+ b' i est différent de zéro.
Il est manifeste que les règles du calcul algébrique s'étendent aux nombres complexes.
187. On dit qu'un nombre complexe variable x -\- iy tend vers une limite fixe c -\~ di^ si
\x -\- iy — (c H- di) \ z=:zy{x — cy--^ (j — d^
tend vers zéro.
Cette expression est au moins égale à \x — c\ età|j — d\. Elle ne peut donc tendre vers zéro que si x tend vers c el y vers d.
Cette condition est suffisante, car on a
\x ^ iy — c -^ dL\'^\x — c ] + I j' — d\,
et les deux termes du second membre tendent vers zéro, si x tend vers c et y vers d.
Les propriétés des modules d'une somme algébrique ou d'un produit démontrées aux n°^ 181 et 185 sont précisément les mêmes qui ont été signalées au n*' 6 dans le cas particulier des nombres réels et qui ont servi de fondement dans le § II pour l'étude des ensembles. Les propriétés trouvées dans ce paragraphe subsistent donc dans le cas où les variables x, y^ ... parcourraient non plus la suite des nombres réels, mais celle des nombres complexes.
VARfABLES COMPLEXES. 1^3
188. Soient ^,j', ... des variables indépendantes réelles, P et Q des fonctions réelles de ces variables, définies dans l'intérieur d'un domaine E et admettant des dérivées partielles continues. La fonction complexe u = P -{- ^'Q admet-
1 j, . , • 1, ^P àO dP .âO , ,
tra des dérivées partielles -r h i-^y -^ !- i-r^) • • • eoale-
ment continues, et son accroissement Aw, lorsqu'on passe du point (^, y, . . . ) au point {x + A^, y -\~ Ajr, . . . ) sera de la forme
+ (R + SO A^H-(Ri+SiO V+-- ',
R, S, R,, S,, ... tendant vers zéro avec A^, Ay, . . . (et cela uniformément dans tout ensemble E, borné et parfait intérieur à E).
Supposons les variables ^, JK, ... en nombre pair; représentons-les par œ^y; Xi, y^', ... et formons les combinaisons complexes /
z=ix-hiy, z.^ — Xi-^-iyi,
On aura
Az =z \x -^ i\r, A^i = AcTi + i^yi, . . . ,
L'expression
(R + 80 Ax + (R, + Si 0 Ar + . . .
I^ourra donc se mettre sous la forme
pA3 4- piA^i + . . . , les quantités
P = (R + SOYr +(Ri4-SiOr!-' Pi=---
tendant encore vers zéro en même temps que Ax, Aj>^, AX), Ay,, . . . (et cela uniformément dans E, ).
dx
dy-
dQ ôx
dx,
dQ
-dy.'
Si, d'autre part, nous supposons les dérivées partielles
^P dq dV dq ,., 1 1 r
-r-) -T^ 5 -T— ? T^ ? • • ■ liées par les relations dx ôx oy dy ^
les termes de la première ligne de l'expression de Az^ pourront s'écrire ainsi
~\dx âxj " \dxi âxij ^^ On aura donc finalement
(2) < \^^ àxj \oxi dxi
( H- p Xz + pi A^i -]-....
Lorsque les conditions ci-dessus seront satisfaites, nous dirons que u est dans l'intérieur de £ une fonction synectique des variables complexes z^ z^^ .... Les termes de la première ligne du développement (2) seront sa différentielle totale du.
Posons, en particulier, A^, = o, A^o = 0, ... 5 nous aurons
\z ôx dx ^'
A« , .. . dP , .^Q
01 Ag tend vers zéro, — tendra vers une limite -j h ^-r^'
^ Ag dx dx
indépendante du rapport des deux infiniment petits Lx et
Aj'. Cette limite se nomme la dérivée partielle de a par
l'apport a z et se représentera par la notation usuelle -y^*
(Si u ne dépendait que d'une seule variable complexe, on
l'appellerait simplement la dérivée de « et on la représente-
da , -.
rait par -r- ou u .)
^ dz ^
La fonction u admettra de même, par rapport aux autres
variables 3,, . . . , des dérivées partielles
du dV . dO
Toutes ces dérivées v ? -^ — ' • • * seront d'ailleurs des fonctions continues de ^, jk, ^i , JKi , • • • •
189. Réciproquement, pour que Texpression P-f-Q«, où P, Q sont des fonctions de jt, jr, ^i , jKi , ... définies dans
l'ensemble E, admette des dérivées partielles continues -r— ?
^ âz
-y—? • • • indépendantes, la première du rapport de Ix à A/,
la seconde du rapport de A^, à Ajv', , etc., il faudra que P et
^ j , j , . , . 11 . âP ôQ ÔV
(J admettent des dérivées partielles continues -^— j -r-^? -r— ?
^ oj^ ox Oy
ÔQ
, ' ' • liées par les relations (i).
En effet, changeant x en x -h A^, sans altérer jk, ^i, jKi , ..-, on aura
^u \u AP-i-fAQ Az Ax A^
Pour que cette expression tende vers une limite fixe -r—' ^ ^ âz
•I r AP AO , 11-.
Il laut que — ? — ^ tendent vers des limites.
*■ \x Ax
Donc P et Q doivent admettre des dérivées partielles
<)P dQ ,,
-T— ? -T-^? et 1 on aura ox Ox
du dP .ôQ
oz ox ox
I Changeons de même y au y -\~ \y, sans altérer les autre:
i;^ PIIEJIIÈRE PARTIE. — CHAPITRE H.
variables. On aura
Aw Lu AP-f-i aQ aQ — i aP
A^ i \y i Ay Ly
Pour que cette expression tende vers la limite -y- ? lorsque
1 , -I r AQ AP , ^ ^' ■
Av tend vers zéro, il laiit que — ^ ? — tendent vers des limites ^ ^ Aj A/
-— } ^— , et 1 on aura dy ây
du dO . ÔP — ^ i
dz ây ây dz
1^ • 1 du .. • 1 1 , ,
Pour que cette expression de y- coïncide avec la précé-
dente, il faut qu'on ait
^P ^ ÔV dQ ^
dx dy dy dx
1^ p du . . ., p
hntjn, pour que — soit continue, il laut que sa partie
, ,, . . \ . , . ^^ àV dq dP dQ
réelle et sa partie imasrinaire le soient. Donc -^—f -~y -r— ? ^r—
^ ^ dx dx dy dy
doivent être continues.
On obtient des résultats analogues pour les autres déri-
. „ ^P dQ
vees partielles -. — ? • • • j ;r^ j • • • • ^ dxi dyx
190. Remarques. — i" Si l'on veut que P H- Q^ soit une fonction svnectique de 3, ;:i • . . , aucune des deux fonctions 1^ et Q ne pourra être choisie arbitrairement; car les deux ])remières équations (i), dérivées respectivement par rapport à ^ et^^ et ajoutées ensemble, donnent
dn' dn' dx^ dy-
Dérivées par rapport k y et ^, puis retranchées, elles
donnent
dx'^ dy^ '~ On trouvera de même
âxl "^ âfi " ^' dxl ^ dfi~^'
2" Si l'on admet (ce qui a toujours lieu, comme on le verra plus loin) que les dérivées secondes ^— ^? -^ — -s—? •• •
1 ,,. , . , T- àii du existent et sont continues dans i intérieur de Ji, -;--} -^ — > • • •
seront encore des fonctions synectiques de ^, ^,, .... En effet,
du âP .dQ â:^ dx dx
par exemple, admet des dérivées partielles continues
^ dit â^ . d'^Q dx dz dx'^ dx^
dy dz dx dy dx dy
d du d'^P . d^Q
dxi dz dx dxi dx dxi
Il reste à montrer que ces dérivées partielles satisfont aux relations
dx-' "~ dxdy'
dx dy
dx^' '
rpp d^q
dx\ dxy dyi
dx^ dy, ~
dx\'
Or celles-ci s'obtiennent immédiatement en dérivant les
^ équations (i) par rapport à ^, ^, , ....
H )o c- ' . d^u d'^u II,.,
.>" Ï51 nous représentons par --—5 -, — r— , • • les dérivées ^ ^ dz' dzdzi
1 àu de -r— > par rapport a ^, ^i , . . . , on aura
dz dzi dœ dx^ dx dx^
dx^dx dxidx dzdz^ 4*^ Si nous supposons u indépendant de 3, on aura ^— = o, si ;^ = ;î, — = I. Si donc, dans l'équation
du du
— As + xdz dzi
y fj lit U t«-
au = 3— A3 4- -3^ A^i -t- . . . ,
qui définit du, nous posons u = ^, il viendra dz = A:?. De même dz-i = Az,, . . ., et, par suite,
, du j du j du = -^r— dz -4- -T — dz. -h . . . . dz dzi
5"^ Les théorèmes du n° 75 et la règle plus générale du n° 88 pour la dérivation des fonctions composées s'appliquent sans changement aux fonctions sjnectiques de variables complexes.
491. Théorème. — • Soit F(z, Zt, . . .) une fonction synectique de
z — x-^iy, z^--œ^-^-iy^, ... définie aux environs du point
et s^ annulant en ce point sans que sa dérivée partielle -^
uz
s'y annule.
On pourra déterminer une fonction synectique de ^,, . . ., définie aux environs du point (Ç,, . . .), prenant en ce point la valeur t, et qui, substituée dans V équation
F(:3, ^1, . . .) rr: o, la rende identiquement satisfaite. Cette
fonction sera unique et admettra aux environs du point (Ç,, . , ,) les dérivées partielles
dz
Soit, en effet
P et Q étant des fonctions de x, y^ ^\i y\ On a, par définition,
Le jacobien
dx ~^ dy^ df '" dx ' dx^ " dfi ' c//i " ^^i
dx ây
dx ây
de P et Q par rapport k x^ y se réduira, en vertu de ces équations, à
\dxj \dx
ce qui est le carré du modale de la dérivée
ÔF âP . ^Q
oz dx dx
Celle-ci ne s'annulant pas au point initial (Ç, '/i, ^, , Yj, , » , .) J ne s'y annulera pas. On pourra donc déterminer, et cela d'une seule manière, aux environs du point (^, , y), , . . .) deux fonctions réelles x^ y des variables indépendantes .r i , j>'j , . . . , satisfaisant identiquement aux équations P ^- o, Q = o (ou, ce qui revient au même, à l'équation F = o) et se réduisant
j8o première partie. — CHAPITRE II.
respectivement à ^, ri au point (E,, r^ , . . .). Les différentielles totales de ces fonctions seront données par les équations
dx dy ^ docy àfi '^
dQ , ÔQ , ÔQ . dQ ^
■~ dx 4- — ^ dy -\- — ^ dx. + -r-^ dy. + . . . = o dx dy "^ àx^ d/i -^
ou, en vertu des équations (i),
^dx-^dy-^^^dx,-—dy,-^... = o,
UX (JX U'^\ (/«^i
Ajoutons ces équations, après avoir multiplié la seconde par i\ il viendra
dx dx
{dx + idy)
(dV .dQ\., ., ,
ou
(73 dz^
Cette relation montre que la quantité complexe :; est bien une fonction sjnectique de i:?!, ... et a pour dérivées partielles les expressions (3). Elle satisfait d'ailleurs à l'équation F = o et se réduit à ^ 4- ir^ au point (Ç,, . . .).
Le théorème que nous venons d'établir est entièrement semblable à celui démontré (91) pour les fonctions de variables réelles. Les conséquences déduites de ce dernier (92 à 9o) subsistent évidemment aussi pour les fonctions synecliques de variables complexes.
'J92. Les conditions qui expriment que i/^P-j-Q^ est une fonction de ^ = ^ + ijr sont susceptibles d'une interprétation géométrique remarquable.
VARIABLES COMPLEXES. j8i
Marquons en effet, sur Je plan, le point qui a pour affîxe u =/(z). A chaque point z correspond un point u^ à chaque ligne décrite par z, une ligne décrite par u.
Considérons trois points z^ z -}- A^, z -f- Ai z formant un triangle infiniment petit, dont les côtés auront respectivement pour longueurs ] A^ |, | A, z |, | ài ^ — As |.
Les points correspondants u, u + A«, u + A, u formeront un autre triangle, dont les côtés auront pour longueurs
\ ^^U - Ml\=:\[f'{z -h ^Z) -h p]{^,Z - 1Z)\,
i\, Ri , p tendant vers zéro avec A^, A, z.
Les rapports des côtés correspondants sont donc respectivement |/(5)-f.R|, |/(^)-+-R, I, l//(^-|-A5) + ?| et tendent vers la limite commune /'(^) lorsque As et A,^ tendent vers zéro. Les deux triangles tendent donc à devenir semblables.
Ce raisonnement serait toutefois en défaut pour les valeurs de z qui annuleraient /'(z).
IL — Intégrales des fonctions synectiques.