DE M. €H. STURM
de Genève et physicien distingué. De i8a5 à 1829, les deux amis vëcurent ensemble, mettant en commun leurs travaux, leurs espérances, leurs joies et leurs peines. Lé II juin 18^7, une haute distinction venait récompenser leurs efforts : ils remportaient le grand prix de Mathématiques proposé par l'Académie pour le meilleur Mémoire sur la compression des liquides.
M. Sturm était venu à Paris avec une lettre de recommandation de M. Lhuilier pour M. Gerono» L eminent professeur accueillit le jeune mathématicien avec une cordialité dont celui-ci lui a toujours gardé une profonde reconnaissance, et lui procura des relations utiles^ MM. Ârago , Ampère et Fourier suivaient avec intérêt les travaux de M. Sturm et de son ami. Je n^ai pas besoin de dire que les jeunes savants étaient obligés d'abandonner parfois la haute théorie pour des occupations moins relevées, mais plus lucratives. M. Arago, dont la prévoyante amitié embrassait tous les détails, ne laissait échapper aucune occasion de leur envoyer des élèves.
A cette époque , M, Fourier réunissait autour de lui quelques jeunes géomètres , dont la réputati(m commençait à se faire jour et qui ont tenu depuis ce qu'ils promettaient alors. L'illustre savant les initiait à ses travaux de prédilection et les entraînait dans la route où il avait fait de si importantes découvertes. M. Sturm subit l'heureuse influence de ce maître vénéré, dont il ne parlait jamais qu'avec émotion. H dirigea ses recherches ▼ers la théorie de la chaleur et l'analyse algébrique. C'est en étudiant les propriétés de certaines équations difïerentiellesquise présentent dans un grand nombre de questions de physique mathématique, qu'il trouva son fameux théorème. Cette découverte, publiée en 1829, fit sensation et plaça son auteur au rang des premhers géomètres.
M. Sturm accueillit avec joie la révolution de Juillet dans laquelle il crut voir l'avènement définitif d'une sage liberté. Cette révolution lui fut du moins favorable en