XVI NOTICE
Siurm quitta le collège en 1818 pour suivre les cours plus savants de l'Académie de Genève. Il y eut pour professeurs MM. J.-J. Schaub, le colonel (depuis général) Dufour et Simon Lhuilîer. Ce dernier, géomètre éminent, avait pour son élève une vive affection et se plaisait à lui prédire un brillant avenir. Il eut le bonheur de vivre assez longtemps pour voir ses prédictions se réaliser.
En 1819, un grand malheur vint frapper Sturm et le mettre aux prises avec les nécessités de la vie. Sun père mourut dans la force de Tâge, ne laissant aucune fortune à sa veuve et à quatre enfants, dont Charles était Tainé. Pour venir au secours de sa mère, qu'il aimait tendrement, Sturm, quoique bien jeune, se livra à l'enseignement et commença par donner des leçons particulières. En 1823, il entra comme précepteur dans la famille de Broglie, où il fut chargé de l'éducation du frère de madame de Broglie, fils de la célèbre madame de Staël. Il demeura quinze mois dans cette respectable famille, dont il eut beaucoup à se louer.
Sturm accompagna son élève à Paris, vers la fin de 1823. Eu route, il lia connaissance avec un bibliothécaire de Dijon qui conduisait son fils à l'Ecole Polytechnique. Ces messieurs étaient des lecteurs assidus du Journal de Gergonne, où Sturm avait déjà inséré quelques bons articles. Quand ils apprirent le nom de leur compagnon de voyage, ils lui firent beaucoup de compliments et de politesses. A vingt ans, de pareilles rencontres, premières joies d'une célébrité naissante, ont un charme tout particulier qui les fait compter parmi les plus grands bonheurs de la vie..
Sturm aimait à se rappeler cette époque. Il était alors pauvre et presque inconnu. Mais il avait la conscience de sa force, et son existence modeste était embellie par Tespérance, ce bien souvent préférable au but le plus ardemment poursuivi. « Je suis actuellement, écrivait-il à sa mère, en relation avec des hommes très-savants et