II. — POINTS SINGULIERS. — MAXIMA ET MINIMA. l3l
En langage géométrique, les conditions précédentes signifient que la tangente à la courbe y=/(x) au point A d*abscisse c est parallèle à Oor, et, en outre, que le point A n'est pas un point
d'inflexion.
Remarques. — Lorsque les conditions dans lesquelles nous nous sommes placés ne sont pas réalisées, une fonction /(a:) peut être maximum ou minimum sans que la dérivée /'(a:) s'annule. Par exemple, si la dérivée est inCnie pour x = c, il suffit que celle dérivée change de signe pour que la fonction présente un -
maximum ou un minimum; ainsi la fonction^ = a:^est minimum
pourx = o, et la courbe correspondante présente un rebrousse-
mentà l'origine, avec l'axe des^ pour tangente.
Lorsque, d'après la nature de la question, la variable a: ne peut
prendre que les valeurs comprises entre deux limites a et 6, il
peut se faire que ces valeurs limites donnent les maxima ou les
minima absolus de la fonction /(^), sans que la dérivée /'(or)
soit nulle. Supposons, pour prendre un exemple, que l'on cherche
la plus courte distance d'un point fixe P de coordonnées (a, o)
au cercle C qui a pour équation x^-i-y^ — R2=o. En prenant
pour variable indépendante l'abscisse^ d'un point M du cercle C,
on a
d- - PM =(x — ay-hy^ — x^-^y^— 'zax -+- aS
ou, en tenant compte de l'équation du cercle,
d^= R* -T- a* — lax.
L'application de la règle générale conduirait à chercher les racines de l'équation dérivée 2a = o, ce qui est absurde. Mais on s'explique cette contradiction apparente en observant que, d'après la nature de la question, la variable x ne peut varier qu'entre — R et -fR. Si a est positif, d^ est minimum pour a: = R, et maximum pour a: = — R.
56. Fonctions de deux variables. — Soit z ^=/(xj y) une fonction continue des deux variables x^ y^ lorsque le point M de coordonnées {Xj y) reste à l'intérieur d'une aire û, limitée par un contour C. On dit que cette fonction /(.r, y) est maximum ou
l32 CHAPITRE III. — FORMULE DE TATLOR, ETC.
minimum pour un point (xq, jKo) ^e Taire û lorsque l'on peut trouver un nombre positif yj tel que la différence
conser^^ un signe constant, pour tous les systèmes de valeurs des accroissements h et A*, moindres que tj en valeur absolue. Si Ton considère pour un moment y comme constant et égal à y^^ z devient une fonction de la seule variable x et, d'après le cas que nous venons d'étudier, la différence
ne peut conserver un signe constant pour les petites valeurs de h
que si la dérivée ^- est nulle pour x = Xqj y z^y^] on démontre
de la même façon que ces valeurs doivent aussi annuler^» de
sorte que les systèmes qui rendent la fonction /(:r,^) maximum ou minimum doivent être cherchés parmi les solutions des deux équations simultanées
àf àf
àx ày
Soit X = Xi^^y =jKo iinc solution de ces deux équations. Nous supposerons que les dérivées partielles du second ordre dey(a:, y^ sont continues dans le voisinage des valeurs x^^ y^ et ne sont pas toutes nulles pour ^ = :ro, j^=yo) et que les dérivées du troisième ordre existent. La formule de Taylor nous donne
= A^o -^ h, yo -4- A) — /(a7o, 70)
àx àyjy^^u
pour les valeurs de h et de k^ voisines de zéro, c'est évidemment
le trinôme
A- ^"^ ! zhk ^"^ ; k^ ^"-f dxl âxo âyo ày^
qui donne son signe au second membre, et l'on prévoit d'avance que la discussion du signe de ce trinôme va jouer un rôle prépondérant.