‹ Cours d'anatomie médicale, ou, Élémens de l'anatomie de l'homme [electronic resource]Chapitre 19 sur 37 · B E LA K E V R O L O G I E · texte numérisé non relu

B E LA K E V R O L O G I E

le diaphragme, entre les piliers de ce grand, muscle et le grand psoas , et se place à côté des corps des yertèbres lombaires, sur les racines de leurs apophyses transverses.

Le grand sympathique grossit peu à peu, en recevant les branches des nerfs lombaires , qui en paroissent comme autant de racines. On aperçoit dans cette réunion , des ganglions qui sont diliérens , à quelques égards, de' ceux de la poitrine qui leur correspondent, et dont nous avons parlé.

Ceux-ci manquent quelquefois , et d'autres fois au lieu d'un ganglion il y en a deux , qui sont si rapprochés , qu'ils sont presque contigus.

Le premier ganglion nous a constamment paru le plus considéra h?le 5 il est placé entre la première et la seconde vertèbre lombaire , à la réunion de la première et de la seconde paire lombaire : le grand sympathique devieut ensuite plus grêle, en recevant cependant dans son trajet des filets des nerfs lombaires. Il en résulte d'autres ganglions jusque sur la quatrième et sur la cinquième vertèbre lombaire, où ils sont si petits , qu'on a de la peine à les apercevoir : ordinairement ils sont très-allongés, comme un grain d'orge ; ce qui les a fait surnommer par quelques anatomistes, ganglions hordéifornies. Ces ganglions nous ont paru manquer dans quelques sujets ; il y a aussi des ganglions dans le bassin, ordinairement trois de chaque côté.

Le premier ganglion du bassin est ordinairement très- apparent ; il est bien plus gros que les deux derniers ganglions lombaires j il est formé ])ar les quatrième et cinquième paires des nerfs lombaires et la première paire des nerfs sacrés j il fournit un rameau au nerf grand sympathique. Le second ganglion sacré est formé par la réunion des nerfs de la seconde avec la première et avec la troisième paire sacrée

réunies; il fournit un rameau au grand sympathique. Ce £!,anglion est bien plus petit que le précédent.' Le troisième ganglion, formé par les nerfs sacrés suivans, est à peine visible, et bien souvent on ne peut le distinguer ; il y a aussi un lilet nerveux qui , de ce ganglion , fjuaxsd il existe , ou des nerfs sacrés inférieurs, s'il niancjue, communique avec le grand sympallii(}ue.

Les ganglions lombaires lournissent divers rameaux aux plexus rénaux, inésentérique supérieur et infé-, rieur. Les s;an salions sacrés en fournissent au plexus nypogastrique dont nous avons deja parle ; iJs en donnent encore d'autres qui se réunissent anx nerfs lombaires et aux nerfs sacrés, et presque toujours c'est au nerf spinal le plus proche qu'il se réunit. Nous avons souvent vu des rameaux des ganglions, ou des nerfs sacrés^ piasser sur uti ou deux nerfs lombaires sans s'y réunir, pour se rendre au grand sympathique^ et comme les branches nous ont presque toujours paru plus grosses vers les ganglions et vers les nerfs lombaires ou sacrés, que vers le grand sympatliique, ne peut-on pas croire que ce nerf les reçoit ])lutôt qu'il ne les fournit?

Extra rnité ijiférieure du nejf grand sympathique. Le grand sympatliique diminue considérablement de grosseur vers la troisième vertèbre lombaire, dans l'endroit où il se trouve, entre, le muscle psoas et l'ap-

Ï>endice tendineuse du diaphragme, de manière que e rameau qu'il a fourni au nerf lombaire correspondant est souvent plus gros que la suite de son tronc. Parvenu sur les parties latérales des quatrième et cinquième vertèbres lombaires , il se trouve placé*sous les vaisseaux iliaques : là, il se divise en deux rameaux, dont l'un est externe et l'autre est interne, li'externe est plus gros et communique avec la dernière paire lombaire; l'interne, qui, par sa

DB LA NÉVROLOGIE. 3^9

direction, paroît la continuation du tronc, fournie une branche au plexus raésentërique inférieur, que j'ai cependant vue provenir du f|uatrième ganglion lombaire.

Le tronc du grand sympathique devient d'autant plus grêle, qu'il est inférieur j il est placé sur la face antérieure et le long des trous de l'os sacrum, sur le muscle pyriForme, au-dessous du plexus hypogastrique, en communiquant avec les nerfs sacrés par des filets grêles et courts : il y a quelquefois, aii point de leur réunion, des gonflemens gangliformes. Nous n'avons jamais vu ce nerf se prolonger ni même communiquer avec la dernière paire sacrée : mais on peut voir de petits filets que le grand sympathique fournit, par sa partie inférieure, à l'intestin rectum et à la vessie (i). Nous en avons suivi quelques-uns assez loin dans les tuniques de ces organes raembrano-musculeux, notamment un iiletdu grand sympathique qui parvient au col de la vessie, et qui se prolonge sur le bulbe de l'urètre (2.).

Dans la plupart des sujets que j'ai disséqués, ou qui ont été disséqués sous mes yeux, le nerf grand sympathique, parvenu vers l'extrémité inférieure de l'os sacrum , étoit si grêle, qu'on ne pouvolt l'apercevoir au-delà j il finissoit inférieurement entre l'os coccyx et fos sacrum.

(0 On ne doit pas être surpi-is, quand on connoît les communications des nerfs sacrds avec les nerfs grands sympathiques, que les maladies de la matrice, de la vessie, du rectum, organes qui en reçoivent dos rameaux^ soient si souvent suivies de douleurs, de convulsions, de la paralysie des extrémités inférieures , ou de quelques-unes de leurs parties.

(3) C'est sans doute par ces filets nerveux que les pierres dans la vessie excitent au bout du gland des douleurs plus ou moins vives, courtes ou prolongées.

35o A N A T O M 1 E MÉDICAL E,

Je l'ai cependant vu s'incliner en dedans et se réunir avec le nerf grand sympathique collatéral, et former ainsi une espèce d'anse d'où partoient (|uelques filets à peine visibles, qui se perdoient dans le plexus hypogastrique et dans les muscles releveurs de l'intestin rectum et du clitoris (i).

On voit, par la description que nous venons de donner des nerfs grands sympathiques, qu'ils sont comme la réunion de tous les autres nerfs par les communications qu'ils ont avec les nerfs spinaux , et avec quelques-uns du cerveau.

(t) N'est-ce pas par ces communications nombreuses que provient le consensus général de toutes les parties du corps?

Fin de la Névrologie.

DE LA S P L A N C H N O L O G I E. 35l

SPLANCHNOLOGIE.

On comprend clans la splanclmolo^ie, les parties renfermées dans le crâne , la poitrine et le basventre, cavités que les anciens connoissoient sous le nom de ventre supérieur , moyen, et iiiféj^ieur. La dernière de ces trois cavités a conservé son nom de bas-ventre ou d'abdomen.

On donne le nom de viscère aux parties qu'elles renferment, et qui sont destinées à remplir de grandes fonctions : tels sont le cerveau^ les poumons, le cœur, l'estomac, les intestins, etc.

Quelquefois cependant ces viscères sont aussi appelés organes ; mais on connoît plus généralement sous cette dénomination les organes des sens , de la vue, de l'ouie, de l'odorat , du goût, du toucher, auxquels on réunit aussi les organes de la mastication , de la déglutition , de la voix et de la géné' ration.

La réunion des viscères et des organes forme ordinairement , en anatomie , le Traité de splanchnologie : cependant nous avons cru devoir déro^^er à cet ordre reçu , pour faire précéder la description du cerveau et de la moelle épinière, à celle des nerfs , parce que ceux-ci en émanent ^ celle du cœur à celle des vaisseaux qui en proviennent, ou auquel ils se rendent.

On distingue dans les viscères et dans les or^-anes leur conformation externe , leur structure e^ leurusage.

On comprend clans leur conformation externe ^ leur nom, leur nombre, leur situation^ leur volume, leur., ligure.^

Noms. La nomenclature des organes et des viscères ^i est moins compliquée , jusqu'ici , que celle des autres parties.

Quelques-uns d'eux ont tiré leur nom de leur grandeur, comme l'intestin duodénum; de leur figure,, comme les amigdales ; de leur direction , comme l'intestin rectum; de leurs usages, tels que les glandes salivaires , lacrymales , le canal cholédoque, les canaux déférens , la vésicule biliaire^ la vessie urinaire, , les vésicules séminales, etc.

Il en est aussi qui ont tiré leur nom des auteurs qui en ont parlé les premiers , ou du moins à qui on en a attribué la découverte : tels sont la trompe à'Eustachi. , la trompe de Fallope , le canal de Stenon , de JTarthon , etc. ■

Le nombre des organes et des viscères est moins i considérable que celui des os, des muscles^ desi vaisseaux et des nerfs ; plusieurs sont uniques , . comme le cerveau , le nez, la langue , le cœur , le foie, . la rate , l'estomac, le canal intestinal^ le pancréas, . la vessie , la matrice.

Cependant il n'est pas inutile d'observer que plu-| sieurs des viscères, qu'on croit uniques , paroissent composés de deux moitiés si égales , qu'on pourroit presque les regarder comme doubles : tels sont le cerveau, le cervelet, la moelle allongée^ la moelle épinière , la langue, le cœur, la matrice, ainsi que l'organe de l'odorat, qu'on peut considérer comme formé de deux moitiés égales , séparées par une cloison osseuse et cartilagineuse.

Ï3'antres sont doubles , comme les organes de la vue, del'ouie, les deux sacs de la plèvre, ou plutôt les deux plèvres , les pouznons , les reins , les vési- • cides séminales , les testicules , les oyairgs , les trompes.

DE LA SPI-ANCÏIÏîOLOGIE. 353

On a cru plusieurs fois que le nombre des organes et des viscères excédoit l'état naturel, parce que les parties qui dévoient être unies étoient séparées ; c'est ce qui a fait souvent croire qu'il y avoit plusieurs reins d'un côté, plusieurs rates , deux matrices , deux langues : d'autres fois on a cru que certains organes étoient moins nombreux que dans l'état naturel, parce qu'il y avoit une réunion entre eux.

La situation des viscères est absolue dans telle oii telle région du corps , ou relative à telles ou telles parties voisines. Or, cette situation peut varier^ ou par maladie , comme quand leur volume augmente ou diminue , ou quand ils sont repoussés par quelque tumeur j ou entraînés par quelque déplacement, comme dans les hernies. Ils peuvent aussi occuper line place différente par vice d'origine : ainsi on a trouvé les viscères qui dévoient être situés à la partie droite du corps, transposés à gauche, et d'autres fois on les voit placés ou plus haut ou plus bas qu'ils ne le sont naturellement.

Les viscères du bas -ventre sont ceux dont la situation est le plus variable. Le cœur a aussi été trouvé hors de sa place naturelle : on ne parle pas ici de quelques changemens de position que les diverses situations du corps peuvent occasionner , comme cela arrive à l'égard de la plupart des viscères du bas-ventre , qui descendent dans un homme qui est debout , ou qui se portent à droite ou à gauche , seloit que le corps se tourne de l'un ou de l'autre côté.

Les poumons nesont pasdansîamême situation pendant l'inspiration et pendant l'expiration. La situation, du cœur ni celle des artères n'est pas absolument la même, quand le sang les dilate ou pendant leur contraction.

Les viscères peuvent aussi éprouver un changement de position, par l'accroissement excessif de 4- 23

quelque viscère voisin , par le dérangement ou par la mauvaise coufonnation de la charpente osseuse.

Le volume et la. figure des organes et des viscères peuvent éprouver de grands changemens^ soit y^ar excès ^ soit par défaut de volume. En effet, la plupart doivent acquérir un surcroît d'accroissement après la naissance, et presque graduellement, d'autres seulement à l'âge de puberté, comme les diverses parties des organes de la génération. Certains organes se développent rapidement après la naissance, comme les poumons , les reins , les dents : mais tandis que les uns prennent un accroissement proportionnel , plus ou moins rapide , il en est qui perdent de leur volume, ou même qui s'eifacent et disparoissent complètement, comme le thymus, les corps surrénaux. ,

Par état de maladie encore , les viscères peuvent ; acquérir plus de volume qu'ils ne doivent en avoir, i tantôt par excès de nutrition, tantôt par des engorgemens ou obstructions de diverse nature : d'autres lois le volume des viscères diminue aussi par défaut de nourriture ou par rapport à la mauvaise qualité ; de la matière nourricière , altérée par quelque hu-r j raeur acrimonieuse , ou par vice des nerfs et du cer- , veau, etc. Tous ces objets doivent également fixer , l'attention du physiologiste comme celle du pathor ' logis te.

La structure des organes et des viscères est telle^ qu'ils sont formés, pour la majeure partie, par dif 1 tissu cellulaire, des ligamens , des cartilages, deç . vaisseaux sanguins, lymphatiques , des membranes et f des nerfs. Quelques-uns d'entre eux ont leurs glandes , leurs canaux excréteurs j plusieurs sont aussi .

Ï>ourvus de fibres musculaires. Or , ces parties doni es viscères sont composés , sont diversifiées par leur • quantité absolue ou relative, par leur entrelacement, k leÙT situation , leur direction, et tellement, que toutes i paroissent avoir une structure qui leur est propre. .

Dt: LA Sri-ANCHNOLOGIE. 355

Leur volume, leur forme , leur couleur^ leur densité, sont difï'érentes. La substance corticale du cerveau est un peu rouge , la médullaire est blanche , les reins et le l'oie sont rougeâtres , le pancréas les glandes parotides sont d'un rouge moins foncé , et la rate d'un rouge tirant sur le noir.

La substance du cerveau , sur-tout la corticale est molle , celle du poumon souple ^ mais celle des reins est ferme et plus compacte que celle du l'oie, et celle - ci bien plus que celle de la rate : à cet égard, il y a naturellement beaucoup de différences qui existent dans tous les temps de la vie et d'autres qui sont relatives à l'âge. Ainsi la substance du cerveau est très-molle''dans le fœtus et dans les enfans, plus ferme et plus compacte dans la vieillesse. La substance des poumons, au contraire est compacte dans le fœtus , et beaucoup pluy molle f[uand l'enfant a respiré. Les viscères et organes deviennent généralement plus durs à pro'^ortion de l'âge; leur consistance égale queLjuefois celle des os. Cette induration paroît principalement provenir dé celle du tissu cellulaire , qui acquiert généralement par-tout un surcroît de densité.

Les maladies peuvent aussi occasionner les plus grands cliangemens dans la dureté des parties et tellement;, que, dans la jeunesse, elles pourroient par cause raorbifique , être aussi dures que dans l'âge le plus avancé j elles sont sujettes aux inflammations, auxengorgemens et obstructions^ elles peuvent aussi se ramollir avec ou sans suppuration etc" La nutrition répare leurs pertes continuelles'- les plus dures si elles n'étoient nourries, perdroiei:t bientôt de leur volume, ou seroient flétries et même détruites : mais comment se fait la nourriture des diverses parties? avec quelle célérité ou quelle lenteur iclle ou telle substance ne se répare-t-elle pas plus tôt .jue telle autre? La graisse, par exemple, se répare

promptement , et les autres Immeurs bien plus lentement. Combien la solution de ces questions seroit curieuse si elle étoit possible !

Les parties dont les viscères et les organes sont formés, sont plus ou moins élastiques pendant la vie comme après la mort, jusqu'à la pourriture, qui en altère la texture j elles ont une l'orce toni(iue qui se perd avec la vie, et qui peut, pendant qu'elle dure, être sujette à de grandes variations (i) ; elJes sont aussi plus ou moins irritables , selon qu'elles ont plus ou moins de fibres musculaires j et plus ou moins sensibles, selon que leurs nerfs y sont plus nombreux, et que leur substance médullaire y est pluà à nu. Or, c'est de l'élasticité plus ou moins grande des parties, de la diversité de leur ton, de leur irritabilité, de leur sensibilité, que proviennent tant de différences dans leurs affections, tant en santé qu'en maladie.

U usage de plusieurs organes et viscères est connu; , mais on n'a pu encore découvrir celui de la glande : thyroïde, du thymus, des corps surrénaux, etc.

DESTÉGUMENS. j

Nous y comprendrons la peau , le corps mu* • queux, l'épiderme , les poils et les ongles {%).

(1) Voyez mon mémoire sur les amputations des extrémités g » jicad. des sciences j Jy/^. ., I

(2) Quant au tissu cellulaire et à la graisse dont quelques » anatomistes ont réuni la description à celle de la peau , nous » avons cru qu'il étoit plus convenable de la rapporter à celle dâ i inuscles *.

Voyez t. II, Traité de myologie.

DK JLA SPXANCHNOLOGIE. 35/

JD^ la peau (i).

La peau est itne espèce de membrane inégalement épaisse et dure qui recouvre tout le corps.

On peut y distinguer deux laces, l'une externe , généralement couverte par le corps muqueux ; l'autre interne, adhérant, par le moyen du tissu cellulaire, aux parties du corps qui sont après elle les plus externes. On distingue aussi dans la peau de grandes ouvertures, et de très-petites appelées pores.

Structure. Elle est formée de libres longitudinales et transversales , qu'on ne peut comparer ni à celles des tendons , comme l'ont lait plusieurs anatomistes , ni à celles des ligamens, qui sont toutes longitudinales , et seulement réunies par un tissu cellulaire serré, ni aux libres musculaires, qui sont très-irritables, celles de la peau ne l'étant nullement. Les fibres de la peau sont molles , flexibles , moelleuses au toucher (2.) j la peau est plus unie à sa l'ace externe , que le corps muqueux recouvre , qu'à sa face interne , qui est continue au tissu cellulaire , et presque par-tout au corps graisseux.

Histoire. Les anatomistes ont beaucoup varié dans leurs opi>nioiis sur la structure de la peau - Hérophile et Erasîstrate disoient qu'elle n'étoit composée que de vaisseaux lymphatiques et de nerfs. Galion pensa qu'indépendamment de ces vaisseaux et de ces nerfs , elle étoit tendineuse et membraneuse , et son sen.timent a été celui de ses successeurs. Glisson a aussi cru devoir avancer que la peau étoit tissue de fibres tendineuses et meni'braneuses , très-flftxibies , comme Galien l'avoit dit, mais qu'en outre ces fibres sont enduites d'une matière propre , visqueuse,, laquelle remplit aussi les interstices des mailles et des aréoles

(1) Derme, coriuni.

(2) Sur-tout dans les enfans , car la peau se durcit avec l'âge. Elle est moins dure, en général , chez les femmes que chez les, hommes, et dans les personnes grasses que dans celles qui sont maigres.

des fibres cutanées. Seinn Kaau JBoer/iaave , on pourroif rf^inire lii peau en tissu cellulaire par la seule macération dans rie l'eau* mais iîwjJc/^ avoit obserxé auparavant , que la peau pouvoit se diviser en lilainens. Nicolas Massa est un des premiers qui ait admis dans la peau de l'homme le pannicule charnu qu'on avoit observé dans celle des quadrupèdes, quoique Galien eiit expressément averti qu'il n'y avoit rien de musculeux dans la ptau de l'homme, CNCepté le muscle peaucier ^ disoit ce grand anatojniste , qui est uniquement pLicé sous la peau du cou et d'une partie de la face. Cependant l'autorité de Nicolas Massa a séduit divers anatoniistes célèbres , qui ont admis et décrit le pannicule charnu comme généralement placé sous la peau. Charles Etienne et Dnlaurens n'ont pas craint d'en donner une descriptioH aussi détaillée que s'ils l'eussent vu j mais Glisson , anatomist© anglais, nia l'existence de ce pannicule dans l'homme, et les anatoniistes les plus exacts ne l'ont point admis depuis.

Grandes ouvertures et pores de la peau.

Les grandes ouvertures sont celles des yeux , du nez, de la bouche, des oreilles, de l'anus, des parties extérieures de la génération j mais,- à proprement parler, ce qu'on appelle ouverture de la peau n'en est qu'un repli , et peut-être une continuation qui se prolonge dt^ns l'intérieur des cavités, en s'amincissant, et qui est toujours recouverte par un épiderme qui a plus ou moins d'épaisseur.

' Les pores de la peau sont innombrables : on les voit quelquefois à l'œil nu , ou du moins à la loupe, et tellement , que Le'v^enhoeck en a porté le nombre à plusieurs milles dans un très-petit espace (i). Ces pores sont placés dans les interstices des fibres de la peau : mais bien loin de les regarder comme de petits trous , on peut les considérer comme autant d'orifices des yaisseaux sanguins et des vaisseaux lymphatiques.

(i) Transact. pMlosoph. 1674) obs. 2o5.

«K LA SPLANCIINOLOGIE. /

Histoire. Ruysch a le premier prouvé par l'injection , et après ^iii le célèbre Kaau Boerhaave ^ que les extrémités artérielles .se terminnient à la peau. Ce dernier injecta dans les artères iliaques de la colle de poisson dissoute dans de l'esprit-de-yin qu'il avait coloré avec du vermillon , et il la vit transsuder à travers I l peau de l'extrémité inférieure. Ce même anatomiste a varié cette expérience de diverses manières ; mais les résultats lui ont toujours prouvé que les artères capillaires s'ouvroient immédia-

nient à la surface externe de la peau.

Il y a apparence que les artères cutanées sont les vrais canaux excréteurs de la transpiration et de la sueur ; du moins n'a-t-on 2>is encore démontré d'autres organes propres à cet usage.

Les autres orifices sont ceux des veines et des vaisseaux lym-

I liatiqiies. Il n'est pas prouvé que ceux des veines servent à l'ab-

rption ; mais, quant aux vaisseaux lymphatiques, on ne peut 1. luter qu'ils ne soient les véritables absorbans , d'après le résultat firs observations et des expériences les mieux faites par k& nnatomistes modernes, et principalement par Afec/te/ , Monro ^ Hunier Mascagni ^ Kruikshank ^ etc.

i. Papilles de la peau.

Ce sont les petites éminences coniques qu'on aperçoit à la peau , lesquelles s'élèvent plus ou moins à sa surface : elles y sont d'autant plus nombreuses, que la sensibilité de la peau est naturellement plus grande y elles ne sont pas toutes du même volume j leur arrangement ne paroît pas par-tout le même , se trouvant tantôt rapprochées et tantôt éloignées.

II y en a qui forment les unes autour des autres des. cercles assex serrés, et d'autres sont placées longitudinaleraent et parallèlement, et sont couvertes, d'un épiderme plus ou moins épais j on voit cela d'une manière non équivoque à la paume de la main, à la plante des pieds et à l'extrémité des doigts, sur-tout lorsqu'on a enlevé l'épiderme qui les revêt. Ces papilles sont souples et molles, principalement, celles des lèvres, du gland, etc. etc. (i) ; elles sont.

, (0 Consultez, sur cet objet, le huitième trésor de Ruysch •Wlea Elcm. physiol. de H aller ^ t. IV> p. y.

36o ANATOMIE MEDICALE, ^

coniques et plus ou moins flexibles , très-sensibles ; j formées par les extrémités des nerfs. Tout prouve u'elles sont les véritables organes de la sensation u toucher.

Histoire. Malpighi est le premier qui ait décrit les papilles d© la peau ; illes observa d'abord dans la langue; et ayant jugé , par analogie , qu'il y en avoit dans la peau , il s'en convainquit eu effet par l'observation. Ces papilles , selon ce célèbre anatomiste, sont formées par les extrémités des nerfs , et sont plus nombreuses dans les endroits où la peau jouit d'une sensibilité exquise que dans ceux oii elle est émoussée.

Glandes sébacées , follicules et lacunes.

Il y a dans la peau de petits corps ronds et creux,' remplis d'une humeur sébacée j ce ne sont pas de véritables glandes , mais pltttôt de petits réservoirs qu'on a appelés avec plus de raison follicules. On en trouve principalement dans la peau du crâne , dans le cuir chevelu , derrière les oreilles , dans la peau des sourcils, dans les bords des paupières, autour des cartilages du nez , au-dessous de la lèvre inférieiire , dans les plis de la peau, dans les aisselles, dans les aines , autour de l'anus, dans le scrotum des hommes et dans la peau des grandes lèvres des femmes, ainsi que dans celle des nymphes , et encore dans les parties internes du vagin , dans les plis des fesses, dans la paume des mains et des pieds.

Remarques. Ces follicules, qui s'ouvrent à la surface de la peau j laissent suinter un suc jaunâtre plus ou moins visqueux , qui l'enduit et la défend du contact de l'air ; quelquefois il suinte de ces follicules une humeur si abondante, et de telle couleur, qu'on l'a prise pour du pus , et qu'on a supposé des altérations qui n'existoient pas. Nous avons sur-tout vu de pareilles méprises commises au sujet des écoulemens autour des grandes lèvres chez des femmes, ou autour du rectum dans l'un et l'autre sexe, qu'on croyoit vénériens } et qui ne l'ctoient pas. Comme 1**

lîE SPrANCHNOXOGIE. 36l

lacunes des membranes internes peuvent fournir une pareille humeur en grande abondance , et donner lien à des écoulemfns , il faut bien prendre garde de ne pas les confondre avec du vrai pus: c'est ce qui est arrivé dans quelques dissenteries , comme on s'en est convaincu par l'ouverture des corps. Les glandes iobacées peuvent aussi être gonflées , et paroitre des excroi>saiices KMitre nature. Et t ombien de fois n'a-t-on pas cru qu'il existoit lies fies, des tubercules , des condylomes , qui n'étoient que de pareilles glandes sébacées engorgées !

Histoire. Malpiglii , le plus grand anatomiste du dernier Cède -, est le premier qui ait admis des glandes dans la peau, et la plupart de ceux qui lui ont succédé , ont adopté son opinion 5 mai» Ruysch assura que les glandes cutanées étoient un être de raison. Cependant Bidloe , anatomiste rival de Ruysch , ne craignit pas , non-seulement deles décrire, mais encore de les faire dépeindre (1). Morgagni crut cet objet digne de ses recherches , et, après des dissections nombreuses et des expériences très-variées , il n'a pas craint d'assurer que la peau étoit pourvue de glandes telles que Malpighi les avoit décrites. Quel parti prendre quand les anatomistes les plus célèbres sont d'une opinion différente sur un point essentiel? C'est de consulter de nouveau la nature. Je l'ai l'ait arec le plus d'attention dont j'ai été capable : je me suis procuré des lambeaux de peau de sujets de tous les âges et de divers endroits du corps , et je n'ai pu découvrir aucune glande dans leur tissu. Cependant, j'ai observé dans des lambeaux de peau que j'avois fait macérer dans de l'eau tiède , des espèces d'hydatides : mais qui ne voit pas qu'elles proviennent de l'eau qui s'infiltre dans le tissu cellulaire de la peau ? J'ai fait dessécher à un feu assez vif, des morceaux de peau , et je les ai examinés ensuit» attentivement ; ils étoient pourvus de divers corps durs , ronds y et gangliformes : en les examinant de près , on voyoit qu'ils étoient uniquement formés par des concrétions lymphatiques. Les maladies font le même effet dans la peau ; mais dans l'état na» turel on n'y voit rien de semblable.

Vaisseaux sanguins. La peau recouvre immédiatement beaucoup de veines, comme les jugulaires et la plupart de leurs rameaux, les veines basiliques.

(0 C'est ce qui a fait dire à Haller : Félix in depingendis quac non vidcrat.

•:>U2 ANATOMIE MÊDICA LE,

céphaliques , et autres veines des bras, les saphènes et diverses veines crurales , etc. Ces veines , et beaucoup d'autres qu'il seroit trop long de nommer, serpentent immédiatement sous la peau, à travers laquelle on les observe facilement dans les personnes qui ont la peau mince.

Les troncs artériels sont en général beaucoup plus profonds ; mais les veines et les artères envoient à la peau divers rameaux qui serpentent plus ou moins dans son tissu : ils sont beaucoup plus apparens à la surface interne qu'à l'externe , et dans quelques endroits de la peau que dans d'autres , comme dans les joues , etc. La peau des enfans est très- rouge quand ils viennent au monde.

li'inflammation la rend extrêmement rouge, soit que le sang remplisse ses ramifications artérielles , soit qu'il s'épanche dans son tissu cellulaire, ou qu'il pénètre même les vaisseaux lymphatiques.

Histoire. jRnyscJi donnait , par l'injection , à la peau des cadavres , des jeunes sujets principalement , une couleur si naturelle , que le czar Pierre-lc-Grand en fut ravi d'admiration err entrant dans son muséum. L'histoire nous apprend qu'il baisa avec tendresse le corns d'un petit enfant qui sembloit lui sourire. Huyich le conservoit dans son cabinet depuis long-temps (i). J'ai vu dans le cabinet de feu mon confrère Hérissant ^ un jeune enfant qu'il avoit si heureusement injecté , que son corps, à l'aide aussi de quelque autre moyen , paroissoit dans l'état de Aie plus de quatre ans après sa mort. Hérissant avoit promis de donner à l'Académie sa méthode de préparer et de conserver les corps ; mais il ne l'a point fait.

Vaisseaux lymphatiques. Ces vaisseaux sont trèsnombreux j leurs rameaux commencent aux pores de la peau , d'où ils passent dans le tissu cellulaire , en se réunissant les uns aux autres pour former d'abord des branches , ensuite des troncs, qui vont

(i) Voyez l'éloge de Ruysck par Fontcnelle^

DE gPI, ANCHÎTOLOOIE. 3(^3

se rendre dans les parties internes , et se terminer ponr la plupart dans le canal thorachique et dans la grande veine lymphatique. Les découvertes des anatomistes modernes et celles des physiologistes sur les voies de l'absorption dans les membranes en. général et la peau en particulier , rie peuvent laisser aucun doute à cet égard ; il est inutile de répéter ici ce qui a été dit à l'article des Vaisseaux lymphatiques.

Nerfs. Il y a dans la peau un très -grand nombre de nerfs : c'est sans doute la raison qui a porté quelqucs anatomistes à la regarder comme une membrane nerveuse. La plupart de ces nerfs la parcourent dans une étendue plus ou moins grande ; beaucoup se terminent à sa face externe par des expansions puljieuses, et concourent à former les houppes ou éraijiences pyramidales qu'on y observe.

La peau, qui reçoit un si grand nombre de nerfs ^ jouit de la sensibilité la plus exquise , comme l'expérience l'apprend journellement à tous les chirur^ giens , et à tous ceux qui font des expériences sur les animaux vivans.

Remarques. Personne n'ignore que la peau est l'organe du toucher , ainsi que de l'exhalation ou de la transpiration , et de l'absorption.

C'est dans les houppes nerveuses (i) qui s'élèvent sur sa surface que l'impression du toucher des corps extérieurs se fait immédiatement ; et comme ces houppes nerveuses y sont plus ou moins nombreuses , elle y est par conséquent plus ou moins vive.

Les parties destinées plus particulièrement aux fonctions du toucher, sont les mains, qui sont merveilleusement configurées pour la perfection de ce sens ; elles sont plus abondamment pourvues de ces papilles, qui y sont aussi plus grosses et moins recouvertes par le corps muqueux et par l'épiderine , qui ont en cet eudroit très-peu d'épaisseur.

Le toucher est le plus universel de nos sens ; on peut même

(ij Mnlpi^ld est im iks j)remiers qui ait bien prouvé ce fait, ausi i.. portant i^uc curieux.

3<j4 anatomie mbdicat-e,

dire que tous les sens sont une espèce de toucher plus ou moinj parfait. Celui de la vue , qui est le toucher de la lumière sur les yeux, est le plus exquis; l'ouïe, ou le toucher des rayons sonores sur les nerfs acoustiques, l'est peut-être un peu moins, parce qu'il se fait par une matière moins ténue , et que les nerfs sont moins dépouil.és de leurs enveloppes membraneuses 5 et ainsi successivement de la sensation de l'odorat à celle du goût, et enfin à celle du toucher dans la peau , qui n'a lieu que par le contact immédiat des corps sur des nerfs plus recouverts, ou dont la sub*. tance pulpeuse est moins dépouillée de ses enveloppes.

La sensation du toucher est répandue dans toute l'habitude extérieure du corps 5 celle des autres sens a des limites plus étroites : mais celte sensation du toucher par la peau dans la main est quelquefois si parfaite, sur -tout quand les autres organes des sens perdent la leur , qu'elle en devient une espèce de supplément.

On a vu des aveugles distinguer les couleurs par le tact , jouer tLVx cartes, et même faire des statues assez ressemblantes, ce qui est cependant difficile à croire : mais ce que je puis assurer , c'est qu'une fille de dix-huit ans , née avec une double cataracte , distinguoit au tact les couleurs noires , rouges et blanches , des étoffes en drap. Cette fille a été heureusement opérée par ! £)emours fils. Je ne sais si elle a conservé , après avoir acquis la faculté de voir les objets, celle de distinguer aussi biea ' les couleurs par le tact.

C'est par le toucher des corps qu'on peut apprécier leur volume ^ leur dureté , leur poli , leurs inégalités , leur degré de chaleur ou de froid. Ce sens nous fait mieux connoître les distances des . corps , et nous apprend dans la première enfance à rectifier le» erreurs que la vue pourroit occasionner.

Deux sensations bien différentes sont le résultat du toucher , le plaisir et la douleur 5 nous voudrions jouir le plus long-temp» possible de la première , et nous voudrions faire cesser l'autre le plus tût. Il paroît que dans les sensations agréables les nerfs sonÇ ■ titillés plus légèrement que dans celles qui sont douloureuses j cependant un toucher léger, trop long -temps continué, termine par devenir douloureux. Toutes les sensations diminuent par l'habir tude, et elles finissent par s'éteindre, à moins qu'elles ne soient' plus fortement excitées ; enfin il n'y a plus d'excitant assez for* pour les produire : elles sont d'autant plus vives , que le sujet est ; jeune ; elles s'émoussent dans la vieillesse. j

Les femmes ont le toucher plus fin que les hommes , et les. . personnes robustes et vigoureuses l'ont bien moins sensible qu» ; celles qui sont délicates et peu faites à de violens exercices j noa-

DE LA Si»LAWCHNOI.OGIE. 365

Seulement parce que l'épiderme «les premières a plus de densité et d'épaisseur , mais encore parce que leurs nerfs sont réellement moiMs sensibles que dans celles qui sont foibles et débiles , souvent uniquement parce qu'elles ont vécu dans une trop grande mollesse.

En général , la sensibilité des nerfs de In peau comme celle de» autres parties , et Tirritabilité des muscles, ont de tels rapports, que l'augmentation de l'une annonce le surcroit de l'autre. L'augmentation de sensibilité produit les convulsions , et la diminution annonce la foiblesse des mouvemens musculaires, et bientôt la paralysie plus ou moins parfaite } souvent néanmoins ce rapport de la sensibilité des nerfs et de l'irritabilité des muscles €st tellement troublé, que des paralytiques continuent de bien sentir , quelquefois même plus que dans l'état naturel , quoiqu'ils soient entièrement privés de mouvement : il est plus rare d'observer le contraire , je veux dire la privation de sensibilité et la continuation du mouvement , genre de paralysie que les médecins ont cependant remarqué , et que nous avons vu quelque-

La sensibilité de la peau est en général augmentée dans les maladies inflammatoires et éruptives , dans les rhumatismes , dans la goutte , dans les maladies convulsives, et elle est au contraire diraihuée dans les affections soporeuses , paralytiques , cachectiques y quelquefois elle est tellement viciée , que les malades ne peuvent plus juger par le toucher, des diverses dispositions des corps , ni de leur volume , ni de leur forme , ni de leurs divers degrés de chaleur, certains trouvant froids des corps que d'autres trouvent chauds, etc.

Exhalation ou transpiration cutanée. On n'est point surpris, quand on considère la grande étendue de la peau et le nombre presque infini de ses pores, que l'exhalation ou la transpiration *oit si abondante, qu'au rapport de Sanctorius ^ sur huit livres d'alimens que nous prenons il s'en perd cinq par cette excrétion. Notre corps est comme un éolipile , d'où il s'exhale continuelleinent une grande quantité de vapeurs aqueuses, chargées d'une partie now-seulement de nos humeurs , mais encore de parcelles de toutes les parties de notre corps. Or , c'est par cette exhalation continuelle qu'est formé le nuage qui enveloppe les corps des animaux, et qui les distingue tellement, que plusieurs sont

(t) Nousavonsdéja cité ailleurs deux membres de l'AcadL'mie des sciences, La Condamine et Courtivron, qui avoient perdu la sensibilité d'un bia», et en avoicat cependant conservé le mouvement. J'ai vu deux ou uoia «litres exemples de çttle espèce de paralysie.

366 ANATOMIE MEDICAJLE

attirés les uns vers les autres par l'impression que ces matière» font sur leur odorat.

C'est par la transpiration cutanée que la nature se délivre continuellement des matières qui surchargent le corps , soit parce qu'elles sont excédentes à l'organisation , soit parce q\i'elles sont vicieuses de leur essence, ou parce qu'elles le sont devenues dan» le corps , après y avoir souvent rempli des usages essentiels.

L'excrétion des matières qui se fait par V expiration est la plus abondante après celle de la peau ; car non-seulement les poumons se déchiirgent, par son moyen, des humeurs qui affluent dans ses bronches, mais encore de l'air qui n'a pas été décomposé pendant la respiration , et des gaz qui en sont le produit.

La transpiration cutanée et la pulmonaire n'ont-elles pas de grands rapports entre elles , soit dans l'état de santé , soit dans celui de maladie ? Plusieurs physiologistes l'ont cru avec asscis de vraisemblance , et les médecins praticiens pourroient bien aussi le soutenir par le rapprochement de faits bitn intéressans j on ne doit pas sur-tout les perdre de vue dans le traitement des maladies de poitrine, de la phthisie pulmonaire particulièrement, la peau et les poumons ayant des rapports bien remarquables par leurs fonctions.

Les excrétions de la membrane pituitaire , de la bouche et du reste du canal intestinal , des intestins sur-tout, dont la surface est si étendue, doivent être extrèaiement considérables ; et si on les réunit à celle qui s'opère par les voies urinaires, on jugera combien est infiniment grande la quantité de matières qui sont continuellement évacuées des membranes de notre corps , principalement par celles de la peau.

Parmi ces excrétions ou transpirations , la matière des unes est immédiatement expulsée hors du corps : telle est celle de la peau 5 d'autres ne le sont que médiatement à des conduits plus ou moins longs et plus ou moins rétrécis , comme celle des voies aériennes, urinaires , nasales , alimentaires, etc. ■ La matière de Texcréticn de quelques membranes, absorbée par des vaisseaux lymphatiques , est rapportée dans le torrent de la circulation ; cette matière est récrémentitielle , comme l'ont dit les physiologistes : telle est la sérosité qui transsude des membranes du cerveau et de la moelle allongée , de la plèvre ) du péricarde, du péritoine, etc.

L'absorption et l'excrétion qui se font par la peau sont nonseulement démontrées par divers faits physiologiques et patholo- «nques , mais même leurs organes le sont par l'anatomie ; il y a rn elle des pores excernans ou excréteurs , comme il y en » d'absorbans : dans les premiers , se terminent les extrémités arté-

DE LA SPtANCIINOtOGIE. 36y

rielles; aux autres, commencent les vaisseaux lymphatiques. Ce sont ces vaisseaux qui sont les vrais tubes capillaires par lesquels l'absorption s'opère continuellement, de l'eau de l'atmospiière , des bains quand on s'y plonge , des émanations même de plusieurs corps qui nous environnent, et encore plus de ceux qui peuvent être immédiatement appliqués sur la peau , qui peut-être absorbe aussi une partie de l'oxigène de l'air.

Des hydropiques rendent quelquefois une quantité étonnante d'urine lors même qu'ils prennent à peine des liquides en boisson , qu'ils ne se désenflent pas. Le célèbre Méad ctoy oit qu'un de ies malades avoit absorbé de l'atmosphère cet excédent d'eau rrndu par les urines. Combien d'autres laits de ce genre ne pourroit-on pas rapporter , qui coufirmeroient que cette absorption cutanée est souvent très-considérable?

Un homme , en sortant du bain , pèse davantage qu'avant d'y f ntrer(i). Si l'on habite un appartement verni nouvellement avec de l'huile de térébenthine , l'urine a l'odeur do la violette. Le mercure appliqué sur la surlace du corps parvient dans les parties les plus internes; les onctions de la peau par la teiniure de cantliarides et l'application des vésicatoires , sont souveut suivies de douleurs dans les voies urinaires. L'onguent d'arlhariita , dont on oint le bas-ventre des enfans , les purge copieusement. Les frictions avec de l'opium calment; des amulettes d'arsenic ont donné lieu à ds fréquentes syncopes» Les teintures de quinquina, la poudre elle-même appliquée sur le corps , ont plus d'une fois guéri des fièvres. On a dit avoir guéri des hydropiques en répandant sur la peau de la scille dissoute par le suc gastrique. Quels avantages ne retire-t-on donc pas des applications externes dans le traitement des maladies (2) ?

Les peintres , et en général les ouvriers qui manient le plomb, «t encore plus ceux qui en avalent des particules, sont fréquemment sujets à la colique appelée des peintres.

Ainsi tout concourt à prouver que si la peau est l'organe

(1) Les bains (i'criu tiède et point chargés de cor[is mucilagineux, comme sont ceux dans Irrsquels on a mis des plantes éinollientes , ne soiu-il"» pas prétcrables il ceux-ci, et encore à ceux d'huile, qu'on a célébrés da;i.<5 quelques convulsions *, et môme dans quelques inflammations i J'ai -vu «es malades prendre des bains d'eau tiède , et ne pouvoir supporter le» bains d'huile.

On lit dans les historiens, que Démocrile prolongea sa vie quelque temp» en taisant recouvrir une grande partie de son corps d'un pain chaud. ^ (2) On trouvera un grand nombre d'observations très-curieuses sur cette importante matière, dans un ouvrage du docteur Chrétien, médecin praticien de Montpellier, trcs-estimé.

*■ Morgftgni, EpUi. anal. med. X, art, ai.

368 AKATOMIE MÉDICALE.

d'une abonriante excrétion , elle l'est aussi d'une absorption très- • considérable : mais combien ne doit-elle pas être grande cette harmonie de rapports entre l'absorption et l'excrétion, pour 1«. conservation de la santé !

L'une et l'autre peuvent être viciées ensemble ou séparément, soit par excès, soit par défaut ; tantôt par l'affection particulière de la peau , et tantôt par celle des parties internes avec lesquelles elle a des correspondances si intimes et si multipliées, particulièrement avec Testomac et sur-tout le canal intestinal , ainsi qu'avec les voies pulmonaires, comme on l'a dit précédemment (i ).

La transpiration est plus abondante chez les enfans , les pores de la peau étant plus libres, plus ouverts que chez les vieillards, et) par la même raison, chez les femmes que clicz les hommes. Quelques physiologistes ont cru que la transpiration étoit , en général , moins abondante chez les brunes que chez les blondes. Elle est naturellement plus copieuse dans les endroits où la peau est moins épaisse, dans les plis des articulations, au cou, au ventre, que dans les autres parties du corps.

Les maladies peuveut aussi changer la disposition de la peau en général ou dans telle ou telle partie seulement; on a vu dess ruisseaux de sueur couler de quelque portion de sa surface, soit* qu'elle fût plus relâchée par quelque disposition particulière, ou» qu'elle reçût plus de vaisseaux , ou qu'ils fussent plus dilatés* par le sang que dans l'état naturel.

La force avec laquelle les humeurs transpirables sont ap-portées à la peau, déterminent la transpiration ou la sueur: est-elle diminuée , comme dans les vieillards, qui ont la peau plus dense et le pouls ralenti, la transpiration est peu considérable: : au lieu que chez les enfans, dans lesquels la peau est plus molle, . les vaisseaux plus nombreux et mieux développés , la force de la circulation des humeurs plus grande , la transpiration est plus copieuse. Cependant trop de rapidité dans la circulation du sang et un excès de pléthore pourroient ralentir et diminuer la transpiration, au lieu de l'augmenter.

Le degré de sensibilité des nerfs est aussi déterminé pour la transpiration 5 est-il trop augmenté ou trop diminué, la'lranspiration est ralentie ou supprimée. Les sensations douces et agréables la favorisent ; les plaisirs vifs «t les chagrins violens la *j diminuent ou la suppriment ; elle augmente dans un sommeil doux, , elle diminue dans l'insomnie. Les exercices amoureux modérés, ,| et relatifs aux forces de l'individu , produisent une heureuse trans-

Ci) Voyez ce qui a été dit, à cet égard, à l'article des Vaisseaux lyrk' plialiqucs.

DE LA SPLANCHNOLOGIi:, 36c}

piraiioii ; au lieu que les pxcès dans les plaisirs de l'amour la trpiiblcnt, et sur-tout la masturbation, (£ui est suivie d'une aifectioii nerveuse plus ou moins intense.

Dans presque toutes les fièvres, le premier état, ou le commencement, est marqué par un froid plus ou moins violent, pendant lequel la trauspiratii^n est très-diminuée. Le poiiis vient-il à s*élever dans le second état ou pendant l'augment , et même pendant l'état de la maladie , la peau transpire davantage, et même s'humecte de sueur , si toutefois la force et la plénitude du pouls ne sont pas trop considérables : car alors , au lieu d'être moite et souple, la peau est plùs sèche et plus brûlante. Çe n'est que lorsque la maladie est parvenue à son dernier degré ou à son déclin, que la transpiration est bien établie, et qu'il y a mémo de la sueur. Si en même temps le pouls est mou, point fréquent j si la langue s'humecte, cet état sera favorable; ce qui ne seroit pas, si le pouls resloit dur, petit, serré : car alors cette augmentation de transpiration seroit plutôt une espèce d'expression qu'ime exhaltation.

Quelquefois la plénitude du pouls, sans trop deroideur, est suivie d'une abondante sueur : c'est ce qui avuit lieu dans la. suette^ maladie dans laquelle on s'obstinoit y a quelques années, à échauffer les malades avec des couvertures multipliées, avec des cordiaux, en leur permettant à peine de respirer l'air libre, même pendant les plus grandes chaleurs de l'été. La plupart des individus qui furent ainsi traités périrent proniptement ; tandis qu'au contraire on sauva tous ceux qu'on saigna , et auxquels ou fit suivre un régime rafraîchissant (i).

La quantité de la matière de la transpiration est souvent en raison inverse de celle de l'expiration. Les enfans, qui transpirent beaucoup , ont l'haleine douce, les vieillards l'ont épaisse, félide; et endan*^ rhiver, dans tous les individus, lorsque la peau est resserrée ar le froid , la matière de l'expiration est très-abondante, et elle orme, étant condensée par le froid, un nuage très-visible. Dans la lupart des maladies du poumon , la transpiration est très-copieuse or-tout dans la phthisie pulmonaire , quand il n'y a pas trop

(i) Cette suelte fit des ravngps a.'fi-eiix, il y a environ vin£;t-cinq ans \ -Poulnusfi et lieux voisins. Ce ne l'iit que pnr le tniitemenranti-phloois'fcque (jii'on parvint k la guérir, après avoir reconnu les m:uivais ef?el:s ■l'un traitement o])posé. On y aiiroit plii.s tôt recouru, si l'on eût .su qu'à Beau- Vsàs, une vingtaine d'années auparavant, on avoit aussi nui ans nialades liar un traitement échaufl'ant , et que les saignées, les arides et Pexpo- Ktîon au grand air ayôieut sauré les malades. Les ])apiers publies dn temps H i:ne tlièse soutenue aux écoles de la Faculté de Paris, font mentjoû le cette sucttc épidéuiique.

A N A T O M r E MÉDICALE,

d'irl-itation , que le pouls n'est pas trop serré , et que le dévoietaent n'a pas lieu.

Les excrétions se suppléent en général, et, quand l'une est trop abondante , les autres diminuent : ainsi la peau est sèche cliez ceux qui ont la diarrliée, le ptyalisme , et sur-tout les urines trt;,-,àbondantes; car cette excrétion supplée plus qu'aucune autre à. celle de la transpiration , aiit vice versd.

Les préparations d'opium diminuent les évacuations en général , mais non celles de la transpiration, qu'au contraire elles augmentent: prises mêine intérieurement, elles occasionnent souyent aussi des éruptions érysipélateuses à la peau. Les bains tempérés favorisent la transpiration , les bains froids ^et ceux qui sont trop' fcLauds , la diminuent et même la suppriment: sans doute parce que les uns resserrent les pores de la peau et les vaisseaux qui y portent la matière de la transpiration , et que les autres y produisent un trop f.jTt engorgement de ces mêmes vaisseaux, et inler- ; ceptent ainsi l'excrétion cutanée. ;

On voit, dans quelques maladies, le sang transsuder de la surface j de la peau , soit qu'alors il y ait en elle une trop grande abon- ' dance de ce liquide , soit qu'il soit atteint de dissolution. Dans des femmes chez lesquelles le cours des règles étoit interrompu , le sang sortoit périodiquement parla peaiT. J'ai vu une fiUe qui avoit ' tous les mois une transsudation de sang par la joue droite. Les < auteurs citent plusieurs exemples de pareilles déviations des règles par la peau et par d'autres émonctoires,

La sueur des personnes malades de l'ictère teint quelquefois les ;■ chemises en jaune, et quelquefois même en noir. La matière de ■ la sueur ft, dans diverses maladies, une odeur qui la caractérise, comme dans la petite vérole , dans les iîèvres lentes , dans les affections laiteuses, etc. Il s'exhale dans quelques femmes , immécllatemcnt avant d'avoir leurs régies-, une odeur qui décèle leur état; et sans doute que si l'homme avoit l'organe de l'odorat ; plus sensible, il apercevroit bien d'autres différences dans les éma-«nations des corps. Mais nous ne nous arrêterons pas sur celte matière, , quelqu'importante qu'elle soit : ce que nous avons dit doit suffire 1 pour donner une idée des usages de la peau relatifs à la transpira-tion dans l'état naturel et dans celui de maladie (i).

Il faut que les affections du corps soient bien légères, si la pfau ne s'en ressent pas, non seulement relativement à la trans])iration et à l'absorption dont nous avons parlé, qui sont sujettes à des va- •

Cl) Voyez, à ce sujet Sancioriusy De Stac. med.; les ouvrages de physioioiiic lie miller, de Scnuc, et celui de Bonku sur les crises.

DE 1. A S I> î. A IV C H N O L O G I 3/1

tiations bien graufles , uiais encore relativement à beaucoup dViutreà dispositions morbilj<nies plus ou moins rctiiarqual>les.

Dans l'éîat de santé, la peau est molle, souple, sUr-tout clica les enfans et chez les jeunes femmes; elle se durcit avec i'àge, et avant dans les hommes forts et vigoureux qui vivent surtout dans les pays chauds (i)- Elle est naturellement moile j mais lorsqu'il y a quelque dérangement dans les fonctions des panits internes ou dans le propre tissu de la peau, alors elle devient ou plus molle , ou plus dure, ou plus chaude, ou plus froide, el à des degrés bien divers.

Dans la plupart des maladies douloureuses , patticulièretnent dans le rhumatisme ou dans la goutte , la chaleur de la peau e^.t plus grande que dans l'état naturel. Cet effet a aussi lifni dans la plupart des fièvres, excepté, pour l'ordinaire, dans le prélude. Celte augmentation de chaleur dans là peau est ordinairement jointe à la frétjuence du pouls; elle est brûlante dans qUeltjues fièvres bilieuses , sur - tout à la paume des mains et à la plante des pieds : elle perd de sa chaleur naturelle, et devient plus ou moins froide dans des affections des nerfs chez les femmes histériqnes et dans quelques fièvres malignes; quelquefois elle est froide au loucher, lorsque le malade se plaint de brûler intérieurement: c'est ce qui a lieu dans les fièvres leipyms et dans quelques tèvres intermittentes (2).

J.a peai; perd de sa souplesse en devenant sèche , inégalé, rude au toucher , et à des degrés bien divers. Dans les fièvres continues, par exemple , cet état annonce une diminution dans la transpiration et un excès d'irritation ^ temps pendant lequel la coctioa et les crises n'ont pas lieu , et pendant lequel par conséquent oii doit ordinairement se boirner à prescrire les humectans et les relàchans : or cet état de sécheresse et de dureté dans la peau a surtout lieu au commencement des fièvres continues, et cesse lorsque le temps de la coction est arrivé, à moins que la maladie n'ait un caractère d'irrégularité ou de malignité; elle devient souple, douce, humide, lorsque la détente a lieu , et la transpiration devient alors souvent d'autant plus abondante, qu'elle avoit été diminuée» Les accès de fièvre intermittente sont ordinairement précédés d.e la sécheresse de la peau ; ils terminent par sa moiteur , et même

(i) Morgnprni Va trouvée phis sèche et plus dure , quelquefois couverte de couci-cuions sqiianimfusfs dans des t'enmics qui avoienC été stériles > qiioiquc bien conlonnôes dans les parties extérieures ilv. la génération , et niènie dans les internes , qui lurent examinées après la mort de ces femmes. ^nat. rned. epist. XLVl , an. 3.

(a) Yoyoa sur-tout le traité de Lorry ; De moibU cutaneis , in-4*.

par une sueur copieuse sur-tout aux derniers accès: dans les fièvres hecticiues, la peau e^t sèche pendant les sueurs luême qiii épuisent et consument les malades. Les phthisiqucs onl des sueurs très-copieuses , et principalement le malin, après avoir éprouvé une chaleur fébrile très-considérable pendant la nuit : si ces sueurs cessent, le dévoieuient survient, aut vice versa. Ces excrétions ne se remplacent que pour conduire le malade à la mort par le marasme. Ces sueurs quelquefois ne sont que partielles, sur la poitrine principalement 5 elles terminent par être généraies et si abondantes qu^elles mouillent les chemises et les draps; elles ont une odeur très-fétide , et quelquefois sont visqueuses et jaunâtres.

La couleur de la peau et sur-tout celle du visage varient très-souvent dans les fièvres : celle-ci est terne, plombée dans la plupart des fièvres malignes; vive, animée dans les maladies inflammatoires, et sur-tout dans celles du cerveau et du poumon; ellp devient |aune ou noire dans quelques maladies ; certaines ont tiré leur nom de ce cliangement de couleur : combien n'iniporte-t'il pas clans le traitement des fièvres principalement ,. de faire atten.ion aux éruptions cutanées, les unes étant l'effet de la chil-ur fébrile ou du traitement même, les autres plus ou moins larges , plus ou moins élevées, rouges, purpurines, livides, pâles, annonçant, ou des crises heureuses, ou des terminaisons funestes (1). On a remarqué que , dans les maladies chroniques de la peau, le foie étoit presque toujours engorgé.

La peau est une des parties du corps qui a le plus de force tonique et d'élaslicité (1); mais sa force toniq\ie, qui n'a lieu que pendant la rie, est augmentée dans les maladies douloureuses et dans celles qui sont inflammatoires : dans Panasarque , le ton de la peau est diminué , et quelquefois alors l'eau transsude il travers son tissu ; souvent la peau se gerce, se fend en diveis endroits, et laisse couler l'eau en plus grande abondance.

La peau est très - extensible , aussi est-elle quelquefois considérablement soulevée par des loupes, des hernies, des dépôts, par l'ascite, chez les femmes par la grossesse. Il est vrai que, dans ces sortes de gonflemens extérieurs , ce n'est pas seulement la peau qui les revêt qui est distendue ; celle des parties voisines concourt aussi à l'extension de la partie de la peau qui est sou-

(1) Nous.sortirjpns dé notre objet si nous entrions dans de phrs longs détails •, il faut les chercher dans les bons ouvraj^es de ])atholonio , ï-t notiinimcnt dans les coniinen tairas de vaii Swielèn sur les u4phorhmes de Boerliaave.

(a) Voyez notre nicaioire sur les amputations, Acad. des sciences , année

Dr. I. A s r r, A K n n N o r o a I E.

levée : ainsi , ddns les femmes grosses, la peau du dos , des fesses, des cuisses, «^st retirée vers le venlre, gonllé par le développement de la matrice, (pii contient un ou plusieurii enlans.

La penu se rétablit par son proj)re ressort plus ou moins vite» a]ires qu'elle a cessé d'être distendue, souvent de manière à ne plus laisser de marcjues delà distension qu'elle a éprouvée 5 et cette rétraction se fiit d'une manière d'aulant plus parfaite que la personne est jeune, le tissu cellulaire étant alors pins souple: an lieu que, dan;; les vieilles personnes , la peau reste ridée. C'est sur-tout ce qui leur arrive, quand, de très-grasses qu'elles étoient, elles deviennent maigres: d'ailleurs il y a une certaine maigreur qui arrive naturellement aux vieillards (i), sans aucun déruiîgeinent dans leur santé. Cet amaigrissement donne lieu à la formation de jiouveaux |)lisou rides de la peau et à une augnientaîion des anciens, à tel point que la peau devient rude et inégale, en même teuqjs qu'elle se détache davantage des nniscîes et des autres pari'es qu'elle revêt : ce détachement arrive sans doute par rapport à l\)i)litération des vaisseaux capillaires iriBnimenC nombreux, par lesquels elle communiquoit avec les parties qu'elle recouvre. La peau se détache tellement du cor[)s par l'effet de la vieillesse , qu'élis termine ^ pour ainsi dire, par former un sac qui est presque indépendant du corps qu'elle revêt. Qu'on juge parà cojubien les maladies de la peau , chez les vieillards, et elles y sont très-cornmunes , sur-tout les dartres , sont difficiles à traiter ar des remèdes intérieurs. ' Le;; ])ersonncs qui, après avoir été très - grasses , ont considéralement maigri ou qui ont été atteintes de ia tympanite ou de la eucophlegmatie , conservent pendant long-temps leur peau ridée, insi que les femmes qui ont fait des eitfans : la peau du basentre conserve souvent même des rides bleuâtres par un reste do ang épanché. La putréfaclion , qui donne lieu à une expansion.

Pair dans les cadavres, tuméfie le corps et distend la peau, es noyés sont enfl'-s , et surnagent non par l'eau qu'on a cru ns raison s'être insinuée sous la peau , mais par le seul déyeppement de l'air intérieur (2).

Dzi corps muqueux de la peau (3).

C'est une coiiclie de substance muqueuse pçu abon-

(l) Voyez la Dissertation tic Pringli; : De viarcore senti i , tléja cilcc. |(a) Senne, >/ca,l. des sciences , i7'.:y. 1(3) Rciicu/um.

374 A N A T O M I E ai JÎ D I C A L E . I

dante , entre répiderme et la pean , qui a peu de ; consistance dans l'état naturel, mais qui, étant desséchée, fouine une espèce de membrane en tre les papilles i cutanées qu'elle entoure, et qui est très -mince sur ces mômes papilles, auxquelles elle forme des es[)è-^ ces de coixvercle , du moins à la plupart j car les papilles des parties les plus sensibles de la peau , comme celles des bouts des doiî^ts, du îîland , des. lèvres , en paroissent si ])eu reconvertes qu'ellf s sont; presque à nu ; l'épiderme même qui les revêt est: extrëm: ment mince : c'est ce qui fait que lorsqu'on! extrait une portion un peu concrète de corps ma-queux, et qu'on l'examine à la clarté du jour oui d'une vive lumière , elle paroît former une espèce? de réseau. De - là vient qu'on a regardé cette niucositéj cutanée comme un corps jéticulaire et môme coramèj un réseau, qui paroît encore mieux foi'mé, et plus> distinct de la peau, et de l'épiderme , lorsqu'on l'cxa-^mine aprQS avoir fait bouillir des morceaux de peauj; car l'immeur muqueuse acquiert de la cousis tancço par cette ébullition.

Remarques, he corps mnqueux ayant dans la langue un cei iaîna ^egrô d'épaisseur, on l'a d'abord décrit comme une m8mbr.^iia( propre de cet organe 5 ensuite on a dit que cette prétendue niem-ttrane étoit répandue sous l'épiderme sur toute la surface de lali peau : bien plus , on a cru y reconnoître une organisation partii culière , des vaisseaux, des uerfs ; mais on voit facilement cpie c{.i corps muqueux qui a plus ou moins de consistance et d'épaisseurf ne reçoit ni nerfs, ni vaisseaux, et ne contient point de glandes.

Malpii^hi est un des premiers aiiatoraistes qui aient décrit Id corps muqueux, non seulement celui de la langue (1), mais niêint) codui de toute U peau 5 il l'a nommé corps réticulairc ^ paro qu'il l'a regardé comme formant un réseau particulier. Ruyschr S^ntori/ii y Qt d'autres anatomistes , ont adopté sou opinion; rnai<i Meckel s'fjst convaincu que ce réseau u'étoit autre cliose qu'un*»

il) J^pistola iellngua qd, '3, A- Borellum 5 Bo^ion. i665,

DE LA S r I. A. N C II N O L O G I E. OJJ

lifjiieiir muqueuse , épaissie en forme de membrane , que la putivfaction et la macération dissolvoicnt fort aisément , tandis que la peau et l'épiderme couservoient leur fermeté et leur tissu (i).

Le cor[)s miiqueux entretient la souplesse des lioupes nerveuses de la peau, et en conserve ainsi la sensibilité; il sert à réparer l'épiderme , et peut-être encore à la nourriture des ongles. Sa couleur est naturellement rougeàtre dans les nouveau-nés, tilanclie dans les eiifans , et elle deviei'it de plus en plus brune avec IVige, qui fait qu'en général les vieillards ont la couleur de la peau terne. Il y a aussi des différences dans la couleur de ce tissu muqueux, solon que les individus sont blancs, blonds ou noirs , etc. liio/an. j qui n'a point parlé du corps rnuqueux ^ croyoit que la couleur noire des Ethiopiens résidoit seulement dans l'épiderme, et que la peau étoit blanche; mais Malpiglii a remarqué que cette couleur noire résidoit sj)écialement clans son réseaii nmqueux. Kuysch s'est aussi convaincu que cette partie des légumens étoit le vrai siège de la couleur noire (2) ; et, depuis, plusieurs anatomistes célèbres s'en sont assurés par leurs propres observations.

Le corps muqueux est d'un blanc pâle dans les scropLuleux , jaune dans ceux qui sont au premier degré de l'ictère , et noir dans ceux où il est au dernier degré. Le mélasictère (3) est ordinairement occasionné par les obstructions du foie , qui peuvent être de diverse nature , et empêclier ainsi la sécrétion de la bile, laquelle restant dans la masse des humeurs, reflue dans le corps muqueux , et lui donne une couleur plus ou moins foncée.

Les jaunisses peuvent être aussi l'effet du scorbut, de la £èvre aiguii ou chronique , de quelques venins, de la morsure de la vipère ; elles peuvent dépendre de quelques obstructions des viscères du bas- Tentre , comme du fuie , de la rate principalement , lesquelles troublent la circulation du sang dans la veine-porte; des affections con^ vulsives du diaphragme , des muscles abdominaux , comme cela arrive dans les femmes histériques, peuvenf, en affeqtant le^ foie , troubler la circulation de la bile, et occasionner la jauni'sse dans une partie ou même dans tout le corps muqueux. Le chau-

(0 Recherches anaLomlqucs , Mc/noiies de l'académie de Bcu-ljn,. t. VII. (2} JJécatl. trois, ' '

(3/ Voyez cinrjuième volume, article Engorgement bilieux du foie^

ANATOMIE MÉDICAI-E,

goment de circulation qui s'opère dans les vaisseaux sanguins da \ f<)!0 après la naissance , donne lieu, chez les enfans, à ,uiie jau- [ iiis;~.e passagère.

Le corps muqueux est le véritable siège des boutons de la petiie vôrole ; car il ne s'en forme que dans cette partie, ainsi que nous l'avons dit après le célèbre Cottunni (i) : peut-être que par sa ^Intinosité il empêche que la matière variolique ne parvienne jus- ((u'à l'épiderme , et ne s'exhale- hors du corps qu'après avoir formé des boutons dans la corps muqueux, ainsi que des corps ' gras appliqués sur l'épiderme arrêtent la transpiration , et donnent lieu à des éruptions érysipélateuses. Les boutons de la petite vérole se développent et suppurent par un effet vital (2) : d'où on pourroit présumer que, dans les individus qui ont eu la petite vérole sans éruption à la peau, car on en cite des exemples, Itç coi-ps muqueux n'avoit pas les dispositions convenables pour re-r tenir la matière variolique, ou que celle-ci étoit plus disposée \ s'évaporer hors du corps.

Les marques de la petite vérole durent jusqu'à ce que le corps muqueux soit bien réparé , ce qui fait qu'elles subsistent longtemps , nt quelquefois toujours; elles sont sur-tout apparenles; oliez Iks nègres : c'est encore au défaut de ce même corps muqueux dans les cicatrices que Camper attribue leur couleur blanche., ir.ême dans les nègres (3). Je ne doute pas non plus que, dans quelques espèces de gangrènes , ce ne soit cette substance qui se putréfie lors même que l'épiderme et la peau restent dans leur intégrité. Ce qu'il y a de certain, c'est que le corps muqueux se décompose aj)rès la mort , par la putréfaction , et que c'est ce qui donne lieu au décollement de l'épiderme de la surface de la peau. ,

Le corps muqueux est différemment coloré dans les diverses j espèces de mélasicière (4): c'est encore en lui que résident les ( tâches brunes ou taues que le grand air occasionne sur la peau" j des femmes, sur-tout de celles qui ont le teint blanc , qui sortent des villes pour aller à la campagne, ainsi que de celles qui se fornient à la peau des femmes grosses , des nourrices, et après les couches.

(0 Vovez l'cxuait <l.e nos leçons publié par Halmade (l;ius son Traité sur l'inocula lion. i

(a) Galti , célèbre inoculateiir, dit avoir vu deux personnes atteintes de } ptu-alySTC de la molîb^ du ccirp~s qVu furent couvertes de boutons do I;i petite vérole sans en avoir dans la p:nii.e paralytique. Kobcrt , Trailé de inàd, t. I, p., 140. -

Ç)) Dcmoiistrat. anat. de bracli.'o humano.

(4) Sauvages, JS'osologiej t. li, p. 5^i.

•DE LA SPLA NCIIÎfOI. OGIE. 3yj

Le corps muqueux est aussi le siège des taches ronges, «linis 1 rougeole, hi scarlatine, la jiorcelaine ; des lâches livides, loires , dans diverses pétécliies.

Les taches scorbutiques qui sont plus ou moins étendues ont Il iir siège, non seulement dans le tissu muqueux de la p<;au, mais ncore dans la peau même et dans le tissu cellulaire subjacent : iles sont formées par du sang comme des espèces d'ecchymoses, lies commencent ordinairement par être d'une couleur jaune q\ii uevient terne, et enfin d'un noir plus ou moins foncé , pour jaunir encore avant de disparoître, si le vice scorbutique qui les produit tend à sa guérison.

C'est en détruisant le corps muqueux que certains peuples se font des figures diverses sur la peau , tantôt par des piqûres , et tantôt par la brûlure.

Le corps muqueux est affecté dans le millet, dans les éruptions vésiculaires , hydatidiques , dans les maladies papuleuses commo l'herpès. Il n'est pas exempt d'altération dans les affections crustacées de la peau, la teigne, la gale (i), la lèpre , les croûtes

(i) Voyez clans Morgasni, epist. LV, art. 45 et suivans, une très-longue dissertation , clans laquelle l'auteur rap])orte l'opiuion des anciens médecins, qui ont attribué cette maladie à des vers communiqués souvent par les vètemens de laine. Morgagni confirme, par quelques exemples qui lui sont propres, l'opinion des anciens sur l'existence de ces vers; cej-endant ce savant auteur ne croit pas que toutes les gales dépendent de la même cause, plusieurs tenant ù un vice du sang bien l'econnu. Il rapporte plusieurs ouservations sur les funestes effets de l'usage du soufre , tant iutérieur qu'extérieur; niais il paroît cj^ue ces effets dont il parle étoient occasionnés par l'arsenic mêlé à ce soutre ; car nous prescrivons aujourd'hui le sonl're aux galeux, tant intérieurement qu'extérieurement , et fréquemment avec succès. Dans le traitement de la gale , comme dans celui de toutes les maladies cutanées, il ne faut jamais négliger le traitement intérieur ; car,' combien de maux ne surviennent pas après la trop prompte disparition des maladies cutanées! Les auteurs sont pleins d'exemples funestes presque répétés de ceux qvHîippocrale a rapportés *. Combien d'eiifaus périssent de convulsions par la suppression des croûtes laiteuses 1 Combien de personnes sont mortes de la phtliisie pulmonaire *''■ par suite d'une gale mal traitée ou rentrée spontanément ; d'une teigne qui a aussi prompte ment disparu, etc.***! Les ouvertures des corps ont prouvé, en pareil cas , que ces humeurs répercutées avoient quelquefois produit l'engorgement, l'inflammation ou l'érosion des organes internes.

* Un Athénien prit un bain chaud dans une maladie de peau avec prurit: on le croyoit guéri ; mais il termina par mourir hydropique. Epid. lib. V,

** Voyez notre ouvrage sur cette maladie, p. 173.

Voyez ùin&VHLit. anat. med. de Lieutaud notre Tahle nasologique , p. 589.

\ oyez zassi Morgagni , cpist. LV, art. a.

laiteuses, et n'ost-il pas souvent le sié^e <Ie f|ue!qiics hiinciirs ou; excroissances, Uchenes , telles cju'il s'en forme au bout du nrz, , des seins, et même du cou de la matrice , qu'on a prises pour de véritables cancers , rjuoiqu'elies ne le lussent pas ? Nous pourrions, à ce sujet, rapporter diverses observations importantes.

C'est dans le corps rnuqueux que se forment les pblictènes , les cloches, à la suite des brûlures ou des vésicatoires. On aperçoit alors ce corps , en enlevant l'épiderme , sous forme de tissu cellulaire abreuvé de mucus , plus adhérent à l'épiderme- qu'au derme.

De l'épiderme (i).

C'est une enveloppe membraneuse la plus exférieure du corps: en l'examinant attentivement dans l'état naturel, et après diverses maladies, l'épiderme paroît composé de plusieurs petites membranes placées les unes sur les autres en forme d'écaillés plus ou moins minces, comme Lewenhoeck- Boerliaave ^ Cowper Qt PVinslo'w l'ont remarqué.

Cette membrane est inorganique, ainsi que le corps rnuqueux, par conséquent dépourvue de nerfs et de vaisseaux (2) 3 ce qui fait qne les parties qui en sont recouvertes sont d'autant moins sensibles, qu'elle a plus d'épaisseur , et qu'au contraire la sensibilité des parties qui ne sont recouvertes que d'un épidémie très- mince , comme dans les lèvres, les bouts des seins, le gland ou le clitoris, jouissent d'une trèsvive sensiiùlité.

L'épiderme a beaucoup plus d'épaisseur dans les parties exposées à la compression. , comme aux mains et à la plante des pieds , que dans les autres endroits du corps.

On voit sur la surface extérieure de l'épiderme

( 1 ) Epiderinis , cuticula,

(3) B.uysch n'a jamais pu découvrir, par ses fines injections, des vaisseaux dans l'épiderme , quoique Saint- yind ré etlàil (\n'' A ■y en avoit, et que d'autres anatomistes l'aient assuré depuis î cependant leur existence n'est pas encore conlirmée.

DE LA SPLANCHNOLOGIE. 879

llvers sillons formés par des enlbnceraens de la peau , sont pins ou moins profonds; ceux des plis du V isage , des fesses , des articulations, de l'intérieur des mains , sont beaucoup pins profonds que les autres, et dans CCS enfoncemens l'épiderme adhère à la peau j)lus intimement qu'ailleurs (i) par de petits filets cellulaires.

L'épiderme se réflécliit dans diverses parties intérieures du corps ; il tapisse la face antérieure du globe de l'œil, et la face interne des paupières, l'intérieur des conduits et du sac lacrymal, l'intérieur du nez, du conduit auditif externe^ des voies aériennes, des trompes <M Eustachi , de la bouche, du canal alimentaire, du canal de l'urètre et de la vessie , etc. des parties génitales extérieures de la femme , de la cavité même de la matrice.

Le corps des enfans en naissant est aussi exactement recouvert de l'épiderme que celui des adultes j et c'eât sans fondement qvx^ Hippocrate , Gaîieny et les plus célèbres anatomistes de l'an tiquité, ont soutenu l'opinion contraire, que lUolan {^ï) a. détruite en consultant la nature. Il a remarqué que l'épiderme existe naturellement daiis les ibetus, et que ce n'est que par état de maladie qu'ils peuvent en être dépourvus , et partiellement ; jamais le fœtus venant au monde vivant ne manque d'épiderme, dans toute l'habitude extérieure du corps : ce n'est que dans ceux qui sont morts dans le sein de leur mère, et dont le corps est dans une espèce de putréfaction, que l'épiderme est détaché plus ou moins de la peau ; mais il existe toujours : aussi doit-on être surpris que des accoucheurs modernes aient pu proposer un remède pour aider la formation de l'épiderme dans les enfans qui viennent de naître.

(1) Voyez quelques çemarcnies inléressantcs à ce sujet da«s Hiiller, Elément, pliysiol. X. V, p. 666.

(2) Anthrnpo^m^yh. p. 78,

38 D A N A T O RI I E ]\1 JL I) I C A I. E ,

L'épiderme se prolonge snr les ongles, sur leè poils et sur les cheveux j il paroît se réfléchir dans les orifices nombreux des vaisseaux sanguins et lymphatiques de la peau, et c'est par ces ouvertures, et peut-être par d'autres plus petites ou pores, que se font les excrétions et les absorptions, de la manière que nous l'avons annoncé , à l'arfic'e u de /a Peau. On a donné beaucoup d'expUcations sur la formation de l'épiderme. Suivant quelquesuns, il est i'orraé par l'expansion des papilles ner- , veuses de la peau; suivant d'autres, par celle des j tuyaux excréteurs de cette membrane. W'mslo'W \ pensoit qu'il étoit formé par la matière même qui 'j transsude de la peau , et qui s'épaissit ensuite. Mor gogni le regardoit comme la superficie de la peau> endurcie par la pression des eaux dans la matrice^ et par celle de l'air atmosphérique.

Remarques. L'épiderme garantit la peau drs impressions trop vives de l'atliniosphère et des corps extérieurs i ce qui le prouve, c'est que , lorsque la peau eii est dépourvue , le plus léc^rr contact de ces corps est très-doulourrux. Par ses replis sous les paupières, dans les conduits auditifs externes, et dans les voies aériennes 5 il met égaienitnt ces partit s à l'abri du conlact de l'air 5 dans la bourlie , il emptclio que les aliir.ens ne stimulent trop vivement les hovippes nerveuses de la lanpue, dit \"oi!e du {)alais , du pharynx 5 il remplit les mêmes offices à l'égard de la paroi interne du reste du canal alimentaire , et il la protège ainsi de l'impression que les alimens liquides ou solides pourroient faire sur elle.

L'épiderme renqilit des usages analogues dans les voies urinaires en les garantissant de l'impression des urines, sur sa membrane interne ; dans la matrice et dans le vagin , il ptévient les altérations que le sang et les diverses humeurs glutineuscs et séreuses pourraient faire sur leur surface interne , et dans ces cavités comme dans d'autres, indépendamment de l'épiderme naturel , il y a une. couche glutineuse qui en enduit la paroi isUerne.

L'épiderme se régénère facilement et très- vite, sur-tout dans les parties soumises au contact de l'air, comme on 1? reriiarque après des biûlures. Les durillons, les verrues, les condylomcs,

DE LA 6PI. ANCHNOLOGIE. 38l

les fies sont des concrétions de l'épidorme , ainsi que les excroissances en forme de cornes qui sqiit survenues, à vcertains

individus (i). i, , ■ i

J'ai vu , dans quelques maladies de. la peau , 1 épidémie se r<^générer et s'épaissir avec une telle prompliuide , qu'il se détaclioil: de la surface du corps tous les jours deux ou trois .oii;nées d'une matière l'urfuracée : dans quelques petites véroles ,

ai vu de grandes plaques de l'épiderme se détacher après s'être

paissies comme une espèce de cuir.

Des oiiMes,

Ce sont des corps presqiie transparens , placés aux extrémités des doigts de la main et des pieds.

Division. On y distingue trois parties, Je corps, une Mcine et iine extrémité; le corps est la partie loyenne c ni présente, du côté de la racine , une' portion l)lanclie on l'orme de demi-lune ; on y distingue xtérieureinent des cannelures longitudinales plus ou oins apparentes j la racine est logée sous un repli e la peau. L'extrémité est libre au bout des doigts, t est susceptible de prendre un très - grand acroissement.

Figure. Le corps de l'ongle est convexe extérieurelent et concave intérieurement; sa racine a la forme 'un croissant dans un sens contraire à celui du reli de la peau qui le revêt ; son extrémité a aussi rdinaircment Ja forme d'un croissant, cependant "le se termine quelquefois en pointe.

Substance. La sustance des ongles est semblable à lie des cornes des animaux ; ils sont formés de pilleurs couches de libres déliées , d'inégale longueur, arrangées dé manière que les extéricLires sont [lus longues que les internes, qui diminuent sucssivement de dehors en dedans ; leur dureté est inéle , les externes étant plus dures que les internes i paroissent pulpeuses ; la couche la plus interne

[i) Voyoz los observations snr ce sujet, rapportées par Zn^ressias , Ce^ W, Sànholin , eiç. tliu. </<-' l'anat. t. Vi , p. 406.

382, ANATOMTE MEDlCAtt:,

de celles-ci est inégalement creusée pour recevoif et entourer exactement les lioupes nerveuses ou les mamelons de la peau.

La racine de l'ongle est très-molle dans sa totalité , et unie au corps muqueux , lequel a , auprès i des ongles, beaucoup plus de consistance qu'ailleurs; il se confond même avec lui si exactement, qu'ont ne peut les séparer : de sorte qu'on pourroit regar- • der l'ongle comme une continuité de ce meuie : corps muqueux , qui auroit acquis une grande con» sistance.

Il n'y a point de nerfs dans les ongles , et on n'y a point découvert de vaisseaux.

Remarques. Les anatomîstes ont eu des opinions diverses sur la i nature des ongles, ^wfo/e , comme l'a observé Riolan^ atantôtt dit que les ongles étoient de la nature des os , et tantôt qu'ils ^ n'étoient que la peau dessécliée. Empêdocle croyoit que les ongles* éloient formés par la condensation des nerfs , et celte opinion, , toute singulière qu'elle est, a eu ses partisans. Parmi les niq-dernes, Malpighi s'est occupé à prouver que les ongles ctoientt formés par les papilles nerveuses. Ludwig prétendoit aussi que:" les ongles étoient composés des extrémités des nerfs et des vais-seaux ap])liqués les uns sur les autres 5 mais l'observation ne' prouve nullement ces systèmes, puisqu'on ne peut voir aucun» nerf ni vaisseau dans les ongles. j

La plupart des anatoniistes modernes croient que les ongles sontt de la même substance que celle de l'épiderme et du corps muqueux, , et leur opinion nous paroit plus vraisembhible.

Les ongles ont U!ie espèce de pellucidité qui laisse apercevoir r le pns qui se forme scus eijx , ou quelque corps étranger qui s'in-troduii. entre eux et la peau.

Les ongles donnent aux extrémités des doigts pins de solidités pour l'appréhension des corps et pour la perfection du toucher;; nous nous en servons aussi pour séparer et pour saisir quelcpies< corjis grêles, ainsi qtie~ pour nous gratter lorsque nous éprouvons > de la démangeaison dans quelque partie de la peau. Les ongless donnent aux orteils plus de fixité dans la station. ]

Les ongles continuent de croître pendant tout le cours de lai •vie, même dans l'âge le plus avancé; aussi se prolongcrnient-ils > prodigieusement si on u'avoit pas le soin de les couper : c'est chez,-

DE LA S V X A N C ir N O L O O I K. 383

nous une raal[in)preté d'iivoir les ongles longs ^ au lieu que, chez es Chinois, c'est une marque de beauté.

Le peuple s'est i)eisuadc que les ongles et même les poils de la barbe croissoient après la mort; mais cette opinion est absurde. Ce qui peut y avoir donné lieu , c'est que , n'ayant pas été coupés depuis long-temps, et ks individus ayant beaucoup maigri, ils sont trùs-longs.

Les ongles tombes dans quelques maladies se régénèrent ordinairement après la convalescence, et cette régénération paroît provenir du corps muqueiix et de l'épiderme desséchés.

On voit quelquefois les ongles , aA'ant de tomber ou de se détacher, se découvrir vers leur racine, comme si la peau se retiroit vers les doigts; d'autres fois, au contraire, la peau et l'épiderme se prolongent sur l'ongle considérablement, et y forme une espèce de tunique qu'on a appelée pterygium unguhim.

Les ongles sont insensibles de leur nature ; mais, par leurs adhérences aux houppes nerveuses de la peau , ils ne peuvent être tiraillés, contus ou froissés, sans qu'on n'éprouve une vive douleur, telle quelquefois qu'elle donne lieu à des syncopes ou à des convulsions.

Les ongles se prolongent souvent par leur racine dans la peau, et sur-tout aux pieds , presque toujours par suite des chaussures trop étroites, d'où résultent des douleurs très-vives , l'impossibilité de marcher , même de se tenir debout , jusqu'à ce que cette portion de l'ongle ait été détruite.

On lit dans les Mémoires de V Àcadémie des Sciences ^ année 1719, l'histoire d'une femme du Piémont, qui portoit un ongle au gros orteil du pied gauche de quatre pouces et demi de long (i). Il n'est pas rare d'ailleurs de trouver dans les campagnes des personnes qui ont les ongles très-longs.

Les ongles se gercent, se fendent, s'exfolient, se recourbent dans la peau ; qurlquefois il se fait entre eux des congestions sanguines, lymphatiques, purulentes, plus ou moins étendues , plus profondes ou plus superficielles , d'où résultent diverses espèces de panaris. Les ongles se ramollissent, tombent, et ces altérations (2) sont souvent l'effet du vice vénérien ou scorbutique, qui peut agir sur xm ou plusieurs ongles à la fois; ce qui m'a été confirmé par des traitemcns lieureux de quelques maladies des ongles , par des mercuriaux et des anti-scorbutiques administrés séparément ou réunis.

(i) Voyez y Aaalomie de BaiLholin, p. 5f ; les Transact. philosoph. n" a()7; EhnietU. ithysiol. de Haller, t. Y, p. 3o.

ANATORIIE MÉDICALE,

Des cheveux et des poils.

On distingue ordinairement les cheveux des poils. Les cheveux sont les filamens grêles et longs qui sortent de la peau qui recouvre les deux tiers postérieurs de la calotte du crâne , et qu'on appelle aussi pour cette raison cuir chevelu. Les poils sont ceux qui sortent de la peau dans tout le reste de son étendue ; mais on leur donne dilFérens noms. On ap^ pelle sourcils les poils qui forment, par leur réunion, deux arcades an-dessus des yeux j cils les poils qui bordent les paupières. Ceux qui sortent de la peau cpû recouvre le menton et le reste de la mâchoire inférieure forment /a barbe ; le pubis àdin^ l'homme, et le nioTit-de-vénus dans la femme , sont formés par les poils qui couvrent les parties extérieures et les parties voisines du. corps du pubis.

Il y a aussi une quantité plus ou moins grande de poils sons les aisselles et aux aines , ainsi que dang le reste du corps , où ils sont pour l'ordinaire peu apparens à la vue, sur - tout chez les enfans (i), chez les femmes et chez les personnes débiles j mais si on arme ses yeux d'une loupe, on y voit tour jours plus ou moins de poils : de sorte qu'on peut ' établir que toutes les parties du corps , si l'on eiï \ excepte peut-être la paume des mains et la plante I des pieds , sont recouvertes de poils plus ou moins longs, ce qui a fait regarder l'homme comme uiij animal velu. Les poils peuvent croître et s'allongei^ par état de maladie ou par quelque autre cause, au })ointque le corps en a paru monstrueusement couvert: ' Haller (-2) en a rapporté beaucoup d'exemples qu'il 1 a recueillis des auteurs. C'est à l'âge de puberté que, j ceux de la barbe , des aisselles et du pubis se dé-. ' veloppent en grossissant et en se prolongeant.

(1) On en a cependant vu cjui en étoient considérablement couverts en naissant.

(2) Voyez Elément, physiolog. t. V, p. 3a.

DE LA SPLANCHNOLOGir. 385

Division. On divise les poils et les cheveux en racines, corps et extrémités : la racine sort d'un bulbe qui est placé dans le tissu cellulaire , sous la peau qu'elle traverse ainsi que l'épiderme.

Le corps forme une tige plus ou moins grêle , cylindrique , et plus ou moins régulière j son extrémité paroît un peu conique, comme Werlojf remarqué j mais nous n'avons jamais vu dans les poils, ni les branches, ni les nœuds que quelques anatomistes disent y avoir observés.

Couleur. Elle est très- différente en divers sujets, es cheveux étant blonds , bruns , noirs , rouges , roux, châtains, grisâtres ou cendrés, blancs. En général, les habitans des pays septentrionaux les ont blonds , roux, et même rouges, et ceux des pays orientaux les ont bruns, ou noirs. Les cheveux sont ordinairement plus ou moins blonds chez lesenfans, et sur-tout chez ceux qui viennent de naître \ ils brunissent, même noircissent en général à proportion de l'âge : enfin, on sait qu'ils blanchissent dans la vieillesse, de quelque couleur qu'ils aient été , et finissent par tomber plus ou moins vite.

Structure et Jigure. Les poils proviennent d'un bulbe placé dans le tissu cellulaire, plus ou moins chargé de graisse. La figure de ces bulbes paroît varier ; ils sont ronds dans les sourcils , ovales sur le crâne et dans le scrotum , presque cylindriques dans les autres endroits du corps : la surface de ces bulbes est hérissée de filets qui paroissent appartenir au tissu cellulaire dans lequel ils sont logés.

On aperçoit des vaisseaux sanguins , artériels et veineux, qui se distribuent à ces bulbes. Quelques anatomistes célèlires, notamment Winslo'W et Ludwloont cru que ces bulbes recevoient aussi des uerfs.^*

Chaque bulbe a deux membranes : l'extérieure est 4- a5 •

386 A TSr A T O M I E MÉDICALE,

plus OU mollis arrondie et plus ou moins épaisse; sur-tout vers son milieu ; elle est très-mince et percée vers la peau; l'intérieure est plus mince. Ces deux membranes ne sont pas contiguës : il y a entre elles une certaine quantité de sérosité rougeâtre. La membrane intérieure paroît renfermer immédiatement la racine des poils ; elle paroît formée de trois ou quatre fibres, qui servent de gaine au poil avec lequel elle passe à travers la peau , pour se réunir avec l'épiderme , qui n'est poiut percé , comme on le dit communément, mais qui se réHécliit et se prolonge sur le poil, ainsi que Riiysch et PFithqf' Vont remarqué.

On pourroit croire , d'après les maladies auxquelles les clieveux et les poils sont exposés, que leur racine est creuse et vasculaire, peut-être comme les plumes des oiseaux j que les vaisseaux du bulbe se prolongent dans leur corps même, et que la lic[ueur du bulbe s'y filtre , non seulement pour les entretenir, mais encore pour les faire croître.

Remarques. Quoiqu'on ait attribué divers usages aux poils el aux cheveux , il faut avouer qu'on ne les connoit pas parlaitemeMt , et l'idée qu'on a qu'ils servent à l'ornement est si arbitraire, que si on les aime ^ans quelques pays d'une couleur, on les préfère ailleurs d'tine antre : en général, on aime les cheveux blonds <lans les piiys où les bruns sont le plus communs; les roux, les routes, dans ceux où ces cheveux sont plus rares , mais pas tellement qu'ils puissent paroître une monstruosité.

La couleur des sourcils, des cils et autres poils, est ordinairement analogue à celle des cheveux : cependant il y a de».; variétés telles , que des personnes ont eu dans les poils et les cheveux des couleurs diverses, et même que quelquefois les cheveux d'un côté de la tête sont d'une couleur différente de cellô t de l'autre côté. \

La longue chevelure étoit chez les Gaulois une marque d'hon- j neur et de liberté ; les Romains avoient les cheveux courts du temps | de César, lorsqu'ils n'étoient plus libres. On a eu dans notre j révolution une idée contraire, puisque ceux qui se disoienl les j meilleurs républicains se faisoient couper les cheveux.

D K LA S r L A X C H N O L O G I E. 38^

On il aussi allaclié des idéns religipiises à telle ou tel!- manièrU rî'.ivoir It.'S cheveux courts ou longs , blonds ou noirs , crépus ou jfloltiuis. Le peuple hébreux portoit les cheveux longs > et leurs })rètres se les iliisoient couper. Nos prêtres s'en font couper une ])ortion sur la partie postérieure et supérieure de la tête, et cette opcralion religieuse s'appelle la tonsiire.

Cliez les Grecs, on coupoil. les cheveux aux enfans au moment tie leur puberté, pour les offrir aux dieux 5 quelques peuples se coupoient les cheveux dans leurs grands malheurs. On a tenu en grand honneur dans quelques pays ceux qui avoient de longue* chevelures, et sans doute que c'est pour y suppléer qu'on a imaginé les perruques. Saint Grégoire de Naziance se récrioit dans le douzième siècle contre les fenîmes qui fornioient sur leur tête une espèce de tour avec des cheveux étrangers , des nœuds, des bouclés arrangées par étages»

Mais ces perruques , malgré les déclamations , ont été portées de différentes manières , et diversement façonnées. Les prêtres, après beaucoup de débats, s'en sont ornés, ainsi que les magistrats, les militaires : les princes eu ont porté de si volumineuse» à\\ temps de Louis XlV , qu'elles recouvroient la moitié du corps. Aciuellement les hommes les quittent, et les femmes les portent quelquefois blondes lorsqu'elles sont brunes, etc. On ne peut rendre raison de tous les caprices qu'on a eus de tous les temps , et qui dureront vraisemblablement autant que les hommes.

Les médecins portoient aussi depuis très-long-temps des perru» ques extrêmement longues, et formées de plusieurs boucles flottantes sur les épaules ; mais ils les ont quittées depuis le coiumencernent de la révolution.

C'est sans doute d'après l*idee que Ton a attaché à telle ou telle couleur des cheveux, que l'on s'est imaginé de les recouvrir aveo de la poudre et de la pommade pour l'y mairitenir 5 et l'on sait que tantôt on s'est servi de la poudre blanche , grise , brune , rousse , iioire : mais cette manière de les colorer n'est-elle pas con-" traire à la transpiration , qui est et doit être si abondante dans cette partie ? car je ne doute pas qu'il ne se fasse par les cheveux et par les poils une copieuse excrétion.

La méthode de se peindre les cheveux par des topiques (1) qui les désorganisent et les brûlent , peut être si funeste , qu'elle a donné lieu à des douleurs de teie atroces , et encore à des accidens plus graves, et qu'on n'a fait cesser qu'en rasant la tête.

(1) On trouvera dans V Encyclopédie ^ article Cheveux, le dét;ul de tUyerses préparations île ce jjonrc , la plupart très-tlaiigercuscs.

J'en- ai vu des exemples, et entr'aulres le fils d'un magistrat, jié avec les cheveux très-roux, lequel, parvenu à l'âge de dix-lmit à vingt ans, se les fit colorer en noir avec une liqueur corrosive qu'on vendoit à Versailles. Il changea en effet la couleur de ses cheveux, qui devinrent bruns 5 mais il eut des maux de tAtô affreux et de vrais accès d'épilepsie , dont il n'a été guéri qu'en lui faisant bien raser la tète , qu'on recouvrit ensuite d'un grand vésicatoire.

Les poils sont très-denses et résistent beaucoup à l'extension y leur densité augmente beaucoup avec l'âge, car elle est à-peu-prèa trois fois plus considérable dans la vieillesse que dans l'enfance. On a remarqué que les chiens digéroient les os , et qu'ils rendoien< avec les excrémens les poils comme ils les avoient avalés : ils ne se ramollissent pas dans la machine de Papin. On en a trouvé ' dans des parties du corps , baignés dans du pus sans être altérés^ , et on sait que les poils sont de toutes les parties du corps celles i qui sont les dernières détruites , dans des cadavres exposés à l'ai» ■ ou renfermés dans les tombeaux.

La couleur des poils ainsi que des cheveux a été altéréô par des maladies j on l'a vue changer plusieurs fois , et il n'y a rien de plus commun que de voir de vives affections de l'ame ou diverses maladies donner lieu à un tel changement de couleur des cheveux , qu'ils sont devenus tout-à-coup blancs dans des personnes peu avancées en âge, ou même qu'ils ont pri» , d'autres couleurs extraordinaires.

Cependant, quoique les cheveux et les poils se durcissent avec ; l'âge , il y a des jeunes gens qui les ont très-durs , et des vieiU | lards qui les ont souples et mous \ des maladies peuvent changer leur densité ©u leur volume , les durcir ou les ramollir, les gonfler ' ou les rendre plus grêles , même les fendre ou les séparer en dewa , dichophya{\). On a vu plusieurs fois dans des plica le sang couler des extrémités des cheveux (a), lesquels d'autres fois se collent, se confondent ensemble moyennant une humeur très-visqueuse qu'ils vaissent transsuder : on les a trouvés tellement entortillés , qu'ott ne pou voit absolument les démêler, formant une espèce de ru'»;< ban. Cette maladie porte le nom de Irichoma ou le plica polo* nica (3). Elle est endémique dans la Sarinatie, dans la Russie

(1) Journal eiicyclopéd. 1783 , Ch. Frid , Liidvrig , Aiiat. pathoL p. 29^ Hdller, Elément. physioL

(2) Extrait d'une letti-e irle chiriirgip à M. JHegix à Montpellier, i68S jn-! a. Réponse à cette lettre , Monfppllier, 1698, in-12. ;

(3) Stalial , Ve plica polonica ; Haller , Diss.

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t dans la Tartarie , et l'on assure que le vice vénérien n'en est nullement la cause , quoiqu'il s'y joigne quelquefois 5 le plica ' tacjue fréquemment les incligens qui vivent dans la malj)ropreté , t quelquefois aussi les riches et les personnes les plus propres. Oa a vu des pliques dont le poids étoit énorme (1).

Personne n'ignore que les cheveux et les poils tombent dans de vives affections de l'ame (2) , après de granrles maladies , les fièvres putrides, malignes, quelquefois aussi dans cenx qui ont la vérole , le scorbut , la phthisie pulmonaire , la fièvre lente. 1? alopécie a quelquefois lieu dans des sujets chez lesquels on ne peut découvrir aucune maladie ; mais , s'ils sont jeunes , ils ne tardent pas de recouvrer leur chevelure et leurs poils.

On a trouvé des poils dans les parties internes, dans le cerveau, à la surface interne du cœur (3), dans le mésentère, dans l'ovaire (4) t dans le vagin , dans le testicule (5) , dans le rectum (6) , CTJr la langue (7). Ces concrétions pilaires ou piliformes ont quelquefois occasionné des accidens plus ou moins graves.

(0 Walther, Tratisact. philosopk. 1731. On trouvera dans notre Histoire de l'anatomie le titre de plusieurs ouvrages curieux sur cette extraordir kaire maladie.

(2) On en a recueilli divers exemples : Canities à metu. Borellus , etc.

(3) Senac , Traité du cœur.

(4) Schacher, Programma , 1733.

(5) Schaarschmidt med. chir. ouvrage allemand très-estiiné.

(6) Observations curieuses de Marchettis.

(7) Observation (jue j'ai rapportée à l'article de la Langue.

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