‹ Cours d'anatomie médicale, ou, Élémens de l'anatomie de l'homme [electronic resource]Chapitre 24 sur 37 · DE LÀ S P L A N C H N O I. O G I E · texte numérisé non relu

DE LÀ S P L A N C H N O I. O G I E

jiile membrane. Riolan a accrédité cette erreur (i). Cependant on voit très-clairement que la cornée transparente n'est point une continuation de la cornée opaque , et que les deux membranes sont jointes par un tissu fibreux, comme l'a remarqué Demours , et comme nous l'avons observé nous-mêmes.

La cornée transparente est pourvue de vaisseaux sanguins , mais si grêles, qu'on ne peut les apercevoir par les injections les plus heureuses ; cependant les inflammations les démontrent trop clairement pour qu'on puisse douter de leur existence : on peut y démontrer aussi quelques filets de nerfs jîqui la parcourent.

Kemarques . La cornée transparente donne passage à la lumière, et en rapproche d'autant plus les rayons j qu'elle est plus convexe , plus dense ^ et que ses rayons sont plus réfrangibles. Des sept rayons dont la lumière est composée, on sait que le rouge se brise très-peu , et que le violet est celui des sept qui se brise le plus. La convexité de la cornée étant d'autant plus grande, que l'humeur aqueuse est plus abondante, lorsqu'elle s'applanit, comme cela a heu dans les vieillards qui sont presbytes ^ qui ne peuvent distinguer que les objets éloignés , il faut suppléer à sa convexité, et encore à celle du cristallin, par des verres plus ou moins convexes : aucontraire, il faut donner aux myopes ^ ou à ceux qui ne voient les objets qu'à une très-petite distance, par raison de trop de convexité de la cornée transparente et du ciistallin, ainsi que par trop de densité des humeurs, des verres plus ou moins concaves. Chez les personnes affoiblies par des évacuations considérables par de nombreuses saignées , ou enfm |)ar des maladies, l'humeur aqueuse venant à diminuer, la convexité de la cornée transparente diminue , et aussi leur vue s'affoiblit; ils ne voient clairement que les objets éloignés d'eux. C(;tte foiblesse de la vue se répare bientôt dans la jeunesse.

Les yeux s'affaissent plus ou moins dans la plupart des sujets aux approches de la mort. La cornée transparente se couvre, comme J-Vinslov/ l'a remarqué, d'une pellicule formée par î'épaisfiissement de l'humeur qui Iranssude de sa face antérieure, et qui n'est plus absorbée 5 cependant cett« pellicule ne se forme

(0 liulld ex parte separabilis, Anthrop. p. 275.

4^4 i^WATOAlIE HtîÔICALE,

pas dans tous les mourans. Les yeux des nspliixiés, des apoplrc^ tiques , conservent ordinairement leur pelluoidité.

La cornée transparente est très-dense et très-forte ; aussi se rompt-elle très-rarement et même par des causes externes très-t violentes, à moins que son tissu ne fût déjà atteint de quel.jue ulcération; car alors il pourroit survenir qu'elle fût rongr^e par quelque humeur acrimonieuse , ou qu'elle fût déchirée par le moindre effort.

Cependant les observations ont prouvé que la cornée tran-] irente très-saine avoit été déchirée par une cause extérieure, ( t cuie non-seulement l'humeur aqueuse s'étoit évacuée , mais encore que le cristallin, et même l'humeur vitrée (i) , étoient sortis du j;ioba de l'œil , au point qu'il s'en étoit entièrement vidé.

Les plaies de la cornée transparente se réunissent facilement, et souvent sans qu'il reste la moindre trace de cicatrice. Souvent il se fait entre les lames de cette membrane, sur-tout après les inflammations, des dépôts lymphatiques qui produisent Va/bugo, lesquels peuvent être si étendus, qu'ils empêclu^nt entièren.ent le passage de la lumière, et de telle ténacité, qu'ils ne s'effacent jamais ni naturellement, ni artificiellement; cej)endant plusieurs ont terminé par disparollre d'eux-mêiiies par l'absorption de l'humeur épanchée. On a vu plusieurs fois des abcès dans la cnrtice transparente en détruire le tissu ; mais il ne faut pas oubli r que, comme la conjonctive couvre sa face antérieure, et qu\!!j reçoit beaucoup de vaisseaux sanguins et lymphatiques, elle t st sujette à se gonfler, à s'épaissir dans une plus ou moins gram'i; étendue , sur-tout du côté du grand angle de l'œil , pour Ibnutr ainsi une espèce d'excroissance membraneuse, mince, large, arrondie en forme d'ongle , qu'on appelle pterigium ou j7a«^ nus : bien plus , il se fornze dans la. conjonctive des excioissances arrondies avec une base assez large ou avec un petit pédicule, des abcès entre cette membrane et la cornée transparente, ou entre les lames de cette dernière membrane qui ont éfé quelquefois prises pour des hypopiam ^ mais sans raison , n'y ayant pas alors d'épanchement de pus dans les chambres de l'œil. Aussi ces abcès se sont-ils souvent guéris plus facilement qu'on n'avoit cru , et que cela n'etit eu lieu , s'il y avoit eu . . j

(i) Dans ime chienne dont parle Saint- l'i'es, la cornée transparente fui j rompue par une contusion extérieiu-e , les humeurs soriirent, et la chienne j recouvra la vue. Cet exemple, qui a prouvé que le cristallin u'ctoit paS '! absolument essentiel à la vue, n'a pas peu concouru .1 faire connoitrc que le siège de la cataracte étoit dans le cristallin, et à faire admettre la nià'

tiiocle Jl • tstraire. j

DE t X S ? L A N C II N O I. O G I E.

iiichement de pus dans les cliambres de l'œil 5 car alors l'abirpliou ào ces épaiiciieniens est toujours fort longue à se faire.

La cornée transparente a été très-souvent trouvée intacte dan3 . •li!sieurs maladies Je l'œil, dont on fixoit cependant le siège en 1. • (^1), quoiqu'il existât uniquement dans la conjonctive qui la 't ou dans le ti.ssu cellui iire qui l'y unit. Elle s'épaissit quelfois par état de maladie, et tellement, qu'elle acquiert la iji insistance de la corne ou d'un cartilage durci.

La cornée transparente et la cornée opaque, chez les vieillards^ - '-.it plus épaisses que dans ceux qui sout d'un âge moins a\Mncé ; [ i cavité qu'elles forment diminue , ainsi que celles formées par

litres membranes; ce qui fait que les yeux des personnes s sont plus petits que ceux des jeunes. Dans la vieillesse, I ^ humeurs affluent dans l'œil en moins grande quantité, soit ]i.irce qu'elles sont plus denses , soit parce que les vaisseaux n» les transportent pas avec la même célérité ni avec la même abondance. C'est aussi par rapport au rétrécissement de ces mêmes vaisseaux et des membranes de l'œil , que la cornée transparente est toujours plus petite dans la vieillesse que dans là jeunesse : ce qui , réuni à l'applatissement du cristallin rend, les vieillards presbytes, comme on l'a déjà dit.

La cornée est presque insensible, recevant très-peu de nerfs 5 mais la conjonctive, qui en reçoit beaucoup, est. douée d'une très-vive sensibilité, que l'inflammation peut augmenter encore: l'rpanchement de sang survient alors dans le tissu cellulaire , forme une espèce de voile qui intercepte le passags des rayons lumineux dans l'œil, et empêche le malade de voir les objets, ou ils lui paroissent teints en rouge. L'abus des collyres relàchans chauds a produit quelquefois de funestes effets : aussi, tant qu'il est possible, il faut préférer ceux qui sont froids aux autres. iVforgagni a célébré les heureux effets de l'eau froide contre les ophthalmies qui ne dépendoient que d'un simple engorgement des vaisseaux de la conjonctive et de la cornée; ce grand homme ■croyoit, à l'âge de quatre-vingt-deux ans, devoir à leur usage de ne pas avoir eu besoin de lunettes. On trouvera d'autres détails sur les maladies de la conjonctive et sur celles de k sclérotique dans divers traités des maladies des yeux.

(1) Morfrngni a tléja remarqué qu'on établissoir. dans la cornée transpiirrnfe j)hisi"urs attections qui n'existent que dans la portion dr la conjonctive qui la rovôt. -, et le peu de dissections que nous ayons fait de ce (^caïc nous a paru le prouver.

4l5 ANATOMIE MÉDICAXË^

De la choroïde.

C'est la seconde tunique clu globe de l'œil : elle est noirâtre, et parsemée de beaucoup de vaisseaux, comme la peau dont il paroît qu'elle a tiré son nom.

Situation. Elle est placée entre la cornée opaque et la rétine, s'étendaut depuis le péduncule du nerf optique jusqu'au ligament ciliaire.

Divisions. On peut y considérer une face externe , une face interne, une ouverture antérieure et une ouverture postérieure. La face externe , qid est convexe , répoud à la face interne concave de la cornée opaque ; sa couleur est rouge chez les enfans^ et noirâtre dans les adultes : elle adhère , par des vaisseaux nombreux, à la cornée opaque.

La face interne de la choroïde, qui est unie, répond à la rétine , sans s'y attacher en aucune manière ; elle est couverte d'une humeur qui la rend noirâtre , à l'exception de sa partie postérieure autour du nerf optique. Riiysch j qui a regardé ce corps noirâtre comme la lame interne de la choroïde, lui a donné son nom , et l'a appelé membrane ruyschienne.

La circonférence de l'ouverture antérieure est unie à trois parties différentes : en dehors, avec le ligament ciliaire î en dedans, avec les procès cil iairesj et dans son milieu ou son interstice, avec la grande circonférence de l'iris.

L'ouverture postérieure est ronde , unie , et donne passage au nerf optique , à la face extérieure duquel elle est unie.

Vers le ligament ciliaire, cette tunique noire adhère assez iortement à la membrane extérieure du corps vitré 5 on a remarque qu'étant plongée pendant trèspeu de temps dans de l'esprit de vin , elle y per-

DE LA SPLANCHNOLOGIB, 4^7

doit sa couleur noire, qu'elle devenoït blanchâtre, tt qu'il se formoit sur elle une espèce de duvet, Ll.tns lequel on pouvoit distinguer des vaisseaux sanguins , qu'il étoit possible que les inflammations ou les injections rendissent beaucoup plus apparens.

Vaisseaux et nerfs ciliaires. Entre la choroïde Dt la cornée opaque se trouvent les nerfs et les vaisseaux ciliaires j ils marchent de derrière en avant , en fournissant des' rameaux qui serpentent sur la ("ace interne de la choroïde : il paroît que les artères sont plus internes que les veines , et que les unes et les autres forment des réseaux admirablement lin. Ces vaisseaux s'anastomosent en plusieurs indroits avec des artérioles et de très-petites veinules qui se rendent au ligament ciliaire , et qui \' forment aussi des réseaux particuliers , comme HallerVo. remarqué.

Structure. La choroïde est molle et mince, mais IdIus en arrière qu'en avant. Y a-t-il deux lames jlans la choroïde ? Ruysc/i le croyoit , et son opinion \ été adoptée de plusieurs anatomistes ; mais il paoît que cette structure n'a jamais éîé bien démonrée dans l'homme. Albinus , H aller y Zinnius )nt soutenu que la choroïde de l'homme étoit une nerabrane simple qui ne pouvoit être divisée en deux ames j et il ne paroît pas en effet qu'elle en soit usceptible.

La choroïde est réunie à la cornée opaque, rès-près de la cornée transparente, par une ^spèce d'anneau blanchâtre, large d'environ une igne, et ayantun peu plus d'épaisseur. La plupart des inatoinistes modernes l'ont appelé ligament ci- 'laire (i) , lequel est formé de petites lames de

(i) C'est le corps ciliaire de i^a//o;7e, Morgagni^ l'anneau

4l8 AN A TO MIE MLDICALE,

tissu cellulaire , dans V ntervalle desquelles se trouve nne humeur a(|ueuse , et dans lesquelles vont se répandre des filets des vaisseaux et des nerfs ciliaires.

Des glandes. Quelques anatomistes , après Maljj/g/ùy ont admis dans la choroïde des glandes qu'ils ont regardées comme l'organe sëcrétoire de l'humeur noire qui la recouvre : cependant les bonnes observations ne les ont point démontrées. Il paroît que l'humeur noire est sécrétée par les , extrémités capillaires des artères de, cette membrane j mais on ne peut dire comment ceke humeur se forme , quoique Lecat ait voulu l'expliquer.

Kemarques. Quelques physiologistes (i) ont cru que la clioroïJe étoit le véritable siège de la vue; ceppiidant l'humeur glutincuse dont sa lame interne est j)riucipalement enduite, devroit,,t faire croire qu'elle est garantie de Tinipression des rayons lumi-'-î neux, et que laA'ue se forme dans la rétine, qui est placée au-devant t d'elle. L'humeur de la choroïde est d'une couleur moins foncée dans les personnes très âgces , que dans les jeunes sujets : sa couleur peut être altérée par état de maladie; elle est à peine noire dans celles qui ont quelques infiltrations dans l'œil ; elle a une teinte jaunâtre dans les fortes jaunisses; souvent même on distinguo en elle des taches noires , qui sont quelquefois de véritables ecchy- • jnoses. Après des coups violens à la, tête , et encore plus sur l'œil, les vaisseaux de la choroïde sont devenus variqueux ou se sont rompus , et ont donné lieu à des épanchemens de sang considérables entre cette membrane et la rétine. J'ai trouvé des liydatides entre ces deux membranes.

De l'iris.

L'iris est une cloison percée ù peu près vers son milieu , qui sépare la chambre antérieure de l'œil lie la chambre postérieure.

cellulaire de Zinn^ le plexus ciliaire de Lieutand ^ le cercle blanchâtre de Winslow le ligament ciliaire de Ruysch^ Baver' ney-, Sabatier^ Gavard^ etc.

Cl-) MarioLte, Saint- Yves , Lecat , Taylor , ei autres. Voyez les auteurt «ilés daus VMiitoiiÇ de l'anaiomief i. VI, p. 4i^» et «uHem-s.

Page 1