DU NEZ ET DES CAVITÉS NASALES
Notis avons déjà parlé de divers os qui forraeiit: le nez et les cavités nasales ; après avoir donné une ■ description détaillée de chacun d'eux , nous avons ; examiné les fosses qu'ils forment par leur réunion en général et en particulier , ainsi que la cloison osseuse qui les sépare j nous n'en dirons ici qu'un mot pour ne pas nous répeter : nous ne parlerons ; pas de la peau qui revêt Je nez, n'ayant rien de plus particulier que celle du reste du "corps, nous.
(1) On s'en est heiireusoment servi contre la maladie conviilsive qui rè;^ne dans la Fouille, et qu'on a appelée tarentisme , jiarce qu'on l'atlribuoit à la piqûre d'une espèce d'araignée, appelée tarentule, très-commune «lans les campagnes de Tarente. Le docteur S'errao , célèbre médecin de Naples, a démontré que cette maladie ne proveHoit nullement de celte cause. »
(2) VoyfZ Roger, Tentamen de vi sorti et musices. ATenioi.e, 175), in-tt", et autres ouvrages modernes intéressaus.
(S) Osiéol. t. I, p. 67.
DE LA SPLANCHNOrOGIE. 4S1
De décrirons pas non plus les muscles du nez, puisque nous en avons traité dans la myolo^ie , ni ses vaisseaux sanguins et lymphatiques, ni enfin ses nerfs, les ayant décrits ailleurs : cependant, pour donner une idée générale du nez , nous serons obligés de faire une récapitulation succincte de tous ces otjjets , et de donner une description plus détaillée de ses cartilages, qui n'ont point été décrits.
Divisions. Le nez forme une espèce de chapiteau qui recouvre les ouvertures antérieures des deux cavités nasales : on peut le diviser en plusieurs régions j la suyjérieure ou la racine, qui est la partie la plus rétrécie ; l'inférieure , ou la partie la plus évasée; la moyenne, qu'on appelle le dos du nez j les latérales, dont les parties inférieures sont nommées les ailes du nez. Les cavités nasales sont antérieurement séparées par un cartilage , et postérieurement par le vumer.
Cartilages. Les cartilages sont au nombre de cinq, un moven, et quatre latéraux. Le cartilage moyen complète la cloison des narines j il est cle figure triangulaire, adhérant par son bord inférieur avec le vomer et les os maxillaires : supérieurement il est uni avec le bord inférieur de la lame appelée perpendiculaire de rethmoïde j antérieurement il est réuni aux cartilages latéraux du nez. J'ai trouvé un trou dans ce cartilage ; ce qui faisoit que les cavités nasales communiquoient ensemble.
Des cartilages latéraux, deux sont supérieurs et deux sont intérieurs. Les supéiieurs ont la forme d'un carré irrégulier j ils sont convexes en dehors et concaves en dedans: par leur bord supérieur , ilâ sont unis aux bords inférieurs des os carrés du nez; par leur bord inférieur, ils sont contigus aux cartilages inférieurs; parleur bord antérieur, ils 4. 3i
482 ANATOMIE MlÉDîCALÊ,
sont réunis au cartilage mitoyen ; par leur bord pos-^ térieur , ils adhèrent aux apophyses montantes des os maxillaires. Les cartilages inférieurs forment les ailes du nez ; ils sont unis supérieurement aux cartilages supérieurs , postérieurement à l'os maxillaire, ûntérieurement au cartilage moyen. Ces deux cartilages sont minces , peu compactes , et postérieurement recourbés sur eux - mêmes. Ils sont tous attachés les uns aux autres par deux fourreaux ligamenteux , dont l'un est interne et l'autre est externe , et encore par des ligamens courts qui les unissent ensemble , et même avec les os. Ces cartilages sont terminés de manière qu'ils paroissent s'articuler ( 1 ) ensemble par leurs diverses correspondances.
L'extrémité inférieure du nez est surmontée d'un corps graisseux et glanduleux (2) plus ou moins saillant, et arrondi sur le bout du nez et au bord inférieur de ses ailes ; on y voit plusieurs cryptes on lacunes , desquelles découle une matière onctueuse, quelquefois très- abondante (3). Les cartilages latéraux se réunissent du nez , en formant une face plus ou moins plane ; ce qui rend le bout du nez plus ou moins pointu ou épaté.
(1) Duverney, OEuvres posthumes ^ t. I.
(2) Ces glandes s'obstruent quelquefois dans ceux qui sont atteints d'Iiumeurs scropLuleuses , souyent avec les glandes maxil- ' laircs.
(3) J'ai vu suinter de ces cryptes des tumeurs concrètes qui ressembloientà des vers ^ desquels le peuple ne faisoit aucune différence ; quelquefois il se forme sur ie nez des espèces de tanes qui imitent le cancer , et qiii sont même cancéreuses. J'en ai vu qui ont été extraites avec un onguent exutoire , et avec le plus grand succès, lorsqu'on croyoit le malade destiné à perdre le nez par un cancer.
DE LA SPLANCHÎiOLOGIE. 4^3
Les muscles du nez sont le pyramidal, le relcyeur îcoiniiiun de l'aile duriez et de la lèvre supérieure, le transversal et i'aijaisseur de l'aile du nez : c'est au moyen de ces muscles , dont nous avons déjà donné la description et indiqué les usages particuliers, que le nez exécute des mouvemeils pfeu apparens dans l'état naturel , mais qui le deviennent dans les personnes qui éprouvent de la difïiculté de respirer , et sur - tout ordinairement chez les moribonds , dans lesquels on voit s'élever et s'abaisser avec beaucoup de rapidité les cartilages lat<4r -i raux inférieurs du nez.
Vaisseaux du nez. Les artères extérieures sont burnies par l'artère angulaire , la frontale , la sousorbitaire, l'ophthalmique , la labiale ^ elles s'anastomosent entre elles , et forment sur le dos du nez un réseau dont divers rameaux se perdent dans ses :artilages ; d'autres pénètrent l'intérieur par les TOUS des os carrés du nez , par les ouvertures aasales, et se distribuent dans la membrane . pitui- ;aire : les veines ont une marche fort ressemblante !i celle des artères ; elles sont cependant plus nomareuses.
Nerfs du nez. Les nerfs extérieurs du nez yien" lent du rameau nasal de l'ophthalmique de }Villis , le la branche sous-orbitaire, et du facial.
Remarques. Nous ne dirons pas ici qu*il y a de nombreuses Mrittés dans la longueur , la grosseur, la direction et la forme u nez; personne ne l'ignore, (i) Ces différences tiennent à des ;ause3 peu connues : les individus de certaines firailies ont le nea
(i) On poiirroit, si l'on voiiloit des détails historiques smï c?t objet, lir« B» remarques historiques Je Miolan,
4'une configuration quelquefois si ressemblante , qu'il est pouf eux comme uu caractère très-distinctif (j).
Les plaies des cartilages du nea se réunissent facilement , lorsqu'il n'y a qu'une solution de continuité sans détachement complet des parties ; il suffit qu'il y ait encore une continuité de quelques vaisseaux pour que la cicatrice des parties séparées puisse se ,£/iire. Ou a des exemples singuliers de nez qui ne tenoient que par un très-petit lambeau de chair, et qui ont repris. Cela ne doit pas surprendre quand on sait que l'avantbras d'un soldat s'est réuni au bras quoiqu'il n'y tint que pat' un peu de chair , que des chirurgiens habiles auroient fini de couper, sans Lapeyronie qui s'opposa au complément de cette amputation; la guéiison fut telle, que toutes les parties se réunirent, et l'avant- bras fut conservé (2).
On ne doit donc pas être surpris que les parties molles du nea se réunissent lorsque quelqu'une d'elles n'a pas été entièrement séparée ; mais on le seroit beaucoup si , après une entière dé» sunion , le nez s'éloit réuni , comme quelques auteurs ont dit que cela avoit eu lieu (3) : cependant on n'a jamais pu faire reprendre aucune partie du corps , lorsqu'elle en a été complètement détachée ; nous ne pouvons non plus croire que la méthode que Tagliacot a publiée, et que tant de personnages graves ont préconisée, ait eu du succès, offrant un si grand nonibre de difficultés, qu'on la juge impraticable. Ce médecin a proposé de détacher par l'incision un lambeau de la peau du bras , d'en appro- ■ cher une extrémité d'un des bords de la pîaie du nez, et de le»i maintenir par une ligature en conservant l'autre extrémité con*,tinue au bras jusqu'à ce que la réunion de celle du côté du nez fût faite; alors il conseilloit de la détacher du bras, et de la tenir rapprochée de l'autre côté du nez jusqu'à complète réunion (4).
(1) Presque toxis les individus de la famille de Saint-Charles Borromée • aToient le nez aquilin ( il y en a encore en Italie qui se flattent d'en i «lesceudre, et qui ont le nez ainsi couloimé ). J'ai vu divers individus '< de deux ou trois familles, dont le hout du nez étoit en uiouventent toutes f les fois qu'ils narloient ou qu'ils se livroient à la m»siicaiion des aliiiiens, tant la mobilité des cartilages du nez étoit <;rande.
(2) Voyez le Traité des opérations de Dionis, commenté par Lafaje.
(3) Voyez le Traité d'opératio?is de Garangeot.
(^) On peut voir, si l'on veut d'ultérieurs détails sur l'histoire sinefiilière » de cette opération , ce que Haller en a rapport»^ dans sa grande Physio- ■ fogiSf et ce que nous en avons dit à l'article de Tagliacot. Hist. de l'antt''' t. II, p- Voyea aussi les Observations critiqua de Goulin sur noti-e.î •uYrp|ye. I
DB LA SPLAKCHNOI-OGIE. 485
Cavités nasales. Les cîivirés nasales dont nous avons donné la description dans le Traité d'ostéologie, sont formées, comme il a été dit, par la réunion de l'os ethmoïde, de l'os sphénoïde, des os carrés du nez , des os unguis, des cornets inférieurs , des os maxillaires, des os palatins, et du vomer.
On peut considérer dans chacune de ces cavités une ouverture antérieure derrière les cartilages du nez , et une postérieure plus large , et qui s'ouvre djns la Fosse fxutturale j la partie supérieure des cavités nasales est formée antérieurement par les os carrés du nez et les apophyses montantes des os maxillaires ; la partie moyenne par la lame horizontale de l'ethmoïde,, et la partie postérieure par une portion du corps du sphénoïde,
Inférieurement les fosses nasales, qui sont beau-, coup plus amples, forment une espèce de demi-canal incliné de devant en arrière (i) j elles sont formées par l'apophyse palatine de l'os maxillaire , et par la portion horizontale des os" palatins.
Leur partie externe est inégale , et formée par les os unguis , par la portion verticale des os du palais , par les cornets inférieurs , et par les os maxillaires.
En dedans , les fosses nasales sont séparées par une cloison mince , unie , perpendiculaire ordinairement, mais souvent déjetée latéralement ; elle est fo rmée par la lame descendante de l'ethmoïde , par le vomer, et parle cartilage moyen da-nez.
(i) Cfî sont deux espèces de gouttières dans lesquelles on peut introduire une tente , une sonde , une bougie pour arrêter le* héniorragif's du nez, ou des pinces pour extraire des polypes. C'est par l'une de ces gouttières que l'homme dont parle pj^inslow *, insinuoit dans son nez un grand clou , à l'exiréniité antérieure duquel il attachoit un poids coubidérabie <|u'il soulevolU Voyez le Traité d'ustéol. t. 1, p. i2i.
• jicadimU des sciences , 1721.
I^es cellules etlunoïdales , les quatre méats, les. sinus IVontaiix, etlimoïdaux , splicnoïdaux et maxillaires, font partie des fosses nasales , et s'ouvrent en elle^.
Tous ces sinus qui communiquent ainsi avec les fosses nasales , ont été décrits dans le Traite d'ostéologie'f on y a exposé leur situation, leur étendue, leur forme j on y a ausçi fait remarquer qu'ils étoient plus ou moins amples en divers sujets , et qu'ils çtoient à peine ébauchés chez les enfans.
De la membrane pituitaire (i).
Cette membrane tapisse toute l'étendue des cavité^ ïiasalcs ; de sorte que plus la surface nasale est étendue, plus la membrane pituitaire a de dévelop-r pement.
Elle est si ample , que si on pouvoit détruire, ses adhérences, et l'extraire des os auxquels elle est attachée , elle fonneroit une membrane d'une grande étendue j car elle fait dans l'intérieur du nez un nombre prodigieux de replis pour tapisser ses diverses cellules, sinus et autres anfractuosités j elle se prolonge dans les voies lacrymales, dans les trompes à' Eustachl, et dans l'arrière-bouche, pour se coni'ondre avec les membranes du pharynx et du, larynx.
(i) Ainsi nommée , parce qu'elle est couverte d'une humeur glaireuse , à laquelle on a donné le nom de pituite ; on l'appelle aussi souvent membrane de Schneider ^ le premier anatomiste qui l'ail bien décrite *. On l'a nommée aussi olfactive.) parce que c'est sur cette membrane que les nerfs perçoivent la sensation dç. l'odorat.
* De catarrhis : VV'itteLerg , an 1660 , 111-4°. On peut aussi voir nos reçjarçiues sur cet ouY^se ; Misl. aiiat. t. il, p. 6i5.
DE LÀ SPLANCHNOLOOIE. 4^7
Cette membrane paroît par sa continuité avec la peau aux ouvertures du nez , en être un vrai prolongement , mais d'un tissu moins serré : on peut y observer une face interne couverte de son épidenne, une face externe adhérente aux parties qu'elle recouvre, et une partie moyenne d'une structure molle et cellulaire.
La membrane pituitaire a beaucoup d'épaisseur sur la cloison du nez , sur les cornets inlérieurs , sur les apophyses palatines des os maxillaires, et sur la portion carrée des os palatins j elle est plus mince dans les cellules ethmoïdales , sous la lame cribleuse de cet os.
Hcmarques. La membrane pituitaire n'est percée en aiicnn endroit , comme Schneider l'a si bien démontré ; de sorte que les cavités nasales et le crâne n'ont aucune communication <, en quelque endroit que ce soit : ce qui est contraire à ce que les anciens avoient cru , ou plutôt imaginé pour donner de la réalité à leur opinion sur les écoulemens pituiteux du nez , qu'ils croyoient provenir du cerveâu , pendant les rhumes et autres maladies de la tête 5 ainsi que pour rendre raison de quelques concrétions noires , formées par du sang épanché , trouvées dans le crâne, qu'ils ont quelquefois attribuées au tabac, aux fumigations ou aux injections dans le nez , dont quelques personnes avoient usé f quoiqu'elles n'eussent pu , en aucune manière , «'insinuer dans le crâne pour y former les matières qu'on y a youvées , n'y ayant aucune voie de communication 5 ou si cette communication existoit, elle étoit l'effet de quelque ulcère ou carie qui auroit rongé la membrane pituitaire et une partie de la lame horizontale de l'etbmoïde. Or , c'est de cette manière qu'on a pu trouver des vers dans le crâne , qui s'y étoient insinués après I avoir pénétré les narines , ou s'y étoient développés après avoir I produit divers accidens dont on a plusieurs fois rapporté le siège I dans le cerveau , nonobstant cependant que les anciens eussent ■ déjà relevé cette erreur, et notamment Paul d'Egine (i). Ce n'est pas seulement à l'égard des vers trouvés dans le crâne que cette erreur a été commise : dans combien d'autres parties n'a-
(i; Uorga^ni, Epist. I; art. 8.
'488 ANATOMIE MÉniCALE,
t-on pas cru que des vers s'étoient formés , unicpiement parc© qu'on les, y a trouvés , quoiqu'ils y fussent venus d'ailleurs !
Follicules , lacunes. Il y a dans la membrane pituitaire diverses follicules plus ou moins amples , et qui contiennent plus ou moins de substance muqueuse : leurs orifices s'ouvrent dans les cavités nasales.
"Ces follicules forment en quelques endroits de vrais sinus , leur ouverture étant très-étroite relativement à leur largeur et à leur profondeur j on croiroit, eii examinant leur surface grtiraeleuse et inégale, que leur paroi interne est tissue de corps glanduleux , et que l'humeur qii'ils sécrètent acquiert un surcroît de viscosité en y séjournant.
En général, ces follicules sont très apparentes sur la cloison du nez, sur les cornets inférieurs et dans les sinus , sur-tout dans les sinus maxillaires j c'est d'elles que découle l'iiumeur pituiteuse si abondante dans certains rhumes, indépendamment de la sérosité qui s'exhale de la membrane pituitaire , et qui doit être d'autant plus grande , qu'elle est plus étendue.
Vaisseaux. La membrane pituitaire est couverte de vaisseaux sanguins tant artériels que veineux ; les artères sont des branches de la maxillaire interne nasale, ordinairement divisée en deux principales branches , dont l'une supérieure se distribue principalement dans les sinus sphénoïdaux, dans les cellules postérieures de l'os ethmoïde, et dans la portion postérieure de la cloison du nez; l'autre, inférieure, qui descend dans le canal sphéno-paiatin , et qui va se répandre principalement dans la partie inférieure des narines.
La membrane pituitaire reçoit des branches de l'oplithalmique qui se répandent principalement dans les cellules antérieures el moyennes de l'ethmoïJç ; c'est ce qui 9. donné lieu à Halier et à d'autres ana^^
DB LA SPLANCHWOLOGIE. 4^9
toulistes de les appeler artères ethmoïdales ; les rameaux de ces artères s'anastomosent fréquemment avec ceux des artères précédentes.
La membrane pituitaire reçoit aussi des rameaux de l'artère sous-orbitaire, qui lui tiennent, soit de son tronc avant qu'il pénètre le canal sous-orbitaire, soit des branches qu'elle fournit en le parcourant ; plusieurs de ces artérioles, après avoir traversé la jjaroi du sinus maxillaire, parviennent dans la membrane pituitaire et s'y répandent ; des rameaux dés artères palatines parviennent aussi dans cette membrane ; enfin elle reçoit des rameaux des artères " maxillaires externes, de la labiale, de la nasale, qui pénètrent le nez par ses deux ouvertures antérieures : de sorte que de tous Ces rameaux artériels, il en résulte des lacis extrêmement considérables , et qui sont bien apparens après les inflammations de la membrane pituitaire , ou après les injections an atomiques.
Les veines de la membrane pituitaire sont aussi très ' nombreuses et très -amples. Plusieurs de ces veines , qui ne communiquent pas avec le tronc de l'ophlitalmique après s'être réunies, forment des branches qui s'ouvrent ou qui forment les émissaires de Santorini y lesquels parviennent aux sinus du- crâne par les trous ronds ou maxillaires supérieurs du sphénoïde, et par les trous ovales du même os.
Les nerfs olfactifs, ou ceux de la première paire, ne sont pas les seuls qui parviennent dans la membrane pituitaire 5 l'oplithalmique , première branche des trijumeaux, lui envoie un lilet appelé nasal ^ par le trou orbitaire interne antérieur, qui va principalement se distribuer dans la partie supérieure de l'organe de l'odorat, et dont quelques filets parviennent dans les sintis frontaux.
La seconde branciie des trijumeaux , le maxillaire supérieur ou sous orbitaire, fournit d'autres nerfs
'4Ç)0 ANATOMIE MÉDICArE,
qui pénètrent l'organe de l'odorat, en passant à travers la paroi inférieure du canal qu'il parcourt, lesquels se répandent dans la portion de la mem^ braue pitultaire qui tapisse les sinus maxillaires. Le ptérygoïdien et le palatin postérieur lui en envoient d'assez considérables , qui se répandent sur les parties latérales et, inférieures des cavités nasales. - Le nerf pérystapliylln fournit des iilets qui se distribuent à la partie postérieure et inférieure de Ig. membrane pitultaire.
Le palatin antérieur lui en donne encore j divers ' phénomènes prouvent que tous ces nerfs ont une correspondance pins ou moins intime entre eux et avec les olfactifs, quoique les anatomistes n'aient pas vu cette réunion (i).
Tous ces nerfs se dispersent dans la membrane pitultaire , en y formant divers petits plexus dont les filets deviennent très-mous ; mais ces nerfs partagentils avec ceux de la première paire la faculté de percevoir la sensation des odeurs ? Cela est probable^ mais n'est point prouvé.
Les cavités nasales donnent passage à Pair pour la respiration, soit pour entier dans le poumon par l'inspiration , soit
(i) /Tû/Zer a remarqué * que» dans les animaux qui Jouissent ie la sensibilité la plus exquise dans l'organe de l'odorat , les nerfs de la premièce paire sont les plus gros, et cela pour fournir sans doute un plus grand nombre de filets à la membrane pituitaire j qui , comme on le dira ailleurs, a bien plus d'étendue dans les animaux qui ont l'odorat fort exquis que dans les autres. Méry avoit une opinion bien différente : il croyoit que les nerfs olfactifs ne servaient pas à l'odorat, ayant, disoil-il , trouvé ces nerfs calleux dans trois ou quatre sujets , qui avoient cependant joui de cette faculté. Mais ce fait est-il assez constaté pour pou-; voir y ajoufer foi ? Voyea l'ouvrage de Méry sur les progrès d» la médecine, 1697.
♦ Elçmcnt. physiol. t. V, p. i5i.
DE LA Sl'JLANCHNOLOGïE. ^9*
Ïiour en sortir par l'expiration 5 elles renferment l'organe de 'oJorat, et concourent au perfectionnement de la voix; l'humeur visqueuse qui s'exhale de la surface de la membrane pituitaire > sert non-seulement à empêcher que l'air par son contact ne l'affecte, mais encore à lubrifier l'arrière -bouche. Il paroît aussi que cette excrétion est luie espèce de dépuration salutaire j car divers maux de poitrine et autres ont lieu quand elle est supprimée ou seulement diminuée.
Les fonctions du nez sont troublées si les voies nasales sont rétrécies par leur propre conformation 5 car il y a des sujets chez lesquels It's sinus ne prennent jamais assez de capacité, et alors ces individus ont la voix sombre , et la mucosité des narines leur découle facilement sur la face. Si la membrane pituitaire acquiert plus d'épaisseur qu'il ne le faut, soit par quelque engorgement catarreux , soit par quelque excroissance polypeuse , par des varices ou autres maladies, alors la respiration est plus ou moins gênée, le malade est obligé de tenir la bouche ouverte
f)our fJonner passage à l'air , et la prononciation des lettres appeées nasales ne peut avoir lieu, ou que très -imparfaitement } comme cela arrive encore si la matière muqueuse que la membrana pituitaire sécrète est trop épaisse , ou s'il se développe dans le nez des vers qui bouchent les sinus ; et alors surviennent en. même temps ordinairement des écoulemens muqueux et des douleurs de tète ( 1 ) plus ou moins vives , des vertiges et même dts affections épileptiques , comme nous en avons vu un exemple remarquable dans une malade qui fut guérie par des fumigations de cinabre^ conseillées dans une intention bien différente. Si les os du nez sont gonilés par des vices de conformation ou par quelques exostoses , comme cela a fréquemment lieu dans les maladies vénériennes, la respiration est aussi plus ou moins gênée; le même tfiet a eu lieu lorsque, par quelque plaie ou ulcération , les cartilages du nez se sont gonflés ou même çoUés ensemblç , comme ou dit que cela est arrivé, etc.
On ajoutera à' toutes ces affections morbifiques du nez, celles qui sont produites par diverses acrimonies scorbutiques , qui ont tant de fois donné lieu aux gonflemens , aux érosions, à la suppuration de la membrane pituitaire , et à la carie des divers os qui entrent dans la composition des cavités nasales. Souvent après de telles caries les alimens liquides ou solides, au lieu de passer dans, le pharynx, refluent dans le nez, la voix devient rauque, sépulçrale , et la mort est la suite de pareils désordres, si l'on n'en arrête.
(1) "VYchlfort, De verinibus per narcs excretis. Hal'.cr, 17Û8 , in-.4*v.
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les progrès par l'usagé des raercuriaux quand ils dépendent da vice vénérien.
Les o.s du nez j lés os maxillaires, ainsi quR les os du palais, sont quelquefois écartés les uns des autres dans cerfains sujets dès leur naissance ; alors la respiration et la déglutition sont plus ou moins gênées. Un homme dont parle Verrheyen \ comme on l'a déjà dit à l'article du Coronal ^ auquel on avoit pratiqué l'opération du trépan sur les sinus frontaux , ne respi. roit facilement que lorsque le trou étoit couvert d'un emplâtre (i).
Toutes ces aifecttons morbifiques sont autant de causes des maladies du nez plus ou moins graves. La perte de l'odorat, a/zo^wz/e, qui est pe\it-être la moindre de ces maladies , survient lorscpie la membrane pituitaire est Couverte d'une trop grande quantité de mucus j alors les émanations des corps odorans ne peuvent faire sur les houppes nerveuses une impression assez vive pour les excitr r. L'odorat pourra aussi être diminué ou détruit, si les nerfs sont comprimés à leur origine dans le cerveau ou dans leur passage dans les trous de l'os ethmoïde , ou encore s'ils ont été excités trop vivement et trop long-temps par de trop vives odeurs; le tabac même termine par engourdir l'action des nerfs : au contraire, l'odorat deviendra plus exquis, et souvent tro]}>, s'il y a dans le système nerveux en général un excès de sensibilité, et en particulier dans la membrane pituitaire 5 ce qui fait que certains malades ne peuvent supporter l'impression des plus légères odeuis: celle du musc, de l'ambre , fait tomber quelquefois en syncope les femmes en couche.
Les accès hystériques sont fréquemment annoncés par des éternuemens , et finissent par des bàillemens. La rougeole est précédée d'éternuemens fréquens qui ne cessent que lorsque l'éruption jnorbiUeuse conjmence à se faire ou même qu'elle est bien complète ; et sans doute que les enfans eu venant au monde ont la membrane pittiitaire bien sensil;>le , puisqu'il paroît que le seul contact; de l'air l'irrite assez pour donner lieu à la première contraction du diaphragme et à la première inspiration.
La mauvaise odeur qui s'exhale du nez de certains individus qu'on appelle panais ^ vient principalement de ce que les humeurs nasales séjournent, trop long-temps dans les cellules,, et qu'elles n'ont pas un égou't facile dans l'arrière-bouche ; ce qui peut dépendre ou d'un vice de configuration des diverses parties qui entrent dtns la formation des cavités nasales, ou seulement de lu membrane pituitaire , ou encore plus des chancres ou ulcératiuns véné-
(1) Corporis humari. anal, de cavit. assis frontis , p. 4'5S.