‹ Cours d'anatomie médicale, ou, Élémens de l'anatomie de l'homme [electronic resource]Chapitre 27 sur 37 · B 3S LA S P I. A N C UN O X O 6 I E · texte numérisé non relu

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tiennes et autres maladies de cette membrane (i), sur-tout dans les parties qui couvrent les [)arois des sinus ; la matière pituitaire y séjourne , et l'air qui sort pour l'expiration en entraîne des parcelles fétides. Cette maladie a été plusieurs fois regardée comme une cause suffisante de divorce , même parmi les catholiques.

Des injections fréquentes d'eau commune pour évacuer les humeurs qui y croupissent fit laver la membrane pituitaire , ont plusieurs fois suffi pour ])révenir la mauvaise odeur 5 d'autres fois on s'est servi d'une légère décoction d'aigremoine , des eaux minérales de Barège, ou d'une eau légèrement savonneuse avec un peu d'eau de roses , en même temps qu'on avoit le soin de tenir à de pareils malades le ventre libre ou par des boissons relàcliantes , ou par des lavemens énioUiens 5 on leur conseilloit aussi l'usage de quelques pastilles odorantes qu'ils laissoienk fondre dans la bouche , dont l'odeur portée au dehors par l'axpiration corrigeait uu peu celle du nez.

Mais si la mauvaise odeur du nez provenoit de quelque ulcération de la membrane pituitaire , comme cela n'arrive que trop fréquemment (2) , on pense bien qu'alors il fairt prescrire les remèdes appropriés contre leviçe du sang qui peut les produire, et l'odeur n'est pas en ce cas l'accident le plus fâcheux ; les ulcérations de la membrane pituitaire peuvent avoir les suites les plus funestes, en se propageant dans le pharynx, dans le voile du palais, dans la bouche, et en détruisant les parties molles et les parties dures.

Quel est le médecin qui n'a point vu , par suite du vice vénérien sur-tout, les voies nasales rongées , détruites, et, par l'effet d'une telle érosion, la bouche et les cavités nasales communiquer ensemble , ou les cavités nasales n'en former plus qu'une ? Tantôt cette ulcération a commencé par la membrane pituitaire , tantôt par les os : l'excessive quantité de pus qui s'écoule de cette ulcération a pu faire croire aux médecins anciens que le cerveau même en étoit la source; cependant on n'a jamais pu découvrir une pareille communication entre le crâne et la cavité du nez. Les malheureu.x qui sont atteints d'une pareille maladie du nez , péiisseat avant que l'ulcération puisse atteindre la substance cérébrale.

J'ai donné des soins à diverses personnes qui avoient des ulcères dans les fosses nasales, dont le pus étoit d'une fétidité extrême , et chez lesquelles , après des douleurs vives et profondes

(1) Peyer, De morbL nariurn. Basil. 1754. (3; C, F. Hundert Jtfartk , Z>e oima venereaf lySS, in-4*.

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dans les voies nasales , une fièvre continue redoubloit tou» Içs soirs.

Combien cette maladie est horrible et dangereuse ! cependant il ne faut pas se décourager pour le traitement. Si l'on ne peut réparer les ouvertures faites aux os, pas même souvent avec le meilleur obturateur, on peut du moins quelquefois prescrire au mal des bornes , en détruisant le vice dont il est l'effet.

J'ai rapporté dans le Traité sur le rachitisme , des observations importantes à cet égard. Le sublimé corrosif pris intérieurement ou des frictions mercurielles sur la surface du corps , à des doses convenables , seules ou réunies au sublimé , ont prescrit des bornes à des ulcères vénériens , à la carie même des fosses nasales j d'autres fois les mercuriaux ont élé réunis avec des succès étonjians avec les antiscorbutiques (i) , lorsque les ulcères tenoient du vice scorbutique.

La membrane pituitaire s'est quelquefois tuméfiée, enflammée j ulcérée à la suite des fièvres putrides et malignes. J'en ai vu des exemples , qui ont cependant heureusement terminé par l'usage du quinquina ptis intérieurement, et des injections dans les narines d'une décoction de quinquina miellée. Il se détacha de cette membrane dans une femme atteinte depuis plus de quarante jours d'une fièvre maligne des plus dangereuses , de grandes escarres véritablement gangréneuses, la fièvre diminua 5 la respiration devint plus facile et la malade guérie. La membrane pituitaire est pli>s ou moins gonflée dans le catarre, avec fièvre plus ou moins intense , douleur de tête et des membres , ou assoupissement plus •ou moins profond , et difficulté de respirer : dans les affections catarrhales , les membranes du corps peuvent être plus ou moins affectées d'engorgement par diminution ou suppression de la transpiration tant externe qu'interne; et de-là une très-grande diversité des symptômes qu'on a principalement observés dans les fièvres épidémiques et catarrales.

Combien de fois n'a-t-on pas vu des maladies de poitrine succéder à des engorgemens de la membrane pituitaire, avec des excrétions abondâmes, fétides, ja-unâtres, qui avoient l'aspect du pus ! cette excrétion nyant été arrêtée ou par l'art mal dirigé , ou naturellement, lés poumons se sont engorgés, et des phtlusies incurables ont eu lieu.

L'excrétion nasale dégage les pouraonsj mais cette excrétion vient-elle à diminuer, à être supprimée, la toux succède, la respiration devient difficile , la maigreur, la fièvre lente , et enfin

(0 Voyez le Traité du rachitisme, p. 3o , 47 > 49 >

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la plitliisie pulmonaire , et qucLquefois l'hydropisie de poitrine , peuvent survenir. Or, par cette raison, rien n'est plus favorable que de voir l'excrétion nasale se rétablir.

II faut aussi prendre garde de ne pas se tromper sur la natnr» de riuimeur excernée , de ne pas prendre pour du pus des matières pituitaires.

Certaines acrimonies peuvent augmenter la sécrétion de celte humeur dans le nez. Ceux qui font usage du tabac depuis longtemps , ne doivent le quitter qu'avec la plus grande précaution.

Les anciens, sans connoitre la structure de la membrane pitui-^ taire , ni sa continuation avec la ànembrane qui revêt les voies lériennes , avoient remarqué , et avec raison , que la plupart deS •humes de poitrine étoient précédés par ceux qu'ils appeloient du cerveau ou plulût du nez (i).

On peut croire que plusieurs fluxions de poitrine sont l'effet de l'impression forte faite sur la membrane pituitaire par tm froid extérieur qui arrête promptementla sécrétion qu'elle opère, l'irrite^ ainsi que la membrane des voies aériennes qui lui est continue. L'action d'un airfroid sur la membrane interne des voies delà respiration doit être plus pernicieuse encore que l'impression du froid! sur l'Iiabitude extérieure du corps, et qui Hiit refluer le sang dans es poumons : ces deux causes ne se réunissent - elles pa$ souvent ?

Les saignemens de nez qui sont en général si ftivorables aifX enncs personnes , sur - tout à celles qui y sont accoutumées , sont utiles (2) dans toutes les maladies de pléthore , principalement dans celles du cerveau et du poumon ; ils opèrent un dégorgement plus immédiat de ces organes que les artificiels ; ils en sont lea vrais remèdes. Combien de fièvres inflammatoires , putrides oii malignes , ont heiireusement terminé après de p.areilles évacuaions de sang! Combien d'affections soporeuses ou convulsives a nature n'a-t-elle pas prévenues ou guéries par leur moyen ! Mais malhetireusemcnt les saignemens dji nez sont si souvent insufjsans , qu'ils ne sont qu'un avertissement pour le médecin de

(1) ^/;)/)ocr<7/c aclmettoit sept cspùccs de catarres , que les niodernoa >nt réduit à trois. Le premier, r^in a son sic;;e dans la mcuiln-ane pitui- :aire, le coryza; le second, qui affocte plils piirticulièremeiit l'arri'jiejoiitho , branchiis ; le troisième, qui a son sii-yo dans les poumons, •hcuma : sifliiil ad peclus dicalur rheuma catarrhus , ad fauces branchas y id tiares eslo coryza.

(2) Voyez la description du pouls supérieur dans l'ouvrage de BorfleUj >0ul8 rebondissant da cet auteur : Dicrolus am bis feriens de i)olano.

saigner le malade , ou pour prescrire d'autres remèdes 5 qiietii quefois cependant ces saignemens du nez sont d'un mauvais pré<^ singe dans les fièvres malignes , épidémiques sur-tout , élant ].lutôt .' suivis d'une augmentation d'accidens que d'une diminution; et très -souvent , dans cette sorte de cas, les malades ont péri de pi'ostration do forces , les médecins n'ayant pas su ou pu arrêter ces hémorragies par les moyens convenables (1).

Très-souvent les hémorragies du nez sont annoncées par de • grands maux de tête , gravatifs pour l'ordinaire , par l'engourdissement des sens , et plus souvent par la plénitude et la dureté du pouls , avec redoublement dans sa pulsation. Or alors elles ; peuvent être favorables , et elles le sont même ordinairement en diminuant la pléthore ; mais lorsque les hémorragies du nc2 surviennent chez les malades qui sont déjà très -foib'es , dont le pouls n'est pas plein, et sans assoupissement, elles sont ordinairement fâcheuses , étant plutôt l'effet de la dissolution du sang que de la' pléthore.

On a pu quelquefois prédire l'hémorragie du nez par la rougeur qu'on avoit observée sur la partie externe de cet organe, et indiquer de quelle narine le sang couleroit , par le siège de la maladie bien rtconnu.Dans les engorgemens du foie , par exemple j il est assez fréquent que les malades rendent du sang par jinari-ne du côté droit : très-souvent aussi dans les péripneuxnonies , l'hémorragie du nez se fait du côté du siège de la maladie dans le poumon , quelquefois bien indiqué par la douleur ou par d'autres signes.

En général , ces saignemens de nez sont plus favorables au commencement des maladies que lorsqu'elles sont avancées, et, dans les maladies aiguës que dans les maladies chroniques; dans celles-ci même, le sang péchant ordinairement plutôt par sa qualité que par sa quantité , les hémorragies du nez sont plus nuisibles que favorables ; il est toujours fâcheux que des hémorragies , qui étoient devenues habituelles , s'arrêtent : combien d'apoplexies ou de maladies de poitrine n'ont pas eu lieu à la suite de ces suppressions !

En généi al , les jeunes gens sont sujets aux hémorragies du nez, les hommes forts et d'un âge moyen aux hémorr:<gie9' par les hémorroïdes ; ces évacuations ont même quelquefois chez eux des espèces de périodes qui ont quelque rapport aux règles des femmes : aussi ceux qui en sont privés sont-ils exposés à plusieurs maladies dont les autres hommes sont exempts.

(i) Voyez Morgagni, Epist. XIV, srt. a4, 25.

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Cejicnilaut les hémorragies du nez peuvent ùtve quelquefois si considérables, qu'elles sont mortelles : c'est pourquoi il ne faut pas attendre , pour s'occuper à les arrêter , qu'elles soient excessives ; et, quant au traitement inlérieur , il faut examirer si elles sont l'effet de la pléthore seulement ou du vice du sang ; car alors il faut prescrire un traitement bien différent.

C'est immédiatement des extrémités artérielles qui s'ouvrent dans les fosses nasales, et qui ne laissent naturellement exhaler que de la sérosité destinée à lubrifier la surface de la membrane pituitaire, que le sang coule si abondamment, dans les hémorragies : or , la plénitude des veines dans lesquelles les artères vident leur sang naturellement en est la cause la plus fréquente, et cette plénitude des veines nasales peut être l'effet de la compression des veines du cerveau, du cou, du poumon; car le sang des artères nasales ne pouvant alors couler dans les veines^ s'écoule dans les cavités nasales.

Ce n'est pas que le sang ne puisse (i) provenir des extrémités veineuses même ; mais ces hémorragies qui se font en raison inverse de la circulation naturelle du sang , doivent être beaucoup plus rares. D'autres hémorragies sont aussi produites parla rupture des vaisseaux artériels et veineux , sur-tout dans les vices acrimonieux des humeurs y et alors ces hémorragies sont les plus difficiles à guérir.

En général, on peut considérer les caillots de sang qui se forment dans le nez , comme la cause la plus naturelle qui arrête Jes hémorragies j ces caillots terminent par comprimer les vaisseaux ouverts , et par former un obstacle qui empêche le san» d'en sortir davantage : cependant quelquefois ces caillots étant insuffisans , le chirurgien est obligé d'y suppléer en remplissant promptement les narines par des tentes tant en dehors <4iie du côté de labouclie , lesquelles arrêtent les hémorragies bien mieux qu'on ne l'obtiendroit par les reirièdes prétendus astringens dont on a long - temps abusé (1)5 le sang retenu jdans les fossps nasales termine nécessairement par former les caillots qui compriment les orifices des vaisseaux , plus efficacement que ne le font les injections avec des liqueurs styp. tiques.

Quelquefois on découvre dans l'intérieur du nez des appcn-

(1) Voyez les Mémoires de l'Acadcmie des sciences, \nlo et les obscrvaiioiis intéressâmes de Morgagni , Epist. XIV, art. «2, a3 24 et sS,

dices Tasculaires en forme d'hémorroïdes , d'où le sang flue lorsqu'elles en sont trop jileines. Ces appendices sont formées des extrémités artérielles et des extrémités veineuses; le sang provient ordinairement des extrémités arlériel'.es nasales , comme il s'écoule des extrémités des artères sacrées dans les hémorroïdes.

Les excroissances , en général connues sous le nom Ae. polypes^ soit par rapport à leur figure, soit parce qu'elles sont quelquefois adhérentes par plusieurs racines à la mem.brane pituitaire, peuvent se former dans tous les endroits de l'étendue des cavités nasales, dans les sinus frontaux, sphénoïdaux , elhmoïdaux, maxillaires, le long de la cloison , sur les cornets inférieurs , sur le voile du palais.

Les polypes sont quelciuefois à bnse large et d'ai^tres fois à pédicule plus ou moins étroit , seul ou multiplié , et ces pédicules ou racines sont presque contigus ou très - éloignés ; les polypes ont aussi une consistance bien diverse, puisqu'il y en a qui sont mous comme du mucilage , et que d'autres sont aussi durs que le cartilage; on en a vu qui étoient devenus comme pierreux (1): quelques-uns sont couverts de vaisseaux variqueux , et dans d'autres on ne peut y observer de vaisseaux. J'en ai vu qui étoient alternativement gonflés et rétrécis; il en est dont la surface laisse suinter une humour fétide; quelques-uns sont sensibles de leur nature, même très-douloureux, et d'autres sont dépourvus de sensibilité.

Des vices dans les humeurs sont les causes fréquentes de ces excroissances, le vénérien sur-tout : on en a vu qui se sont formées après des inflammations dans la membrane pituitaire et sur-tout après l'usage des errhines acres.

Quelques malades portent très-long-temps des polypes d'un petit volume sans en être beaucoup incommodés, tandis que: dans d'autres les polypps prennent un accroissement très-ra- '• pide, quelques moyens qu'on emploie pour s'y opposer. Un enfant de M. Delachatre fut atteint d'un polype dans le sinus i maxillaire ; il prit en peu de temps un accroissement si pro- • dioieux , qu'il souleva le plancher de l'orbite et que l'œil en fut : dé'truit ; la voûte osseuse du palais enfoncée rétrécissoit la bou- che et comprirapit la langue. On brûloit cependant le polype; avec le cautère actuel par les voies nasales, lequel ftiisoitt en elles une grande saillie : on en détruisoit aiuoi des portions considérables ; mais la végétation en étoit si prompte , que le /

(i) Morgagni, De sed. et caus. moi bon. E[)ist, IX, art. iS.

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