DÉ LA SPLAÎJCH.I^OLOGIE
Tolurae de celte excroissance polyjjeuse alloit toujours en augmentant. Cet enfant mourut clans des douleurs aflieuses : les os des narines, sur-tout les maxillaires , dans le^q^uels le polype étoit contenu , furent trouvés cariés.
Morgagni et autres auteurs ont parlé de polypes dans une de» narines, qui ont renversé la cloison du côté opposé , et ont donné li«u à la carie des os du nez. Levrtt a aussi donné l'histoir© d'un polype qui avoit soulevé les oscarrés du nez : combien n'eu a-t-on ])as vu qui ont enfoncé la voût<^ du palais , qui se sont prolongés dans i'arrière-bouche , et oui terminé par faire pérk le malade de suffocation!
Toutes ces différences dans le volume, dans l'espèce, dans le siège des polypes, doivent donner lieu à des diversités nécessaires dans leur traitement, soit interne, soit externe j et l'on ponso bien que nous ne pouvons pas entrer ici dans tous ces détails r. c'est aux livres de chirurgie , sur cette matière , qu'il faut recourir (i).
J'ai aussi observé de vraies Lyd tides sur la membrane pituitali'e, lesquelles éioient si grosses , qu'elles buuclioient une grande»partie des voies aériennes.
De la bouche en oéncral.
La |?ouclie comprend deux grandes cavités , dont l'une est antérieure à l'autre , lesquelles coaiinuniluent ensemble.
La première cavité conserve le nom de bouclie, la. )0Stérieure est appelée l'arrière-bouche.
La bouche comprend les lèvres , les gencives , les lents, le palais, la cloison palatine, la hvette, les amyglales, la Icin^v^a , et: l'os hyoïde auquel elle est attachée^^ les glandes salivaires eu i«=«.^c canaux excréteurs.
Dans l'arrière-bouche sont les ouvenuies cie la trompe diEustachi qui communiquent avec les )r.eilles, celle du pharynx qui conduit à l'œsophage ^ ;t celle de la glotte qui communique avec le pouion, moyennant la trachée-artère.
(0 Voyez sur- tout les ilfcwoirei de l' Académie de chirurgie ^ t. I,p. 85, I.3*, t. V, p. 2a6 et suiv et divers oiiyrages cilus : Mist. de l'anaU VI,p.85i.
5oO A N A T O M I E M É D I C A L ï ,
De la bouche.
Des lèvres. Les lèvres, dont l'une est supérieure et l'autre inférieure , sont réunies à leur extrémité , eÇ on donne le nom de commissure à l'endroit de leur réunion ; elles sont recouvertes par la peau qui s'amincit en cet endroit , et se continue avec la membrane qui tapisse l'intérieur de la bouche. La lèvre supérieure présente dans le milieu de sa facé antérieure une gouttière bornée par deux petites saillies.
Au milieu de chaque lèvre est à la face postérieure un repli de la membrane interne qui la revêt et qui l'attache au rebord alvéolaire ; c'est une espèce de J^rein : celui de la lèvre supérieure est ordinairement plus considérable que celui de l'inférieure.
Le tissu des lèvres a beaucoup de rapport à celui de la rate , des corps caverneux , de la verge ; chez les femmes, à celui du clitoris ou des grandes lèvres : on remarque sur la surface des lèvres des éminences papillaires dans lesquelles les nerfs se terœjinent j aussi sont - elles très -sensibles. On y voit diverses glandes lymphatiques.
Leur épaisseur est encore augmentée par plusieurs; çles muscles des lèvres , et sur-tout par l'orbicu- • laire.
Des muscles . nmUo^^ix et nerfs des lèvres. Ces» lilUscles sont communs aux deux lèvres ou propres ; à l'une d'elles : les muscles communs sont l'orbiculaire , les grands et petits zygomatiques , les bucoinateurs , les triangulaires j les muscles propres ; sont le releveur commun de l'aile du nez et de la : lèvre supérieure , le releveur propre , le muscl&' canin, le muscle carré, et le muscle à houppe.
On trouve la description de chacun de ces musclesj.
DE LA S r I. A N C II N O L O G I E. 6o3s
d'ans la première partie du Traité de m^'ologie , etl'indication de leurs usages dans la seconde partie.
Les artères coronaires fournissent aux lèvres des rameaux nombreux , ainsi que les sous-orbitaires , les maxillaires iniFerieures , les palatines y. les linguales et les buccales j les veines du même nom se répandent dans les lèvres 5 elles s'ouvreiit; dans la jngulaire interne ^ ainsi que dans l'externe.
Les nerfs proviennent du facial , de la branche sous - orbitaire , du maxillaire inférieur. Comme les vaisseaux sanguins se réunissent pour former des lacis dont des rameaux pénètrent l'intérieur des lèvres, les nerfs y forment de petits plexus dont des rameaux viennent à sa surf ace j ce qui fait que les lèvres jouissent d'une assez vive sensibilité : elles ont aussi beaucoup de vaisseaux lymphatiques, dont les rameaux se réunissent aux branches et aux troncs des vaisseaux lymphatiques de la face.
Des gencives. On donne le nom de gencive lau tissu qui couvre les bords alvéolaires j il est d'une structure analogue à celle des lèvres , mais d'un tissu plus ferme , plus serré j il concourt un peu à soutenir les dents. Selon Hérissant y il y a dans l'eniant qui n'a point encore de dents, detix sortes de gencives , l'une pcissagère et l'autre permairente (1). .
• Un tissu spongieux forme les gencives; il est rougeâtrè, et traversé par une grande quantité de vaisseaux sanguins , lymphatiques, et de nerfs qui lui; sont communs avec ceux des lèvres (2).
(1) Acad. des sciences , 1754.
(^1) Il se fait quelquefois dans les lèvres et dans les gencives s collections considérables de sérosil,:, par des fluxions, à la suitè I rhumes, de catarresj il s'y ïorai<é des congeitions de sang
Les gencives sont recouvertes par la même membrane qui revêt les lèvres et qui tapisse la bouche : les vaisseaux sanguins et lymphatiques , ainsi que les . nerfs , leur sont communs j et il y a des glandes lymphatiques et des foliicules muqueuses.
Membrane du palais et du reste de la bouche.
La face interne de la bouche est intim'cmcnt recouverte d'une membrane , qui communique antérieurement avec la peau par l'ouverture de la bouche,, postérieurement avec les membranes des narines, des; trompes , du pharynx et du larynx. Cette mem-brane , qui a la même structure que la peau , reçoit : des vaisseaux sanguins , lymphatiques, et des nerfs j on y observe aussi plusieurs follicules muqueuses , , dont il s'écoule une humeur propre à enduire sa sur- • face.
Jja portion de cette membrane qui revêt le palais ; osseux est plus dure et ]^lus épaisse, et a du rapport: par sa structure avec celle des gencives. On voit in> • médiatement derrière les deiix dents incisives moyen-jnes un petit tubercule, à travers lequel on a dit que • passoient des vaisseaux et des nerfs qui parviennent : dans le nez pour se répandre dans la membrane pi- • tuîlaire, après avoir traversé le conduit osseux palatin antérieur ; mais on n'y a bien reconnu dans ; riioraine que les nerfs.
Celle qui revêt le voile du palais est épaisse , mais ; moins dure du côté du nez où la membrane pituitairè • est d'un tissu plus lâche \ elle est plus épaisse sur •
Aj^)rès des contusions , par le scorbut, la vérole 5 et quelquefois ces . congestions, au lieu de terminer par la résolution , finissent par des ■ suppurations et des ulcérations qui détruisent le tissu des gencives ç-^ des lèvres j d'autres fois elles forment des espèces de sarcôines ■ à jîédicule ou sans pédicule.
Ï)E LA SPLANCHNOLOGIE. 5o3
la langue, moins sur Ja face interne des joues, des lèvres , et sur la surface des gencives.
lit-marques. Les fluxions peuvent avoir leur ,siége dfuTs toute l'étendue de la membrane du palais et du resta de la bouche, ou seulement dans quelques-unes de ses parties; alors elle se tuméfie , et le tissu cellulaire qui entre dans sa composition se remplit de sérosité plus ou moins acre; la fluxion se comniuniquant aux glandes en détermine le gonflement ; elle peyt aussi se propager aux membranes du pharynx, du larynx, delà trachée-artère , des oreilles , des yeux ; d'où proviennent la difficulté de respirer, d'avaler de parler, les tintemens dans les oreilles , les ophthalmies , qui peuvent être plus ou moins inflammatoires, selon les dispositions du sujet.
La membrane du palais étant d'un tissu cellulaire plus ou moins lâche, est sujette à des gonflemens épulides.
Elle est aussi souvent le siège des ulcérations paruUdes , des aphlhes, des ulcères vénériens , qui se propagent si facilement du nez dans la bouche et dans le pharynx. Cette membrane devient fongueuse par vice scorbutique, et sur-tout sur les gencives et les lèvres, dont le tis^u est très-spongieux.
Les parties de l'intérieur de la bouche recevant les mêmes vaisseaux sanguins et presque les mêmes nerfs , on ne doit pas être surpris que Vinflammation des unes se propage bientôt aux autres , ainsi que le vice cancéreux. Les glandos lymphatiques des lèvres sont aussi très-souvent le siège des congestions scrophuleuses et cancéreuses. Camper a remarqué que la lèvre inférieure étoit plus fréquemment exposée au cancer que la supérieure I sans doute parce qu'elle est toujours baignée par la salive.
Des mouvemens conyulsifs de cette lèvre précèdent assez souvent les vomissemens.
La lèvre inférieure tombe dans un tel relâchement dans quelques individus menacés d'apoplexie ou après cete maladie, qu'elle se renverie sur le menton , et laisse écouler involontairement la salive.
T)u voile du palais.
Derrière la voûte osseuse palatine est une espèce de voile charnu (i) , en forme de prolongement de la
(0 Palatun molle ^ cloison palatine de Lieutuud d'aatrea anatomistes.
5o4 A NATO MIE MÉniC ArE.
même voûte, lequel jouit de la faculté de se relever, de s'abaisser et de s'étendre; c'est la cloison mobile y ou le voile du palais , nom le plus généralement adopté.
Division. On peut y considérer un bord supérieur par lequel il est uni au bord postérieur des os palatins , un bord inférieur libre , au milieu ducjuel est attachée la luette : deux faces , dont l'une est postérieure et supérieure, qu'on pourroit appeler nasale; l'autre est inférieure et antérieure , c'est la face buccale.
Le voile du palais se termine de chaque côté par deux espèces de segmens de cerclé , qu'on appelle les piliers , dont l'un est antérieur , et l'autre est postérieur. Ces deux piliers laissent entre eux un espace triangulaire occupé par la glande amygdale. Leur extrémité supérieure aboutit au milieu du bord postérieur du voile du palais, où leurs fibres , qui sont musculaires, se réunissent.
Les extrémités inférieures de ces quatre segmens ou piliers se terminent , les antérieures dans les bords de la base de la langue , les postérieures dans le pharynx , où. elles finissent par se perdre.
'Structure. Le voile du palais est forme de divers trousseaux des muscles voisins , de vaisseaux sanguins et lymphatiques , de nerfs , de glandes. Les muscles sont les palato-staphylins, les glosso-staphylins , les péristaphyllns internes et externes, dont on trouvera la description dans la première partie de la myolooie , et dont les usao;es Généraux ont été indiqués dans la seconde partie.
Les artères sont des branches des palatines , des nasales, des tonsillaires , dés pharyngées.
Lès veines se rendent dans les troncs du même nom y mais elles sont plus variables.
Les nerfs sont des ramçaiix des palatins fournis
■DE LA S P L A N C H - O' L O G I E. 5o5
par le ganglion spliéno-palatin , du maxillaire supérieur, du lingual et du maxillaire inférieur.
Remarques, Le voile dù palais empêche les alimens de passer^ pendaut la déglutition, dans les cavités nasales. C'est par les divers mouvemens de ses muscles (i) qu'il est relevé et abaissé, qu'il est un des principaux agens de la déglutition , et qu'il sert aussi à la formation de la voix: de-là vient qu'après certainesaffections paralytiques, et même après des mouvemens convulsifs de cette partie , la déglutition est devenue très -difficile et même impossible : chez les personnes qui parlent ou rient en même temps qu'elles avalent, les alimens refluent souvent dans les narines , ou quelques parcelles passent dans la trachée -artère 5 et de-là. proviennent souvent des mouvemens convulsifs , des quintts de toux violentes , la suffocatixjn même.
Combien de fois aussi la déglutition n'a t-elle pas été troublée ou même rendue impossible par des nlcères qui ont percé le voile du palais (3), et qui étoient l'effet du virus scorbutique, cancéreux, et plus fréquemment du vénérien ! Or alors le mercure opère des effets admirables , soit en empêchant l'augmentation de l'ouverture contre nature quand elle a lieu, soit en la prévenant si elle n'est pas encore formée.
Le voile du palais peut acquérir par un vice scorbutique uii surcroît d'épaisseur capable de gêner la déglutition ; ce vice affecté en même temps les autres parties de la bouche, qui sont alors quelquefois abreuvées d'un sang noir et dissous qui en transsude continuellement ; quelquefois aussi elles s'ulcèrent et se détruisent. Or alors il n'y a que les antiscorbutiques les plus efficaces qui puissent arrêter les progrès d'un tel désordre 5 cependant leur efficacité, dans des cas extrêmes, n'est pas aussi assurée que celui du mercure contre le vice vénérien. Il ne faut pas ignorer que plusieurs fois le voile du palais a été affecté d'ulcère vénérien dans des individus qui n'aA'oient d'ailleurs aucun signe pathognomonique de vérole (3) , lesquels cependant n'ont été guéris que
(1) Voyez dans la prtMiiièro partie flu volume II, sur la Myologie ^ la description anatoiniqiie des muscles du voile (!u palais et du pharynx ; et, dans la seconde partie de ce même volume , les diverses remarques sur leurs usages.
(2) Morgagni, Epist. Xn", art. 38, 39. Les sons de ceux qui ont le-
{lalais fendu tiennent du sirflement ; ils ont la voix rauque , sépulcrale, si 0 trou du palais est un peu considérable.
. (?) Voyez, à ce sujet, mon ouvraj^r sur le rachitisme, dans lequel plusieurs observations intéressâmes ilc ce genre sont rapportée»*
Te •
]iar l'usage des mercuriaux. Nous pourrions, à cet égard , rapporter des observations int(iressantes. La phthisie pulmonaire est souvert annoncée par la pl.logose du Yoile du palais , du pharynx , et quelquefois par leur ulcération ; mais d'autres lois ces parties ne sont a fectees que secondairement, après que les symptômes. de la I>htlusie pulmonaire se sont manifestés , et qu'ils ont même fait de grands progrès. Presque toujours ces ulcérations " du pharynx, du voile du palais, annoncent celles de la face interne du larynx et de la trachée- artère , soit qu'elles soient primitives ou secondaires. Nous sommes entrés, sur cet important sujet, dans de plus longs détails , et d'après nos propres observations dans notre ouvrage sur la phthisie pulmonaire.
Les maux de gorge , occasîonné's par l'humeur psorique , dartreuse, sont aussi par fois très-tenaces, et ne cèdent qu'à l'usage des antimoniaux ou des mercuriaux combinés avec les antiscorbutiques.
T)e la luette (i).
Au milieu du bord inférieur flottant du voile du palais , est attaché par sa base un corps appelé luette , de .ligure un peu conique, d'environ cinq à six lignes de longueur sur trois à quatre de largeur à sa base, de couleur rougeatre , d'une structure cellulaire , granuleuse extérieurement comme une mûre ou une fraise; là luette reçoit très-peu de nerfs , mais I)eaucouy) de vaisseaux artériels et veineux. Elle fait partie du bord flottant du voile du palais , elle en suit les divers mouvemens j aussi la plupart des nuiscles du voile du palais y envoient-ils quelques fibres ; de sorte qu'ils ne peuvent pas se contracter sans la mouvoir.
Lieutaud dit que la pointe de la luette correspond au trou borgne de la langue j mais cela ne nous paroît pas parlaitement exact. La terminaison de ia luette en pointe est très - variable , étant souveîit
(i) JJvula^ CkilumeUa p CurguUo.
DE LA SPLANCHNOLOGIE. 5oJ
arrondie comme une espèce de petit globe, d'autres fois fourchue, et l'extrémité inférieure de la luette correspondant rarement au trou appelé borgne.
Remarques. La luette est destinée non seulement à boucher plus complètement la voie de communication de l'arrière-bouclie avec les narines pour empêclipr les alimens liquides et solides de refluer dans le nez , mais encore elle sert à la perfection de certains sons.
Dans la plupart des catarres , elle se gonfle quelquefois telle- •ment , qu'elle s'allonge sur la langue ; et , en l'irritant continuellement par son contact, il en résulte une toux très-violente : on sait qu'on en produit assez souvent le dégorgement par le moyen des poudres stimulantes, par celle du poivre, de la moutarde, de la pyrèthre, etc. mais que quelquefois aussi on est obl.gé de la dégorger , en y faisant des incisions , et même d'en couper une portion plus ou moins considérable : du reste, elle est sujette aux mêmes maladies que le voile du palais ; par conséquent elle est très-souvent gonflée par l'humeur scrophuleuse , vénérienne, scorbutique, et rien de plus commun que de la voir ulcérée par des humeurs dégénérées : alors la déglutition et la formation des sons sont plus ou moins altérées. Ceux qui ont la luette rongée ne peuvent prononcer la lettre R. Un enfant qui avoit la luette fendue comme eii deux lobes , faisoit entendre à chaque mot un •sou parfil à celui qu'on rend quand on prononce la lettre S.
Un homme que je soignois , atteint d'une fluxion catarrale avec gonflement de la luette , perdit spojitanément une quantité énorme de sang par ses vaisseaux : on l'arrêta enfin avec la poudre de vitriol.
Des amygdales (i).
Ce sont des corps glanduleux , placés entre les piliers du voile du palais dans l'espace triangulaire formé par leur écartement. On les a ainsi nommés, parce qu'on y a vu de la ressemblance avec une amande ; au dehors ils correspondent au
(i) Lat/'nis tonsillae barbaris l'ulgà amydalac- dicuntur s Riolan , Anthropog. cap. X, lib. IV.
OOO A is- A T O Aî r E M É D r C A t E-,,
pharynx, en dedans à l'istlime du gosier, en haut au voile du palais , en bas à la base de la langue.
Chacun de ces corps est comme formé de deux lobes , souvent très-distincts , dont l'un est placé au - dessus de l'autre , de manière qu'on pour- \roit admettre deux glandes amygdales de chaque côté (i).
Leur couleur rouge est naturellement plus foncée que celle du reste de la bouche. Les amygdales reçoivent plusieurs rameaux des artères palatines, pharyngées, nasales j leur surface est inégalement bosselée ,. èt creusée dans les interstices de ces élévations , quelquefois même assez profondément pour paroître ulcérée (2) ; mais ce sont des lacunes naturelles. ^ En général , les amygdales dans les jeunes sujets sont plus unies extérieurement que celles des vieillards -j elles sont très-inégales lorsqu'elles sont gonflées par quelque infiltration.
3-jelir stmcture est cellulaire , molasse , et abreuvée d'une sérosité rougeâtre, sanguinolente, qui les gonfle facilement.
On voit dans ces corps des lacunes plus ou moins superficielles et plus ou moins étroites , desquelles découle une humeur visqueuse qui sert à lubrifier le passage des alimens ; on y voit aussi des corps glanduleux qui paroissent être de la nature des glandes salivaires.
Remarques. Les amygdales servent à maintenir les piliers de la luette dans un certain écarlement nécessaire sans gêner leurs mouvemens.
Elles acquièrent quelquefois un tel volume^ qu'ellés s'opposent entièrement à la déglutition des alimens 5 et comme elles sont souvent atteintes d'inflammation , elles sont le siège fréquent des squinancies , que l'on ne guérit que par les saignées réitérées,
(1) Morgagni , /4dvcrsar. anat. pars III.
(2) Rirysch s'est élevé contre cette erreur. Tliçsaur, II.
DE Li. SPLANCIINOLOCIÊ. 5o^
si elles sont un effet de la pléthore , ou par des éraëtiques si elles tiennent de la dégénérescence des humeurs, et ensuite par du •<iuinquina : il faut bien prendre garde de ne pas confondre les inflammations symptomatiques des amygdales avec celles qui sont essentielles.
Il se forme quelquefois dans les amygdales des abcès si considérables , que les malades pourroient étouffer si on n'y donnoit issue 5 ce qu'on fait moyennant une incision avec la pointe d'un bistouri , dont la lame est recouverte d"'une bandelette de linge fin , mais non avec le pharyngotome , instrument dangereux en pareil cas ; car c'est avec cet instrument qu'un habile chirurgien de Montpellier eut le malheur d'ouvrir une grosse artère , et de voir périr un raalade d'une hémorragie si violente, qu'on ne put jamais parvenir à l'arrêter.
Les amygdales deviennent quelquefois sqmrreuses à la suite d^une inflammation et après des catarres fréquens ; elles restent aussi plus volumineuses qu'il ne convient, d'où résulte un tel embarras dans la déglutition , que les malades ne peuvent avaler qu'avec difficulté ; ce qui a donné lieu aux chirurgiens d'en couper une partie avec des ciseaux , ou de les extirper en totalité ; opération qui n'est cependant pas sans danger d'une hémorragie mortelle ( i ) ? comme de fâcheux résultats l'ont prouvé. On a aussi conseillé, pour l'éviter , de faire la ligature de l'amygdale (2).
Les ulcérations de ces glandes sont fréquemment occasionnées par le vice vénérien, et elles sont aussi souvent ulcérées dans des phthisiques , soit avant que les symptômes de cette maladie se soient prononcés , soit lorsqu'ils ont acquis une certaine intensité.
Ces ulcérations plus ou moins profondes sont quelquefois appelées des chancres , dont les uns sont bénins ou sans suites fâcheuses , et d'autres sont malins ou très-dangereux , avec des escarres larges et profondes ; tels sont ceux qui ont lieu dans quelques fièvres gangténçuses , dans des esquinançies épidémiqqes : or ces ulcères gagnent souvent la langue , le pharynx , i'œsor phage, le larynx, la trachée -artère. C'est dans cette sorte uô cas encore que les saignées peuvent être funestes, et que les vomitifs et ensuite le quinquina pris à haute dose intérieurement! ^t les gargarismes acidulés , sont les vrais remèdes, '
(0 Cheseldr.n a cité des exemples fùi.estei ile cette opération, (a) Morjrairnii Epis t. L, art. 26 , ctc,
5lO ANATOMIE MÉDICALE,
Des glandes salivaires»
On doit comprendre parmi les glandes salivaires , les parotides j les maxillaires , les sublinguales , les palatines ^ \qs buccales j les Labiales ^ les linguales.
Des parotides. ,
Situation. Les parotides sont des glandes conglomérées très-considérables, dont l'une est placée du côtédroit, et l'autre du côté gauche delafacej chacune est immédiatement recouverte par le muscle ptaucier et par la peau. La glande parotide est située au-dessous de l'arcade zygomatique , au-dessus et au-devant de l'apophyse mastoïdedu temporal et de l'exti éuiité supérieure du sterno-mastoïdien , derrière la portion postérieure dumasséter, et remplissant principalement l'espace que ce muscle et la mâchoire inférieure forment avec l'apophyse mastoïde j sa figure est un peu triangulaire.
Divisions. La glande parotide est fréquemment divisée en deux parties, dont l'une, qui est supérieure, est immédiatement placée sous l'arcade zigoraatique 5 l'autre, qui est inférieure et plus petite, se prolonge jusqu'à peu de distance de l'angle de la mâchoire inférieure , où elle est unie par du tissu cellulaire à la glande maxillaire.
Structure. Soit que cette glande parotide soit divisée en deux lobes , ou qu'elle ne le soit pas , elle est toujours composée de lobules arrondis, et à peu près de la même grosseur , unis plus ou moins intimement ensemble par du tissu cellulaire , dans lequel rampent des rajneaux nombreux de vaisseaux sanguins artériels et veineux, de lymphatiques qui ont aussi quelques glandes de leur nature ou conglobées , ainsi que beaucoup de nerfs. 11 n'est ])as douteux que les extrémités capillaires de ces vais-
DE LA SPLANCHNOLOGIE. 5ll
seaux et nerfs ne se répandent daiis les follicules des grains glanduleux.
Conduits excî'éteurs. Chaque corps glanduleux de la parotide a son canal excréteur. Ces canaux s'enfoncent dans le tissu cellulaire de la glande j ils se réunissent d'espace en espace , et forment deux canaux principaux qui se joignent à quelque distance de la partie ; le plus gros marche d'abord transversalement sur le masséter, et se relève ensuite en formant une légère courbure ; c'est dans cet endroit qu'il reçoit le petit canal excréteur dont nous venons déparier (i); il s'insinue ensuite obliquement entre les iibres du muscle buccinateur, et s'ouvre dans la bouche , vers la troisième dent molaire : cette ouverture est un peu rétrécie.
Vaisseaux sanguins , lymphatiques et nerfs. La carotide externe et la faciale transverse fournissent beaucoup de rameaux à cette glande ; ses veines vont se rendre dans la Jugulaire externe. Cette glande reçoit un grand nombre de vaisseaux lymphatiques, provenant des parties externes de la tete ; ses nerfs lui viennent du maxillaire inférieur et du facial.
Histoire. Le canal excréteur de la parotide étoit inconnu des anciens; c'est Stenon qui le découvrit en i66i, le 16 avril: il le trouva d'abord dans le mouton, et ensuite dans l'homme (2). Stenon suivoit alors les leçons de Blasius, et il étoit en pension chez lui : cet anatomiste ne craignit pas de revendiquer cette découverte; mais Stenon prouva victorieusement qu'elle lui appartenoit (3).
Des glandes maxillaires.
Situation. Il y en a deux , une de chaque côté 5
(1) Voyez Haller, Elément, physiol. t. 6 , p. 43.
(2) Obsery. anal. p. 12, JUugd. Butav. 166a, iu-12.
(3) Voyez notre //i+f. de l'^Lat. %. lil , p. 164,
elles sont situées au côté interne et derrière l'angle de la mâchoire inférieure , et un peu par dessous : chacune fait une petite saillie qu'on peut apercevoir par le tact^ dans les personnes un peu maigres, sans qu'elles soient trop gonflées.
Leur volume est à peu près le tiers de celui des parotides. Les glandes maxillaires sont composées , comme les parotides , d'un nombre prodigieux de corps arrondis, du volume d'un petit pois. Très-souvent ces glandes sont divisées en deux ou trois lobes, de grosseur à peu près égale (i), qui ont chacun leur canal excréteur, auquel aboutissent les petits canaux des glandes qui composent ces portions ; et alors il y a deux ou trois ouvertures de ces glandes dans la bouche à côté du frein.
Mais cette division est rare : ordinairement de la réunion de ces canaux , il en résidte un seul , assez gros , qui est situé au-dessus du muscle milohyoïdien et le long de la glande sid^linguale ; il s'ouvre dans la bouche à côté du frein , en ])erçant obliquement de dehors en dedans, et d'arrière en avant; très-souvent à ce canal est joint le canal excréteur de la glande sublinguale , si près de son pri^jce dans la bouche , qu'ils paroissent réunis presque de la même manière que le canal pancréatique avec le canal cholédoque. Il pourroit cependant se faille que le canal excréteur, qu'on croit venir de la glande sublinguale , provînt d'un corps glanduleux , détaché de la glande inaxillaire.
Vaisseaux sanguins , lymphatlcjiLes et nerfs. La glande maxillaire reçoit ses artères de la sousmaxillaire, qui forme, par divers rameaux , un réseau qui recouvre et pénètre cette glande.
Kallcr^ fait cette obseryation, Transact.pliilosopji. 1720,
DE 1.A SPLANCHNOLOGIE. 5l3
I,es veines qui en proviennent vont se rendre à la jn<i,ulciirc externe et à la jugulaire interne.
Les vaisseaux 1-yraplial.iques qu'on y oliserve s'ou- •vrent dans ceux ([ui montent sur les angles de la mâchoire inférieure et dans ceux qui pénètrent les conduits maxillaires inférieurs.
Les ncris sont des rameaux du maxillaire inférieur , du facial, du nerf vague, des première et seconde paires cervicales, et du grand sympathique (i).
Histoire. Les canaux excréteurs des glandes maxillaires n'étoierit pas inconnus à Galicn ni aux Arabes, tels que Rhasés y Avîcenne Avcrrhoés ^ ainsi qu'à d'autres anatomistes qui en ont jarlé'. Vt-^arthon , médecin du collège de Londres , en donna une description plus exacte (i) en 36565 les analomisles lui en ont accordé la découverte, mais sans fondement : il est vrai que ÎFa/-;/zo/z lui-même avoil commencé par se l'approprier. Vas., dit-il , Iniic parti, propriuni anatomicis hactenùs incognituiit fuit (2).
Glandes sublinguales.
Situation. Ces glandes sont placées sous l'extrémité anteiieure de la langue , sous la membrane interne de la bouche qui revêt aussi la langue, derrière la face postérieure de la mâchoire iniérieure, au-dessus du muscle mylo-hyoïdien.
Nombre. Elles sont ordinairement au nombre de deux , une de chaque côté ; cependant quelquefois chacune d'elles est divisée en deux portions ou lobes.
Figure. Elles sont oblongues, aplaties antérieuement et postérieurement.
Leur volume est environ le tiers de celui dea landes maxillaires.
Leur structure est la même que celle des autres
(1) AcliiHinus , in muiidini anat, adiiot. (9) jécleriographia f Lcjul. i665, p. lay.
5l4 ANATOMIE MÉDICArE,
glandes salivaires -, chaque corps glanduleux esC pourvu d'un canal excréteur ; ces canaux se réunissent pour en former plusieurs qui vont s'ouvrir immédiatement dans la partie antérieure et inférieure de la bouche entre la langue et les gencives : le nombre de ces canaux excréteurs est très - variable ; ce qui fait que les auteurs ont aussi varié dans le ïioinbre qu'ils ont admis. On voit quelquefois plusieurs de ces canaux s'aboucher dans celui de la glande maxillaire.
Les glandes sublinguales reçoiverft leurs vaisseaux et leurs nerfs des mêmes branches que les maxillaires.
Histoire. Les glandes sublinguales ont été connues de Nicolas Massa., de Riolan et de beaucoup d'autres anatotnistes. G. Bar' ■tholiii fils dit avoir découvert, le i3 mars 1682, un nouveau canal excréteur, différent de celui de Warthon et de celui de ^S/ewo/i; cependant ce canal excréteur avoit été observé trois ans auparavant par Rivinus qui l'a décrit avec assez de précision (1),
Glandes palatines.
On donne particulièrement le nom de glandes palatines à celles qui sont disséminées dans la membrane qui revêt le palais osseux et le voile du palais mou : les unes ne sont pas plus grosses qu'une tête d'épingle ; les autres ont le volume d'une lentille j chacune a son canal excréteur qui s'ouvre dans la cavité de la bouche (2).
La portion de la membrane qui revêt les lèvres, les gencives, les joues , et celle qui revêt la langue, contiennent beaucoup de ces corps glanduleux qui ont la même structure. Ainsi il y a des glandes buccales , labiales , linguales ; on en distingue encore deux autres qu'on appelle molaires ; elles sont plus grosses que les palatines et les buccales 5
(i) Voyez uotre Hist. d'anat. t. III , p. 569.
1(2) Slcnoii ilit les avoir découyerics io «7 inai 1671,
DE LA SPLANC UROLOGIE. 5ï5
leurs canaux excréteurs traversent la face interne du buccin ateiTT , percent obliquement la membrane interne de la bouche, et s'ouvrent dans cette cavité.
Remarques. Les glandes sallvaires étant très-nombreuses, plusieurs aussi fort grosses et pourvues de canaux excréteurs trèsamples , et ayant beaucoup d'artères et de nerfs, doivent opérer une abondante sécrétion de salive ; on a cru qu'elle pouvoit être de plusieurs onces dans la journée , en ayant recueilli plus de demi-once qui s'étoit écoulée pendant un court repas y de la joue d'un soldat dont le canal excréteur de la parotide avoit été ouvert (i).par une plaie.
On doit regarder la salive comme un des principaux agens de la digestion; elle dissout , par sa nature savonneuse, les alimens contenus dans la bouche, coule avec eux dans l'estomac , et les dispose à la chimification ; de-là vient que ceux qui manquent de salive digèrent mal : personne ne l'ignore. On raconte à ce sujet qu'un malade , qui crachoit continuellement , étant devenu maigre et atrophié , alla consulter Boer/iaave. Ce grand médecin lui conseilla de cracher le moins qu'il pourroit , conseil qui lui fut si utile, que le malade ne tarda pas à mieux digérer et à engraisser.
La salive coule continuellement dans la bouche , mais plus abondamment pendant le repas que dans les autres temps; soit que cela provienne de la seule sensibilité des glandes , qui est alors excitée y comme Bordeu l'a voulu d'après les Stahliens ; soit que cela provienne de la compression des glandes , exercée par les muscles de la mastication , et encore par ceux qui meuvent la langue, comme Boerhaave et ses sectateurs l'ont cru ; soit enfin que cela dépende des deux causes réunies, et à diverses proportions, ce qui nous panilt ])lus probable.
En effet, on ne peut s'empêcher de reconnoître la sensibilité des glandes comme une des principales causes de la sécrétion de la salive , puisque tout ce qui l'augmente jusqu'à un certain point provoque cette sécrétion , et que tout ce qui l'énerve \a, diminue ou la détruit : on ne doit cependant pas regarder le mouvement des muscles comme de nul elfet pour exciter la sécrétion de la salive, puisqu'il est certain qu'elle coule plus abondamment: pendant la mastication , ou lorsqu'on parle ; le sang se portant alors plus abondamment dans les glandes , augmente la sécrétion de la salive.
(i) Observât, de Méry, citée par Morand dans ses Opuscules,
5l6 ANATOMIE Ml^DiCALE,
La ligature du nerf facial an-dessous du trou stylo-mastoïJiV n diminue la sécrétion de la salive 5 la section de' ces nerfs la diminue encore davantage 5 l'application d'une mouche d'opium, les gargarismes anodins, la diminuent aussi; et l'on sait que les caïmans pris intérieurement ralentissent toufs les sécrétions, à l'exception de la transpiration, comme elles diminuent aussi pendant le sommeil naturel, la sensibilité des nerfs étant alors émouSsce.
La sécréticn de la salive est au contraire augmentée lorsque la sensibilité des nerfs est excitée, comme celaa lieu dans quelques maladies de nerfs, sur-tout chez les enfans qui sont dans les douleurs de la dentition , dans les personjies qui ont la mâchoire inférieure luxée , chez les hommes -mélancoliques , les femmes hystériques, dans les épil'ptiques et dans ceux qui sot.t atteints de la rage : dans ces malades cependant , l'écume qu'ils rendent par la bouche, quoique formée pour la majeure partie d'une salive quelquefcis écumeuse , d'autres fois gluante, contiejit beaucoup d'iuimeur pulmonaire ou bronchique.
Dans ces circonstances, il y a des mouvemens convulsifs des muscles qui peuvent empêcher le libre reioiir du sang de la face parles veines jugulaires, et retenir nar conséquent le sang dans les glandes salivaires; c'est sans doute ce qui a lieu dans la petite vérole conlluente. N'est-ce pas par la même cause que dans quelques maladies de poitrine, djus les phthisiques , dans les asthmatiques, dans ceux qui sont atteints d'un hydrothorax, et même de quelque maladie du cœur, le sang ne pouvant couler facilement dans le poumon pour retourner au cœur, se ramasse dans les veines du cou et de la tête et encore dans les artères en général, et particulièrement celles des glandes salivaires, ce qui fait que la sécrétion de la salive est très abondante ? Les femmes grosses ont aussi une expuition fréquente ; ceux qui ont usé de trop de mercure ont des plyalismes très-considérables.
Quelques remèdes , comme les si^ilogogues , en irritant immédia- tement les nerfs de la bouche , augmentent la sécrétion de la salive; : et tel est l'effet des masticatoires , le tabac , l'euphorbe, la pyrèthre..
D'autres fois les nerfs des clandes salivaires ne sont irrités r que médiatement, comme lorsque le canal alimentaire est trop' plein d'alimens, ou qu'il en contient de mauvaise nature, etr aussi par des vers, par des amas de concrétions glaireuses oui autres.
La salive peut augmenter en quantité lorsque les autres sécré-tions sont diminuées. J'ai vu des ptyalismes survenir après? la jirompte cessation d'un dévoiement ou apiès d'autres évacuations arrêtées. Les observations ont appris que ^ lorsque le pancréaM
DE I. A S r I. A N C H N O L O G T E. Blf
étoit obstrué, la salivation étoit Wniiconp plus aboivliuito que <ians l'étal naturel. On trouvera, à l'article tlu/;a7ic/Y'(i.9 , le rédultafc de plusieurs observations qui paroissent le prouver; mais sécrétion de la salive est naturellement diminuée dans le dé-, voicment, dans le diabélès , dans les excessives sueurs, dans les hydropisies : on a vu (juelqnes sujets dont les articulations ont été ankilosées à la suite d'une excessive salivation. Baader en a recueilli un exemple, et j'en ai rapporté un autre très- remarquable ( 1 ). '
Les glandes salivaires sont, comme les autres, sujettes aux engorgemens squirreux : le suc salivaire se ramasse, quelquefois leïeuient en elles, qu'il y forme des concrétions énormes (2)^ d'autres fois les malades rendent par l'expuition de petites pierres salivaires (à).
I es mêmes causes qui peuvent augmenter l'écoulement de la salive en excitant la sensibilité, peuvent la supprimer si cette sensibilité est portée trop loin; alors la bouche devient sèche y comme dans \ks premiers temj-s des fièvres ardentes , dans les inflammations de l'eslomac, du diaphragme, etc.
La salive est naturellement insipide , inodore, ce qui fait qu» nous pouvons jierccvoir la saveur naturelle des alimens; maispar état de maladie, dans certaines fièvres sur-tout, elle devient salée , acre, fétide , et très-amère dans quelques jaunisses. Elle doit être fluide , presque séreuse, pour pouvoir mieux se mêler aux alimens ; cependant dans quelques maladies , comme dans les accès d'éj>ilepsie , elle a la consistance du suif fondu : quelquefois ramassée dans ses glandes ou dans ses canaux excréteurs, elle les obstrue et y forme des tumeurs plus ou moins molles (4)^ qu'on a prises pour des abcès et qui ont plus d'une fois donné lieu, à des dépôts fistuleux (5).
Personne n'ignore que les glandes salivaires , et principalement les parotides, sont exposées à se tuméfier, et par diverses causes, comme après les impressions subites de froid, sur-tout lorsqu'on sort d'un lieu chaud , au commencement des fièvres ou à leur déclin : les premiers gonflemens sont b/en plus dangereuri que les autres, qui sont au contraire souvent d'heureuses crises.
(1) Voyez Lioutaud, Mist. anat. med. ^t, II, p. 35j.
(y) Kalsxhmidt , De luinore schirrhoso parolidis exlirpato.
(.3) De calculis ex ductu salivali excielis. Shcrer. Argent. 1787, in-4*.
ez une ob.scrvation intéressante de Tenon, ^cad. des sciences^ année 17.O0.
(5) Muy», Piaxh chiiurfr. rationalis dec. YI , obs. 6.
5l8 ANATOMIE MÉDICALE,'
Les glandes salivaires , et sur-tout les parotides , se gonflent aussi à la suite des douleurs de dents et de quelques maladies de la bouche; on sait que le mercure pris intérieurement ou répandu extérieurement sur la peau , donne lieu à un gonflement de ces glandes, et dans quelques sujets bien plus vite que dans d'autres. Il paroit que cet effet a plutôt lieu chez les personnes dont les nerfs sont très-sensibles que chez les autres. Le ptyalisme, comme nous l'avons dit , est la suite fréquente et même le re-« mède de ces gonflemens salivaires.
La grenouillette , cetlo tumeur qui se forme sous la pointe de la langue , est une tumeur salivaire formée par la dilatation des canaux excréteurs des glandes maxillaires et sublinguales.
Il ne faut pas confondre les pétrifications salivaires avec les engorgemens lymphatiques qui ont lieu dans ces glandes dans certaines maladies de la lymphe.
Ces engorgemens sont souvent l'effet du vice scrophuleux , qui affecte particulièrement les glandes maxillaires. Lorsque ces glandes sont atteintes de ce vice , elles se durcissent , se gonflent, rougissent, et terminent quelquefois par fournir une sup^ puration blanchâtre, granuleuse, dont on arrête d'autant plus difficilement les progrès , que la cause en est intérieure 5 les engorgemens des glandes salivaires sont fréquemment accom-
Ïagnés de ceux des glandes du mésentère et d'autres glandes ymphatiques des aisselles , d«s aines ; cependant quelquefois, les glandes maxillaires sublinguales et autres voisines sont saines , quoique d'autres parties soient affectées du vice scrophuleux (i).
Les glandes salivaires sont d'autant plus sujettes aux inflam- Biations , qu'elles ont beaucoup de vaisseaux sanguins , et qu'elles sont plus exposées au contact de l'air froid, étant presque immédiatement placées sous la peau; ce qui donne lieu, pendant l'hiver, aux fluxions plus ou moins inflammatoires, dont les suppurations sont souvent la suite ; elles sont aussi d'autant plus exposées au cancer., qu'elles ont beaucoup de vaisseaux lymphatiques et de nerfs. C'est dans les ouvrages de pathologie qu'on trouvera des instructions ultérieures sur la nature de ces sortes de maladies , sur lesquelles nous nous interdisons de plus longs détails.
(i) Voyez, à cet t^gard, mes observations sur le rachitisme y et nos remarq^ues sur les engorgemens des glandes du mésentère.
DE XA srtANCHK-OLOGIE. Ol^
De la lano-ue.
Situation , volume. La langue est nn corps cliarnu, contenu dans la cavité de la' bouche , et qui s'étend en arrière jusqu'à l'os hyoïde auquel elle est attachée j et comme elle a plus d'épaisseur que l'arcade alvéolaire inférieure n'a de hauteur , elle touche, quand la bouche est fermée , au voile du palais j son volume est presque proportionné à la grandeur des deux arcades alvéolaires , et à la distance des dents incisives à l'os hyoïde.
Divisions. On doit distinguer dans la langue, la base , la pointe , les côtés , la face inférieure , la face supérieure. La base est la partie la plus postérieure , la plus inférieuie et la plus épaisse ; elle est adhérente à la face supérieure du corps de l'os hyoïde, et à l'épiglotte^ par le moyen d'une duplicature membraneuse. Dans l'homme^ la pointe est légèrement arrondie et très-mince ; les côtés sont minces aussi , mais plus en avant qu'en arrière. La face inférieure est très-jrrégulière ; on y aperçoit deux saillies séparées par un sillon , sur lesquelles sont les veines ranines qui rendent cette partie bieuâlî'e» C'est vers la partie moyenne et postérieure de cette face qu'on observe !e frein de la langue.
La face supérieure de la langue est légèrement aplatie , excepté dans son milieu où on remarque Tin sillon plus profond et étroit vers la base j on l'appelle assez improprement la ligne médiane. On observe à la partie postérieure de cette face un enfoncement plus large que profond , dans lequel on voit plusieurs orihces de follicules muqueuses : on le nomme le trou cœcum.
Enùnences mamillaires et papillaires. On voit sur la face supérieure de la langue et autour de ses bords , un très-grand nombre de petits corps ^
520 anaVomie médicale; dont la forme et le volume sont dii'ïeréns. Les uns sont assez volumineux, aplatis et percés clans lenr milieu d'une ouverture qui conduite à une follicule muqueuse : on les appelle papilles muqueusi^s. Les secondes papilles sont arrondies , à pédicule trèscourt, et un peu aplaties dans leur milieu, comme des cbampionons : on les rippelle aussi fungîforrnes. Les mamelons de la troisième espèce sont les plus petits de tous j ils sont coniques ou pyramidaux , et comme soyeux au toucher.
Les mamelons de laj^remière espèce sont situés vers la base de la langue , et sur-tout autour àvL trou cœcum j les seconds occupent principalement le milieu de. la lanj^ue j les coniques ou j^yramidaux , la pointe et les bords j et ceux-ci parcfissent joiiir de la plus vive sensibilité. Bellini a soutenu qu'ils étoient les véritables organes du ^oût, étant des productions des nerfs fi). Hallcr a suivi dans ces corps pyramidaux des filets du nerf lingual. Malpiglii y a reconnu du tissu cellulaire , et Ruvsch des vaisseaux sanguins (3).
I^a langue est recouverte de la même membrane qui tapisse l'intérieur de la bouche; c'est elle qui iorme un repli qu'on appelle le frein , qui la fixe à la partie inférieure et antérieure de la bouche , dans lequel sont contenus des rameaux de l'artère lini^tiale et la veine ranine.
Muscles de la longue. Les muscles de la langue sont les intrinsèf[ues ou les linguaux , et les extrinsèques; savoir, les génio-glosses , les hyo-glosses, les stylo-glos.ses, dont on trouve la description dans le Traité de M^ologie.
Vaisseaux et nerfs de la langue. Les artères de
(1) Gustùs organum novissimè dtprehensum. BononicBj i663. (3) Haller, Elément, pliysiol, t. I j p. io4'