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la conformité qu'ils présenteront sans doutt avec ceux qui ont été obtenus chez nos voisins ; et lorsqu'il se trouvera quelque lacune dans nos observations , nous pourrons avec confiance recourir aux importants travaux des Antiquaires Anglais , et nous enrichir de leur expérience.
Le cours que j'aurai l'honneur de vous faire se divisera en six parties.
Dans la première partie, nous examinerons les monuments attribuas aux Celtes et antérieurs à la colonisation des arts romains dans les Gaules.
Dans la seconde partie, nous jetterons un coup-d'œil sur les changements qui s'opérèrent dans le même pays après la conquête des Romains; sur les divisions géographiques, l'organisation administrative , les progrès de l'industrie , de la civilisation, etc., etc. , sous la domination romaine.
Dans la troisième partie , je vous offrirai la description des monuments romains et l'analyse des caractères qui les distinguent.
Dans la quatrième PARTiE,j'esquisserai l'histoire de l'architecture religieuse dans le moyen âge , depuis la chute de l'Empire romain jusqu'au XVIe siècle, en y rattachant quelques détails sur les tombeaux , les fonts baptismaux
d'antiquités monumentales. 9
fît les autres monuments accessoires des édifices religieux.
La cinquième partie sei-a consacrée à l'architecture civile et à l'architecture militaire aux mêmes époques.
Dans la sixième partie, je vous présenterai des notions générales sur l'état de la peinture , de la calligraphie , de l'orfèvrerie , et de plusieurs autres arts aux différents siècles du moyen âge.
Voilà , Messieurs , le plan que j'ai conçu.
Quoique je ne puisse me flatter d'obtenir des résultats tels que je les désirerais , cependant il m'a semblé qu'un cours d'archéologie appliquée au pays y dont les principes trouveraient chaque jour leur emploi , qui présenterait en outre des documents assez nombreux sur la statistique monumentale du Nord-Ouest de la France , aurait un genre d attrait tout nouveau, qui pourrait jusqu'à un certain point triompher de l'indifférence qu'on affecte en général pour tout ce qui ne touche point aux intérêts matériels et immédiats. Cet espoir m'a soutenu dans la résolution de faire chaque année un cours d'antiquités monumentales. Mais j'ai besoin , Messieurs , de toute votre indulgence, et je la réclame instamment. Les
considérations damour-propre n'ont point influé sur ma détermination. Je n'ai en vue que d'applanir les premières difficultés de la science, de multiplier les observateurs , et par suite les chances de découvertes.
Je vous dirai donc sans aucun apprêt et en employant le langage ordinaire de la conversation , ce que j'ai appris sur nos antiquités monumentales. Pour peu que vous vouliez me prêter quelque attention , vous puiserez dans ces conférences des notions , si non complètes , au moins positives et sûres qu'il vous sera facile d'augmenter et de perfection* ner , et bientôt vous comprendrez l'importance des études archéologiques et le bonheur qu'on éprouve en observant les ruines et les monuments de l'antiquité. H existe en effet , Messieurs , un puissant attrait , une source d'émotions profondes dans ces traces des générations qui ne sont plus ; on aime à oublier le temps présent pour se reporter à des époques reculées , et s'identifier , pour ainsi dire , avec elles. Ces illusions ont un charme qui se conçoit mieux qu'on ne peut l'exprimer, mais qui est bien connu de tous les hommes doués de quelque sensibilité.
Cependant, Messieurs, vous trouverez un
DYmQUlTÉS MONUMENT ILES. 11
grand nombre de personnes qui négligent I étude des sciences archéologiques , ainsi que beaucoup d'autres études , parce qu'elles n'en aperçoivent pas Futilité directe ; comme si les besoins moraux n'étaient pas aussi impérieux que les autres pour l'homme civilisé , et comme s'il ne fallait pas rechercher avec empressement tout ce qui peut fournir quelque aliment à notre esprit. D'ailleurs cette objection n'est pas spéciale à l'étude des antiquités; elle s'applique également à toutes les connaissances humaines qui n'ont pas pour objet immédiat de satisfaire les besoins de la vie physique, et en la généralisant ainsi, une pareille idée devient trop absurde pour faire fortune dans le siècle où nous vivons.
Sans doute tel homme peut vous dire qu'il n'aime pas lesantiquités,qu'il n'estpas frappé des beautés de l'architecture , qu'il est inaccessible aux charmes de la musique ou de la peinture. Mais à coup sûr, Messieurs , celui qui tient de bonne foi un pareil langage, est, pour me servir de la comparaison d'un jeune et savant littérateur^), comme un instrument qui n'a pas toutes ses cordes ; c'est un être imparfait qui ne jouit pas de toutes ses facultés. Heureusement les
(i) M. Ed. Richcr de Xantei,
homme* qui affectent une telle indifférence pour les sciences et les beaux-arts sont rares dans notre siècle , et le nombre en diminuera *ans doute encore à mesure qu'une éducation propre à former le goût et l'esprit deviendra de plus en plus populaire (i).
11 me reste à vous déclarer que j'ai été secondé de la manière la plus obligeante dans mes recherches par plusieurs savants auxquels je me trouve heureux d'adresser publiquement mes remercîments.
M. le comte Alexandre de la Borde , membre de l'Institut, a eu la bonté de me confier l'exemplaire qu'il possède du grand ouvrage de King(a), le seul peut-être qui soit en France.
M. Van-Praet m'a aidé , avec son amabilité accoutumée Sans les recherches que j'avais à faire à la bibliothèque royale.
J'ai pu consulter la précieuse collection de mémoires publiée par la société des Antiquaires
(,) Il est bon de prévenir le lecteur que ce cours d'Antiquitéa a «té professé devant un auditoire nombreux , dont une partie étrangère aux étude, sérieuse. , appréciait peu Tulilité des connaissances archéologiques. C'est ce qui a déterminé le profesaeur a combattre des idées Tousses et njalheoreuaement trop ré panduet parmi les gens du monde.
(a) K!ng; munimtnl* *nii<,ua , 4 toi. in-f-., orné, de planche. ; cet outrage ne se troure dans incunas des bibliothèques de Pans.
de Londres (i), grâces à M. Spencer Smith qui a bien voulu la mettre à ma disposition pendant quelques mois.
Plusieurs membres de l'académie royale des Inscriptions , parmi lesquels je dois particulièrement citer MM. Raoul Rochette , Daunou , Hase , Dureau de la Malle , Quatremere de Quincy , Petit Radel , Champollion Figeac et Mionnet , ont eu la complaisance de me faire connaître leur opinion sur des points trèsdifficiles à résoudre dans l'histoire des antiquités nationales.
M. de Gerville, auquel on doit une description complète des monuments, du département de la Manche , que j'aurai souvent occasion de citer , m'a communiqué l'ouvrage de Norris Brewer sur les antiquités de l'Angleterre, et plusieurs autres livres précieux.
Mon excellent ami , M. Le Prévost , qui , par la profondeur et la variété de ses connaissances, est devenu le conseil nécessaire de ceux qui se livrent , en Normandie , aux travaux archéologiques , a parcouru les leçons que j'ai préparées et m'a communiqué des notes dont je sens tout le prix.
J'ai aussi de grandes obligations à M. Gail-
(i) as Toi. io-4*. «rec planches.
î4 couhs
lard, qui a fait depuis quelques années à Lillebonne des découvertes si importantes et si neuves ; à M. Deville , auteur de plusieurs savants et magnifiques ouvrages sur les monuments de la Haute - Normandie ; à M. H. Langlois , connu par tant de mémoires d'un haut intérêt ; à MM. Féret , de Dieppe ; Galeron , de Falaise ; Lambert et Pluquet , de Bayeux ; P. A. Lair ; de Magneville ; Roger et Gervais, de Caen, qui tous contribuent si activement à nourrir de leurs intéressantes recherches les annales de la société des Antiquaires de Normandie.
Toutes les fois que j'aurai recours aux renseignements des personnes que je viens de citer , je m'empresserai de le déclarer. En cela je rendrai à leurs lumières et à leurs talents d'observation l'hommage qu'ils méritent, et j'aurai l'avantage inappréciable de vous présenter, dans la coopération des savants les pins recommandables et dans l'autorité de leur témoignage , une garantie sans laquelle vous pourriez conserver quelques doutes sur la justesse de mes observations.
d'antiquités monumentales. i?>