‹ Cours d'antiquités monumentalesChapitre 125 sur 126 · CODES · texte numérisé non relu

CODES

un amphithéâtre dont les proportions n'ont été connues pendant long-temps que par quelques dessins , évidemment inexacts. Le percement d'une nouvelle rue qui a eu lieu tout récemment , a mis à découvert une partie des fondations de ce vaste monument , de manière qu'on a pu en mesurer et en tracer le périmètre extérieur. On n'a point encore de données positives sur le diamètre intérieur , parce que dans les endroits qu'on a fouillés , les murs qui pouvaient indiquer le contour de l'arène manquaient tout à fait. Peut-être des fouilles continuées sur d'autres points feront-elles trouver ce périmètre : pour le moment voici tout ce qu'on peut dire avec certitude d'après les notes qu'a bien voulu me transmettre M. de Gaujal, correspondant de l'Institut :

Le grand axe avait de longueur hors d'œuvre , f 37 mètres ou 4 1 1 pieds.

Le petit axe hors d'œuvre 1 1 3 mètres , ou 345 pieds.

Le périmètre extérieur était de 4oo mètres.

La galerie extérieure était percée d'environ 64 arcades.

Toutes ces mesures diffèrent de celles qu'on attribuait au monument.

Les murs étaient construits en moellon avec

d'antiquités monumentales. 4?9

un revêtement en petit appareil , dont les pierres symétriquement taillées étaient séparées les unes des autres par un ciment assez épais. On distingue encore le long de la rue nouvellement percée , quelques piliers offrant un échantillon de cette maçonnerie.

Un grand nombre de médailles d' Hadrien trouvées au milieu des ruines de l'amphithéâtre, ont fait penser qu'il avait été construit sous le règne de cet empereur. 11 paraît que le monument subsista presque entier jusqu'au temps de Louis-le Débonnaire, qui permit , en 801 , aux moines de St. -Martial d'y prendre des matériaux pour bâtir leur église. Cette permission fut probablement renouvelée à diverses reprises; il restait pourtant des ruines assez considérables de l'amphithéâtre en 1 568 , époque à laquelle on exploita les murs presque jusqu'au niveau du sol , pour se procurer des matériaux (i). Mais ce ne fut qu'en 17 13 qu'on fit disparaître les derniers restes visibles du monument pour y établir une promenade. Alors il resta encore sous terre beaucoup de fondations qui , remises a nu tout récemment, ont permis de reconnaître exactement le périmètre de l'édifice.

(I) V. description des monuments de la Haute-Vienne 9 par M. Allou » p. Cl.

4«So . COURS

Amphithéâtre de Péiugueux. — Cet amphithéâtre était situé sur une petite colline qui dominait la plus grande partie de la ville antique. 11 n'en reste plus que fort peu de chose debout ; car on ne voit sur le sol que cinq ou six voûtes et deux petits escaliers dans la partie qui regarde le nord , quelques voûtes et nn petit escalier du côté du midi , un grand escalier et quelques pans de mur au sud-est, et une voûte au sud-ouest (V, le plan, fig. 5 , pl. XLII ). Sept fouilles successives , dirigées par M. de Taillefert qui en rend compte dans son ouvrage sur les antiquités de Vésone , out permis de fixer , avec quelque exactitude , les dimensions de cet amphithéâtre , et amené la découverte d'un assez grand nombre d'ornements , d'ustensiles et de médailles antiques.

L'amphithéâtre de Périgueux était de forme elliptique, comme presque tous les monuments de ce genre (V. la fig. 5 , pl. XLII ). Bien qu'il ne reste rien de la galerie circulaire par laquelle on entrait dans l'édifice , on ne peut guères douter qu'elle n'ait existé. M . de Taillefert croit en avoir reconnu l'emplacement , et dans tous les amphithéâtres aussi importants que celui de Périgueux il y avait dépareilles galeries. Par suite des fouilles qui ont été faites , on a trouvé

d'antiquités monumentales. 48 i

que l'amphithéâtre était long de 45g pieds. Il a été impossible de déterminer arec la même exactitudela dimension dirpetitaie : sa longueur a été évaluée à peu près à 377 pieds.

Les constructionsencore existant es sont toutes en petites pierres à l'intérieur avec un revête* ment de grand appareil (1) , excepté dans quelques parties où ce revêtement était en petit appareil.

Un canal de 1 pied* 9 pouces de profondeur et de 2 pieds de largeur régnait tout autour du podium pour l'écoulement des eaux pluviales : des conduits plus petits portaient les eaux dans ce canal principal quirlui-métne,jse déchargeait dans un cloaque. Ce cloaque et la profondeur de l'arène ont fait croire à M. de Tatllefert que l'amphithéâtre avait pu servir de naumachie.

M. de Taillefèrt suppose que la façade extérieure se composait de trois ordres, et établissant par présomption l'élévation de chacun d'eux t

(l)Les pierres de grand appareil avaient été employée* dans tout ce qui se trouvait exposé ans injures du temps. C'est de cette façon qu'était construite la plate-forme supérieure , les gradins, le mur du podium f celui de la façade extérieure; ainsi que tous les angles saillants de l'intérieur dans quelque ordre qu'ils se trouvassent. Ces grosses pierres encadraient partout la misse des constructions. De Tailfrfert, Antiquités de Y e sorte , art. Amphithéâtre.

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il assigne à l'édifice une hauteur de 95 pieds ; mais je suis porté à croire qu'il n'y avait que deux étages et un attique , comme dans les monuments du même genre que nous avons examinés ; ce qui réduirait d'une vingtaine de pieds la hauteur indiquée par M. de Taillefert. Du reste la disposition des escaliers et des passages , dans le massif supportant les gradins , devait être la même que dans les amphithéâtres de Bordeaux et d' Arles. Une partie des passages correspondant aux arcades des galeries extérieures se rendaient aussi à une seconde galerie d'où l'on entrait sur le podium ; les autres renfermaient les escaliers par lesquels on montait aux gradins et aux galeries du second étage.

Aux deux extrémités de l'ellipse (Nord-Sud) étaient , comme dans les autres amphithéâtres , deux grandes entrées descendant dans l'arène par uu plan incliné. La largeur de celle qui existe du côté du nord , est de 19 pieds , et sa hauteur de 17 , à son ouverture actuelle qui n'est pas l'ouverture ancienne, -si l'on admet l'existence d'une galerie. A droite et à gauche de ces grandes entrées on voit de petits escaliers dont la largeur est de 3 pieds 8 pouces. La première rampe de ces escaliers se dirigeait vers l'arène , la seconde en retour d'équerre

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était conduite sur V extrados de la voûte inclinée de la grande entrée. <Tai trouvé de pareik escaliers dans les arènes de Saintes dont je vais parler tout à l'heure.

La longueur du grand axe de l'arène était , d'après M. de Taillefert, d'environ 199 pieds ; celle du petit axe, de 120 pieds. 11 estime à 1 18 ou 120 pieds l'épaisseur des constructions comprises entre le mur du podium et celui de la façade extérieure (1).

L'époque de la fondation de l'amphithéâtre n'est point connue. Plusieurs antiquaires pensent qu'il date du premier siècle de l'ère chrétienne ou du commencement du second siècle.

Amphithéâtre de Poitiers. — L'amphithéâtre de Poitiers n'était pas moins vaste, je crois , que celui de Périgueux (2). Il en reste des ruines

(1) J'ai eu l'avantage de visiter l'amphithéâtre de Périgueox, accompagné de M. l'abbé Audierne , conservateur du musée d'antiquités. Ce mu,«ce est établi provisoirement sous ls grande arcade de l'amphithéâtre.

(2) Lorsque |« professais ce Cours , Je ne connaissais point exactement le* dimensions de l'amphithéâtre de Poitiers; M. Nangon de La Lande, président de la Société des Antiquaires de l'Ouest, vient de les Indiquer avec une grande exactitude, et voici les résultats qu'il a obtenus :

Orsnd axe de l'arène !.. 264 pieds.

Petit axe «10

Grand axe du monument complet. . . 416

Petit axe 375

assez considérables dont j'ai dessiné quelques parties: on distingue sans difficulté du côté du nord et du nord-est , une des grandes entrées de l'arène , la galerie extérieure , une partie des voûtes de Vima cavea et quelques-unes des voûtes du second étage ; mais tout cela est encombré d'habitations , et pour se rendre compte de la distribution de l'édifice , il faudrait visiter toutes les caVes des maisons bâties sur ses ruines.

Dufour rapporte qu'il pratiqua quelques fouilles le long du podium , auquel il attribue ?4 pieds de largeur (i) ; il serait à désirer que ces fouilles fussent reprises sur une plus grande échelle.

Quoi qu'il en soit , une des parties les plus curieuses et les plus faciles à examiner, est la grande arcade placée à l'extrémité nord de l'ellipse. Elle ne communiquait point avec la galerie du pourtour, mais elle formait saillie sur celle-ci et conduisait, par un plan incliné, au niveau de l'arène. Nous avons remarqué à Périgueux , à Bordeaux et ailleurs, cette inclinaison des grandes entrées de l'arène , et vous concevez qu'elle était indispensable lorsque l'arène

(I) De l'ancien Poitou et de «a capitale , p. 293.

d'antiquités monumentales. ' 4^5

était creusée à une certaine profondeur audessous du sol environnant , pour diminuer la hauteur des travaux en maçonnerie : or , j'ai déjà dit ( page 4^7 ) qu'il en était ainsi dans beaucoup d'amphithéâtres.

Cette grande entrée était voûtée comme celles de l'orchestre du théâtre de Lillebonne , avec un double rang de moellons plats placés de champ et baignés de mortier. Evidemment cette voûte avait été formée , ainsi que la plupart des voûtes semblables , sur des cintres en bois garnis de planches.

Une corniche en pierres de grand appareil , incrustée dans les murs latéraux , figurait des impostes à la naissance de la voûte, et suivait , comme elle , le mouvement du pavé. Les parois latérales étaient revêtues en petites pierres trèsrégulièrement taillées , dont il ne reste plus que quelques parties. Ces assises de pierres étaient horizontales

La plupart des revêtements des arènes de Poitiers sont en petit appareil régulier sans chaînes de briques ; mais il y a lieu de penser que le grand appareil avait été employé dans plusieurs parties de l'édifice.

(!) D'iprèj M. Maogon de La Lande, cette grande porte voûtée avait 66 pieds de longueur et 25 pied* de largeur pics de l'ouverture.

486 cours

La date du monument n'est pas mieux connue que celles des amphithéâtres précédents. Quelques personnes le croient à peu près du temps d'Hadrien ; d'autres en ont rapporté l'origine aux temps de Septime-Sévère ou de Gallien. M. de La Lande est de cette dernière opinion , et il fait remarquer que les noms cY Arènes et de Palais Gallien donnés par la tradition à l'amphithéâtre de Poitiers , comme à celui de Bordeaux , semblent confirmer cette conjecture.

Amphithéâtre de Saintes. — L'amphithéâtre de Saintes , de forme ovale comme les précédents y se trouve hors de la ville , au fond d'un vallon qui sépare le faubourg St.-Macoul de la paroisse St.-Eutropc. Le grand diamètre , qui est d'environ 4oo pieds , s'étend parallèlement à la vallée , et le petit diamètre en occupe toute la largeur , de manière que l'édifice s'appuie de deux cAtés sur les coteaux qui bordent la gorge au fond de laquelle il est situé.

On arrivait a la terrasse ou corridor qui dominait la cavea , par les coteaux du nord et du midi , avec lesquels elle se trouvait de niveau (i). On distingue très-bien encore la

(t) Description de l'amphithéâtre de Saintes, par M. de Craianocs.

d'antiquités monumentales. 4^7

rampe par laquelle on accédait aux sièges le long du coteau de St.-Macoul , ainsi que les murs qui servaient à soutenir les terres supérieures (1).

Dans l'état de ruine où se trouve aujourd'hui F édifice , les arcades les plus remarquables sont celles que Ton voit à l'extrémité Est , au fond de la vallée , et qui avoisinent la grande entrée de l'arène. Je les ai figurées sur la pl. XLH , vues de deux côtés différents. Le dessin n°. 1 f pl. XLH, offre ces arcades comme elles se présentent en-dedans de l'arène ; et le n°. 2 , comme on les voit en-dehors de l'édifice en se plaçant au fond du vallon. Ce dessin montre que le niveau de l'arène était beaucoup au dessous du terrain extérieur , et que la grande entrée s'abaissait pour en atteindre le pavé ; vous distinguez aussi des escaliers c c, placés de chaque côté de cette entrée , comme à l'amphithéâtre de Périgucux ; ils étaient conduits de la même manière (3).

(1) Cm mura dans lesquels on remarque des niches cintrées paraissent avoir suivi le mouvement de la rampe.

(a) M. deCrazannes pense que ces escaliers pouvaient servir h accéder aui loges d'honneur du propréteur ou des autres officiers , qui auraient été placées sur la voûte de la grande entrée.

488 cours

Une grande entrée pareille à celle que j'ai figurée , existe à l'extrémité opposée de l'arène ( côté de l'ouest ).

Je ne crois pas que l'amphithéâtre de Saintes ait été suffisamment étudié ; aussi est-ce avec quelque réserve qu*il faut admettre l'opinion commune qui veut que cet amphithéâtre n'ait eu qu'une précinction et qu'il ait été dépourvu de galerie extérieure aux extrémités de l'ovale. Il est prouvé par les recherches de M. de Taillefert et de M. deMourein, que cette galerie, dont il ne reste plus de traces à Périgueux , a pourtant existé : n'en serait il pas de même à Saintes , • et par suite , n'y aurait-il pas eu deux précinctions? Je ne veux point discuter sérieusement ces questions, je désire seulement attirer sur elles l'attention des observateurs ; mais il serait surprenant qu'un amphithéâtre d'un diamètre presque égal à celui des arènes de ]Nismes , eût eu une élévation aussi peu considérable qu'on le suppose.

D'après MM. La Sauvagère et Bourignon, 60 arcades supportaient la cavea et faisaient le tour de l'édifice. Ces arcades, dont vous voyez quelques-unes dans les deux vues qui vous sont présentées, étaient fort irrégulières et de proportions différentes. Elles étaient construites

en pierres calcaires de petit appareil (1). On distingue au milieu du revêtement , des trous assez nombreux qui avaient servi à fixer les échafaudages t et que Ton trouve dans la plupart des constructions romaines de petit appareil. Des trous semblables placés obliquement et qui suivent le mouvement des voûtes

cintres en bois sur lesquels on formait ces voûtes en moellon. Il est d'ailleurs évident qu'on employait des cintres couverts de planches pour arrondir les voûtes ; car j'ai remarqué sur les enduits , dans les parties qui existent encore , l'empreinte de ces planches, de leurs inégalités et de leurs jointures.

MM. de Crazannes et Moreau pensent avec Bourignon que l'amphithéâtre de Saintes a pu servir aux spectacles naumachiques , parce qu'ils ont découvert un aqueduc amenant ses eaux vers l'arène. Je ne crois pas que l'on puisse tirer de cette découverte des présomptions bien puissantes ; car il pouvait y avoir près de l'amphithéâtre , peut-être même le long du podium >

(1) V. sur l'amphithéâtre de Saintes , Bourignon , La Sauva gère, M. de Crazannes , M. Massiou, etc., etc.

On ne trouve de briques que dans les archivoltes ; elles y alternent avec dea claveaux en pierre.

des fontaines alimentées par cet aqueduc : ces fontaines , d'ailleurs , n'auraient pas été inutiles pour désaltérer les combattants ou les spectateurs , ou pour tel autre usage que Ton voudra supposer.

En suivant le vallon depuis l'amphithéâtre et allant vers St.-Eutrope , on remarque , du côté de la ville, de grands murs de soutennement derrière lesquels existent , à ce qu'il paraît , des espèces de tours semi-circulaires pour soutenir la poussée des terres. Nous allons voir tout à l'heure le même moyen employé à Trêves pour fortifier les murailles dominées par un coteau à peu près semblable.

L'origine de l'amphithéâtre de Saintes est inconnue : à en juger par le mode de construction et l'irrégularité des arcades , il ne peut être antérieur au règne d'Hadrien.

Amphithéâtre de Trêves. — On avait creusé une vaste tranchée , au pied d'un côteau schisteux , pour y établir l'amphithéâtre de Trêves. L'un des grands côtés de la cavea se trouvait , comme à Saintes , dominé par le côteau , et sur celui-ci on avait tracé des allées qui devaient fournir un accès facile pour les gradins. Du côté opposé , le terrain, quoique moins élevé , four-

nissait encore une éminence pour rétablissement des sièges. La coupe idéale que je trace sur le tableau (pl. XLI ter , fig. 4) » va faire comprendre cette position de l'amphithéâtre de Trêves.

L'arène a été, depuis peu , complètement déblayée , et Ton distingue très-bien les deux grandes entrées et le mur du podium. Plus haut il ne reste de la cavea que la pente sur Jaquelle avaient été disposés les gradins , et qui est composée d'un psammite schisteux formant la base du terrain dans lequel l'arène a été creusée.

Comme vous le voyez par le plan que j'ai tracé de cet amphithéâtre (pl. XLI ter , n°. 5), les deux grandes entrées , aux extrémités de l'ellipse , forment un évasement sensible à l'extérieur. Elles se composaient chacune d'une grande porte voûtée entre deux passages plus étroits. L'un des petits passages offre encore sa voûte faite en pierres de grand appareil artistement ajustées. Les autres voûtes sont détruites. J'ai lieu de supposer que les deux passages entre lesquels s'ouvraient les grandes entrées , servaient principalement a accéder au podium au moyen d'un petit escalier, à peu près comme le passage marqué F sur le plan du théâtre de Lillebonnc , donnait accès à Vima cavea de ce théâtre qui ressemble tant à un podium.

/fç^ COURS

Les parois latérales des portes , ainsi que le mur du podium , étaient revêtus en petit appareil régulier. Ces grandes entrées se trouvaient presque de niveau avec le sol de l'arène t et ne s'inclinaient que très-doucement vers elle.

Nous avons vu dans tous les amphithéâtres que nous venons d'examiner , les grandes entrées de l'arène formant saillie sur le corps de l'édifice.: à Trêves , c'est le contraire ; mais cet!-* différence s'explique tout naturellement par la disposition du terrain sur lequel on a construit l'édifice ; car il fallait de grands murs pour soutenir les terres qui dominaient de chaque côté l'entrée de l'arène, creusée comme le lit d'un fleuve avant l'établissement des ouvrages en maçonnerie.

Les murs qui précèdent les portes et forment l'évasement que je viens d'indiquer présentant des lignes verticales et unies , il a fallu les fortifier contre la poussée des terres , au moyen d'W procédé que j'ai trouvé plus d'une fois employé dans des constructions semblables et que je citais en parlant des arènes de Saintes. On a établi derrière ces murailles des tours semi-circulaires dont la courbure était opposée à la pression des terres. V. les points B B B , pl. XL1 ter , n°. 5.

d'antiquités monumentales. 4î)3

•Tai distingué du côté de l'arène opposé au côteau une entrée voûtée (C, fig. 5, pl. XL1 ter), au moyen de laquelle on accédait de l'extérieur par une pente assez rapide. Il y avait, je crois , du même côté , d'autres entrées semblables dont je n'ai pu reconnaître le nombre (i). Un petit canal d'environ un pied et demi de profondeur E , E , sur un pied de largeur, se voit encore à l'entour de l'arène ; il était recouvert de dalles, il avait pour but defavoriserrécoulement des eaux pluviales et celles de plusieurs petites sources qui sortent des terres. Rien n'indique que l'amphithéâtre de Trêves ait eu une galerie au niveau du sol extérieur ; s'il y en a jamais eu une , elle devait correspondre au second étage de la cavea , et Ton y accédait probablement par les rampes qui conduisent aujourd'hui sur les terres en pente dominant le podium et qui supportaient les gradins (A , pl. XLI ter, fig. 5).

Il nous resterait encore à signaler bien d'autres

(I) Lors de mon passage a Trêve* , Je n'ai point pris les mesures de l'amphithéâtre , eupérant les trouver à Paris dans l'ouvrage de M. H'yttenbach , sur les antiquités de Trè? es ; malheureusement cet ouvrage ne se trouve pas dans les bibliothèques de Paris, et je n'ai pu indiquer, d'après lui, les dimen-

494 couns

Celui de Fréjus, qui vient d'être étudié de nouveau par M. Texier , et que Millin et Juste Lipse avaient décrit, est d'une étendue moyenne, construit en petit appareil et percé de quatre entrées principales sur les deux diamètres.

Millin indique à Cimiez , près de Nice , les restes d'un amphithéâtre (i).

A Orange , les ruines d'un amphithéâtre existaient , il n'y a guère plus d'un siècle , les murailles avaient encore 1 1 pieds de hauteur en \63g.

A Vienne , on distingue , au-dessous de la colline qui portait le château Pipct , quelques restes d'un amphithéâtre qui devait être d'une très-grande dimension.

A Lyon, la pièce d'eau et la promenade voisines du jardin des Plantes , occupent l'emplacement d'un monument semblable , dont la configuration du sol indique encore l'étendue.

siona de l'amphithéâtre; l'arène m'a para à peu prèa de la même étendue que celle de l'amphithéâtre de Msmes.

(1) Voici les dimensions de cet amphithéâtre indiquées par Millin :

Grand diamètre, M toises.

Petit 18 id.

Diamètre des constructions portant les gradins depuis l'arène Jusqu'à la ligne extérieure de l'édifice, 5 toUes 2 pieds:

Ce qui ferait 196 pieds pour le grand diamètre hors œurre, et 172 pour le petit: il est probable que ces mesures ne sont pas eiacte?.

A Avenches (Suisse), sur la hauteur occupée par la ville actuelle , on remarque remplacement d'une arène qui forme une espèce de cratère, au milieu de la petite place du Casino (i).

On m'a montré à Metz et à Besançon les emplacements des amphithéâtres de ces deux Tilles (2).

D'autres monuments semblables , également effacés , existaient à Reims , à Beauvais , au Mans» à Paris, à Angers (3) et dans quelques autres villes du Nord.

Si nous retournons au midi , nous aurons à citer les vestiges de quelques autres amphithéâtres.

Celui de Beziers offrait encore de belles

(I) Ce fut, dit-on, an milieu ou prèsdes ruines de cet amphithéâtre que l'on trouva la bille inscription suivante que j'ai vue dans la collection de la ville : elle est gravée sur un morceau de marbre de 10 pieds de large sur 29 pouces de hauteur :

IN HONORE M DOMVS DIVINAB NAVTAR AHVBANCI ADAM ICI SCHOLAM DE 8VO IN8TRVXERVNT LDDD.

Il s'agit desnautes de l'Aar, rivière de Suisse qui sort du lac de Tfaun et passe à Berne.

(*) L'amphithéâtre de Mets s'étendait sur l'emplacement de la redoute du Pdié ; des ruines Importantes de l'édifice estaient encore au commencement du XVIIe. siècle. V. Montfaucon , Antiquité expliquée, t. m , p. 182.— V. sur l'amphithéâtre de Besançon , l'hist. des Séquanoia, par Dunod.

(3; Gérasses , hist. de Reims ; — Renouard , hiat. du Maine , — Bodin , histoire du Bas-Anjou , etc.

49O cours

ruines au XVII9. siècle ; il ne reste plus aujourd'hui qu'une partie des constructions qui supportaient le podium et les premiers sièges de Vima cave a. L'arène avait a34 pieds sur ido. Une partie de la cavea était taillée dans le roc , et l'on avait ainsi épargné les travaux en maçonnerie , d'un côté de l'édifice.

L'amphithéâtre de flhodez n'offre plus , comme celui d'Avenchcs , qu'une grande concavité elliptique autour de laquelle se voient quelques débris de murailles ; leur solidité a lassé les efforts des destructeurs.

Il ne reste que de faibles vestiges de l1 amphithéâtre d'Agen.

Celui dont on voit les restes à une lieue de Toulouse, à St. -Michel duTouch, était d'une petite dimension; il n'avait hors œuvre qu<* 362 pieds de longueur. 24 arcades seulement formaient le pourtour de l'ellipse : quelques personnes pensent que Toulouse eut un autre amphithéâtre plus vaste , et que celui-ci avait été construit pour quelque riche particulier 1).

M. Dumége indique un amphithéâtre à Saint- Bertrand , Lugdunum Convenarum , dans les Pyrénées (2).

(I) V.Raynal. histoire de Toulouse;— Il Dm Barry, recherche* sur lei amphithéâtres du Midi de le France. (3) M. Du Barry, recherche» sur les amphithéâtres du Midi.

D'ANTIQUITÉ* WONUMENTÀtBS. 497

A Narbonoe -, les restes de l'amphithéâtre existent dans le quartier Saint- Just. Les propriétaires des maisons voisines y ont établi leurs ca ves*

En remontant yen. le centre de la France r nous aurions à citer l'amphithéâtre d'Autan v dont tes derniers vestiges vont disparaître, et qui était d'une grande dimension ;

Celui de Bourges , dont une place publique indique l'emplacement ^

Celui de Tintîniac , près de Tulle , figuré dans MotHfaucon ;

Celui de Levroux , près dMssoudun ^ et plusieurs autre» encore ; maïs- les cita tiens précédentes suffisent pour démontrer combien ces inonumenis ont été multipliés dans la Gaule.

Les amphithéâtres dont it subsiste des ruines , se rencontrent en plus grand nombre , comme vous avex pu le remarquer, dans le centre et dans le midi de la France que dam les régions du nord ; mais tant de villes ont perdu jusqu'aux derniers vestiges de leurs édifices , qu'il ne faudrait pas tirer de cet aperçu île conséquences trop rigoureuses.

J'avais d'abord eu le projet de vous offrir en tableau les dimensions comparées de tous les amphithéâtres que je viens de citer ; mais quelques recherches m'ont prouvé que la

plupart n'avaient point été mesurés exactement et que plusieurs ne Pavaient point été du tout ; il nCa donc fallu renoncer à ce projet. Nous savons au moins que les amphithéâtres offraient des proportions diverses, depuis les plus petits, tels que celui de St.-Michel du Touch , près de Toulouse, jusqu'à ceux d1 Arles et de Limoges ( 1 ).

Le nombre des gradins notait pas toujours en rapport avec le diamètre des amphithéâtres. Quelques-uns n'avaient qu'une précinction avec une arène très-vaste. En général , les grands amphithéâtres se composaient de deux étages et d^un attique. Le colisée de Rome , le plus colossal des monuments de cette espèce, avait

(I) En général les grands amphithéâtres de U Gaule avalent an moins 400 pieds de longueur , sur 300 de largeur, comme le prouvent les mesures suivantes :

Diamètres extérieurs. Diamètres intérieurs.

Grand.

Petit.

Grand.

Petit.

Nlsmea. ...

Arles» • • • •

Limoges. . .

Saintes (d'après M. de

Crazannes). .

Les orchestres, des théâtres mixtes devaient être quelquefois aussi vastes que les arènes des amphithéâtres , puisqu'ils servaient aux mêmes jeux.

d'antiquités monumentales. 499

trois étages et unattique très-élevé. Les galeries du pourtour formaient , à chaque étage , un double corridor.

Il est a remarquer qu'en général les dimensions de l'arène étaient moins variables que celles de la cavea, et Ton conçoit qu'il fallait toujours un espace suffisant pour les jeux , quel que fût le nombre des spectateurs.

Relativement aux arènes des amphithéâtres ? je dois réfuter une assertion que vous trouverez dans un grand nombre d'auteurs , et suivant laquelle ces arènes auraient été entourées d'un canal rempli d'eau, euripus, comme celles des cirques. Il est évident pour moi que, si ce canal a existé dans quelques amphithéâtres d'Italie , on ne le trouvait presque jamais en Gaule , et il faut absolument apporter un correctif à ce témoignage de certains •auteurs qui , du reste, ont bien pu faire confusion et appliquer à l'amphithéâtre quelques-unes des particularités du cirque.

En effet , Messieurs , lorsque des arènes ont été déblayées , on a trouvé parfois autour et à peu de distance du podium , un ruisseau d'un pied ou deux de profondeur sur une largeur moindre encore, et toujours recouvert de dalles, de manière à demeurer invisible aux spectateurs. Evidemment un pareil canal, qui n'avait pour

5oo COURS

but que de recevoir les eaux pluviales (i) , n'offrait aucun rapport avec ce que Ton peut appeler un euripus. D'ailleurs , on ne conçoit pas futilité de ce canal. fi'aurait-il pas rétréci considérablement l'arène, obstrué les passages par lesquels on y arrivait du dehors , et formé un précipice où les animaux auraient pu tomber? Ajoutons qu'il n'y avait aucune nécessité d'eraployer ce moyen pour garantir les spectateurs de l'approche des animaux , puisque le podium s'élevait à douze pieds au moins au-dessus de l'arène , et qu'il était garni d'une grille en fer.

J'ai dit précédemment que les arènes servaient quelquefois de naumachtes. Cest encore un fait qu'il faut admettre, mais avec beaucoup de circonspection. Tout porte à croire qu'à peine quelques amphithéâtres ont servi momentanément à cet usage, et l'examen deces monuments suffit pour le démontrer. La plupart , en effet, occupant des positions élevées n'étaient pas disposés de manière à pouvoir retenir l'eau ; et c'est à tort que presque tous ceux qui ont décrit les

(1) Oo a trouvé de pareils canaux d'écoulement dans les orchestres de plusieurs théâtres M. Deville a reconnu qu'il y en arait un autour de l'orthcs're du théâtre de Lillebonne : il déferaait ses eaux dans des pulsars pratiqués pour les recevoir et dont un , visible encore » a été indiqué sur mon plan ( pl. XU,flg.3).

d' ANTIQUITES MONUMENTALES. 5oi

amphithéâtres de France ont voulu qu'ils fussent indifféremment destinés aux combats de gladiateurs et aux spectacles naumachiqucs.

J'aurais encore d'autres observations à vous présenter , sur des erreurs propagées depuis long-temps par des hommes qui se sont le plus souvent copiés les uns les autres , sans examiner les monuments. Il en est une entre autres que je ne puis laisser passer sans réfutation : on regarde habituellement les voûtes qui existent sous le podium comme des loges destinées à renfermer les bêtes féroces ; il est évident qu'elles n'ont eu, pour but que de soutenir la plate-forme du podium en évitant une maçonnerie pleine. Les animaux féroces étaient nourris horsde l'amphithéâtre ; on ne les y apportait qu'au moment du spectacle , dans des cages de fer, d'où ils sortaient pour entrer dans l'arène.

Quant aux spectacles donnés dans nos arènes de la Gaule , tout porte à croire que ce furent presque toujours des venationes , ou combats d'animaux contre des bestiaires , et que les combats de gladiateurs entre eux furent beaucoup plus rares. La grande quantité d'ossements d'animaux trouvés près de certains amphithéâtres serait une preuve de ce que j'avance , si bien d'autres témoignages ne venaient l'attester.

Il me reste à indiquer à quelle époque on cessa de se servir des amphithéâtres.

D'abord , Messieurs , on sait que Constantin s'efforça de restreindre les combats de gladiateurs ; rétablissement du Christianisme dut inspirer pour ces jeux cruels d'autant plus d'éloignement que les martyrs de la Foi chrétienne avaient arrosé de leur sang l'arène des amphithéâtres. Mais ce ne fut que long-temps après , sous le règne d'Honorius , au commencement du Ye. siècle , que ces combats furent prohibés dans tout l'Empire romain. Toutefois , il ne paraît pas que l'on eut compris dans cette prohibition les assauts d'hommes contre les bêtes féroces , qui n'étaient qu'une imitation de ce que d'intrépides chasseurs exécutaient au milieu des bois; aussi , malgré les efforts des évèqucs et les malheurs des temps , les populations gallo-romaines conservèrent un goût effréné pour ces sortes de spectacles ; pour faire cesser complètement les jeux du cirque , les chasses de l'amphithéâtre et les pantomimes des théâtres , il fallut que la dévastation et l'incendie vinssent , en quelque sorte , anéantir les cités. Au milieu de tous ces désastres , le peuple demandait encore la permission de rouvrir les amphithéâtres, les cirques et les théâtres , ainsi

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que nous rapprend Salvien dans ses éloquentes déclamations contre les habitants de Trêves, dont je vous demande la permission de citer quelques fragments (i) :

« Vous voulez donc des théâtres , vous dece mandez donc un cirque à vos princes , habi- « tants de Trêves. Pour quelle situation, je vous « prie, pour quel peuple, pour quelle ville? « Pour une ville en cenefres et anéantie, pour « un peuple captif et massacré , qui n'est plus « ou qui pleure ; dont les débris , s"*il en est « toutefois , ne sont qu'un spectacle d'infor- « tune ; pour un peuple abîmé dans la tristesse , « épuisé par les larmes, abattu par des pertes « douloureuses , devant lequel vous ne savez « dire de qui le sort est le plus déplorable , des « morts ou des vivante ; car l'infortune de ceux « qui restent est si grande , qu'elle surpasse les « malheurs de ceux qui ne sont plus.

« Tu demandes donc des jeux publics , habi- « tant de Trêves ? Où les célébrer , de grâce ? « Sur les bûchers et les cendres , sur les osse- « ments et le sang des citoyens égorgés ? Quelle « partie de la ville ne présente encore l'aspect

(f ) Salîien naquit à Trètea ou à Cologne , à la flu du IV*. siècle ( ?era 390 ).

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« de ces maux ? ou ne trouve-t-on point de sang « répandu ? où ne trouve-t-on point des cada- « vres gisants ? où ne trouve t-on point des « membres déchirés et en lambeaux ? Partout « le spectacle d'une ville prise , partout l'hor- « reur de la captivité , partout l'image de la « mort. Ils sont étendus , les restes infortunés « du peuple , sur les tombeaux de leurs morts ; « et toi , tu demandes des jeux ! La ville est « noire d'incendie; et toi , tu te fais un visage « de fête ! Tout pleure ; et toi t tu es joyeux ! « Ce n'est pas tout, tu provoques Dieu par des « plaisirs infâmes , et tu irrites la colère divine « par de criminelles superstitions. Je ne m'é- «< tonne plus, certes, je ne m'étonne plus qu'il « te soit arrivé tant de malheurs (i). »

(f) Sa! tien , de guBernatfone Detf lit. 6, traduction de M*. Grégoire et Collombet

Voiri un antre passage de Sa!? ien qui montre encore combien il avait d'horreur pour les spectacle* du cirque, du théâtre et de raroph'thlfttre;}? ne pcui résister au désir de le transcrire ici.

« Il serait trop long d*entrcr dans loua les détail*,. de parler des amphithéâtres , des chanta , ries jeux , dea pompes , dea athlètes , des funambules , dos pantomimes , et des autres monstruosités que l'on n'oserait nommer, parce que c'est une honte même de les connaître ; je parlerai seulement des impureté» du cirque et des théâtres. Te tes sont les choies qui s'y passent, qu'on ne pourrait sans souillure ni en parier, ni mlmcseles retracer en soufeuir.Lc* autres crimes ne s'a ttachcot presque toujours en \oua qu'à une seule partie : les sales pen-

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Dans les autres villes , on n'était pas moins empressé pour les spectacles ; et s'il n'y en avait plus à Mayencc , à Cologne et dans plusieurs autres villes, c'est qu'elles avaient été ruinées

vas

Ml

par les Barbares (i).

Les jeux de l'amphithéâtre finirent par tomber d'eux-mêmes dans la seconde moitié du Y*, siècle ; les misères publiques devinrent telles qu'il fallut renoncer aux dépenses que nécessi-

aées à l'esprit, les regards impudiques aux yeux , les discours obscènes aux oreilles, en sorte que l'un des sens peut faillir sans que les autres deviennent coupables. Dans les théâtres, au contraire, aucune partie n'est exempte de fautes : le cœur y est souillé de désirs, les oreilles de discours impurs, les yeux de regards obscènes. Et tout cela est si criminel qu'on ne saurait ni le retracer ni le montrer au grand jour sans outrager la pudeur. Qui ne blesserait la modestie, s'il peignait ces imitations de chose* honteuses, ces ohsrénitéa de voix et de parole? , ces turpitudes de mouvements , ces infamies de gestes , tous ces actes criminels dont on fait assez comprendre l'énormité

en s'interdisant de les décrire? On ?énère cr l'on honore

Minerve dans les gymnases, Vénus dans les théâtres, Neptune dans les cirques , Mars dans les arènes. Mercure dvns les palestres ; et ainai , ce culte de snperstitioos varie suivant la qualité des acteurs. Tout ce qu'il y a d'impuretés, se montre dans les théâtres; tout ce qu'il y a de luxure, dans les palestres; tout ce qu'il y a d 'immodérations , dans les cirques; tout ce qu'il y a de fureur dans les arènes. Là, règne l'impudicité, ici la mollesse, ailleurs l'intempérance, ailleurs la folie, partout le démon ; bit n plus , dans chique lieu toutes le? monstruosités des démons. » Stlvien , de gubernatione Dei , lib. S. (I) Id. liv. o, p. 34a dt la traduction.

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taient l'entretien des bestiaires et la réunion des animaux qu'on allait , comme le dit Salvien , traquer au milieu des montagnes et des lieux les plus difficiles d'accès (i).

Grégoire de Tours rapporte qu'au VF. siècle Chilperic et Childebert donnèrent des combats d animaux dans quelques villes ; mais ce rétablissement des jeux fut de courte durée , et long-temps auparavant, là plupart des amphithéâtres avaient été abandonnés et convertis à d'autres usages.

(I) Il n'est pu de crime, dit Salvien , presque pas de forfait qui ne ae trouve dana les spectacles de l'amphithéâtre; là le comble des délices, c'est de voir mourir les hommes, ou, ce qui est bien plus dur , bien plus amer que la mort , de les voir déchirer , de voir des animaux féroces se gorgeant de chairs humaines. Et pour cela, ruai vers est mis à contributioa ; pour cela on épuise tous les soins, toutes les fstigues ; ou pénètre j niques dans les lieux les plus retires , on ae fait jour dans les bois les plus inaccessibles v on parcourt des forêts inextricables, oo gravit lea Alpes nuageuses , on descend dans les vallées ensevelies sous les neiges. Et , pour faire dévorer h des animaux cruela dea entrailles d'hommes , on ne permet pas à la nature d'avoir rien de secret. De guà<rnu(ione Dti, lib. VI.

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