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DIVERSES

U existe en France et en Angleterre des souterrains plus ou moins vastes, dans lesquels on pénétrait par des galeries percées sur la pente

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des coteaux: , par des puits verticaux ou par d autres issues secrètes. On croit que ces excavations ont été pratiquées par les Celtes pour se cacher lors d'un danger pressant et pour y retirer du blé ou d autres provisions, comme les Germains le faisaient , d'après le témoignage de Tacite (i).

En effet, dans ces temps de barbarie, les peuplades sans lois se faisaient souvent la guerre, uniquement guidées par l'appasdu pillage , et le plus fort vivait aux dépens du plus faible. Il fallait avoir recours à la ruse pour sauver du brigandage les choses de première nécessité et pour se dérober à la poursuite d'un ennemi d'autant plus redoutable que son attaque était souvent imprévue.

Localités. Un grand nombre de souterrains ont été observés en Picardie , dans plusieurs communes situées des deux côtés de la rivière de Somme(a). Ce sont pour la plupart des allées

(i) Soient snbterraneos specn* aperirc , eosquc insuper fimo onerant , suffugium biemi , et receptaculum fhigiltus : quia rifcortm frifforum ejuamodi locis inolliunt : et si quando hostis ad virait , aperta populatur ; abdita autrm et defossa , sut ignorant tir , aut eo ipso falloot, qaod qoaereoda «uni. Tacit. de morihu* germant» . cap. m.

(a) V, le vingt-septième volume de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres.

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larges de sept à huit pieds et d'une hauteur à peu près égale , bornées à droite et à gauche de cellules creusées dans la roche. Une partie de ces allées sont maintenant comblées par leboulement des terres; mais on distinguait encore , à la fin du siècle dernier , vingt - cinq , trente et même quarante cellules dans celles qui étaient le mieux conservées. Ces petits appartements sont carrésjou bien ils s'arrondissent en forme de demi-cercle. Partout ils sont creusés avec art , et ceux du même souterrain ont îa même forme et les mêmes proportions. L abbé Le Beuf qui connaissait de pareilles excavations dans plus de trente paroisses depuis Fembouchure de la Somme jusqu'auprès de Péronne , supposait qu'elles avaient été pratiquées ou au moins considérablement agrandies au IXe; et au Xe. siècles , par les habitants du pays, afin de se mettre à couvert contre tes Normands qui remontaient souvent la Somme à cette époque ( i ). Plusieurs antiquaires les regardent au contraire comme un ouvrage gaulois , ce qui m'engage à vous les signaler , sans toutefois me décider pour cette dernière opinion.

(i) V. le vingt septième volume de l'Académie Royale de» Wriptions et belle* Lettres , p. i85.

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M. Gaillard a vu des cavités à peu près semblables aux précédentes à Sainte -Marie -des- Champs , dans l'arrondissement des Andelys. On en cite aussi dans le département de la Sarthe, dans le pays Cbartrain , dans la Champagne et dans presque toutes les contrées qui renferment des roches faciles à creuser , telles que la craie. Mais gardons - nous , Messieurs , d'attribuer trop légèrement aux Celtes les souterrains que l'on trouve dans les différentes parties de la France ; plusieurs ne datent que des siècles du moyen âge , et le plus grand nombre ne sont que d'anciennes carrières semblables à celles qui existent aux environs de Caen , dans la Haute-Normandie , dans la Touraine , etc.

Des souterrains de différentes formes et qu'on suppose d'origine celtique ont été observés près deGuildford en Surrey (i), à Royston dans le comté de Hertfoi-d (a) , dans celui de Kent (3) , ainsi que dans beaucoup d'autres parties de l'Angleterre (4). Les uns offrent des

(i) leautie* for Sorrey , p.

(y)Id. for Herti , p. 181.

(3) U. for Kent , p. 55a.

(4) Toir dans le» Mi**tnnnl* anl^ua de King , premier rolumc, le grand nombre de localité» qui sont mentionnées.

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galeries à peu près comme ceux que nous avons signalés en Picardie ; les autres se composent seulement d'une ou deux salles plus ou moins spacieuses.

On remarque aussi dans plusieurs comtés , des trous tantôt coniques , tantôt ressemblant à de larges puits , dans lesquels les antiquaires anglais supposent qu'on se retirait en cas de surprise , afin de se soustraire aux regards de l'ennemi qui parcourait les campagnes.

En Ecosse on a découvert , dans le comté d'Aberdeen , des chambres souterraines formées de pierres brutes sans ciment , qui étaient réparties au nombre de près de soixante dans l'espace d'un ou deux milles (i). La seule entrée par laquelle on pouvait y accéder se trouvait entre deux pierres placées obliquement et distantes Tune de l'autre de dix-huit pouces ; on descendait par une pente rapide dans ces appartements, dont la largeur était de neuf pieds et la longueur de trente. Les murs inclinaient l'un vers Vautre , de manière à former le commencement d'une voûte qui était terminée par de grandes dalles en position horizontale. Le toît était recouvert de terre et tellement d'accord

(i) Voir la notice iniérée dans le deuxième rolaroe dei Annakë de la soc* Roy. dei JUtiq. d'Ecwae , p. 56u

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avec le niveau du 6ol qu'on pouvait marcher dessus sans soupçonner l'existence des souterrains j on ne les a trouvés que par hasard en labourant. Plusieurs cavités à peu près de même espèce ont été observées dans d'autres parties de l'Ecosse et en Daneraarck.

Aux îles Hébrides , Pennant a visité beaucoup de cachettes creusées dans le sol comme les précédentes et recouvertes de pierres plates. La plupart sont d'une telle exiguïté qu'à peine deux hommes peuvent s'y tenir assis (i).

Je suis loin , Messieurs, de prétendre que ces vestiges d'habitations observées dans des contrées éloignées des nôtres ( l'Ecosse et le Danemarck) soient contemporains de ceux qui, en France, sont attribués aux Gaulois , ni qu'ils soient contemporains les uns des autres.

En vous citant quelques exemples pris au loin , mon but est surtout de vous faire remarquer l'analogie qui existe dans les coutumes et les moyens de défense des peuples dans l'enfance de la civilisation. Les faits que j'ai encore à vous exposer rendront cette analogie de plus en plus frappante.

(i) Pensant'* royage to the Hebridet , p. »4.

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