V. les Archives normandes , >,r. vol., page 101 , roa
après , et , l’hiver suivant , plusieurs légions qui avaient été employées à tenir en respect les Morins et les Ménapiens, vinrent prendre leurs quartiers chez les Aulerques , les Lexoves et les autres peuples vaincus.
L’an 5a avant J.-C. , lors du soulèvement général des Gaules et du siège delà ville d’Alise, les cités de l’Armorique fournirent leur contingent de guerriers. Les Aulerces Ce'nomans en envoyèrent 8,000, les Lexoves et les Aulerces Eburovices chacun 3, 000, les Caletes, les Osismes, les Venetes, lesUnelles, 6,000, etc. , etc. Dans cette campagne comme dans les précédentes, le succès ne répondit pas au coui •âge de l’année gauloise, et l’issue désastreuse du siège d’Alise épuisa les ressources, en même temps qu’elle jeta le découragement dans les esprits.
Cependant la population gauloise était abattue, mais non soumise encore; une nouvelle ligue s’organisa , et trois centres de résistance furent établis chez les Bello vaques ( habitants de Beauvais), dans le Nord; chez les Andes (habitants de l’Anjou) , dans l’Ouest ; et le troisième dans le midi, chez les Cadurque6( habitants du pays de Cahors) (1).
\ (1) Voye» I’hi« luira dei Cauloi» par M. Thierry , turne lit.
COURS
Mais les troupes romaines triomphèrent , par leur tactique, de la valeur et des efforts des guerriers gaulois.
Après dix ans de combats, la Gaule fut enfin soumise à l’empire romain.
César travailla surtout à s’attacher les Gaulois vaincus par une douce administration. Les peuples conservèrent leurs terres, leurs villes, la forme essentielle de leur gouvernement; un impôt de 4o millions de sesterces fut seulement établi sous la dénomination de solde militaire (i).
Cependant il fallait donner à la Gaule une organisation conforme à celle des autres provinces de Pempire; à cet effet, Auguste tint à Narbonne, »7 ans avant l’ère chrétienne , une grande assemblée qui avait aussi pour but de faire le dénombrement des personnes et de leurs biens, afin d’asseoir l’impôt sur de nouvelles bases (a), et de doter la Gaule des élablissements qui pouvaient hâter les progrès de la prospérité publique et delà civilisation.
(1) Hlst.de» Gaulois par M. A. Thierry', 3*. rolnmc. -4» millions de ses lerces représentent une valeur de 8,200,000.
(») Drnsns , beau-fils de l’empereur, fut chargé du dénombrement et s'acquitta de cette mission arec une justice et une dou etur qui lui gagnèrent l’affection de la Ganle.
d'antiquités MONUMENTALES. 7 ;
Auguste réussit à donner aux différents peuples de la Gaule l’unité politique qui leur manquait, et bientôt ils se mêlèrent intimement aux Romains.
Cependant la Gaule devait encore faire quelques efforts pour recouvrer son indépendance. L’an ai de l’ère chrétienne, le Trèvire J. Florus et l’JEduen J. Sacrovir excitèrent un soulèvement.
Les Andes et les Tarons montrèrent dans cette circonstance une impatience qui manqua de faire échouer le complot; ils prirent les armes avant le signal et fui ent bientôt arrêtés par une cohorte envoyée de Lyon et par un corps de troupes légionnaires.
Les autres cités protestèrent de leup fidelité à l’empire pour détourner les soupçons qu’avait fuit naître la révolte prématurée des Andes et des Turons, puis elles se soulevèrent; mais après quelques batailles malheureuses, Sacrovir se vit forcé de fuir dans une maison de campagne qu’il possédait près d’A.utun ; il y mit le feu et se poignarda.
Les Gaulois firent dans la suite (68-70) un dernier effort pour secouer le joug des Romains et recouvrir leur indépendance. Le mouvement fut dirigé par le Batavc J. Civilis,
qui déguisa d’abord son projet de révolte en faisant marcher les cohortes qu’il commandait sons les aigles de Vespasien , celui des prétendants à l’empire qui était le plus éloigné (i).
Civilis entraîna dans la révolte J. Classicus, de Trêves, Tutor, chargé par Vitellius de garder les rives du Rhin, et Sabinus, de Langres.
Ses forces devinrent considérables surtout lorsque les Germains lui eurent envoyé des secours.il assiéga dans leur camp les légions romaines, et secondé par Classicus et Tutor, il remporta sur elles plusieurs avantages.
Sabinus ne fut pas aussi heureux; après s’être fait proclamer César dans la ville de Langres, il marcha contre les Sequanes, à la tête d’une troupe indisciplinée, et fut défait (a).
Tacite parle longuement (3) des combats de Civilis avec les Romains ; après divers succès, le Batave éprouva des revers, et les Rémois
(i) Taciti hist. lib. IV. -V., aussi l’histoire des Gaulois par H. Thierry et l’hist. de» Français par M. de Sismondi.
(a) Sabinn» fit répandre le bruit de sa mort et pot encore, en se cacbant» prolonger sa vie pendant 9 années. On connaît le dévouement de son épouse Eponine qui voulut partager le sort de son mari.
(3) Lib. IV.
©VlïTIQUITis MONUMENTALES. 9
convoquèrent une assemblée de la Gaule pour délibérer entre la paix, et une liberté qu’il fallait acheter par la guerre. Les cités , qui avaient déjà fait de sérieuses réflexions sur les suites de l’insurrection , se décidèrent pour la paix; les députés des Trévires opinèrent seuls pour la guerre ( t ).
Cependant la guerre se prolongea quelque temps "encore ; mais Civilis finit par se soumettre ; il obtint même la permission de vivre tranquille dans ses domaines.
Telle fut la dernière tentative faite par les Gaulois, pour revenir à un, ordre social et à un gouvernement qui n’étaient plus dans leurs mœurs et qui n’étaient pas désirables ni possibles. La Gaide était déjà romaine et devait rester une dépendance de l'empire-
Après Civilis et pendant près de 200 ans r les guerres qui éclatèrent dans cette province n’eurent pour but que de porter au pouvoir tantôt l’un, tantôt l’autre des généraux qui commandaient les légions (2).
(1) Taciti hUt. lib. IV. — V. , aussi l'histoire des Gaulois par M. Thierry, t. 111.
(s) Voyex l’histoire des Français par M. de Sismondi, premier volume.
COURS
J’avais pensé- à vous présenter un tableau complet des événements qui se succédèrent en Gaule depuis la conquête des Romains jusqu’à l’invasion des barbares; mais cet exposé nous détournerait de l’objet principal de nos conférences, V Histoire monumentale. J’ai donc renoncé à mon premier projet, et je me contenterai de vous soumettre quelques réflexions sur l’état de la Gaule au IVe. siècle, mais seulement à la lui de la 3e. partie du Cours, et lorsque nous aurons appris quel était l’état de l’art durant la période gallo-romaine.
Cet aperçu historique à partir de Constant in , sous lequel la religion chrétienne prit de grands accroissements, jusqu’au temps où les peuples barbares qui inondaient l’empire brisèrent la puissance romaine , nous servira d'ailleurs de transition à l’étude du moyen âge.
d’antiquit£s monumentales.