OURS
Aqueduc d'Arles. — L^aqucduc romain qui nliinoiitait autrerois la ville d^\rlcs , et qui encore aujourd'hui amène à Saint-Remj Teau nécessaire aux -besoins de ses habitants , avait sa prise établie dam les montagnes , eiUre la petite commune de MoUegès .et Château- Lagoj.
D’apres le plan topographique publié par La Lbzièrc , dans son Essai chronologique de l’histoire d’Arles (pl. XIV) , cct aquéduc décrivait* des circuits assez comidérables , afin de suivre la direction des chaînes de montagnes, en se prolongeant sur leurs pentes, d’après le système constamment suivi par les ingénieurs gallo-romains, et dont je viens dVxpliquer la cause en pailunt de l’aquéduc de Lyon.
V Ses eaux , après avoir reçu celles d’un embranchement ou canal secondaire , qui avait sa prise du côté des Baux et de Maussand , se dirigeaient vers Arles, ensuivant l’extrémité occidcntalé du plateau de la Grau. .
Âpres avoir traverèé , porté sur un double rang d’arcades élevées , les bas-fonds des marais du Pont de Grau, puis les Gbamps-Elysées., l’aqucduc pénétrait dam la cité , par un canal souterrain creusé dans le roc. Une fois arrivées dans la ville , les caUx étaient probablement
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d’antiquités mONUMENTALES. It)5
reçues dons un vaste réservoir , cpii , à l’aide d’un grand nombre de tuyaux de plomb , les répandait .partout où il en était besoin.
En 1 8a5 cette partie de l’aipiéduc fut découverte par des ouvriers travaillant aux remparts (i). - ^
La partie la plus curieuse et la mieux conservée de l’aquéduc, est celle qui se voit vers Barbegal, à 2 lieues de -la ville. Deux canaux d’égale dimension , liés d’espace en espace par des massifs de maçonnerie très-bien ordonnancés , se prolongent l’un à côté de l’autre jusqu’à la colline , dans l’épaisseur de laquelle on a creusé la iuite. Ce double aquéduc est porté par de grands arceaux circulaires, dont les pieds: droits sont faits ep pierre de grand appareil , jusqu’à l’imposte qui reçoit la retombée du cintre. L’archivolte est composée de pierres plates et peu épaisses , adossées les unes aux autres. Les intervalles entre les cintres et la comiche qid les couronne , sont comblés par
{{) Je tire ces détails du Guide du voyager à Arles , pat M. Jacquemin , ourrage qui renferme .un grand nombre de détails intéressants. Lors de mon voyage dans le Midi ^ l'aateiir a en la bont# de me donner de U mardère U pitts OblU grante les renseignements que (e désirais sur les monuments de la ville d’Arles.
1^6 coims - '
des , moëUons semillés nsêlés de quelques assises de , briques (i).
Le transport des «aut de Taqu^duc dans la partie de la vilk placéede l’autre côté du Rhône , se faisait au ntoyen de conduis en- plomb , qui traversaient le Rhône d’Arles à Trinquetailte , et dent on a rebrûuvè quelques fragments dans
un état de conservation parfaite. .
.. , La distance parcourue . par l’aquéduc peut être évaluée àg lieues au moins. S’il eût suivi une ligne droite, il n’aurait parcouru que 6 à 7 lieues. -'i '
^ Vl ■
V. Aquêpuc de YtENSE.. On pe«a voir-, prèa de la papeterie, dilM. Rcy, auteur d’un grand etbclnuvrage sur des antiquités de Vienne, trois aqueéducs qui amenaiçnt l’eau dans cette ville ; ils sont presque paralliàes et élevés les uns au-dessus des autres , contre le coteau q»M borde la rive gauche de la Gère. Us suivaient ainsi la même direction jusqu’au cj^s des dames St.-André-le-Haut , où ils se séparaient. Le premier se dirigeait vers les Capucins, c’était le plus bas; ii-prena^it ses eaux à i lieue na en-
’ (f) V, Goide du Toya’gear dans Arlej , pif M. Jacquemin. — Oa trovie nn spécimen du ÿont aquéduc de Barbegal dans l’ouvrage de la Lozière , déji cité (pi. XIV).
D ANTIQUITES MONUMENTALES.
vü’on à l’oricBt Hc la ville > et trsi.^Fsait la Suscà sou confluent avec? la Gère. Le second, -qui ^ prenait naissance un peu plus Haut que Maliâsol , les portait le collège. Le plus élevé de CCS aqueducs servait à amener Teau à l’am- y* phitlièâtre, lorsqu’on voulait y donner un.speo taclc,naumachique (i).'
. lly avait encore .d’autres aqueducs , qui prenaient tous naissance à l’orient de la ville. En général , ces aquéilncs construits avec des jnerres du pays , étaient revêtus à l’intérieur , d’un ciment rouge, voûtesr avaient -, de distancé
enjdf^nce des ouvertures d’environ lÿi mètre en qusgrré , recouvertes avec des pierres de taiUe; elles avaient sans doiilc été pratiquées pour les visiter , les réparer , et donner du jour et de l’air en cas de besoin. .
Tous ces aqttéducs continue M. Rey,. sont eonstniîls sous terre , avec une pente d\‘riviron une l%ne par toise ; l’art a si bien mis à profit les sinuosités du sol, qu’il est rare qu’on ait été^ ^obligé de sig^orter 1$ conduit par 'des areç ; oh n’en trouve qu’au pas^^ge de o quelques torrents. Ainsi les eaux arrivaient au sein de Ja'Mlle de Vidniii', ave» toute leur fraî-
{!) Voir le pla« ti|MVicooe ;intiquc , pût^lié par M'.
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198 ■‘^eoURfi
cheur; chaqfte aquédüc ptfisafl à des sources difTëreiates ; ce qui produisait une abondante vafiëté (f eau. '
A<21'éduC DE Metz.— L’aquëduc de Metz nous fournit une de^ plus belles ruities qui existent en Frapce : aussi n’a-t-il cessé d’exciter l’admiration des voyageurs et les méditations de l’antiquaire (i). ■
La principale prise d’eau se faisait à la "fontaine des Bouillons , tout près du bourg de Gorse , à 4 lieues au sud de Bl^tz. Après avoir travers^ ce bourg dans toute sa longueur (2) , le caiifil en maçoimeiâe suivait sous terre* la pente des coteaux , en se dirigeant vers la ville , non sam décrire quel(^ues circuits , et recevant sans doute , çà et là sur sa route , quelques nouvelles sources. ..
Arrivé sur la rive gauche de la Mosélle , "en face du viHage de Jouy , le canal traversait le fleuve , porté sur une * longue suite de grandes arcades formant uoemagnifique pont de plus de 5oo tpises de longueur.
(0 V.njlt. de t. I.— M^ntfincon, anHqdfU expliquée. (1) Le caiiaLaulique se rbit dans plusieurs piâisons de Corse, le lonK de la rue principale de ce bour|' ; il aiait à peu près 3 pieds (le large sur une hauteur de 5 i 6. *'
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d’aNTI()UITÉS MONLMENTATÆS. ipQ
La pdrtic <le ce pont que l’on voit à Jouy , consiste cn-dir-sept arches, dont les sept première à partir du bas .du village , sont entières , et les autres plus dégradées' (i).
La hauteur moyenne des piles est de '66 à 70 pieils.. Elles ont i3 pieds de face sur 1 3 d’épaisseur. L’ouverture des arcades est de 1 4 pieds I P par le bas ; elle s’élargit à quelques' pieds du sol. L’arc de la voûte a 16 pieds ip dé diamètre (2).
L’esquisse figurée , pl. XXXVIII bis^ n®. 4i montre quelques-unes de ces arcades é vous voyeï que les piles diminuent de diamètre vers le haut, au moyen de retraits ou de talus étagés (aaa). La plupart des piles d’aquédurs offrent le même système. L’édifice construit en moellons unis à bain de mortier, est revêtu à l’extrémité tle petites pierres taillées 'régulièrement , et beaucoup plus laides que hautes (3) , formant ce que j’appelle le petit apparéil ' allongé , pour le distinguer du petit appareil à pièces carrées , si commun dans les construc-.
(1) Bistoire des fcieneeSrdes lettres , des arU et de U rivüisatioo dans le pays Metsin , par M. Ensile Bdgiii , page-li. .
(2) M. Uégin , oerrage cité ,.p. 40.
(3; Elles ont 3 à 4 pouces de h tuteur, et 6 , 0 et ? pouces.de largeur. , '
COURS 1
lions romaines. Le soubassement des-piles est en grand appareil, ^,ainsi que les impostes sw lesquelles reposent les TQÛtesdes arcades (i). Les pierres très-régulièrement taillées qui forment les archivoltes de cellés-cv, ont un pied de longueur de joint à la tète, et trois pouces environ (Tépaisseur à Tintrados.
• La partie supérieure du pont avait i o pieds 1 0 pouces de largeur ; elle était divisée par un mur longitudinal qui séparait le canal en deux parties. On a-supposé que l'établissement d'un double canal' avait pour but de qiermettre l’écQulement des eaux dans l’un, lorsqu’on ferait des réparations à l’autre ^2).
En considérant la hauteur que les arcades du pont-aquéduc auraient dû atteindre dans le fond de la vallée pour se trouver au niveau des autres , M. Bégin paraît porté à'eroire qu’il y avait dans cet intervalle , au moins deux rangs d’arcs superposés» ,
' J’ai visité trop rapidement les arcs de Jouy pour émettre une opinion à ce sqjet ; mais n’au-
(1) Dans plasieors autrea conatractisos en petit appareil lea ütapoatca.sont en grand appareil et l'on conçoit qu’il fallait poOr cette eapèce d’cMablement en saillie des pimes 'd’une grande dimebsloo.
M. Bégin', ouvrage cité, p. 46. ^
d’antiquités uonùmentales. aoi
rait-ou pas plutôt- ici, comme à Lyon, fait passer l’eau dans des syphons de plomb ? •
Deux réservoirs étaient placés -aux deux extrémités du pont, l’un sur le cotéau qui borde la rive gauche de la Moselle, l’autre dans le village de Jouy, sur la rive opposée. Le premier aurait été , dans cette hypothèse , le réservoir de chasse , le second , le réservoir de fuite.- Je le répète , je suis loin dé vouloir rien décider à cet égard ; je veux seulement soumettre aux antiquaires de Metz une question qu’il leur sera facile de résoudre. Lee bassins dont je viens, de parler , pouvaient d’ailleurs être destmés uniquement à modérer la vitesse du courant , afin d’obtenir un écoulement uniforme.
Après être sorties -du résèrvoir de Jouy (i) , les eaux se -dirigeaient vers la colline où l’on a o
élevé la citadelle de Metz , et où il y Avmt un castelluTH- aquœ. De là , sans doute , elles se divisaient pour se répandre dans le^ différents quartiers do la ville. < . ^ ^ :
(I) M. Simon , Juge A Metz , à eu la complaisance de n'indiquer , lors de ma visite de Taquéduc de Jouy , la direction d’un canal souterrain qui vient se réunir au grand canal, près de la sortie du réservoir (Mnt Je parte , apportant ainsi son tribut-d'eau A i'aqnéduc principal.»
COVAS
Aquêdüc de Saintes. — Cet aqQc<luc tirait sa source d'oae fontaine appelée Fon-Giraud , dans la communa d'Ëcoyeux , à trois lieues à Test de Saintes (i).,ll4iécrivait ensuite un assez ^and nombre de déviations, que Bourignon indique avec bèaocoup de précision, dans son ouvrage sur la Saintonge (3) , et recevait par un embranchement les eaux d'une fontaine abondsmte (la fontaine de Vénérand). Dans lu commune de Fontcouverte, à i lieue ip de Saintes , le canal franchissait un vallon sur des. arcades qui devaient être au nombre de a5 I d'après le calcul de -Bourignon , et dont les ruines ont fait donner à la- vallée le nom de vallée des Arcs , sous lequeleUe est connue dans le pays. 11 ne reste plus que trois de ces arcades , O et quelques débris des piles qui portaient les
autres ; ce sont celles qui s'appuient sur le coteau Est de la vallée , et qui sont , par suite de cette position , d'autant ’ plus élevées qu'elles s'écartent du eôteau. Comme ces ruines n'ont pas encore été publiées , et qu'elles peuvent disparaître d'un jour à l'autre, je des ai dessinées
(J) Bourigaon. Recherebes topographiqoe* hUtoriques , militaires , etc. , etc. , su« les aatiquiléa de la province de Saintonge.— Un vol. in-4°.
(t) Chap. IX , depuis la page 131 jusqu'il la page lii.
d’antiquités monumentales. 20'3
l(Jï« de mon voyage àSaintes(pl. XX'XVIll-6ts, fig. 5). Elles sont revêtues en petit i^ipàreil ordinaire sans briques. Tout près du vallon des Arcs est un plateau cultivé en vignes> cbiiislequel on a découvert, il y a long-temps déjà,' neuf puits ou évents, cpii indiquent la direction de Paquéduc. Ils sont placés à 4o pieds les uns des autres, et ib ont un peu plus de 4 pieds de diamètre. Dans la vallée d’Arcoul, l’aquéduc passait en* core sur des arcs , dont il ne reste ^us que quelques piles très-ruinées , et de là il se dirigeait , en suivant une ligne soigneusement indi(p)ée par Bourignon," jusqu’au faubourg de Saintes placé sur la rive droite de la (Charente. Pour se rendre dans la cité, «ir la rive gabehe, il devait franchir cette rivière sur un pont , et entrait , selon toute apparence , . dans la ville antique, au point où - se trouvait la porte d’Aiguères porta aquaria (i). Les eaux étaient ensuite distribuées par plusieurs canaux , dont l’un s» dir^eait vers l’amphithéâtre , et servait peut-être à remplir d’eau Farène, lorsqu’on voulait la transformer 'en naunaachie. --
(l)On rapporte qu’il'y arait aulréfuls à cettD place de* cointruciions éleféea de plus de 30 pied* et qui *e liaient aux rempart*; on croit que l'aquédoc passait sor ce massif pour se rendra à U porte d’Aiguéru* : il y avait aus-i à Rumo des aqudducs passant sur les purtts.
COUKS
AqxjéOuc-de LiiyîfES ( lndrc-cl-Loiï‘e ). — - ta Sauvagèré a public un plan et une vue tle' l’aquëiluc qui alimentait la petite ville de Luynes à3 lieues de Tours (i). La direction qu’il indique pour les canaux , est- exacte , et je n’ai rien à j ajouter j mais le dessin, bciiucoup trop régulier, qu’il donne des arcades sur lesquelles l’eau passai! t à i|2 lieue delaville, n’est nullement satisfaisant. J’ai dejisiné dernièrement ces arcades , et j’ai reproduit celleëi^qni sont le mieux conservées , sur laqjl. XXXVllI Ws, fig. 7 : vous voyez qn’elles sont revêtues en petit appareil ; que les linteaux SC composent alternativement de pierres -et de deux briques accolées. Les arcades sont trèsirrégulières; elles offrent des demi-cercles plus ou moins élevés , et des largeurs différentes.
Les talus étagés des piles présentent un assez grand nombre de retraits ; et , chose remarquable cet élargissement des piles vers la base a été Tait au moyen de murs appliqués sur les pilastres , sans aucune liaison avec eux. Plusieurs de ces murs se sont détacïlrés‘du noyau sur lequoi ils étaient collés , et montrent, de la manière la plus claire , ce système de construction que j’ai remarqué plus d’une fois ailleurs. Les murs de
(I) Recueil d’AntiquUés dans les Gaules, I vol. in 4".
n’AfrrrQprrés monumentai.es. ao5
^attd* appareil présentent (juelqucfois des ctenapTes semblables (,i).
' On se rend difiîcîlemenl compte du ihptif qui à déterminé ce défaut de liaison visible' dans beaucoup de constructions romaines.' ' ■' '
■ Le pont-aquéduc de LujneS ôJ%raît un dévefcppement assez considérable’î et, quoiqu’il ïl* eût' pas de grandes' dimensions en hauteur et qu’il n’y ait plus qu’un petit nmnbre d’arcatles cOTTÎplctes (2) , il offre beaucoup d’intéuèt. C’est le seuîpont-aqaéduc gallo-romain qui nous reste en deçà de la Loire, dans la partie ouest de la
, France. • ' ' - *
J(v vais me borner maintenant à indiquer , quelques autres aquéducs. ' ?* '
Nous avons dit (liage 58) que les thcmlcs dont on voit les ruines daps la rue de la Harpe , |i'P'ari%, recevaient les eaux dç l’aqüéduc d’Aroueil; on a retrouvé le canal*adivèrse»époques, sur differents ' points ; it avait 1 3 pouces tic largeur sur 19^ de hauteur. Le sédiment déposé par l’eau a montré qu’elle remplissait le canal à une hauteur de i o jiouces.
(l)On roitan pont du Gard trois cintres accolés et parallèlfs,. 'formant les arcades.
(1) Si 1rs cintres sont tombés en ruines, un grand nombre de piirs sont encore debout.
COURS
4 Périgueux , M. de Taillefer a reconnu plusieurs aqueducs fournissant d’èau ICs 4*8^rents quartiers de la ville , les bains et les autres établissements publics. Le plus important avait près de 3 lieues de longueur , et passait le vallon du Change sur des. arcades .dont xm a retrouvé les fondations (i)» a»
On connaît la direction de Paquéduc qui four* nissait d'’eau,rantiquc ville de Besançon (a).
. A Autun , de nombreux canaux distribuaient dans les, divers quartiers de la cité , de^ eaux abondantes , amenées de différents points., notamment de Montjeu (3). • - v
. A F réjus , un grand nombre de piles d'aquéduc se montrent., en sortant de la ville ^^syr la route de Cannes. La prise d'eau se faisait 4 S lieues de la vHle (4).
(t). Partodt où le. canal passe sons terre , il est rerSIiiF'^e ciiDcnt; la courerture esi^forniëe de petites dalles cndèremeiit brutes et de (prandëursdiffëreDtes; les côtés ont 1 pied d’épaisseur et le fond environ S pouces; la profondeur du canal eat de 2 pieds et la largeur de 1 1 pouces au fond de la rigole est d’environ '14 pouces à la partie supérieure. — .Xirti^si/ér de yésonê,par M. deJTaüleftr , t. 2, p. 96.
(2) M. de Penbouet. — Lettres sur Thistoire ancienne et les'
aquéducs de'Lyon. ' ‘ ' v
(3) Bist. de la ville d’Autnn , par Rosnÿ ; !n-4*. Autua.^lSOS.
(4) « Jl existe encore beaucoup de restes du gi^nd aquéduc V de Préjus : il est dans qüclquCB vallées porté par un ou deux « rangs d'arcadrs; les plus éloignées des lieux fréqucôtés'
d’antiquitks momu«e:^tales. 207
Antibes avait deiiv aqüoducs , dont Tun , réparé en 1 786 , dcTOs une lonf!;ucurde i. lieue i , alimente aujourd’hui trois fontflities(i).
J’ai visité les ruines de l’arjuéducde Mayence ; jflus de 4o piles encore Sebout font ju^r'de l’importance dupont surlccpiel l’eau passait, avant d’entrer dans la ville. Ces piles sont revêtues de petites pierres carrées, avec chaînes de briques. Les cintres aujom-d’hui ruinés, étaiënt ,’ comme ceux de Luynes , mi-partis de pierres et de briques. ' f -
J’ai pu connaître aus^ quelques parties de l’aquéduc de Trêves , qui vient de là Rusver , près du village de Walderach, et se prolonge
< sont les mieux conservées: on en a démoli un grand nombre « pour eu employer les matériaux 1 des.édifl.ces particuliers. • On remarque à Fréjus des arcades qui ont .34 pieds de la « base à la naissance du ciutre et une autre arcade haute de « 63 pieda supportant un conduit couvert haut de près .du « 6 pieds.
« En s’éloignant de la .ville vers 1a naissance de l’aqnéduc « les arcades s’abaissent. Le canal caché saua terre reparaît « ensuite , il traverse les rochers , et prend l'eau - à Mont.s f « après avoir parcouru dans ses détours un espace- d’environ « lâ^lienes de France quoiqu’il n’y'en ait que 7 ou-8 de Monts « à Fréjus, eu ligne directe. » — MU^. Voyage dahs lé Midi de ia France , f. 2. ^
(I) Dans quelques endroits cet aqtiéduc eit à* SO^tieds sous terre, et de 30 en 30 toises il y a un regard ou puits pour desrrndre dans ces paities'suutcrraincs. ^
OtOVRS
juaqu.'AU^ bains et à l’amphithéâtre : les canaux souterrains Sent encore biea conservés; mais les ârcades sur lesquelle il passait hes vallées , sont entièrement détruites.
A Poitiers, . on voit quelques piles de l’ai»»cien aquéduc , à peu de distance dé la promenade de Blossae ; et la direction des canaux , qui avaient, dit-pn, 3 lieues de longueur au moins , a été constatée par les archéologues de cette ville (i)-;
Le principal aquéduc dû Mans partait du lieu nommé fes Fontenelles , commune de Sargé , à I lieue, du Mans^^ll entrait dans la ville, par le quartier de Gourdaine (2) , où M . Richelet vient
(J)‘ Rcnseïgnem«nts fournil par M. de La Fontenelte , lor» de méiï ■premier vojage dâna le lud-oueit de la France.
* (î) 'Cet aquèduc suivant , idepuii sa source , le nif elleqient du terrain , se trouve en beaucèup d’endroil.s presqu’i fleur de terre , et s’enfonce quelquefois à plusieurs pieds , de manière à en-faire perdre la trace, il est formé d’une espèce de beton en cbaux , mêlé de sable, de cailloux et de fragments de pierres calcaires / dont la grosseur n'excède guère un pouce 'La cassure' en est franche et conserve des arêtes vives. La voAte est construite, dans presque toute la longueur , de' la' mèiite naairière que les parties latérales et ie fond; la seuie différence , c’est que ces psrtics sont extrêmement lisses , tandis que la<^ii«te offre dans l’intérieur des aspdrités comme si elle eût été faite à pierres perdues , ce dont il est difficile de se rendre compte. En arrivant dans la ville et surtout dans les caves que tious avons visitées ,! la voûte est remplacée par un recouvrement en dalles ou moèllons
d’antiquités monumentales. ao9
de Tobserver dans une’ cave , et se dirigeait ensuite vers les bains. Dans sa course , il recevait les eaux des sources de Monet ,, qui étaient -amenées par un embranchement. MM. Uenouard, Richelet et Daudin ont tracé la direction de cet aqueduc , très-facile à reconnaîtreencorcaujourd’hui sur plusieurs points (i).
Un autre canal , exploré par M. Richelet , approvisionnait d’eau l’anciei^e ville d’Alonnes, dont les ruines existent à 2 lieues du Mans. Il ne parait pas que ce canal , et le précédent , aient franchi de vallons sur des arcades.
Celles de l’aquéduc de Coutances n’ont rien de bien ancien; pas une seule partie de la construction actuelle ne saurait être regardée comme remontant aux temps romains, et une assertion semblable n’a pu être faite que pir des hommes qui n’ont jamais vu de murailles gallo-romaines. Mais tout porte à croire qnc cet édifice a remplacé , au moyen âge , un mpnu-
plits dont lea joints ne paraissent pas avoir été cimentés. L’épaisseur dea murs est d’environ 12 à 13 pouces; la capacité intérieure présente une largeur approsimative de 22 pouces sur 18 d’élévation. C^ote de'M. /tichelei du Mans.J * (1) V. Renouard, Essais historiques sur le Maine. —Daudin, description des poterics.gnllo-rouaines trouvées au Mans, discours préliminaire.— M Kichde', Le M.ins ancien cl moderne.
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COURS
ment plus ancien , et qu’aimi la ville de Coutances {Çosedià) avait son aquéduc, comme les autres cités gallo-romaines (i).
Lillebonne avait aussi le sien , dont la direction, étudiée par M. Rever, sera tracée d'’une manière précise par M. Gaillard, dans l’ouvrage qu’il prépare sur le théâtre , les thermes et les autres antiquités de cette capitale des Calètes.
M. Rever a c^rit celui de l’antique cité de Jkfediolanum Aulercorum, qui avait 4 lieues de longueur (2).
A Bayeux, en reconstruisant la halle, on a découvert, à 4 pieds de profondeur, un aquéduc que M. Lambert a décrit. Ce canal est à peu près semblable à ceux qui existent aillemrs. C’est
(1) Le percement d’une rue npuvelle à Coutincés dans la partie de là ville qui se trouve en face du vallon traversé par l'aquéduc, vient de faire découvrir des constructions antiques dans lesquelles M. l’abbé Piton-Després a cru reconnaître des thermea; il croit que l’aquéduc se dirigeait vers cet établissement , ce qui est assez probable.
(2) La rigole de l’aquéduc a dans œuvre 2 pieds depuis le fond jusqu’à la naissance de la voûte, et 4 pieds de hauteur totale depuis le fond jusqu’à la clef de la voûte; sa largeur dans le bas est de I pied IOpuuccs,et de I pied 1 1 pouces à la hauteur de la voûte. Le parement intérieur dés côtés du canal conserve ensore l’eiiipreinte des ais qui foriuaient l’encaissement et l’un compte sous la voûte les dix planches du faux cintre, par les ' eiupr^les qu'elles ont laissées dans le ciment.'^ jt/émo(>e sur Its ruuies du y leil-'Erreux , par M. Uevtr. Evreux, 1827.
D!AXmQUITÉS MONÜMENTALES. 3 I I
un conduit maçonné , de i pied ip de largeur au sommet , sur i pied de hauteur , recouvert de grandes dalles en pierres simplement juxtaposées. Le fond , sur lequel l’eau coulait , et les parois du conduit étaient revêtus d’une chape de ciment mêlé de brique pilée (i).
Il existe , sur les communes de Lonray et de Colombiers, près d’Alençon, un aquéduc semblable , dont les débris arrachés du sol ont été employés à paver la cour de la ferme du château de Lonray , à faire des bornes et des marches d’échaliers , etc. A Colombiers , on en a enlevé beaucoup de morceaux entiers, qui, en raison de leur forme , ont été placés en guise de mangeoires , dans les écuries et les étables de la ferme de JL Libert , où je les ai observés avec attention : je ne doute pas que cet aquéduc ne soit romain , ou au moins infiniment plus ancien que M. Libert ne l’a supposé (2).
(1) Je suppose que cet aqu«iduc était alimenté par la source du ruisseau de Bcllefontaine, qui se trouve à peu de distance à l’est de Bayeux.
(2) D'apiés M. Libert , l'aquédue dont je parle , se dirigeait vers un prieuré pour lequel il aurait été établi vers le XIV*. siècle. Mais à celle époque on ne faisait pas de semblables travaux; on n’employait pas non plus la brique pilée, dans le mortier. L’aquédnc prenait, dit-on, scs eaux à 3|4 de lieue du château de Lonray ; il traversait le parc du 1 bâteau , puis ae
COURS
V Le nombre des aqueducs étsût si considérable qu’il -faut absolument se boimer à quelques indications : non seulement on en trouvait dans toutes les villes , mais il y en avait pour certains villages, et même pour deeimples villœ. Tïous venons d’en signaler un de ce genre à Lonray et Colombiers ; on en cite deux dans le département d’Indre-et-Loire, qui avaient chacun quelques arcades (i) ; il me serait facile de multiplier les exemples.
Les détails que je viens de présenter suffisent , je crois , pour faire connaître l’importance des aquëducs gallo-romains, et le système d’après lequel ils ont été établis ; je dois seulement ajouter que , suivant l’avis donné par Vitruve , les canaux souterrains des aquéducs étaient trèsdifféremment construits , selon le tciTain qu’ils avaient à parcourir (2). Je citerai à ce, sujet la
dirigeait sur Colombiers , en traversant une petite rivière qui sépare les'deux communes. M. Libert^nse qu’il passait par dessous ce cours d’eau , ce qui est possible, mais douteux. J'ai observé des débris de tuiles à rebords dans la campagne de Lonray vers Colombiers.
(1) L’un de ces aqueducs a existé h Cornillé, près de Lorbes; l'autre a été reconnu beaucoup plus près de Tours par M. Dujardin , membre de plusieurs académies.
(2) Si tophtts trU aul saxum , in suo sibi eanalis excMlur ,* sin- autrui trrr/iinni nul arrnosum rrit ~solum , pnrietes cum cumerd in sptcu struemtur. Vite. , I. 8 , f . 7.
d’antiquités monumentales. 21 3
description de quelque» parties de l’aquëduc du Vieil-Evreui , que nous devons à M.‘ Rever ; c’est un exemple excellent de la manière économique dont on construisait les eanaux , qpiand le sol glaiseux ou compacte permettait d’éviter des travaux dispendieux.
M. Rever rapporte qu’après avoir exarni^ des portions de l’aquéduc du Vieil-Evreux , solidement construites, parfaitement cimentées, et voûtées avec soin , il trouva le prolongement du même canal construit en gros cailloux anguleux et bruts , posés les uns sur les autres , sans morücr pour les unir ; ce canal offrait à droite et à gauche deut revêtements rocailleux , audessus desquels trois rangées de cailloux du même genre , superposées en arcs de cercles , formaient une sorte de voûte d’un aspect âjwe et sauvage.
M. Rever ne pouvait croire d’abord qu’uix, travail si extraordinaire, si grossier, si analogue aux 'premiers essais de l’art de bâtir, di^ être attribué aux Romains. Mais une troisième excavation dissipa bientôt ses incertitudes ; le canal qui fut encore trouvé , avait toute la perfection des constructions romaines. Le fond était couvert de mortioe'de chaux et de petits cailloux ; la voûte présentait une maçonnerie très-solide ,
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plus régulière et plus soignée que celle que Toq avait découverte la première fois ; et ses parois étaient formées de grandes pierres de taille parfaitement jointes, v
A peine eut-il fait une vingtaine de pas , que cette belle construction en pierres de taille finit tourt-à-coup , et fut remplacée par un canal d’un travail grossier, en cailloux bruts, tout semblable à celui qpi’on avait déjà découvert et qui paraissait indigne des Romains. 11 ne resta plus de doute que la rigole la plus grossière n’eût fait partie de l’aquéduc.
M. Rever ^arxonrut , sous ces cailloux superposés , une distance de 1 1 o mètres , sans y trouver ni soupirail , ni trace d’ouverture d’aucune espèce , et il en conclut que les puits qu’il avait précédemment observés dans d’autres parties de l’aquéduc , n’étaient point des évents , mais qu’<m les avait pratiqués uniquement pour faciliter le travail à de grandes profondeurs^, quand on ne pouvait faire de tranchée à ciel ouvert. Il reconnut encore que, le terrain , dans cette partie , était une glaise ocreuse, extrêmement forte et compacte, ce qui lui expliqua très-naturellement les différences de construction remarquées dans l’acpiéduc. Si l’on avait cru devoir prendre la peine de cons-
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d’antiquités MONUMENTAtES; 31 5
truirc des rigoles solides eu mortier de chaux et petite rocaille , dans des terrains sablonneux et mouvants , où l’eau se serait inhltrëe ef perdue , OA avait pu se borner à prévenir , par de simples soutennements en pierre sèche, les seuls accidents que l’on avait à craindre dans im terrain glaiseux, aussi propre à maintenir le cours de l’eau que la meilleure rigole
Relativement à la pente observée dans le» canaux des aquéducs, on peut dire que^^le précepte de Vitruve, qui veut que cette pente soit d’un demi pour cent n’a pas été observé , et qu’elle est ordinairement beaucoup moindre ; l’aquéduc de Metz n’a que trois lignes de pente par toise ; celui de Lyon , un peu moins ; et l’aquéduc du Yieil-Evreux, environ un pouce d’inclinaison par i oo pieds. En présence de CCS faits, on a supposé, vraisemblablement avec raison, que cette partie du texte de Vitruve a été altérée.