‹ Cours d'antiquités monumentales professé à CaenChapitre 30 sur 44 · DES PONTS · texte numérisé non relu

DES PONTS

L’accroissement rapide des villes , et la multiplication des routes dans la Gaule -sous la domination romaine , nécessitèrent l’établissement d’un grand nombre de ponts sur les fleuves et les rivières. Ces édifices d’une si grande utilité , furent souvent très-remarquables par leur hardiesse et leurs dimensions (i) ; mais aujourd’hui il en reste peu ; la

^l)J.es Romains firent construire des ponts dans toutes les parties^de l’-empire ;

Le pont de Trajan sur le Danube était le plus remarqiisb'c qu’ils eussent coDs'ruit et le plus colossal peut-être qui ait )amais été éleré dans aucun pays. Il était bâti sur 20 pilr« hautes de ISO pieds et épaisses de CO. Ces piles étaient distantes l'uoc de l’autre de 170 pieds, la longueur totale du pont était

a’ ANTIQUITÉS MONUMENTALES. 223

plupart ont été détruits, ruinés par l’effort des eaux , ou reconstruits à diverses époques ; à peine en peut-on citer quelques-uns d’entiers remontant à l’âge romain.

Dans les ponts comme dans tous les autres monuments gallo-romains, on a fait usage du grand appareil , et souvent de la maçonnerie à bain de mortie|- f emplecton ) revêtue de petites pierres symétriques /'opus insertumj. Lorsque les matériaux de grande dimension ont été mis en œuvre , les pièecs ont été jointes les unes aux autres au moyen de erampons en fer. Dans les ponts construits en petit appareil , la solidité du mortier a rendu presque inaltérables les bases ou piliers qui supportaient les arcades.

Les piles offraient quelquefois , du côté du courant , tine saillie triangulaire , pour donner ainsi moins de prise au courant d’eau; et, si le

d’uD mille eiiTiron. Hadrien fit dëtmire re ma{;ni6(|ueoQTrage en. renversant les arcl|cs , aoua* prétexte qu’il aurait pu'âervir de passage aux barbares ppur entrer dans rempire.s'ils étaient parvenus à s’en emparer. Quelques piles ruinées de ce pont immense subsistent encore de nos jours dans le Danube.

Snus te régné de Trajan on construisit aussi un pont magnifique sur le Tage, piès d'Alcantara en Espagne : ili's parties de ce monument subsistent encore : il était composé de six arebes et avait CCO pieds de longueur.

224 COURS

fleuve à franchir était d’une certaine étendue, if arrivait souvent qu’on le divisait èn plusieurs bras , afin de diviser en même temps le pont en plusieurs parties séparées. Ce mode assez simple d’atténuer la rapidité des fleuves par la division de leurs eaux , et de rendre par suite moins difficile la construction des ponts , a continué d’être usité au moyen âge. Nous en trouvons beaucoup de cette époque , s’appuyant sur une suite d’îlots établis dans les lieux ou les rivières s’épanouissent en plusieurs rameaux, soit que la nature ait présenté cette disposition , soit que la main de l’homme l’ait obtenue par des travaux plus ou moins considérables.

Dans les ponts . qui offraient un certain nombre d’arches , on retrouvait cette irrégularité que nous avons déjà remarquée dans les arcades des aquéducs. Les cintres n’étaient presque aucuns du même diamètre , et rarement d’une hauteur égale (i).

(I) Dans lu ponts dp moyen*3ge construits à plein cintre , on remarque constamment la. même irrégularité. Ainsi , nous la voyons daps lu ruines de l’ancien pont de Tours, élevé au XI*. siècle ; dans cilles de l’ancien pont de Montbazon sur l’Indre , à 3 liéùes au sod de Tours , que je crois à pru près du même temps ; dans les ponts chartraiiis qui se voient au sud de Blois , sous lesquels passait autrefuis la Loire , et daus un très-grand nontbre de punis de la même époque.

d’antiqüités monumentales. 225

Les ponts construits avec le plus tle soin et (le régularité , étaient quelquefois de véritables monuments qui servaient aussi à reinbellisseni ut. Quelques-uns même étaient surmontés de portés ou d'arcs de triomphe , ainsi que noys le verrqns dans une autre conférence ; tels étaient ceux deSt.-Chamas(Bouches^u-Rhôn^), de Saintes ( Charente-Inférieure ) , et quelques autres. Cette circonstance ne se préseptait guère que dans les villes , comme on doit le prévoir.

Parmi les ponts gallo-romains les plus remarcpiables , on petit citer celui de Yaison , qui est construit en grand appareil' , et encore trèssolide , quoique l’on ait arraché les crampons qui liaient les pierres les unes aux autres.

' À. Vienne, il j avait un pottt sur le Khénc, ce ilcuve au cours rapide , a{^lé par les anciens poètes impatiens pontis ; il servait à réunir la ville avec le faubourg de Sainte-Codonibe' , où l’on a récemment trouvé de précieux débris de sculpture et d'^architecture antiques. Ce pont , plusieurs, fois réparé ^ fut renvereé en 1 407 par le - Rhône , après dm pluies continuelles qui avaient .doublé ses eaux et produit 'des débordements considérables (1).

») T. Chorier, reelkerches sur tes antiquités de la rille de Vicaue.

COURS

Il y avait aussi à Vienne, sous la domination romaine , un ou plusieurs ponts'sur la petite rivière de Gère , qui traverse la viUe avant de se jeter dans le Rhône.

Le pont d’ A ries , qui servait comme celui de Vienne, à unir à la ville le faubourg situé sur la rive droite du fleuve, et dont Ausone parle' comme d’une merveille , n’était que de bois , ainsi que nous l’appfciment Cassiodore , et le chanoine Saii dans son histoire des archevêques d’Arles.

On a découvert à Leiines , en travaillant au canal de Bourgogne , un pont à deux arches cpii portait tous les caractères d’une construction romaine ; on remarqua sur les reins des voûtes un pavé en pierres minces posées de champ sur lequel la trace des nrnières était régulièrement formée. M. Jollois pense que ces deux arches faisaient partie d’un pont plus considérable qui existait en cet endroit sur la rivière d’Armençon, dans l’alignement -d’une voie romaine bien connue dans le pays.

Un aulye pont antique a été signalé par M. Jollois , sur la rivière de Loing , près du village de Dordives (Loiret). '

•W. de Taillefer rapporte qOe sept ponts servaient a accéder à Périgueux sous la domination romaine. Six de ces ponts étaient sur la rivière d’Ille , et le septième , sur le ruisseau

d’akTIQUITÉS . MONUMENTAXES. 3 » • * ■ » ' ' du- Toulon. Quatre dè ces sept ponts ont étë

entretenus et refaits ; les trois autres' n’ont pas été reconstruits ; mais lorsque Ips eaux de l’Ille sont très-basses , ou mieux encore , quand on répare les jetées op digues des mouliné , 6n en découvre les débris. •

L’un de ces ponts était placé au-dessous de celui des Isards, à 3a5 pieds environ de l’embouchure du petit vallon. One espèce d’ilôt ou d’atterrissement a recouvert les fondations d’une des piles ; au milieu de la rivière on en trouve une seconde dont la hauteur eSl de 2 pieds 8 pouces , et qui , pendant les chaleurs de l’été , est presque toujours à découvert. La longueur de cette pile dans da direction du courant , est encore d’environ 1 1 pieds ;

sa largeur de 5 pieds. Les pierres de parement ont 10 pouces d’épaisseur, sur i pied 2 pouces de largeur ; elles s’enfoncent aussi d’un pied et quelques pouces- dans le màssiflntérieur , composé de petites pierres brutes et d’un ciment rougeâtre fort dur. A 1 5 du 1 6 'pieds de cette pile on en reconnaît une S"”, dont il ne reste que de faibles débris (i).

(I) ABttquUé* de Vésone, par M. de Tailtcfer, tome II.

aa8 cèuus

On voit encore sous les caÛJt , à côté de l’ancien couvent de Sainte-Claire , deë jreslcs considëràblcs d’un autre pont. La première pile est à 1.6 pieds du bord. Une seconde pile a été retrouvée à q5 où 3o pieds de la première ; une troisième est à la môme' distance de la seconclc, et une quatrième à i5 pieds plus loin. De cette dernière jusqu’au bord , dans un espace de plus de So'piedà, On ne rencontre, que des. pierres énormes jetées çà et là , et sans doute les autres épiles auront disparu. Quoique ces ruines soient très-aneicnnes., nous devons dire qu’il n’est pas certain que ce soient celles du pont gallorogiain ; elles pourraient bien appartenir à un pont qui aumit été refait au moyen âge sur les fondements du premier.

On regarde comrrfe étant d’origine romaine , dit M. Allou (i) , les restes d’un ancien pont sur la Vienne , qui s’observent. au-dessous du bourg de Verneuil, près des moulins de la Boilerie , dans la direction d^unc voie romaine. On eii voit de semblables à Saint-Priest , siir la rivière du Taurion, près de son embouchure dans la Vienne , où l’on reconnaît la trare des piles , imliquées par de grosses pierres qui rctiemient encore des morceaux de plomb.

(I) Oeecriptloa d«s monuments de h Haute- Vienne, )• 27».

o’ANTrQtiiTÉs jmomumentales. aig

Op regai-iile aussi assez -généralement "les piles du pont de Trêves , compôsées de l>loc8 de Basalte d'’üne assez grande dimension , comine étant'- romaines. Quoique la chose soit Encore douteuse ^ les piçces de grand appâreil quioh y voit rappellent toiit-à-fait le mode de construction usité à celte époque ; mais dans le cas où l’on admettra cette origine pobr.les piles , il ne faudra point l’étendre aui voûtes ou aéches 'qui ontété’plùs d’une fois reconstruites. Ce pont a 690'picds de longueur sûr 24 ‘ï® largeur* Les pilés beaucoup plus, larges , et offrant conséquemment une solidité’ propre à -résister aux eaux , ont , suivant Schreiber, 66 .pieds dans le sens du courant, et 21 .pieds >d^ns. le seps opposé. .T’ai dessiné ce pont lors de mon voyage à 'Trêves : les Basaltes dont il est construit, viennent, dit-on , des environs de Coblchtz ; clics sont pareilles à celles que l'on rencontre à ('olôgne dans les anciennes nlurailles. . ^ Je crois qu’il faut apporter beaucoup de réserve et ne rien affirmer relativement à l’origine de q-ielques ponts , anciens sai* doute , mais dont l’origine gallo-romaine est plus que douteuse , et qui ont été souvent signalés' comme remontant à la domination romaine. Tel est entre autres celui de Cé sur la Loire , à 2 lieues

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d’Angers, dont les^piles offrent dn reste un petit -appareil alldhgë , symétrique , qui paraît.

' fort ancien.' ' ■ ' ,

Mais sî nous ayons si pen de monnments de cé gfcnre authentiquement construits anfériemement au moyen âge , il noifs en reste beaucoup de vestiges , peu apparenls^it est vrai , mais frèsrecbnnaissàbles qriand on se donne la peine de les cherther. ' .

Ainsi , les fondations tin pont qui était élevé ’ en face de Cologne , sur le Rhin , se vnient encore sous l’eau , lorque la sécheresse vient à 'diminuer le Yolutolc' du fleuve. Il en est de mèmç des vestiges du magiâiiquc pont'qui avait été ctablidevanl Mayence , par la 2 a'." légion -, sous Trajan , et qui unissait le castrum 3fogontiàcum axa. camps et autres etablissements ro- / mainâ formés sur la rive droite du Rhin (j).

'La présence des fondatiems de ponts antique» s’est révélée aux observateurs dans un très-grand noinbre d’autres boéalitès qui né doivent point être citées ici. Dans quelques endroits même » oh a par spéculation arraché ., dans des temps de séchereiSse , ^quelques-unes des pierres qui attestaient l’ex^stencç antérieure dé ces mouu-

(1) Lt post de .béis ceostrajl à Msyeste par Cbarkmagœ ,

D^NTIQUITis MeNUMENTALES> a3l

ments., afin de- recueillir Ica cram^Hms de fer qui üinssaieHt ce$ pierres leS' luies aux autlrcà. 'L'arrondissement de Laen lui-mèmo a feund un eicmple d'une spéculation pareille , ce -qm m'a servi à reconnaître . le point précis oii la voie romaine partant de Vieux pour se diriger vers le sud-est, passait la rivière d’Orne {i).

Je ne parle que des poùts de' pierre^, parce q#e ce sont les seuls qui aient pu subsister jus- /qu'à nous *^mais sous les Homains , on avait élabli 'en Gaule un grand nombre de p^ts en bois. ...

. On passait aussi les rivières an moyen de bacs , avec des radeaux supportés quelquefois surdes outres en'cuir ou des tonneaux vides, comme on le fait encore de nos jours (a).

Les ponts de bateaux sur les- Neuves étaient

posait sur les piles .en pierre de rsncien pont romain. 0«8 piles ont été examinées arec soin par direra oBserTsteurs, dans lïété de ISI9, les esux dn fleuae ayant. été trés-basseS txette époque^

(r) Do maréchal de CTinehamps et son père, ont qilos d’une fois, lorsque les «aux étaient basses , afractaé quelques-uns des crampons de fer ,qui scellaient encore les pierres em* ployées aux piles du pont de Bitlly. — la page 130 de mon Cumrs il' Antiquilés , tome fl*, j et fa note correspondante.^

(2) Flor. Ul, S.>^Herodian , V4U.— Zoxim , III; — Idiçnn; IV.

a3a ^ COURS

ëtablis cotnun« celui que . vous avez pu voir à Rouen ; ^ceux {jui existent sur le. Rhin ù Cologne Rntre Strasbourg et Kell , à Mayence , à 'Mânheim , à Goblenlz ; sur, le Rhgne, à Arles, et sur plusieurs autres grandes nvieres.

Le pont de bateaux figuré sur la Colonne Trajane , et- que j’ai reptpduit dans la planche XII de l’Atlas (V. a”, partie du Cours) , fournit la preuve de ce que j’avance. >

Enfin , sur beaucoup de cheiqins d’une importance secondaire , -les rivières ae passaient à gué , et les parties guéablès des cours d’eau paraissent parfois avoir déterminé la direction de ces , anciennes voies. ' D’après les observations de M. de Gervillc , .plusieurs de ces gués ont étë-'pavés. . -

Murs de quais. — Les quais ou grands murs de soutennement construits le long des rivières , venaient souvent se lier aux ponts', lorsque ceux-ei étaient dans les villes. On remarque encore à Vaison sur l'Ouveze , près du pont dont j’ai parlé tout-à-l’heure , les débris d’un quai qui avait poo pieds de longueur ; et il serait facile d’en citer d’autres.

Mais dans beaucoup d’endroits les murs de

d’antiquités jionumentales. a33

quai étaient des ouvrages considérables toutTà' fait indépenclants des ponts. C’e^ ainsi qu’il y avait à Vienne, à Lyon, à Arles, de magnifiques quais le long dû Rhône. Ils étaient construits avec la plus grande sôlidîté * eii grand appareil, et l’on conçoit que les murs dé soutenneipent le long des fleuves- étaient nécessaires pour en régularisér le cours , dans les villes. •’

roi'BS

. CHAPITRE y.

DntinctioD prcitimnaire eotre les arcs-^ tuosiplie tl le» pertes mennme’atalés. — Les ares de trlotnphe proprement d>ls sont isolés, les portes se lient ^anx ianraille» antiques. — Ârcs de triomphe- de Saintes, d’ Orange , de St.jRémy , de St.-ChaBv>s , Trêves.— Portes de Mar»

à Reims f d’Aron , de St. -André à Anlnn , d’AngnsIe et de France ê IVîmes. — -Indication de plusieurs antre» monuments antiques du même genre. — Déductions résultant de cet examen comparatift

ARCS DETBlOMPHE PORTES MONOMENTALES.

Les arcs de Irioitiplte étaient des portique» élevés à Tentréc des villes , sur des passages publics, près des forums, en avant des temples , à la tète des ponts, etc., etc., en mémoire d’une victoire , d’un service rendu à l’Empire , quelquefois sans autre but que de décorer les villes qù on les élevait.

On donne aussi le plus souvent la même dénomination aux portes de ville antiques qui

D’ANTIQtlTÈf MONUMENTALES. ^^35

oflrent unç ordoïmancB à peü près se'jnblable a celle des arcs de triomphe. Sans vouloir ^ec^mer contre, celte assimilation , souvent justifiée par des rapports frappants de forme et dodispqsition , je dois vous rappeler, Messieurs, que les arcs de triomphe sont des monuments isolés : ainsi les arcs de Saintes, de .'Sainte Renly , • d’orange , dont je- y^âis tout^à-l’hcure VOUS entretenir , étaient des arcs de triomphe dans la véritable acception du mot ; ils formaient un tout et ne se liaient point a des remparts.

' C’est au cèntraire ce qui avait lieu pour les portés dè ville , rpii , tout en étalant parfois dans leurs façades nne grande magnificence , étaient par leurs extrémités latérales enclavées dans des murs d’ enceinte , dont elles foi;maient ainsi l’accessoire ou •l’ornement, cpmme la Porte de Mars à Reims , celles d’Aulun , de Kismes , etc. , que je vais aussi vous faire connaitre. - ■ ' '

11 résulte de cette différence que les arcs de triomphe offraient quatre faces dégagées , tandis, que les portés n’en présentaient que deux , et qu’ils sont en général plus ornés que CCS dernières. 11 est donc nécessaire d’établir une distinction entre ces monuments , qui

COURS

appartieimént au mémc-geore^ mais-qui doivent constituer deux espèces distinctes , s’il m’est permis d’émprunter.icr le langage des naturalistes. ■ ■

A Eome, onjivait d’abbrd construit lès arcs de triomphe en briques , et avec beauepup de simplicité , mais plus tard on les érigea avec des matériaux choisis ; ils eurent habituellement au milieu une grande arcade cintrée entre deux portes plus petites.

La magnificence des arcs de triomphe commença sous les premiers Empereurs ; et Pline appelle cet usage une innovation novicium int>entum(i). Les portes monumentales dans leà murs d’enceinte, s’élevèrent à la même époque.

Les ilomains embellirent de monuments de ce genre les villes de l’ItaKe. et des . provinces de l’Empire. Nous allons examiner quelquesuns de ceux qui existent encore en Gaule. •

Arc d’Orange. — L’arc de triomphe d’Orange (pl. XXXlX,fig.i) se trouve tout près de cette ^ / .

(I) V. Ântiq. rom. ,'par A. Adam , C II.

Lés arcs de triomphe 1rs plus remarquables qui existent én Italie , sont : à Rome , ceux de Septime-Serère , de Constaqtin et de Titus; -ceux d’Auguste à Rimini, à Suze et à Aoste ; ceux deTrsjan à Ancdnc et à nénércut , etc.., etc. . ‘ -

d’antiquités monumentales. aSj

ville , ^sur la route de Lyim à Marseille. Il a 66 pieds de largeuif, 6o pieds-de hauteur,- et, est percé de trois arcades. Ces.arcades sont accompagnées de colonnes corinthiennes cannelées | celles du milieu supportent Uiî fronton trianguli^irc , au-dessus duquel est un attiqae eqnronnc d’une belle corniche. - . ^ - - .

La façade septentrionale de. cet arc devait être la principale , puisqu’elle, faisait face n la campagne. Le bas-relief de l’attiqoe représente un combat tres-vif de. cavaliers et de fantassins. Des deux côtés du fronton sont dea trophé.es presque entièrement composés d’attributs maritimes ou fluviatiles , tels que proues de^navire, ancres-', tridents , etc. On remarqpue audessus des petites portes , xles faisceaux trarmes oHcnsivcs et défensives , parmi lesquelles on distingue surtout des boucliers (i ).

Sur la façade méridionale , dgs bas-reliefs disposés dans le mèmè ordre offrent des sujets analogues. - ' - v.. • • .

Les petits côtés étaient , comme les autres , décorés de quatre colonnes corinthiennes cannelées supportant un fronton (V. la %. i .joint

(1) V. Millin , voyage dans le Midi Tlc'Ia France. — Wa(s de Villicrs , Itinértrire en France. . '

a38 COURS

.B). On remarque dans la frise de celui qui 'est tourné à l’est , des combats de gladiateurs , et des deux côtés du fronton*, des Néréides; Entre les colonnes se voient trois trophées^ composés d’armes offensives et défensives^ surmontées de vcïilles, ou d’enseignes,. L’autre côté a été fortement endommagé ; tout porte à croire qu’il présentait autrefois la 'même dispositiori'(i). '

L’intérieur des ■wuites est décoré de rosaces , et les archivoltes le sont de guirlandes de pampres , de fleurs et de fmits.

.^v Cet arc ne porte aucune inscri|)tioh , et beaucoup d’opinions diverses ont été émises sur P’époque à laquelle on doit l’attribuer. Quelquesuns en ont fa»l honneur à Marius , en mémoire de là -victoire qu’ib remporta sur lesCimbres ; mais , outre que les arcs de triomphe ne furent en usage , comme nous l’avons dit , que du temps des Empereurs , les attributs maritimes placésnu niveau des frontons des deux faces de l’arc , ne peuvent convenir ni à Marins ni à l.a victoire que l’on suppose avoir fourni le sujet ‘du monument , puisque les Cimbrés n’avaienl

(I) 0epaU4>eu on a fait i l’^rc d'Ofagge des réparaiiOna trèn-salbfaisanies qui ont coii'oUdé ce monu.iiieat.

D’ANTIQUrTÉS MONUMENTALES. 3^9

pas de flotte lorsqu’ils firent défaits près d’Afx.

Il est très-probable , comme des antiquaires plus judicieux l’o.nl pensé-, que l'érection de l'arc de triomphe d'Qraiiçe se rapporte aux victoires de Marc-Aurclc 'en Gentianié , et ne date pas d'une époque plus ancienne (i). -• '

Arc de Saint-Remy. — L’arc de Sairit-Remy est encore entier depuis le rez-de-chaussée jus*qu'aü-dessus dé L’archivolte ; mais la partie supérieure a éf;é détruite par le temps. Ne l'ayant point -encore vbité , je vrais voiis lire la description qu'en a donnée Milb'n : . '

« Ce monument , dit-il, était très-simple et très-pétit ; il n'* avait qu’une arcade peu élevée , mais il était chargé d’ornements. De chaque côté il y a deux colonnes cannelées ‘ lés pilastres qui supportcrït l’arcade, sont doriques ; ils retournent carrément sous l’arcade , et en forment lés angles : les chapiteaux servent d’imposte à l’arc, et ils ont une espèce de. frise dé corée^de patères, de simpules, de sécespites ,

(1) M. Mérimée pense qu’il faut aussi attribuer cette date aux area de triomphe de S'.-Reai.v pt de Carpentras ;.ihajoiitè quêta profusion d'orncuients, la forme des arjne.s.le earaélère prétentieux de rea monument» conviennent toiit-à -f.it k l'arcfaitecture du it*. aiècle. '

COURS

doilptes I çt de divers instruments propres aux sacrificos. ; . ' '

« Les sculptures de rarchivolte représentent des pommes de pin , du lierre , des raisins , des branthes d’olivier attachées avee des bandelettes ; toute la voûte est couverte de caissons hexagones , dont les moulUres sont enrichies d’oves', et dont le fond est rempli de différentes espèces de rosaees. , ,

« Entre. les colonnes, il y à deux figures tenant au mur. Vers’ le levant , ces deux figures sont, un homme et une femme attachés à un arbre , ainsi qu’on a coutume de représenter les' villes et les provinces conepises : du côté du couchant ; une femme pose la main sur le bras d’un. guerrier enchaîné. De l’autre côté , une femme est assisé sur des-trOphées ; l’homme qui est près d’elle , a les mains liées derrière le dos , et il est lui-môme attaché à un arbre.

Le monument a été détruit jusqu’à ces figures ; elles ne sont pas entières; il n’y en a que deux çlontles têtes soient conservées. Deux 'Victoires tenant des palmes sont couchées le long des voussoirs. On en voit les figures entières dans un dessin levé par Peiresc, lorsque cet arc était moins dégradé ; c’est celui qui a été gravé par Montfaucon. Il est probable que la frise et

d'antiquités monumentales. . a4 *

l'entablement portaient une inscription ; mais cette partie est à présent détruite; on l'a remplacée par un toit de pierres carrée?, pour empêcher le dégât des eaux pluviales (i).

Arc de triomphe de Saintes. — L’arc de triomphe de Saintes , tout rongé cpi^’il est par le temps , offre encore le plus haut intérêt. Il est percé de deux portes cintrées, dont les archivoltes reposent sur un entablement corinthien. De petites colonnes du même ordre , assises sur le prolongement de la comiche de cet entablement , décorent les encoignures de l'édifice , et supportent l’entablement principal au-dessus duquel est un attique(a). Le monument est construit en pierres de trois , quatre ou cinq pieds de longueur, sur deux ou trois pieds d'épaisseur, posées par assises égales, et liées entre elles au moyen de crampons en fer."

Ces pierres juxta-posées sans eknent , sont encore réunies avec tant de précision dans les parties les mieux conservées , qu'à peine ondis-

(I) Millin , voyage dans les dépirtementa du Midi de la France , t. H.

(}) Jene parle pas do parapet crénelé, établi sar la plateforme de Varc ; c’est un ouvrage qoi doit appartenir au moyen igc.

iG

COURS '

Ungue l^s points de r<iunion des blocs ; duns d’*autrc8 , surtout au-dessus des portes , on remarque des dislocations et des crevasses : il est même à craindre que ces crevasses ne fassent de rapides progrès , et l’indififérence des autorités locales n'est pas rassurante pour ceux qui s'intéressent à la conservation du monument.

Le dessin que je mets sous vos yeux (pl. XXXIX, fig. 2), vous donnera une idée d'autant plus juste de l’état actuel de l'arc (le triomphe de Saintes et de sa vétusté, que l'on s'est appliqué à rendre exactement tous les accidents qu'il présente ; les, pierres même ont été comptées et figurées telles qu'on les voit dans Tédifice.

Les inscriptions tracées sur la frise et sur la face de l'attique qui regarde la ville , attestent que le iffonument a été dédié à Germanicus , à Tibère et à Drusus ; qu'il a été consacré par le prêtre Rufus. Elles ont été publiées plusieurs fois ; en voici la traduction :

Première mscRiPTiON. « A Germanicus César, fils de Tibère Auguste ^ petit-fils du divin Auguste, arrière-petit-fils du divin Jule, augure, prêtre d’Auguste, consul pour la deuxième fois, empereur pour la deuxième fois. » ‘

Deuxième. « A l'ibère César , fils du divin

d’antiquités monumentales. i43

Auguafe, Augustef grand pontife ; corisul pàur la quatrième fois ; et année de sa puissance tribunitienne. »

.Troisième. .« A ïhusus César, fils de T4bère Auguste , petit-fils du divin Auguste , arnère-pettt-fils du divin Jule, pontife, augure. » « Catus Julius Rufus, fils de Caius Julius Otuaneunus , petit-fils de Caiûs Julius Gédedmon, arrière petit-fils d’Epotsorovide, prêtre" consacré au service de Rqme et d’ Auguste , dans le temple qui- est ,près du confluent , en sa qualité d’intendant des -travaux , a fait la dédicace de ce monumenf. » .

L’examen de ces inscriptions a donné, lieu déjà à plusieurs dissertations intéressantes ;; je ne m’arrêterai qu’à la dermère partie de la troisième inscription , celle où il -est question du prêtre Rufus , consacré au service de Rome et d'Auguste dans le temple qui esteau confluent. M. de Crazanues croit que le temple desservi par Rufus , était celui dont les ruines se voient encore dans l’cmplaçement du Capitole de Saintes. M. Massiou , de la Rochelle , archéologue plein de mérite , pense au contraire que ce temple consacré au culte .de Rome et d’Auguste existait au confluent de la Charente et.de la Seugue , dans l’ile de Courcoury , où l’on a trouvé bon nombre de débris antiques.

- COüRS

•. Mais il ^ plus probable que le temple dortt il Vagit était celui de Rome' el'd’ Auguste , au coufluent du Rhône et de la Saône.

.L’arc de triomphe de Saintes , enclâvé maintenant dans le milieu du, pont qui traverse la. Chfû’énte , se trouvait primitivement sur le bord de là riviçre. Le monument était placé à la tète d’un pont , et à l’entrée de la voie qui partaitdé Saintes pour se rendre à Poitiers ; ce ne faï' que dans le moyen ège , lorsque là Charcute eut pris une nouvelle direction et élaqçi l’ancien lit , que l’arc de Germanicus se trouva dépassé par les eaui et placé au miiiéu dû fleuve. ; ^ v ...

■ iJnè partie du pont actueLest de la denriêuie ' • moitié du XVTI*. siècle { i665 ). L’architecte a été èbligétrincmster la base de l’édificeantique dans une des piles du pont , et les pieds-droits ou pilastres ' sont er^agés de six pieds dans Ip payé j ce qui- rend les portes lourdes i écrasées et sans proportion. - ■

Àrc de Trêves. — L’arc de Trêves se distingue de la plupart des arcs de triomphe ordi-' naires par ses dimensions , sa décoration extérieure, et surtoutqjarce qu’on trouvait an-dessus des portes , des appartements spacieux , ce qui

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d’aNTIQÜITÉS MOiTOMENTALES. C

irexiste dans aucun des édifices de ce genre que j'ai pu observer ailleurs. '

Ce monument est placé à l'extrémité septeu'^' trionale de la ville; il occupe un espace' de 1 15 pieds , d'une des extrémités latérales à l'autre , sur une profondeur de 47 pieds. Du côté de ’a" campagne , les portes se trouvent flanquées de ‘ deux corps avancés , arrondis , placés comme les tours hémi^hériques que nous voyons si souvent près des partes de nos forteresses du moyen âge. Dans ces parties saillantes, qui du reste se lient complètement avec la partie centrale , et portent les mêmes décorations extérieures, l’édifice a 67 pieds de profondeur.

Du côté de la ville , la façade est droite et sans saillies aux extrémités.

L’arc de Trêves a été si souvent figuré, qu’il doit être connu de la plupart de ceux qui m‘*écoutent.il avait environ jo pieds de hauteur, et 80 trouvait divisé en quatre étages. Au r*'. étage s’ouvrent deux portes acc<dées, comme dans l’arc de Saintes, l’une pour les chars entrant dam la ville , l'autre pour les chars qui en sortaient. L'entablement qui surmonte les ouvertures et se pndonge sur ICs parties latérsdes de l'édifice , est porté sur des colonnes engagées, d’ordre \

toscan , qui n’ont été qu’ébauchées. Les trois

étages égaux surmontant* le rez-de-chaussée ,* sont ornés de colonnes engagées et également espacées , entre lesquelles s’ouvrent des arcades semi-circulaires. Cette décoration existait sur les faces latérales, comme sur les faces principales de l’édifice. Les chapiteaux de ces colonnes et leurs ‘bases avaient simplement été ébauchés dans ces trois étages , comme dans l’étage inférieur et Pon voit que* le monument est resté inachevé. Je suis de l’avis de ceux qui ne le croient pas antérieur à Constantin. L’édifice est construit de ce grès gris-rougeâtre que l’on trouve si abondamment dans le pays de Trêves ; les blocs unis sans mortier étaient liés par des crampons cimentés dam la pierre ; et pour arracher ces morceaux de fer d’un volume minime, on a été obligé de pratiquer des trous considérables dans un grand nombre de blocs.

En io35 , l’archevêque Poppo avait fait convertir la Porte de Mars en une église qu’il dédia à saint Siméon ; depuis cette époque , diverses reconstructions ont eu lieu à l’intérieur de l’égbse. Le Gouvernement prussien a eu le -bon esprit de débarrasser le monument romain des ruines qui l’encombraient. Ce 'déblai fut * commencé en i8i6: on n’a conservé que l’abside de l’église Saint Siméon, qui avait été ac-

l>'A.\TI(jU|TÊS MONUMENTALES. '^47

r olée à Test de la porte : elle date duXl*. siècU, et n^e^ pas sans intérêt (i). .

La Porte de Mars est donc presque intacte aujourd'hui à Pextérieur ; le& dispositions qu'avait nécessitées l'étsd>lissement de l'église à l'in* térieur de l'édifice et au-dessus des portes, en avaient changé la distribution de sorte qu'>l est difficile de savoir à quoi servaient les pièces qui surmontaieAt le i*'. étage , et qui étaient éclairées par les. trois rangs d'arcades dont je viens de parler.

Arc de Saint-Chamas. — - Vous voyez , ,pl. XXXIX , fig 3 , un croquis des deux arcs qui se trouvent sur le pont de St.-Chamas : ces arcs sont des plus simples , et montrent comment on en élevait parfois à l'entrée des ponts. Il est probable que plusieurs arcs ainsi placés , étaient munis de portes que l'on fermait au besoin.

(t) Depuis peu on a déposA à rfatSrieor de l’SdtBee , t cAté et au'destus dos portes , un grand nombre de raoepeaux de sculpture antique , découverts dans lea bains roraaini et dans d'autres quartiers de l’anliqtie riile de Trêves. Ainsi la porte de Mars offre un double hitérér, eomiiie monument romain des plus remarquables, et comme musée d’antiquités. Lors de mon passage à Trêves, on travslUait AétabUrde nouveaux plancbers pour agrandir ce musée. Dans l’étage supérieur de l'édifice est une Salle cQOTertc,où Von a réuni un cectain nombre d'inscriptions chrétiennes, des marbres et divers objets en métal : le tout découvert A Tiêres. En général le gouverncinent prussien porte un intérêt tréa-édairé ê la conservation desédifteet antiqius.

couns

'' Le poDt et les arcs de St. -ChâmaS avaient été construits par un certain Donnkis» ainsi que rapprend uoe inscription placée sur la frise de Tune des arcades. -

•• Porte de Mars a REiffts. — La Porte de Mars est lé seul monument romain intact tpi’oti voie à Reims ; mais il existe un grand nomjbre de ruines- ensevèlifes sous cette ville (i), l’une des plus grandes de la Gaulé; et l’on peut encore reconnaître l’étendue considérable qu’elle’ Occupait sous la domination romaine; car, d’après , les observations de M. Paris , les murailles du moyen ' âige avaient exactement remplacé les murs de l’enceinte gallo-romaine. Nul doute que plusieurs portes , remarquables par leur architecture , n’existassent aux principales entrées de la ville , et la porte de Mars qui nous reste , doit faire vivement regretter la perte des autres.

< 1^ Porte de Mars ^t composée de trois arcades d’ordre corinthien avec des colonnes cannelées; l’arcade centrale, plus large et plus

(I) L«s coBStructions élevée* depuis quelques temps, OBtfsit recoBBaltrc , lorsqu’elles oot été fondée* , bon nombre de débris précieux qui reposeront loiiK>temps encore dans les lieux où ils sont enfouis depuis le IV*. siècle.

d’antiquités monumentales. 349

élevée que, les deux autres, a 3a pieds, ifa de hauteur sur (5 ip.de largeur. Les deux -autres ont^ chacune , ao pieds ip de hauteur sur 10 de large. Entre les colonnes corinthiennes qui ornent le monument , on voit quatre ^médaillons, soutenus par deux génies -ailés. Les deux médaillons du milieu , surmontés de trophées , représentent deux empereurs^., suivant l’opinion de quelques antiquairés ; 1m deu;c autres , surmontés de caducées « seraient , d’après les mêmes archéologues , des magistrats, peut-être ceux qui avaient fait exécuter les grands chemins sur l’un desquels fut consjtruit la porte de Mars. Au-dessous des médaillons • on remarque quatre tableaux ou niches, encadrés dans de petits pilastres et surmontés d'un fronton; ils sont aujourd’hui très«ndomroagés , et l’on distingue à peine quelques-unes dé leurs moulures. ^ ^ ,

Les voussures des arcades offrent aussi des bas-reliefs , malheureusement très-détériorés , mais qui devaient être fort remarquables. Sous l’arcade centrale, on distingue une femmatenant deux cornes d’abondance, entourée de quatre enfants qui portent certains attributs. Autour de ce bas-relief principal étaient douze tableaux , dont sept sont encore assez bien conservés. On

COURS

aSo

3 ^ro reconnaitre dans ces sujets Fembléme des douze mois de TaHnée , comme on a pei^ qu& la femme do principal bas-relief pourrait représenter Tannée, et les quatre ' enfants qui l’ accompagnent , les quatre saisons.

Les voussures des deux autres arcades sont également ornées, de bas-reliefs qui ont donné lieu à diverses interprétMions. Sous la porte droite , on remarque une femme assise sur un lit, le coixle appnyé sur un carreau, caressant un cygne de'la main droite, et ayant près d’elle un aihôur tenant un flambeau ; on ne peut méconnaître dans ce bas-relief les amours de Jupiter et de Léda.

Après avoir été murée, par l’arcbcvêque de Reims, danala crainte de quelque coup de main contre son château qui s’y trouvait adossé , la Porte de Mars est restée pendant long-temps enterrée sous les remparts de la ville. La partie supérieure du monument fut remise aù jour en i677r Enfin, tout récemment, elle a été complètement déblayée par les soins de l’autorité municipale , et il ne reste plus qu'à' rouvrir les arcades qui sont encore murées.

Portes d’âbrocx et Oe Saint-AxOré a Aut\jw. — Ija Porte d’;Vrro«t à \ulun{pl. XX.X1X ,

D'’A^’TIQUITÉ^ MONUMENTALES. 35 I

%. 5 )', mnsi àppelëe à cause de sa proximité de la rivière de ce nom , offre deux arcades principales ayant de chaque côté une arcade > plus petite, correspondant autrefois » des trottoirs qui bordaient la rue. Ces quatre portes sont couronnées d’un entablement formé d’une architrave , d’une frise , et d’unfe comiohe avec ses modillous. Au dessus de ce premier ordre règne une galerie , composée autrefois de dix arcades dont il ne reste plus que' sept^ Les pilastres corinthiens qui supportent 'l’entablement de ce second ordre , sont ornés de cannelures. La galerie qui' existait derrière les arcades , servait évidemment à passer d’un côté de la porte à l’autre et correspondait au chemin de ronde qui exilstait , selon toute eqiparencc , <lans le rempart antique au milieu duquel s’ouvrait la porte (i). « On admire dâns'la 'Porte ' d’ \.rroux , dit Millin , la richesse du grand entablement ; les larmiers et les principales moulures sont couverts d’ornements qui offrent le travail le plus délicat ; les chapiteaux sont du meilleur goût. La solidité de la construction est aussi remarquable qne l’élégance de l’archi-

(i) Nous t«rron« dans la &*. partie du Cours , qu'au moyen kge il y avaitaueai, au-dcssiia des portes, des passages couverts communiquant aux galeries des rempartr.

coims

tacture. Les pierres de grand appareil ne sont liées par aucun ciment ; et malgré le poids de 'la galerie qu’elles supportent « les voûtes se, soutiennent par la seule coupe des pierres. »

La Porte St. -André offre la même ordonnaneeqne la précédente, ei.doit avoir été construite dans le même temps. Elle en diffère cependant en .ee que les pilastres qui décorent la galerie sont d'ordre ionique Ç et que les petites portes destinées aux piétons , de chaque côté des deux grandes portes centrales , formel^ saillie sur celles-ci , et s'ouvrent dans deux corps avancés ou pavillons angulaires. Elle est mieux conservée que la.pojte d'Arroqx ; 'les murs de la galerie existent non seulement du côté de la campagne , mais aussi du côté de la ville; tandis qu'à la-porte d’Arroux, le mur extérieur seul est conservé. Les deux murs de cette galerie , éloignés l'un de l'autre de i o pieds , et construits . sans ciment comme ceux de la porte d'Arroux , ont à. peine i8 pouces d'épaisseur; et l'on •'«tonne qu'ils aient pu subsister si long-temps, ét résister aux agents destructeurs auxquels ils sont exposés depuis tant de siècles.

Porte d'Auguste i. Nismes. — La Porte d'Auguste àNisrnes était, comme cellcsd'Autun, ,

d’antiquités monumentales. a53

encUvée dans les murs antiques tlo la Tille (i). Elle ofire aussi dans ses ouvertures une dispoMti on pareille ; car on y voit quatre portiques : deux , d’égale grandeur , qui devtoent servir au passage des chars , et dfeux autres plus petits poifr les gens à pied(V. pL. XXXIX, fig. 4)* *

Les deux cintres du grand portique sont surmontés d’une tête de taureau en demi-relief , sur laquelle s’appuie la sailliede l’entablement; au-dessus des deux. autres portes sont des nichés, qui probablement contenaient des statues.

Le monument est décoré de quatre pilastres d’ordre corinthien ; qui encadrent les de^ petits passages ; les deux grandes portes sont séparées par une petite colonne ioniepre appuyée sur une console , à la naissance des arcs. Beux tours semi-circulaires flanquaient etprotégaient la porte. '

Au-dessus de l’entablement , on remarquait l’inscription suivante qui a «té plusieurs fois pubtiée et commentée ;

IMF. , CAESAR. DIVI F AVGVSTVS COS XI. TRIBV, POTEST. VIII. PORTAS. MUROS. COL, DAT.

(I) Celte porte fat découTerle en 1693, en dimoliManl le* mûrs du rlitlean silné place des Carmes. (V. Guide do royajçeur à NIrocs). Elle correspondait . à la rue antique dont nous arons précédemment décrit le pavé cl l'égout ( V. page ÎIS).

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