CHAPITRE XI
Aspect imposant des amphithéâtres. — Aperçu prétiminaiVe sur la forme et la disposition de ces édifices, & l’intérieur et â l'extérieur. — Un mot sur les. spectacles auxquels ils étaient destinés. — Description des amphithéâtres d’Arles, de Nismes , de Périgucux , de Bordeaux , de Trêves , de Saintes et de Poitiers. — Grand nombre d’autres Vestiges d’amphithéâtres dont la destruction est très-avancée. — Quelques .réflexions sur les proportions relatives de ces édifices , sur leur distribution géographique dans l’ancicnue Gaule et sur l’époque à laquelle ils ont cessé de servir aux spectacles.
De' tous les monuments romains existant, en Gaule , les amphithéâtres sont ceux qui offrent encore les ruines les plus imposantes et les-’plps colossales. C’étaient , comme Findique Féty^ mologie 'du mot amphithéâtre , deux théâtres placés en face Fun de Faulrc et laissant entre eux un espace vide de forme ovale,- destiné aux combats des gladiateurs et des bêtes féroces. Cet
espace prenait le nom d'*arène (i) i cause du
(I) Plusieurs amphithéâtres ont pria leor nom' vulgaire de cette partie où se livraient les combats; on4it les arines de Nismes , les arènes de Poitiers, etc.
COÜRS
sable qa’op y répandait poiir faire dis^raitre le.sahg des hommes et des animaux (i).
Les gradins étaient disposes autour de l’arène , de sorte que de tous côtés les spectdteucs pouvaient jouir du "spectacle. Dans les amphithéâtres comme dans les théâtres , ces sièges étaient divisés horizontalement par des précinctions ou baltei, et verticalement par des escaliers formant ces subdivisions cunéiformes dont nous avons précédemment parlé, page 4oo. Les gradins reposaient sur des voûtes rétrécies vers l’arène , s’élargissant et s’élevant à mesure qu’elles s’approchaient de la g^ilerie oit portique formant le contour de l’édifice. Ces voûtes , inclinées vers le centre et eiaasées à l’extérieur , étaient superposées les unes aux autres, et formaient plusieurs étages danS' les amphithéâtres à plusieurs, précinctions. L’évasement des arcades était à peu près le même à chaque étage ; seulement , en raison du pian inclmé des gradins qu’elles portaient, cHes devenaient, plus courtes a mesure qu’elles étaient plus élevées ; les plus hautes étaient les moins longues ( pl. XLl ter , fig. 8 ).
(I) Quelquefois le sable était teint èn rouge atec du duabre et oiélé de paillettes de mica.
d’antiquités monumentales. 455
• On appelait ’ podium la partie" voisiile ^ dé l’artrfc : c’était là quc'Se plaçaient les sénateurs, les vestales et, les citoyens les plus illustres de la cité , qui dans les théâtres siégeaient' à l’orchestre. Le trône de l’empereur Sugge'stus et le siège de l’édile' qui donnait les jeux y étaient placés (i). Le 1 mur qui soutenait le pddium s’élevait à 1 2 ou 1 5 pieds au-dessus de l’arène ; il était surmonlé^d'un parapet, lerica, •pour garantir de l’irruption des bétes féroces. Dans plOsieors amphithéâtres , ce podium était en outre garni d’une grille de fer. ^
> Nous avons dit qu’il y avait dans les grands amphithéâtres plusieurs caveœ ou séries de gradins; pour accéder à ces différents étagés, on pratiquait à l’entour des constructions supportant les sièges , des galeries voûtées comme pn en faisait autour de la cavea des théâtres. Les escàliers- donnaient dans ces galeries , et Pôn trouvait' habituellement des corridors semblables superposés et répondànt aux trois principales divisions des gradins. La coupe figurée pl. XLI TEB n“. 8 montre clairement cette disposition'd’un grand -amphithéâtre, ses précino- * ...
^ (q Le podium dei ampbitliditres répondait i peu près, romme on le voit, à ce que j’ai appelé Vima cavea dans le théAtre de Ullebonnc. V. lA ùg. 3 , pl. XU bis.
lions et Teffet produit au milieu desgradmspar le&.TOmitoires dé la cavea. Uaetautre cOupe'^ même pl. n**. i , offrant une portion dé rainphithéàtre d''Ârle8 , montré comment les gl^ands escaliers partant des galeries étaient conduits à Tintérieur de la ' '' ' ' .
' On tendait des voiles sur* les amphithéâtres comme sur les théâtres , pour garantir les spectateurs du soleil : enân , op répandait par £crtaihs conduits des liqueurs odoriférantes isour* embaumer Tenceinte pendat|t le spectacle.
L'examen que je vais faire avec vous des plus grands amphithéâtres qui nous rcsteiil en France , complétera les notions générales que nous devons prendre de la construction de ces édifices; ajoutons, pourtant, que; si le prur souvent où les élevait sur un terrain-plat çt également accessible de tous cêtés , quelquefois aussi on les plaçait au fond d'un .vallpll dont les coteaux opposés portaient utje partie des sièges garnissant les deux grands côtés’ de l'ovale. Nous avons vu coinrdent on avait tiré parti d'un emplacement , semUable pour le théâtre mixfo de Lisieux nous allons trouver à Saintes et ailleurs, des erriplacements de cq genre mis à profit pour l'établissement ‘de* amphithéâtres qu'on y voit encore. ‘
P’aWTIQUITÊS MOlrôMENTALES. 4^7
^ ‘ Bâns plusieurs localHës' on creusait aussi l'arène à uîle certaine profondeur au-dessous dq iol environnant , pour diminuer la faautenr des' travaux en maçonnerie hors terre.
‘ .Vous savéz tous , Messieurs, que dans l'arène il J avait des combats de gladiateurs , des combats d’hommes et d’animaux , ' et des combats cFanimaux entre eu* (r). ' ’ ■
(J) Ce f«t Ter* 1« premiers temps de II rëpablh|ue , l’an de ftouie 490 , qu'on commença i roir des oombiis de (Udia*' leurs en Italie; mais seulement âuz funérailles des bommes illustres ou d’un rang distingué. Peu après . on en d,OBDa' à celles de quelques particuliers ; et euflo ils devinrent un spec- Ucle«oosaeré au plsitir du peuple et polir gagner sou affeC'^ tian«Les édiles , les. préteurs et les qaesteprs présidèrent successtrement & ces jeux , qu'lis donnaient toujours dans la' Vue de le rendre agréables; de simples citoyens même en usèrent ainsi. Ce spectacle s’upj^lait mimas , parce que c'était iiiie espèce de devoir qu'on rendait àux morts; et èeiui qni* le donndit , munerarius et munerator , ou editor et dominas ■tmmeris. Tout simple particulier qu'il fût, il avait drpit ato^ de porter les marques de la magiitrature. On entretenait è Rome les gladiateurs dans différentes maisons appelées ludi, oà on les noarrissait fort bien. Ils ^ étaient-sous la diacipline de maîtres nommés ianislœ, qui les exerçaient par principes à ce vil métier. Ils avaient soin de tes choisir d’une grande et belle taille , parce qii'anré.s les avoir instruits, ils les vendaient un meilleur prit aux magi.strats. Les gladiateurs n’étaient d’abbrd què des esclaves condamnés ad ludum ou ad gladiuitti Ceux-cr devaient être mis à won dans l’espace d'une année; cenx-lè pouvaient être délivrés au bout d'un certain temps. On jiVenait aussi des gladiateurs parmi les prisontSiers de guerre. Il y eut des hommes libres qui en firent leur étal, et
COURS
Au jour du combat les gladiateurs é||ficnt eduduits en procession autour de l’amène; puis^* on les disposait par paires , on mettapl ensem^v ble ceüx qui étaient à pe^ près de force égale. Le signal du combat était doniK par un chœpr de troinptUes. ' . . • - r a ,,
^ Qn distinguait plpsicurs classes de gladiateurs, suivant’ les armes qu’ils eipployaif nt pour l’attaque et la défende.
Le Rétiaire portajl d’une moin un^tridçnt , 4c • l'autre un filet (1) , avéc lequel il cbcrchail à embarrasser son advcrsaîrc. Lorsque lé rétiàirc avait jeté son filet sans succès , U était poursuivi par son adversaire appelé secutor ainsi , daù»’ ceitte lutte, il féllait déployer autant d’adresse que do 'force. « ' . ■
Les Tbraces portaient une épée' courte , Va poignard et ün bouclier rond; .. . , > . ♦ . .
•’ Les Mirmillohs , une faux et un casipie siir lequel, était figuré' un poisson. On les avait surnoôamés Gaulois ; de' là ces paroles : non le
qui se louèrent pour Tarène. On vit 4es personnes du premier rang, et inèBie des. f^mes y descendre. La foreur pour 'ire genre dq spectacle fut poussée si loin, qu'on voulut se le. péb. curer m^në pendant les festins..,— Millin , Oiçt. des Beaux- ' Arts. V° gladiateurs. • . ^ ^
(l)'Ce fll( t était lancé de qianière à ^barrasser la tête et le caaqiie dé l’adversaire. , "
d’antiqt^ités monumentales. 4^9
peto , piscem péto , quid- nie fugis , Galle ? {i\ qui faisaient partie' d'une chanson que l'on chantait pendant le combat. > i .
Les Samnitc» étaient armés de pied eh cap avec lin bouchtr 'rectangulaire, un casque et des bottes ou jambières* garnies de métaf ciselé.^ Les Laïqueares cherchaient à prendre leurs adversaires au moyen d’un nœud coulant.*'
11 y avait encore plusieurs autres classes de ^gladiateurs. Quelques-uns combattaient ‘à cheval.
Les sculptures trouvées à Pompëï sur le tonir beau de Scaurus , et qui repré.scntcnt les co.mr bats donnés le jour des funérailles de cet habitant de la ville ensevelie sous les cendres du Vésuve , montrent les costumes des dififérentes classes de gladiateurs. * ' . ■
Le meme tombeau de Scaurus représente une de ces chasses ou combats tl’animaux autqucls les Romains donnaient le nbih de venationes. Ainsi l'ony^oit un homihe exposé sans défense entre un lion et une panthère ; un suiiglier prêta se précipiter snr un homme nu et assis à terre.’M. Mazois croit, avec beaucoup de vraisemblance ., recôniiaître dans, ces denx personnages des bestiaires d’une classe particu-
(i) Ce n-’eât pas à toi que j’en veux , mais au p'trfsson que tn portes siir ton'casque': pourquoi me fuis-tu , Gsulotr?' '
cuvas
y ère , qoi, se fiant â leur agilité ,• s’élancaient dans l’arène pour exciter les animaux ‘féroces^ et qui se sauvaient ensuite verî un lieu de retraite , dès que quelque ammal s’était attaché à leur poursuite ; exercice périlleux qui devait amuser beaucoup le peuple^ On aperçoit, dans le même bas-relief , un loup atteint d’un trait qu’il ronge en courant. Plus loin un homme , aux prises avec un ours , tient le glaive d’une main et un voile de l’autre. Pline nous apprend, îib. VIII , que le voile fut employé dans l’arène sous le règne de Claude (i).
Parmi d’autres figures que nous présentent les bas-reliefs du tombeau de Scaurus , on voit des fièvres qui, parleur timidité, paraîtraient indignes des chassés de l’amphithéâtre , si noiis né'’saviôn8 combien la cruauté des Romains était raffinée. Martial, dans quelques-unes de
(j) «te H • .
Od »bit «ur le tombeau de Sraurui, i Pompéï, un bestiaire attaquant une panthère iirilée; elle'porte un collier auquel tient une longue corije nouée par l'cxtréitiité.ojjposée à un taureau ceint d’une sangle; Cètle manière singulière d'attacber la bête férocq est ingénieuse, dit Mazoia; car, si elle était liée à up point tixe, l'homme ne courrait aucun danger; roaia ccpoint étant mobile, l'animal paUvajI obéirà sa fureur, s’élancer, et saisir son ennemi. Un autre bestiaire, armé d’une lance, fait mO^er .te taureau pour donq.er plas d'élan à la panthère. (V. Kazoû, Bulnea de.Pompéï. ) 1
n^AXTIQUITÉS MONLME.SÏALES. 4^1
ses épigramtnes (i) , nous a conservé le souvenjr de certains jeux où les lièvres parurent dans l’arène avec les lions et les autres grands animaux ; on remarque ce mélange d’animaux féroces et d’animatix timides sur plusieurs vases en poterie rouge qui représentent des chasses de l’amphithéâtre ; l’un des vases du musée du Mans nous présente un sujet semblable (2).
Dans les combats des gladiateurs entre eux , eelui qui était blessé et qui se reconnaissait vaincu abaissait ses armes , et sa vie dépendait du caprice des spectateurs : s’ils voulaient le sauver, ils fermaient le pouce ; ils l’ouvraient , s'ils voulaient sa mort , en prononçant ces mots * acetpe ferrum. Ainsi , non contents de rougir l’arène du sang des combattants , ces cruels spectateurs voulaient repaître leurs yeux du triste spectacle d’une agonie.
On pariait pour le succès de tel ou tel gladiateur avec la même passion qu’au cirque on pariait pour telle ou telle faction.
Amphithéâtre de Nisme» — L’amphithéâtre
(1) Lih. 1.‘, epi(Ç. 15, îî , 53, 7t.
(2) Ce morceau que j'ai fiit deMiner paraîtra dans la seconde lit raison des poteries gallo-romaines trouvées au Mans, que je publie.
COURS
de Nîsmcs est le plus complet de ceux que nous possédons en France ; on ne potirrait même en citer qu‘*un très-petit nombre d’aussi bien conservés dans d’autres pays. '
En 1809, ce beau monument était encore encombré de maisons établies sur les gradins de la cavea; il avait formé plus anciennement un village s(!paré de la ville, et au moyen âge ilservait de forteresse, comme la plupart des grandes ruines que les Romains avaient semées sur le sol de 1,T Gaule. Mais aujourd’hui il est complètement débarrassédesmaisonsqui l’encombraient, et au milieu d’une place d’où on peut l’examiner de tous côtés et juger reffetde sa masse imposante.
Cet amphithéâtre a été bien des fois décrit ; la fig. 4 , pl- XLII , en présente une vue générale extérieure.
Il est de forme ovale , comme la plupart des monuments de ce genre , et se compose d’un rcz-de-cbausséc , d’un étage au-dessus et d’un attique. Le rez-de-chaussée et l’étage supérieur offrent chacun un portique ouvert composé de soixante arcades , placées à égsjes distances les unes des autres et séparées par des pilastres de deux pieds de front et d’épaisseur. Les arcades de l’étage supérieur sont bordées d’un para-
d’antiquités monumentales. 4®^
pet destiné à garantir les personnes qui marchaient dans la galerie. On est divisé sur le point de savoir si les pilastres qui ornent ces arcades sont d’ordre toscan ou d’ordre dorique ; en considérant leur simplicité et leurs dimensions, Ménard et Millin les ont rangés dans l’ordre toscan.
Ilrciiste un intervalle de quatre pieds entre les architraves et les sommets des arcades de l’un et de l’autre portique. , , '
L’attique est assez bien conservé , et peu orné. On y voit 120 consoles placées deux à deux à égale distance , entre les pilastres. Au milieu de chacune de ces consoles est pratiquée une ouverture ronde , où l’on insérait les poteaux destinés à soutenir le velarium.
Le grand diamètre de l’amphithéâtre, de l’orient à l’occident , est de ^o5 pieds ; le petit , de 817 pieds. — Le grand diamètre de l’arène est de 22g pieds-; le petit , de 142. A chacune des extrémités de ces diamètres se trouve une porte conduisant directement dans l’arène : celle qui est ouverte à l’extrémité méridionale du petit axe est plus étroite que celle qui lui est opposée. D’une de ces portes principales à l’autre , en suivant le pourtour du monument , on compte quinze arcades.
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, • COURS
- La porte du nord cpii faisait face à la ville et qui était la plus fréquentée , est ornée de deUx figures de taureaux qui ont les genoux pliés. Ménard regarde cet ornement comme le symbole de la colonie romaine de INismes ; Millin , de son côté , «croit qu'’il avait plutôt rapport aux comfiats de taureaux livrés dans l’arène. On voit aussi sur les côtés des jambages de l’arcade septiy^oiiale des entailles qui , selon Millin , ont dû' avoir pour objet d’attacher des . colonnes. Les autres portes ne sont point décorées.
L’arcade du second étage , au-dessus de la grande entrée septentrionale , est surmontée d’un fronton.
On remarque que la partie de l’amphithéâtre qui regarde le couchant, présente seule des moulures terminées , aillenrs elles sont simplement ébauchées *. un grand nombre d’exemples semblables prouvent que les Romains sculptaient sur place les ornements d’architecture i
En pénétrant dans l’intérieur de l’édifice , on ne tarde pas à distinguer , malgré son état de dégradation , l’ordre et la symétrie des gradins. On en comptait .35 depuis le podium jusqu’à l’attique. podium était formé d’une muraille qui régnait tout le long de l’arène , 'etVélevait au-dessus d’elle d’environ la pieds. D’après le
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D’ANTIQÜITis MONUMENTALES. ‘465,^
calcul fait par Pelet , cet amphithéâtre*' pouvait contenir plus de 24,000 spectateurs.
Plusieurs arcades rondbisaient de la galerie extérieure du rez-de-chaussée à des galeries parallèles obscures , pratiquées'sous les gradins de IVma cavea ; de ces galeries, on accédaU au podium et aux gradins inférieurà. , * • ^
Pbur monter aux parties moyennes et supérieures de la cavea, nn trouvait des escaliers partant de la galerie extérieure du rez-de-chaussce , conduisant à une galerie d’entresol , puis par un retour d’équerre au grand corridor extérieur du second étage et de cclui-Oi aux gradins supérieurs et à l’attique* La coupe de l’amphithéâtre d’Arles, pl. XLI ter n®.,i, peut donner une idée de la manière dont ces escabers étaient conduits à Nismes ainsi que dans la plupart des grands amphithéâtres.
L’amphithéâtre de Nismes est bâti en belles pierres de taille liées les unes aux autres par des crampons de bronze scellés en plomb, et qui ont toutes des dimensions vraiment prodigieuses. / '
On remarque çà et là des Phallus sculptés sur les clefs des voûtes. On y voit aussi Romulus et Rémus allaités par la louve ; et dans un autre endroit , deux gladiateurs nus , tenant chacun
COOBS
un poignard de la main droite un bouclier de la gauche , et ayant la tète couverte d’un casque.
Amphithéâtre d’Arles. *— Il y a quelques années , l’amphithéâtre d’Arles était , comme celui dé Nîsmes , entièrement encombré de diétivea maisons. La population la plus pauvre de la ville s’était emménagée sous les arcades et sur les gradins de la cavea ; il y avait même une petite, église au milieu de cette espèce de faubourg, qui renfermait, dit-on , près de i ,5oo habitants (i). Aujourd’hui le monument est complètement déblayé , mais il a souffert de nombreuses dégradations depuis le IV*. siècle jusqu’à nos johrs.
Cet amphithéâtre est assis sur une petite colline , à peu de distance du théâtre. Il offrait à l’extérieur , comme celui de Nismes , deux ordres superposés surmontés d’un attique. Le premier ordre était orné de pilastres doriques , et le second , de colonnes ' corinthiennes en demi-relief. L’attique est maintenant détruit , ainsi que l’entablement dusecoud ordre.Chacun
(1) L» Latirière , pl. X de aon ouvraf^ sur Arles, et Millin, Vo}age dans le midi de la France , pl. LXVill , ont figuré l’amphithéAlre d’Arles , dessiné à toI d'oiseau , avec toutes les maisons et l’église qui étaient implantées sur les gradins.
d’amTIQUITÉS MONUMEKTAtES. 4^7
lies deux étages ijui restent était percé de 66 arcades, et quatre de ces arcades , placées aux extrémités des deux axeS de l’ellîpsc , faisaient saillie sur les autres et servaient d^'enfrées pr«»cipales(r)^. LesCo arcades dcchacjue étage ne sont pas d'^égale brgeur , irrégularké commune à la plupart des monumeirts romains.
Vous voyei par la coupe figuréepl. XLI ter n*» I , dans laquêire l’attique et une partie de la cavea ont été restitués , qu’au rez-de-chaussée le massif supportant les gradins était percé de plusieurs galeries parallèles ( r, 3, 3, 3 ) qui facilitaient la ciieulatîon de la foule et prêtaient en temps de pluie un abri aux spectateurs.
Des escaEers offrant, comme ceux de Nismes, des marches et des paliers , et partant de la galerie extérieure du rez-de-chaussée A , conduisaient à une galerie d’entresol B. De celleci oir montait , d’un côté , aux sièges compris entre l’tma et la media cavea C , de l’autre, à la gâterie du second étage D , par des escaliers plus petits» D’autres escaliers servaientà monter
(1^ ti Rauteur des arcades du resdc-cRaussée est de 19 pieds 2 pouces . et leur largeur de il pieds. Les arcades du aeevud- ut-dru uot 22 pieds 10 pouces de bautcur et lO'piuds 9 pouces «te largeur.
COURS
à l’allique aujourd’hui détruit ( V. le point G) , et aux gradins de la région supérieure F '4i).
'La .longueur du grand oxe dé l’édifice est de 420 pieds du nord au sud; celle du petit. axe , de 3og de l’est à Touest. L’arène offre, pour son grand diaiuctrc , aog pieds , et pour le petit diamètre, 119 pieds.
Une chose particulière à, l’amphithéâtre d’Arles , c’est que des galeries souterraine's , destinées probablement à régulariser les mouvements du sol , régnaient au-dessous et à l’entour du podium , à un niveau plus bas que l’arene. On y accédait par une entrée placée immédiatement au-dessous de l’arçadedu nord , l’une des quatre principales ouvertures de la galerie extérieure de l’édifice.
Ces galeries souterraines , dont la largeur est indiquée approximativement sur la coupe n”. i , pl. XLl ter(OO), offrent trois galeries circulaires concentriques pratiquées sous l’édifice., et servant comme de ceinture à l’arène qu’elles enferment de toutes parts (2).
(1) Je me sers ici de la coope figurée dans l’ourrage 'de La Lanzière , pl. IX. Je dois dire qu'elle ne m'a pas paru rigoureusement eisctc dans ses différentes parties, mais elle suffit poup le but que me propose ici , et qui est d’indiquer la disposition de l’amphithéilre.
(2) Description de l'amphiihéltre 4’ArIes,par M. Jacquemia. — Mémoire sur le même monument , par M Hcnéy.
d’antiqüités monumentales.
Il faudrait des coupes multipliées et des plans que je n’ai point , pour vous faire connaître tout ce qui nicrite d’étre observé dans cette construction, ainsi que dans celles dont clic forme le support (i) ; je me hâte de continuer l’aperçu que je dois me borner à vous présenter.-
hc podium est à i4 pieds environ au-dessus dur sol de l’arène. Le mur de soutennement, qui l’élève à cette hauteur, est percé, dans sa partie inférieure, de huit issues conduisant des galenes souterraines dans l’arène , et dans la partie supérieure , de quatre portes correspondant aux quatre grandes issues ‘qui partent de la galerie extériepre A. La partie supérieure du mur du|jodtum est aussi revêtue de grandes dalles placées vertiealement, et qui ont été autrefois coûteriez d’inscriptions. Au-dessous de ces dalles, dont la hauteur peut être d’environ n pieds et qui étaient couronnées par des accoudoirs arrondis, on remarque une double plinthe sur laquelle s’appuient les dalles , puis trois assises de pierres jusqu’au sol de l’arène (V. la fig. 6, pl. XLI ter). Dans ce double filet'de pierres en saillie b, b , on remarque des trous inégaux
(I) M. Henr; donne des détails irès-élendus sur Is construction de l’amphiibéÂtrc et les particularités qu'elle présente.
couns
disposés irrégulièrement , qui se prolwjgent • dans toute la circonférence de l’arène.
On s’est demandé , en exanrinant ces trous qui paraissent avoir été taillés dans la pierre pour recevoir les solives d’un plancher , si. le sol de Tarène ne s’élevait pas an niveau du filet de pierres b, b; cette question a été résolue af firmativement parM. Jacquemin.
a II noos a toujours paru difficile, dit ce judicieux observateur , de penser que les Romains eussent placé le sol de leur arène aussi basque le niveaudes portes de la galerie souterraine. Cette profondeur de 1 4 pieds aurait rendu une grande portion de rarène invisible aux spectateurs placés sur les gradins élevés , et il n’est pas à présumer que les architectes qui furent employés à la construction de ce monument , eussent commis une pareille faute. Ne serait-il pas plus raisonnable de croire qu’on ne s’était ménagé cette arène basse , qu’afin de pouvoir s’en servir dans les occasions oi\ il était nécessaire de nrettre un grand intervalle entre l’arène et le public , et que , dans tous les autre» cas où ces précautions n’étaient pas nécessaires , on relevait l’arène au moyen d’un plancher, qui, soutenu à son centre par une diurpcutc facile à enlever , venait appuyer, scs
d’antiquités monumentales. 4? *
extrémités sur la saillie de pierre dont, il a été question ? Le plancher , percé peut-ôtre , d’espace en espace , de trappes qui se baissaient et se levaient à volonté , pouvait servir à introduire dans l’arène les machines, les décors et toutes les autres choses nécessaires aux jeux qu’on ÿ représentait. »
Cette idée m’a paru d’abord d’autant plus naturelle , qu’elle m’était venue à moi-mèmè en examinant cette partie des arènes d’Arles ; toutefois, elle n’a pas été partagée par tout le monde. On fait remarquer qu’il n’a été trouvé dans l’arène aucun débris des murs d’appui qui auraient dû j exister comme supports des solives qui évidemment ne pouvaient' s’étendre d’un bord à l’autre du podium , et l’on a conclu que CCS entailles pouvaient n’avoir été pratiquées que du temps de Childebert-, soit pour rétrécir l’arène en formant une barrière à l’intérieur, soit pour l’établissement momentané d’un plancher dont la courte durée né devait pas nécessiter d’autres supports au centre de l’arène que quelques pièces de bois (i).
Une partie des gradins de la première pré-
(I) MM. Mérimée et Eslriogin paraissent asoir adopté cette opinion.
COURS
cinclipn existe encore ; quelc[ues-»jns portent tics inscriptions constatant le nombre de places appartenant aux familles et aux corporations' qui araient droit de s‘’j asseoir. Sur un de ces gradins, on lit : loca data XXJ^\ surTin autre qui était destiné, à ce que Ton croit, au chœur des trompettes : horor j. t. Des chiffres isolés SC voient sur plusieurs autres pierres (i).
‘ Les inscriptions les plus importantes étaient sur fes dalles du podium , et l’on doit vivement regretter que le mauvais état de la plupart do ces dalles et la fracture complète de plusieurs d’entre elles qui ont anciennement été remplacées par des pierres unies , occasionnent tant de lacunes dans les parties cpii subsistent encore de ces inscriptions (2). M. Artaud croit cepen-
(1) On trooTi i Arles, il y a loog-iemps , un de ces billets d’rntrtfe, fessera amphUkeatri , qui a été conserré dans le éabinfet de M. Le Cheyalier de Romien. Il portait écrit sur une de ses faces, CAV. IK CüN V, gbad s^gladiatores, l’ela erunt, c’est à-dire , 2*. cirée, cunens V*. , gradin X*. Spectacle de gladiateurs, il y aura des- toiles.
Le velarium ne pourait être tendu lorsqu’il frisait, grand rent ; aussi meltaif-on quelquefois sur l’affiche annonçant le spectacle , il y aura des toiles si le vent le permet,
(2) Quelqbes personnes pensent que cette restauration maladroite, dana laquelle on a ainsi' substitué des dalles unies aux dalles couvertes d’inscriptions , eut lieu sous Cbildebert , qui fit célébrer des |cux dans l'amphilhéàlre d'Arles , en ô39.
d’antiquités monumentales. 473
danl être parvenu à en deviner une partie (i). ]VÎ. Henry pense, de son côté qu’elles sont inquç;urales , et que la même légende se trouvait répétée des deux côtés de l’arène (2).
L’amphithéâtre d’Arles était construit en belles pierres de, graiid appareil , posées sans ciment , comme celui de Nismes. Ces deux amphithéâtres sont , je crois , les seuls qui nous restent en France, formés de si beaux matériaux (3).
Une autre analogie que présente l’aniphi- ' théâtre d’Arles avec celui »de Nismes c’est d’avoir été converti en forteresse au moyen âge. Il prit alors le nom de Château des arènes , Câstrum arenarum dénomination sous laquelle il est désigné dans les chroniques. Quatre tours carrées avaient été élevées au-dessus dos quatre portes éjui correspondaient aux deux
(t) Il est ficheox que M. Artaud n’«it pas fait connaître cette restitution, dont il m’a parlé lors de mon aojage dans le midi.
(2) Selon lui , ellea indiqueraient qu’un certain C. JliNius PniscDS , nucMviR et un autre personnage dont le prénom est QiiiNTUa , consacrèrent ou inaugurèrent le monnmeCit en invoquant la divinité d’Arles.
(3) On n’est pas flxé sur la date de l’amphilbéâtre d’Arles; la plupart des antiquaires le regardent ceânm'e un moniiment remontant au premier ou au second siècle. M. Henry prétend qu'il n’a été construit que sous le règne de Constantin , mais cette opinion parait peu vraisemblable.
COURS
axes de l’ellipse» On croit qu’elles furent construites au VIII*. .siècle , 'lors du siège d’Arles par les Sarrazins. Ce qui est certain , c’est que déjà la destruction de l’attique avait eu lieu quand elles ont été élevées. Trois de ces tours se voient encore.
Amphithéâtre de .Bordeaux. — L’amphithéâtre de Bordeaux , auquel on donne vulgairement le nom de Palais Gallien , mais que les titres du moyen âge désignent sous celui d’arènes , offrait des ^murs en blocage revêtus extérieurement de petites pierres dont les dimensions sont constantes pour la hauteur , mais varient pour la largeur. Dans la seconde partie de nos conférences , j’ai désigné ce revêtement sous le nom de petit appareil allongé (i). Des cordons de briques , espacés d’environ 8o centimètres les uns des autres , dessinaient des lignes horizontales de couleur rouge sur les pierres grises de ce revêtement. Les cintres des arcades étaient formés de pierres cunéiformes alternant avec des bric[ues posées de champ.
A l’extérieur , le monument offrait deux étages surmontés d’up attique. II avait 6a pieds de hauteur.
(I) V. le 3*. Tolume ,p. 165 , et la pl. XVII.
D’ANTIQUrrÉS MONUMENTALES. 4?^
L’arène avait , scion le calcul de M . Jouannct, 23i pieds sur i65 . et l’on estime à 87 l’épaisseur des massifs supportant les sièges de la cavea, ce qui donnerait 4o5 et SSg pieds pour les deux diamètres de l’ellipse hors œuvre.'
D’après les observations faites par M. de la Bastie ( I ) I à une époque où il existait beaucoup plusde vestiges de cet édifice qp’aujourd’hui, les gradins de l’amphithéâtre étaient supportes par six murailles circulaires et concentriques, entre lesquelles régnaient plusieurs galeries parallèles. Go arcades environ donnaient accès à la galerie extérieure , comme à Arles , et deux grandes portes servaient d’entrées principales aux extrémités de l’ellipse. Sur ces 60 arcades, il y en avait 3o cpii correspondaient à des passages se prolongeant jusqp’à'une galerie pratiquée entre le troisième et le quatrième mur où ils s’arrêtaient. Dix seulement traversaient cette galerie pour se rendre sur le podium. Presque tous les amphithéâtres nous offrent à peu près la même dispositi,on.
Il est probable que les 3o autres arcades de la galerie du pourtour correspondaient à des
(i).Mémoires de l’Académie dea Inscriptions et Belles- Lettres, t. XII.
COURS
escaliers montant, au second étage. La Bastie n’en parle pas ,• sans doute parce que ces escaliers étaient complètement ruinés de son temps; mais en raisonnant par analogie , nous poüroiis hardiment en admettre l’eiistence (i).
Les portes principales aux extrémités de l’ellipse se trouvaient entre deux portes plus petites, se rendant également dans l’arène; ellesne communiquaient point avec la galerie extérieure , .:cc qui prouve qu’elles étaient destinées à l’introduction des combattants et des animaux.
En r'y'72, on ne distinguait plus que les deux grandes entrées situées à l’ouest. et à l’est; mais il est probable qu’il y en avait eu deux autres aux -extrémités du petit axe de l’ellipse. La grande entrée occidentale est la seule qui subsiste à.présent, elle est encore entière; je l’ai mtisurée et dessinée arec soin, lorsde mon voyagea Bordeaux (V. la pl. XLII, fig. 3). La porte principale a 27 pieds de hauteur sur 1 8 de largeur; elle occupe le centred’une façade ornée de pilastres, qui forment une saillie de 3 pouces sur la muraille. Âu-dessus de cette porte existe un second ordre dans lequel
(l)La Bastie crojait , en considérant les murs qui avaient soutenu les gradins et certaines cavités qu'on y voyait . que ers gradins avaient pu être en bois portés sur des planchers et des poutres; cette opinion ne me parait guère adinissibir.
u’aNTIQUITÉS MONUMENTALtS. 4?7
on remarque une fenêtre cintrée eûtre*tleui arcades bouchées; le tout est couronné par une corniche avec des consoles , surmontée d’uq attique. Cette ordonnance était la même dans tout le pourtour. de l’édifice.
Le premier ordre est regardé comme Toscan, et le second comme appartenant au Doriquè ; quoiqu’ils n’ofirent pas les caractères distinctifs de ces deux ordres.
Ce qui frappe dans la décoration du monument, c’est le parti qu’on a tiré de la brique pour figurer les moulures et les saillies des entablements. Les chapiteau^ des pilastres sont formés de briques, et cette-= opposition de la couleur rouge, sur le gris de la pierre a dispensé d’un travail plus difficile , en produisant autant d’effet que des reliefs , même assez considérables.
On s’accorde à penser que l’amphithéâtre de Bordeaux fut commencé vers le milieu du III*. siècle , sous le règne de l’empereur Gallien ; ç’ est effectivement à cette époque et dans le siècle suivant que l’emploi de la brique. devint ordinaire dans les constructions gallo-romaines.
Amphithéâtre de Limoges. — A l’ouest de la ville de Limoges , sur un terrmn élevé , existait
COURS
un amphithéâtre dont lés proportions n’ont été connues pendant long-temps que par'quekjues dessins , ' évidemment inexacts. Le percement d’une nouvelle rue qui a ee lieu tout récemment , a mis à découvert une partie des fondations de ce vaste monument , de - manière qu’on a pu en mesurer et en tracer le périmètre extérieur. On n’a point encore de données positives sur le diamètre intérieur , parce que dans les endroits qu’on a fouillés , les murs qui pouvaient indiquer le contour de l’arène manquaient tout-à-fait. Peut-être des fouilles c ontinuoes sur d’autres points feront-elles trouver, ce périmètre r pour le moment voici tout ce qu’ôn peut dire avec certitude d’apres les notes qu’a bien voulu me transmettre M. de Gaujal , correspondant de -l’Institut :
Le grand axe avait de longueur hors d’ieuvre , 187 mètres ou 4 ii pieds.
Le petit axe hors d’œuvre 1 1 3 mètres , ou 345. pieds.
Le périmètre extérieur était de 4oo mètrçs.
La galerie extérieure était percée d’environ 64 arcades.
Toutes ces mesures diflFèrent de celles qu’on attribuait au monument.
Les murs étaient construits en moellon avec
d’antiquités monumentales. 479
un revêtement en petit appareil, dont les pierres • symétriquement taillées étaient séparées les’ unes des autres' par un ciment assez épais. On distingue encore le long de la rûë Houvellemeut percée , quelques piliers offrant un- échantillon de cette maçonnerie.
Un grand nombre de médailles d’Iladrien trouvées au milieu des mines de l’amphithéâtre, ont fait penser qu’il avait été constmit sous le règne de cet empereur. Il parait que le monument subsista presque entier jusqu’au temps de Louis-le -Débonnaire, qui permit , en 8oi , aux moines de St.-Martial," d’y prendre des matériaux pour bâtir leur église. Celte permission futprobablemcnl renouvelée à diverses reprises; il restait pourtant des ruines assez considérables de l’amphithéâtre en i568, époque à laquelle ou- exploita les murs presque jusqu’au niveau du sol , pour se procurer des matériaux (i). Mais ce ne fut qu’en 17 13 qu’on fit disparaître les derniers restes visibles du monument pour y établir une promenade. Alors il resta encore sous terre beaucoup de fondations qui , remises à nu tout récemment, ont permis de reconnaître exactement le périmètre de l’édifice.
(I) V. description des monaments de U Maute«Vieniie , par M. AUou , p. 61.
COURS
Amphithéâtre de Pémgueux. — Get amphithéâtre était situé sur une petite colline qui dominait la plus grande partie de la yille antique, Il n’en reste plus que fort peu de chose debout ; car on ne voit sur le Sol que cinq ou six voûtes et deux petits escaliers dans la partie qui regarde le • nord , quelques voûtes et un petit escalier du côté' diT midi , un grand escalier et quelques pans de mur au, sud-est,' et une voûte au sud-ouest (V. le plan, fig. 5 , pl. XLlï). Sept fouilles successives , dirigées par M. de Taillefert qui en rend compte dans son ouvrage "sur les antiquités de \ ésone , ont permis de fixer , avec quelque exactitude , les dimensions de cet amphithéâtre , et amené’ la découverte’ d’un assez grand nombre d*^ornements , d’ustensiles et dé médailles antiques.
L’amphitliéàtre de Périgueux était de forme elliptique, comme presque tous les monuments de ce genre (V. la fig- 5 , pl. XLll). Bien qu’il ne reste rien de la galerie circulaire par laquelle on entrait dans l’édifice :T on ne peut guères douter qu’elle n’ait existé. M , de T aillefert croit en avoir reconnu l’emplacement , 'et dans tous les amphithéâtres aussi importants que celui de Périgueux il y avait dépareillés galeries. Par suite des fouilles qui ont été faites, on a trouvé
D’AIfTlQtJITÎB'MONUMEirrALES. 4®*
qu& ratnphithéàtre était long de 4^9 picds^ 11 a été tmpoflsible'die déterminer aT*ëc la même exactitadela dimension du petitaift : sa longueur a été évaluée à peu près à 3'yj pieds*.
Les constructions-encore existantes sont toutes en petites pierres à rintérieur avec, un revêtement de grand appareil (i) , excepté dans quelques parties où ce revêtement était en'pctit appareil. / ' ••
Un canal de i pied 9 pouces de profondeor et de a pieds de largeur régnait tout autour da podium pour Técoulement des eaux pluviales : des conduits plus.petits portaient les eaux dans ce canal principal qui^lui-même^se déchargeait dans un cloaque. Ce cloacpie et la proPotideuii de l’arène" ont fait croire à M. de Taillefert qne l’amphithéâtre avait pu servir de naumachie, ■ M. de Taillefert suppose que la façade extérieure se composait de trois ordres, et établissant par présomption l’élévation- de chacun d’eux ,
(l}Les pierre* de f^*nd »ppareitar*leiitëtë enipleTéea.daos tout ce qui se trouvait exposé aux injures du temps. C’est de celte façon qu'était construite Is plate-forme supérieure, Us gradins, le mur du podium, celui de la façade extérieure'; ainsi que tous les angles saillants de l'iistérifur dans qoeiqae ordre qu’ils se trouvassent. Ces grosses pierres encadraient partout la masse des constructions. 'fte Taille/tri, Jnliquilds dt yesoné , ait. AmphilhéAlrel
COURS -
il, assigne à l’édifice une hauteur de 95 pieds ; mais je' sufe porte à croire qu’il n’y ayait que deux étages el un attique , comfne dans les monuments du même genre que nous avons examinés j ce qui réduirait d’une, vingtaine de pi^s la hauteur indiquée par M- 'de Taillefert. Du reste la disposition des escaliers et des passage#», dans le massif supportant les gradins , devait être la même que dans les amphithéâtres de Bordeaux et d’Arles, ühe partie des passages correspondant aux arcades des galeries extérieures se rendaient aussi à une seconde galerie d’où l’on entrait sur le podium ; les autres renfermaient les escaliers par lesquels on montait aux gradins et aux galeries du second étage.
- Aux deux extrémités de l’ellipse (^Nord-Sud) étaient , comme dans les autres ampIWthéâtres , deux grandes entrées descendant dans l’arène par un plan incliné. La largeur de celle qui existe du côté du noçd , est de 19 pieds , et sa hauteur de 17 , à son ouverture actuelle qui n’est pas l’ouverture ancienne , si l’on admet l’existence d’üné galerie. A droite et à gauche de cés grandes entrées on voit de petits escaliers dont la largeur est de "S pieds 8 ponces. La . première rampe de ces escaliers se dirigeait vers l’arène ; la seconde en retour d’équerre
Digilized by (. 'fnoglt
d’antiquités monumentales. 4^3
ëlait conduite sur V extrados de la voûte inclinée de la grande entrée. J’ai trouvé de pareils escaliers dans les arènes de Saintes dont je vais parler tout à l’heure.
La longueur du grand axe de l’arène était , d’après M. de ïaillcfcrt, d’environ iQg pieds ; celle du petit axe^de,i20 pieds. 11 estime à 1 18 ou 120^ pieds l’épaisseur des constructions comprises entre le mur du podium et celui de la façade extérieure (i).
L’époque de .la fondation de Tamphithéâtre n’est point connue . Plusieurs a ntiquaires pensent qu’il date du premier siècle de l’ère chrétienne ou du commencement du second siècle.
Amphitueathe de Poitiers. — L’amphithéâtre de Poitiers n’était pas moins vaste, je crois, que celui de Perigueux (2). Il en reste des ruines
(1) J'at eu l’àTanUgede eisUer l'amphtlhéAtre dePérlgueui, acc6mpagnë de M. l'abbé Audierne , couservateDt du musée d'antiquitéa.Ce musée est établi provisoirement sous la grande arcade de l’amphithéltre.
(2) Lorsque je professais ce Cours, je ne connaissais point
exactement ies dimensions de l’amphithéAtre de Poitiers.; M. Mangon de La Lande, président de la Société des Antiquaires de rouest, vient de les'iniùquer avec une grande exactitude, et v<dci les résultats qu’il a obtenus : . ' '
Grand axe de l'arène 2S4 pièdi.
Petit axe 210
Grand axe'cjtt monument complet. .
Petit axe.
assez considérables dont j’ai dessiné quelcpies parties : on distingue sans difficulté du côté du nord et du' nord-est , une des grandes entrées de l’arène , la galerie extérieure , une“ partie des voûtes de Vima cavea et quelcjues-unes des voûtes du second étage’; mais tout cela est encombré d’habitations , et pour se rendre compte de- la distribution de l’édifice , il faudrait visiter toutes les caves des maisons bâties sur ses ruines. ' .
Dufour rapporte qu’il pratiqua '-quelques fouilles le long du porftum' , auquel il attribue î4 pieds de largeur (i) ; il serait à désirer que ces fouilles fussént reprises sur une plus grande échelle.
• Quoi qü’il en soit, une des parties les plus curienseâ et Jes plus faciles à examiner , est la grande arcade placée à l’extrémité nord de l’ellipse. Elle ne communiquait point avec la galerie du pourtour, mais elle formait saillie sur celle-ci et conduisait, par un plan incliné v au niveau de l’arène. Nous avons remarqué à Périgueux , à Bordeaux et ailleurs , cette inclinaison des grandes entrées de l’arène , et vous concevez qu’elle était indispensable lorsque d’arène
(1) De raoèteB Poitou et de aa capitale , p. 293.
d'antiquités monumentales. 4^5
était creusée à une certaine- profondeur audessous du sol enrironnant , pour diminuer la hauteur des travaux en macomierfe : or , j’ai déjà dit ( page 4^7 ) qu’il en était ainsi dans beaucoup d’amphithéâtres. '
Celte grande entrée était voûtée comme celles de l’orchestre du théâtre de Lillebonne , avec un double rang de moellons plaits placés de champ et baignés de mortier. Evklemment cette voûte avait été formée , ainsi 'que la plupart des voûtes semblables, sur des cintres en bois garnis de planches.
‘ Une corniche en pierres de grand appareil , incrustée dans les murs latéraux , figurait des impostes à la naissance de la voûte , et suivait , comme elle le mouvement du pavé. Les parois latérales étaient revêtues en petites pierres trèsrégulièrement taillées , dont il ne reste plus que quelques parties. Ces assises de pieités étaient horizontales (r). ,
La plupart des revêtements des arènes de Poitiers sont en petit appareil régulier sans chaînes de briques; mais il y. a lieu de' penser que le grand appareil avait été employé dans plusieurs parties de l’édifice. ^
(t) D'*prè« M. Mangon de La Lajide, cette grandeporte Toùlëe avait 66 pitda de longueur et 25 pieda de largeur près de l'ouverture.
COURS
La date du monument n’est pas mieux connue . qüe celles des amphithéâtres précédents. - Quelcpies personnes le croient à, peu près du temps d’Hadrien ; d’autres en ont rapporté l’origine aux temps de Septime-Sévère ou de Gallien. M. de La Lande est de cette dernière opinion , et il fait remarquer que les noms d’ Arènes et dç Palais Gaîlten donnés par la tradition à l’amphithéâtre de Poitiers , comme à celui de Bordeaux , semUent confirmer cette conjecture.
A MPEtTHÉATRE DE SsiNtEs. — L’amphithéâtre de Saintes > de forme ovale comme les précédents', se trouve hors de la ville , au fond d’un vallon qui sépare le faubourg St.-Macoul de la paroisse St.-Eutrepe. Le grand, diamètre , qui est d’environ4oo pieds , s’étend parallèlément à la vallée , et le petit, diamètre en occupe toute la largeur , de manière que l’édifice s’appuie de deux côtés sur^ les coteaux qui bordent la gorge au fond de laquelle il est situé.
On arrivait à la terrasse ou cortidor qui dominait la cavea , par les -coteaux du nord et du midi , avec lesquels -elle se trouvait de. niveau (i). On distingue très-bien encore la
(I) oé^criptioD de l’amphithéâtre de Saiotes , par M. de Crazannea.
d’antiquités monumentales. 4^7
tainpe par laquelle on accédait aux- sièges le long du coteau de St.-Macoul , ainsi que les murs qui servaient à soutenir les terres supérieures (i). . ,
Dans l’état de ruine où se trouve aujourd’hui l’édifice , les arcades les plus remarquables sont celles que l’on voit à l’ettrémité Est , au fond de la vallée , et qui avoisinent la grande entrée de l’arène. Jé les ai figurées sur. la pl. XLII , vues de deux côtés difiFérents. Le dessin n®. r , pl. XLII, offre cps arcades comme elles se pré- ' sentent en-dedans de l’arène ; et le n“. 2 , coihme on les voit en-dehors^ de l’édifice en se plaçant au fond du vallon. Ce deçsin montre que le J niveau de l’arène était beaucoup .au-dessous du terrain extérieur , et que la grande entrée s’abaissiMt polir. en atteindre le pavé ; vous distinguez aussi des escaliers cc, placés de chaque côté de celte entrée , comme à l’amphithéâtre de Périgueux; ils' étaient conduits de la même manière (2).
(ij Ce* mor* dan» Ie«quel* on remarque de» niche» cintrée» parai»»ent avoir «ui«I le mouvement de la rampe.
(2) M. do-Crazanne» pense que ces escaliers pouvaient servir i accéder aux loge» d'honneur du propréteur ou de» autre» officier» , qui auraient été placées sur la voûte de la grande entrée. • , •
COURS
Une grande entrée pareille à . celle cpie j’ai figurée , ‘existe à l’extrémité opposée de l’arène ( qôté de l’ouest ).
Je ne crois pas que l’amphithéâtre de Sainte» ait été suffisamment éfndié ; aussi est-ce avec quelque réserve qu'il faut tadmettre l’opinion commune qui veut que cet amphithéâtre n’ait eu cpi’une préciriction et qu’il ait été dépourvu dé galerie extérieure aux extrémités de l’ovale. Il est prouvé par les recherches de M. de Taillefert et deM. deMourcin, que cette galerie, dont il ne reste plus dé traces à Périgueéx , a pourtant existé r n’en serait il pas de même à Saintes , et'par suite, n’y aurait-il pas eu deux précinctiohs ? Je ne veux point discuter sérieusement ces questions , je désire seulement attirer sur elles l’attention dés observateurs-: mais il serait surprenant qu’im amphithéâtre d’un diamètre presque égal à celui des arèneé de Nismes , eût eu une élévation aussi peu considérable qu’on le suppose.
D’après MM. La Sauvagère et Bourignon, 6o arcades supportaient la cavea et faisaient Je tour de l’édifice. Ces arcades, dont vous voyez quelques-unes dans les deux vues qui vous sont présentées ; étaient fort irrégulières et de proportions différentes. Elles étaient construites
d’antiquités monumentales. 4^
en pierres calcaires de petit appareil (iV On distingue au milieu du revêtement , des trous assez nombreux qui. avaient servi -à fixer les échafaudages , et que l’on trouve dans^ la plupart des constructions romaines de petit appareil. Des trous semblables placés obliquement et qui suivent le mouvement des voûtes inclinées , ont servi probablement à assujettir les cintres en bois sur lesquels on formait ces voûtes en moellon. 11 est d’ailleurs évident qu’on employait des cintres couverts de planches pour arrondir les voûtes ; car j’ai remarqué sur les enduits , dans les parties qui existent encore , l’empreinte de ces planches , de leurs inégalités et de leurs jointures.
MM. de Crazanncs et Moreau pensent avec Bourignon que' l'amphithéâtre' de Saintes â pu servir' aux spectacles naumachiques , parce qu’ils ont découvert un aqueduc amenant ses eaux vers l’arène. Je ne crois pas que l’on puisse tirer de cette découverte, des présomptions bien puissantes ; car il pouvait y avoir près de l’amphithéâtre , peut-être même le long'du pocftum ,
'(t j V*. 8ur l’ainpbithéâtre de Saintes , Bourignon , La Sauragère, M. de Crazannea.-M. Maasiou, etc^ etc.
On ne trouve de briques que dans lés arcbivollesj elles y alternent avec des claveaui en pierre.
' COURS
4po
des fontaines alimentées par cet ac[ué€loc: ces fontaines, d’ailleurs, n’auraient pas été inutiles pour désaltérer les combattants ou;" les spectateurs , ou pour tel autre usage que Ton voudra supposer.
En suivant le vallon depuis l’amphithéâtre et allant vers St.-Eutrope , on remarque ,,dn côtcdela ville, de grands murs de soutennement derrière lestjucls existent, ài, ce qu’il paraît * des espèices de tours semi-circulaires pour soutenir la pwissée* tlfes terres. Nous allons voir tout à l’heure le même moyen employé à Trêves pour fortifier les murailles dominées par. un coteau à peu près semblable.
L’origine de l’amphithéâtre de Saintes ^est inconnue : à en juger par le mode de construction et l’irrégularité des arcades , il ne peut être antérieur au règne d’Hadrien.
Aj»iphithéatre de Trêves. — On avait creusé une vaste tranchée , au pied d’un côteau- schisteux , pour y établir l’amphithéâtre de Trêves. L’un dés grands côtés de la caveq se trouvait , comme à Saintes , dominé par le coteau , et sur celui;ci on avait tracé des allées qui devaient fournir un accès facile pour les gradins. Du-côté opposé , le terrain , quoique moins élevé , foür-
d’antiquités monumentales. 49*
nissait encore une éminence pour l’établissement des sièges. La coupe idéale que je trace sur le tableau (pi. XL! ter , -fig. 4) , va faire comprendre cette position' de l’amphithéâtre de Trêves.
L’arène a été, depuis peu , complètement déblayée , et l’on distingue très-bien les deux grandes entrées et le mur An podium. Plus haut il ne rèste de la cavea que la pente sur laquelle avaient été disposés les gradins , et qui est composée d’un psammite schisteux formant la base du terrain dans lequel l’arène a été crdusëc.
Comme vous le voyez par le plan que j’ai tracé de cct amphithéâtre (pl. XLI ter , n°. 5), les deux -grandes entrées- , aux extrémités de l’ellipse , forment un évasement sensible à l’extérieur. Elles se composaient chacune d’une grande porte voûtée entre dciix passages plus étroits. L’un des petits passages oTHre encore s» voûte faite en pierres de grand appareil artistement ajustées. Les autres voûtes sont détruites. J’ai lieu de supposer que les deux passages entre lesquels s’ouvraient les grandes entrées , servaient principalement à accéder au podium au moyen d’un petit escalier, à peu près, comme le passage marqué F sur le plan du théâtre de Lillchonne , donnait accès à Vima cavea de ce théâtre qui ressemble tant à un podium.
Les parois latérales des, portes , ainsi cpie le mur du podium , étaient revêtus én petit appareil régulier. Ces grandes entrées se trouvaient presque de niveau avec le sol de l'arène , ét ne s'inclinaient que très-doucement vers elle.
Nous avons vu dans tous les amphithéâtres que nous venons d’examiner , les grandes entrées de l’arène Formant saillie sur le corps de l’édifice: à Trêves , -c’est le contraire ; mais cette différence s’explique tout naturellement par la disposition du terrain sur lequel on a construit l’édifice ; car il fallait de grands murs peur soutenir les terres qui dominaient, de chaque côté l’entrée de l’arène, creusée comme lé lit d'un fieuve avant l’établissement des ouvrages en maçonnerie.
Les murs qui précèdent les portes et forment l’évasement que je viens d’indiquer présentant des lignes verticales et unies, il a fallu les for^ tifier contre la poussée des terres , §u moyen d’un procédé tjue j’ai trouvé plus d’une fois employé dans des constructions sëmblables et que je citais en parlant des arènes de Saintes. On a établi derrière ces murailles des tours semi-circulaires dont la- courbure était opposée à la pression des terres. V. les points B B B , pl. XLl TER , n“. 5. ’ . .
d’antiquités M0NUMENTALE<!.
J’ai distingué du côté de l’arène opposé au côteau une entrée ypûtée (C, fig. 5,pl. XLI teb), au moyen de laqupUe on accédait de rextériéur par une pente assez rapide^ Il y avait, je crois , du même côté , d’autre* entrées semblables dont je n’ai pu reconnaître le nombre (i)î Un petit canal d’environ un pied et demi de profondeur E , E , sur un pied de largeur , se voit encore à l’entouT de Farène ; il étajt recouvert de dalles, H avait pour but de favoriser l’écoulement dés eaux, pluviales et celles de plusieurs petites sources qui sortent des térres. llien n’indique que l’amphithéâtre de Trêves ait eu une galerie au niveau du sol extérieur ; s’il y en a^jamais eu une , elle devait correspondre au second étage de la cavea , et l’on y accédait probablement par les rampes qui conduisent aujourd’hui sur les terres en pente dominant le podium et qui supportaient- les grains (A , pl. XLl tea, %• 5)*
„ Il nous resterait encore à signaler bien d’autres amphithéâtres. • ' ,
(1) Lors de mon plissage à Trêves, je n’ai point pris les mesures de l’amphilbéAlre , espérant les trouver à Paris dans l’onvéage de M. H'yUenbacH , sur les. antiquKés de Trêves ; malheureusement cet ouvrage ne sc prouve pas dans les bi|iliotbèques de Paris, et je n’ai pu iadiqaer, d’après lui, les dimen-
COURS
Celui de Fréjus, qui vient d’ être' étudié de npuveaü par M. i et que Millin et Juste
Lipse avaient décrit, est d’une étendue moyenne, construit en peljt appareil' et percé de quatre entrées principales sur les deux diamètres.
Millin indique à Cimiez , près de Nice , les restes d’un amphithéâtre (i). = '
A Orange , les ruines d’un amphithéâtre existaient , il n’y a guère plus d’un sièçle , les murailles avaient encore la pieds de hauteur en 163g.
A .Vienne ,• on distingue , au-dessous de la Colline qui portait le château Pipet , quelques restes d’un amphithéâtre qui devait être d’une très-grande dimension.
A Lyon, la pièce d’eau et la promenade voisines du jardin desPlarttes, occupent l’emplacement d’un monument semblable ,• dont la configuration du sol indique encore l’étendue.
sions de ramphithéâtre; l’arène m’a para i peu 'près de- la même étendue que celle de rymphHhéâtre^de Mle^a.
(I) Voici les dimensions de cet amphUhéXtre indiquées par Millin : - ' ’
Grand diamètre, 32 toises. ' ,
Petit 18 id.
Diamètre desconstruciiens portant les g^radins depuis l'arène Itnqu’A la ligne extérieure de l’édiflce , S toiaes 2 pieds : ^
Ce qui ferait fSOpieda'pOur le grand difinèire hors œn-Tre, et 172^ pour le petit ; il est probable que ees mesurea ne sont pas exactes.
d’antiquités monumentales. 49^.
A A venches. (Suisse) , sur I9 hauteur occupée par la ville actuelle , bn remarque l’emplacement d’une arène qui forme une espèce de cratère , au milieu de la petite place du Casino (i).
On m’a montré, à BIctz et à Besancon les emplacements des amphithéâtres de ces deux villes (2).
D’autres mttnuments semblables , égalemenl effacés , existaient à Reims , à Beauvais , au Mans, à Paris,' à Angers (3) et, dans quelques autres villes du Nord.
Si nous retournons au midi , nous aurons à cijer les vestiges de quelque» autres amphitbëàtrçs.
„ Celui de BezieVs offrait encore de belles
(t) Ce fut, dit-on, anmiliru ou près des ruines de cet amphi • Ibéltre que l’on trouva la larlle inscription 'suiTante que j'ai Tpe dans la collection de la. ville : elle est {gravée sur un njoroeau de marbre de lOpieds de large sur29poaces de hau* teur : ^ ’ 1 '
IN nONORBlI DOMVS divinae' ' " ’
NAVTAB ABVRANCI ARAHlèl - 8CHOLAM DE 8VO INSTRVXSRVNT , 1, B D D. . ' ^ ■
Il s’agit des naotes de l’Aar , ririitre de Sniue qni sortd'a lac de Thun et passe à. Berne. ' j
(2) L’ampb'itbéitre de Mets s’étendait sur fempiacement de la «edonlè du Pâté; des ruines importantes de l’édiOce eaiatalent encore au commencement du XVII*. siècle. V. Montfaucon , Antiquité expliquée, t. iii} p. fS2. — V.>8nr l’amphithéâtre de Besançon , l'bisl. dea Séquanois , par Dunod.
(3) Gerusses, hist. de Reim»; -^Renouard^ his't. du Haine , ^ Bodin , histoire du Bas.Anjon , etc.
49^5 CODAS
ruines au XYIl*. siècle ; il ne reste plus aujourd'hui qu’ûne partie des constructions qui supportaient le podium et lès premiers sièges 'de IVma caOea. L’arenc avait 234 pieds sur i8o. Une partie de la cavéa était taillée dans le roc , étl'on avait ainsi épargné les travaux en maçon^ nerie , d’un côté de l’édifice. •
' L’amphithéâtre de Rhodez' ^n’offre plus , comme celui (TAvenches , qu’une grande concavité elliptique autour de laquelle se voient quelques débris de murailles ; leur solidité a lassé les efforts des destructeurs.
-Il ne reste que de "faibles vertiges de l’amphithéâtre'd’Agen.
Celui dont on voit les restes à une lieue de Toulouse, à St. -Michel duTouch, était d’iine .petite dimension; il n’ayait hors œuvre qu*j 262 pieds de longueur. 24 arcades seulement formaient ie pourtour do l’ellipse : quelques personnes pehseirt que Toulouse eut un autre amphithéâtre plus vaste., et qUe celui-ci avait été construit pour quelcfue riche.particulier(i ).
M. Dumége indique un aipphithéâtre à Saint- Bertrand , Lugdunum, Convenaruin , dam les Pyrénées' (2). '
(*)V.(liiyu«1, hîjJoÎTe de Tovlbute; — M. D'h Barry, rechèrrhés «ir |p» Hmphi<héAtre« du Mîdr de I* Franre. ^ ’
[T) M. Du Barry, recherrhea «ur les amphi(h<‘ltrra du Midi.
d’antiquités nWWUMENTALES. 497
• A NarixMioe ^ les restes, de l’amphithéâtre existent dans le quartier Sainl-Josl. J^s^iroprié-. tairesdes maisons voisinesy ont établi ïeurseaves.* En remontant vers, le centre de la Ptance nous aurions- èf cite* l’amphithékre d^Aühin ,, '
dont les .derniers vestiges vont' dii^aiàîlre,. «4; qià était a1 ’une grande dimension ;
CehM de Bourges; dont une plaee pdb^^e indique .l’emplacement ; ■ . ^ ’ .v
- Celui de Tintiniae,. près dé Tulle ^ figuré dans Moutfaucon : ,
Celui de 'Levroux, près dTssoudun, et plusieurs antres encore ; înais les citations précédentes suffisent pour dcmonlrer* combien ces monuments ont été multipliés dans la Caulç.
. Les amphithéâtres dont il subsiste dos ruines , se rencimtrent en, plus grand nombre , comme vous avez pu le remarquer i dans le centre et dans le midi de Ta France que dans les régions du nord ; mais tant de villes ont perdu jusqu’aux derniers vestiges de leurs édîfitcs , qu’il ne faudrait pas tirer de cel àperçu lie conséquences trop rigoureuses. ■ ' ^
J’avais d’abord eu le projet de vous offrir en tableau W dimensions comparées de toUs iV s amphithéâtres quo je viens de citer’;, -mais quelques recherdios m’ont prouvé que, la
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498 '' COÜRS "
plupart n'a valent point été mesurés exî^ctement et que pluiaeiirs ne ravdêhl point été du tout'; il m’a donc fallu renoncer à ce projet. Nous savons âu moins' que les amphithéâtres offraient des proportions diverses', depuis les plus petits , tels que celüi de St.-Michel du Touch , près de Toulouse, jusqu’à ceux d’Arles et de Limoges (. I ) .
• -Le nombre des gradins n’était pas tôujotfrs en rap^rt’avec le diamètre des amphitliéàtre^. Quel^es-uns ti^avaient qu’une précinctioiravec une arène très- vaste. En général , les 'grands amphithéâtres se composaient de deux étages et d’un attiqu<e. Le colisée* de Rome, le pliisco^ lossal des monuments de cette espèce, avait .. ■* •• . . ; . • ... ’ : -
(l)E'o général les grands amphithéâtres de la Caule avaient au inoins 400 piVda de âonguear, sor 300.de largeur, cemine le prouvant les mesures soÎTantes ;
Diamètres extirieuef.
Grand.
Nismea/ . 405.
Petit.
Diamètres intérieurs.
'Grand. Petit.
Arlea. »
Burdeân]^. . . • . ^ 405.
timbgesV . . . . 41t.
Périgueux. . . , . 459.
Pottiera, 426.
Saiatêt (d’après M. de '
' Craza'noes)> '. . . 4C0.
Les orchestreSfAct théâtres mixtes devaient être quelquefois aussi vastes' que les arènes des amphithéâtres, puisqn''ils servaient aux mêmes jeux. '
B’ANTrQUtTÊff MONlTMENTAtE55. 409
trais étages et unattique.très^lcvé. Les galeries du pourtour formarent à chaque étagt5 , un double corridor. ' ’ • . ‘
Il est à remarqpier qu'en général les dimensions de l’arène étaient moins Tariablçs 'qUe celles 'de la cavea, et l’on conçoit qo’il fallait toujours un espace sufilsant pour les jeux qael que fût le nombre des spectateurs. • •' >
llclativcmént aux acèneâ des-amphithéâtres'; je dois réfute^ une assertion que vous trouverez' dans un grand nombre d’auteurs, et suivant la- ({ùelle ces arènes auraient été entourées d’un canal rempli d’eau , eurtptrs, comme celles des cirques.- Il est évident pour moi que, si ce canal a existé dans quelques amphithéâtres d’Ilalie , on ne le trouvait presque jamais en Gaulé , et il faut absolument îipporterun correctif àce témoignage de certains auteurs qui , du çest.e, ont bien pti faire confusion ctappliquer à l'amphithéâtre quelques-uhés des particularités du cirque.
En effet. Messieurs, lorr>qu8 des arènes onr été déblayées , on a trouvé parfois autour et à peu de distance du podium , un ruisseau d’un pied ou deux de profondeur sur une largéur moindre encore, et toujours recouvert de dallés,, de manière à demcurcrinvisible aux spectateurs, lîvidemmenl un pareil canal , qui u’avuit pour
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COURS
but 'que de recevoir les. eaux pluviales (i) , n'’offrait -^ucun rapport 'a^c ce que l’on-^cut appeler un euripus. D’ailleurs , <hi ne conçoit pasDutilité de ce canal.. K’aurait-il pas rétréci oousidérablêment l’arène , obstrué lès- passage» par lesquels on ÿ arrivait du dehors, et formé cm précipice oùlesamm^ux auraient pu tomber?’ Ajoutons qu’il n’y avait ancUne nécessité d’emr plojér ce moyen pour garantir les'spectatéur» de l’approche dèsanimaux , puisque .le pcssb’uwi; s’élevait à douze pieds au moins aesdessus de l’arène, et qu’il était garni d’une grille en fer.
J’ai dit précédemment quelesarènesservàicnt quelquefois de nauinachies. C’est encore ùn fait qu’il faut admettre, inais avec beaucoup de circonspection. Tout porte à croire qu’à peine quelques amphithéâtres ont servi momentanément âcet usage,'et l’exaipen deces monumertts suffit pour le .démontrer., La plupart , en effet , occupant des positions élevéés n’étaient pasdisposcs de mjiinère à pouvoir retenir, l’eau ; et c’est à tort que presque tous ceux qui ont décrit les
(U Oa.a trouvé de paceil» canaux d'écoulement dap» lea otoiieatii» de plusirura tbe^âfre»; M. Deville a reconnu qu’il y en avait un autour de l'urchcatre du tbéttrc de Lillebunne : it déversait »e« eaux dans des puisars pratiqués pour les recevoir I l dont un , visible encore, a été indiqué sur joiod pian (pl. XU.Og.a). . V
d’antiquités monumentales. Soi
amphithéâtres de France ont voulu qu’ils fussent indifféremment destinés aux combats de gladiateurs et aux spectacles naumachiques.' • ' J’aurais encése d’autres obserratioas à vous présenter , sur des erreurs propagées depuis long-temps par des hommes qui se sont le plus souvent copiés les uns les- autres sans examiner, 1^ monuments.^ Il en est une entre autres que je ne puis laisser passer sans 'récitation : on regarde habituellement les voûtes qui existent sous le podium comme des loges des; tinées à renfermer les bétes féroces ; il est évident qu’elles, n’ont eu p.ouc but que-de soutenir la plate-forme du podium en évitant une maçonnerie pleine. Les animaux féroces étaient nourris horsde l’amphithéâtre ; on ne les y apportait qu’au moment du spectacle » dansdés cages dç fer^ d’oûils sortaient pour entrer dans l’arène.
. Quant aux spectacles donnés dans nos arènes de la Gaule , tout porte à croire que ce forent presque toujours des venationes , ou combats d’animaux contre des bestiaires,, et que les combats de gladiateurs entre eux furent beaucoup plus rares-.-La grande quantité d’ossements d’animmix , trouvés près de certains amphithéâtres sciait une preuve de ce que j’avance , si bien d’autres témoignages ne venaient l’attester.
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COURS
' U me reste à indiquer à quelfe époque on cessa de se servir des amphithéâtres.'
D^abprd , Messieurs , on sait que Consûmtin s'efforça de restreindre les combats de gladiateurs ; l'établissement du Christianisme- dut inspirer pour ces jeux cruels d'autant pHis d’éloignement que les martyrs do la F oi chrétienne avaient arrosé de leur sang l'arène dés amphithéâtres. Mais ce ne fut que long-temps après « sous le 'règne d’IIonorius , au commencement du V*. siècle', qué ces combats Curent prc^iibés dans tout l’Empire romain. Toutefois.,- il 'ne paraît pas que l’on eût compris'dans cette prohibition les assauts d’hommes' contre les bêtes féroce», qui n'étaient qu'ime imitation de ce que d’intrépides chasseurs exécutaient au milieu des bois;’ aussi , malgré les efforts des évêques et lés malheurs- des temps ^ les populations gallo-romaines conservèrent un goût effréné pour tes sortes de spectacles ; pour faire cçsser complètement les jeux du cirque , lès châsses de -l’amphithéâtre ''et les pantomimes des théâtres , il faüut que la dévastation èt l’incendie vinssent, -en quelque sorte , anéantir les cités. Au milieu de tous ces désastres , le peuple demandait encore la periuissioh de rouvrir les amphithéâtres, les cirques et les théâtres , ainsi
d’anTiquités monumentales. 5o3
que nous l’apprend Sàlvien dans ses' éloquentes déclamations contrt; les habitants de Trèires , dont je Vous démande la permission de citer quelque? fragments (i) :
«, Vous Tpulei donc des théâtres tous- de- « mandez donc un cirque'à vos-'prjnees , habi- « tants de Trêves.' Pour quelle situation, je vous « prie , pour quel peuple , poiir quelle ville ? « Pour une ville en cendres et anéantie, pour « un peuple captif et massacré j qui nVst plus « on qui' pleure; dont les débris, s’il en est « toutefois, ne sont qu’un spectacle d’infor- « tune; pour un peuple abîmé dans la tristesse, « épuisé par les larmes, abattu par des pertes « douloureuses , devant lequel vous ne Savez « dire de qui le sort est le plus déplorable , des « morts ou des vivants ; car l’infortune de ceux U qui restent est si grande v'^qu'ellé surpasse les « malheurs de ceux qui ne sont plus.
« Tu demandes donc, des jeux publics, habi- « tant de iT rêves ? Où les célébrer , de grâce i* K Sur les bûchers et les cendres, sur les osse- « V ments. et le sang des citoyens égorgés ? Quelle « pardc de. la ville ne présente encore l’aspect
(iJ Saivien ntqult à Trêves ou à Cologne U'flu -du IV*. siède ( tirs 390-). , > -,
COUE.i
« de ces maux ? ou ne tfouve-l-on point de sang c( répandu f où ne trouve>t-ou poiîlt' des cada- « vres gisants ? où- ne , tretuve t-on„ point 'des « membres déchirés et en lambeaux? Partout « le speetade d’une ville prïse » partout Phor- V repr .de la captivité , pattout l’image de la K mort.. Us sont étendus,^ les restes iiirprtunés «''du peuple sur les tombeaux de leurs morts ; « et toi , tù demandes. des jeux ! La ville est « noire d’incendie; 'et toi , tu te fais un visage. M de fête ! Tout pleüre ; et toi , tu es joyeux ! «, Çe n’est pas tout, tü provoqués Dieu, par des «. plaisirs inCame's , et tu irrites la colèrediviné « par de criminelles superstitions. Je ne m’é- « tonne^plus , certes , je ne m’étonne plus qu’il « te seît^arrivé'tattt de malhcurs.(i ). »
(t) Salviea , de.gubertni’iioHe-Det , Ut. 0, tradactlon d« MM.. Gré){uire et Collonbet.
Voici un autre pauage deSaWien qui montre encore .combien il aVnit d’tiôrrenr pour lea spectacles du cirque, du théâtre et de rani(kbilliéAtie; je ne peux résister au désir de le transcrire ici.
n il serait trop long d'entrer dans loua les détails, de parler des -amphithéâtres , des chanta , dés jeux , des pompes , .des atbJélos , des funambules , di s pantomimes , «t des autres monstruosités quç l'on n'oserait nummer, parce quec'e%l une ' honte même de les conualtre ; je parlerai seulement des ini> puretés du cirque et des théâtres. Telles sont Ica choses qui s'y passent, qu'on ne pourrait sans souillure ni en parler, ni. même se losrctrac'cr en souve.uir.Ixs au 1res crimes ne s'attachent presque tuujolirs eu vous qu'à une seule partie : le» sales pen-
n’ANTfQüinftS' MOîfUWENTALES. So5
Dans les, autres villes , on n’ëlait pas moins empressé pour les speçtâcles ; cl s’il n’y en avait plus à Mayence , à Cologne et dans plüsieurs autres villes-, c’est qn’ellcs avaient été ruinées de fond en comble ou qu’elles étaient occupées par les Barbares (i). ^ •
Lesjeuide l’amphithéâtre finirent par tomber d’eux-mémes dans la seconde niôitié du V*. siècle ;*los'jnisères publiques devinrent telles qu’il fallut renoncer aux dépenses que nécessi-
8éés à l’esprit, les regsrds impudiques aux yeux r les discours obscènes aux oreilles , en sorte que l'un d» sens peut faillir sans que les autres deviennent coupables. Dai>s les Ihi'Atres , au contraire, aucune partie n'est exemple de fautes ! le rociir y est. souille de désirs, les oreilles de'discours impurs, les yeux de regards obscènes. Et tout cela est si criminel qu’on ne saurait ni le retracer ni le montrer au grand jour sana outrager la-pudeur. Qui ne blesserait la modestie, s'il peignait CCs imitations de choses honteuses, ees obscénités de voix et de paroles, ces turpitudes de mouTeuients , ces infamies de' gestes , tous ces actes criminels dont on fait assez comprendre rénorniité en s’interdisant de les décrire?.....'. On vénéré et l’on lionore Minerve dans les gymnases, Vénus dans les théâtres, ?ieplunc dans les cirques , Mars dan.s les arènes , Mercpré dans les palestres ; et ainsi,, ce culte de supcrstilious varie suivant la qualité dea 'acteurs. Tout ce qu'il y a d’impuretés, sc mniilfe dans lea théâtres; tout ccqu’ily ade luxure, dans les palestres; tout ee qu’il y a d’immotlérations , dans les cirques; tout ce qu'il y a de fureur jdans les arènes. Là, règne l'impudicité, ici 1a mollesse, ailleurs l'intenipérance, ailleurs la folie, partout le démon ; bien plus , dans chaque lieu toutes les monstruosités des démons. » Salvieu , de gubernalione,Dei , lib. 6.
(1) Id. Ut. 6, p. lià-de la Uadi^clion.
COURS
taient l’entretien des bestiaires et. la réunion des animaux qu’on allait , comme Je dit Salvien , traquer au milieu des montagnes et des lieux les plus difficiles d’accès (i),
- Grégoire de Tours rapporte qu’au VI”,' siècle Chilperic et Childebert donnèrent des combats d’animaux dans quelqpies villes ; mais ce rétablissement des. jeux fut de courte durée , et long-temps. auparavant, la plupart ^des amphithéâtres avaient été abandonnés ét convertis à d’autres usages.
(f) Il n’est pas de crime, dit SalTien , presque pas de forfait qui ne se troure dans les spectacles de l'amphithédtre; li le comble des déliées, c'est de soir mourir les homipes, ou, ce.qui est bien plus dur , bien plus amer que la mort , de les voir dé* ebirér , de roir des animaux féroces se gorgeant de chairs bumaTocs. Et pourcuia, l’onirers est mis à contribution ; pour cela on épuise tous' les soins, toutes les fatigues on pénètre Jusqûes'dans. les lieux les plus retirés , on se fait jour dans les bois les plus inaccessibles , on parcourt des forÿt» inextricables, on gravit lès Alpes nuajteuses , on descend dans les vallées enscreties sous les neiges. Et ,‘poür faire dévorer è des animaiis cruels des entrailles d’hommes , on ne permet ^s k la natùre^d’svohr rien de secret. De gubernatione t>ti, lib. VI.
d’antiquités Monumentales.