SYMÉTRIQUE
Cette régularité n'a pas seulement pour but de leur donner un aspect plus agréable, elle est surtout destinée à leur faire occuper régulièrement et sans perte d'espace la place qu'on leur a consacrée contre les murs ou en plein air. Elle facilite aussi le maintien de Téquilibre de la végétation dans tout l'ensemble de l'arbre, en empêchant la sève d'être attirée plus d'un côté que de l'autre.
2<> La durée de la forme d'un arbre soumis a la taille
DÉPEND DE l'égale RÉPARTITION DE LA SÉVE DANS TOUTES SES BRANCHES.
Dans les arbres fraitiers abandonnés à eux-mêmes, les arbres de verger, la sève se distribue également parce que l'arbre prend de lui-même la forme la plus en harmonie avec la tendance naturelle de cette sève. Mais, dans les arbres soumis à la taille, les formes qu'on leur impose nécessitent le développement de ramifications plus ou moins nombreuses, plus ou moins volumineuses à la base de la tige. Or, comme la sève tend à se porter de préférence vers le sommet de l'arbre, il en résulte que, si l'on n'y prend garde, les ramlfica-
Fig. 24. Arbre en espalier dans lequel l'équilibre de la végétation est rompu.
tions de la base deviennent bientôt languissantes, finissent par se dessécher, et que la forme qu'on avait d'abord obtenue disparaît pour être remplacée par la disposition naturelle de l'arbre, c'est-à-dire par une tige nue portant une tête plus ou moins volumineuse. Il est donc indiî?pensable d'employer certains moyens pour changer la direction naturelle de la sève, et maintenir cette direction vers chacun des points où l'on a besoin d'entretenir des ramifications. On peut, pour cela, avoir recours aux opérations suivantes décrites dans l'ordre où l'on pourra les employer successivement jusqu'à ce que le résultat soit obtenu.
Supposons, pour cette démonstration, un pêcher en espalier [fig. 2lx) dans lequel l'équilibre de la végétation est com-
plétement rompu : le côté B est beaucoup plus développé que le côté A.
Tailler très-courts les rameaux de la partie forte B, et tailler très-longs ceux de la partie faible A. — On sait (me la sève est attirée par les feuilles; donc en supprimant sur les points vigoureux le plus grand nombre de boutons à bois, on pmve ces points des bourgeons et des feuilles que ces boutons auraient développés ; la sève y arrive en moins grande quantité, et la végétation y est diminuée. En laissant, au contraire, sur la partie faible un grand nombre de boutons à bois, elle sera pourvue d'une quantité considérable de bourgeons et de feuilles et se couvrira d'une végétation plus abondante.
Incliner la partie forte et redresser la partie faible. — La sève des racines agit avec d'autant plus de force sur l'allongement des bourgeons, que les branches qui les portent sont plus verticales; les bourgeons pousseront donc avec plus de force sur la partie faible redressée ; et les feuilles nombreuses qu'il développeront y attireront la sève en plus grande quantité que sur la partie forte qui aura été inclinée.
Supprimer le plus tôt possible sur la partie forte les bourgeons inutiles j et pratiquer cette suppression le plus tard possible sur la partie faible. — Moins il y a de bourgeons sur une branche, moins il y a de feuilles, et moins, par conséquent, la sève y est attirée. En laissant séjourner les bourgeons inutiles le plus longtemps possible sur le point faible, on y fera arriver la sève en plus grande abondance; et lorsqu'on viendra à les supprimer, la sève ayant pris son essor de ce côté y sera maintenue plus facilement. Ce moyen ne peut être employé que pour les arbres en espalier, et surtout pour le pécher, sur lequel on est toujours obligé d'enlever un certain nombre de bourgeons.
Supprimer de très-bonne heure l'extrémité herbacée des bourgeons de la partie for le ^ et ne pratiquer cette opération que le plus tard possible sur la partie faible, en y soumettant seulement les quelques bourgeons qui sont trop vigoureux, et qui, dans tous les cas, devraient subir cette opération en rai- S071 de la position qu'ils occupent. — Cette suppression arrête la végétation de la partie forte ; elle est applicable aux arbres en plein air et aux arbres en espalier.
Palisser très-près du treillage et de très-bonne heure les bourgeons de la partie forte j et ne pratiquer ce palissage que très-tard sur la partie faible, — On gêne ainsi la circulation de la sève vers les premiers points, et on la favorise dans les seconds. Ce procédé n*est praticable que pour les arbres soumis au palissage.
Laisser sur la partie forte le plus grand nombre de fruits possible, et les supprimer tous sur la partie faible. — On sait que les fruits ont la propriété d'attirer à eux la sève des racines et de remployer entièrement à leur accroissement. Il résultera donc du moyen que nous indiquons que toute la sève qui arrivera dans la partie forte sera absorbée par les fruits, et que ce point prendra moins de développement que la partie faible.
Supprimer sur le côté fort un certai?i nombre de feuilles ou rogner la moitié de leur longueur, — Eu diminuant le nombre des feuilles sur ce côté de Tarbre, on empêche la sève d'y arriver en aussi grande abondance. Il ne faudra enlever ainsi qu'un nombre de feuilles proportionné à la différence de vigueur que présentera ce côté de l'arbre, et il conviendra de les choisir sur les bourgeons les plus vigoureux. Celles de ces feuilles qu'on supprimera complètement ne seront pas arrachées, mais coupées de^ façon à conserver le pétiole ou queue sur le bourgeon.
Mouiller toutes les parties vertes du côté faible avec une dissolution de sulfate de fer, — Cette dissolution, faite dans la proportion d'un gramme et demi par litre d'eau et appliquée après le coucher du soleil, est absorbée par les feuilles et stimule puissamment leur action sur la sève des racines.
Éloigner le côté faible du mur et y maintenir le côté fort, — En éloignant du mur la partie faible, on permet aux bourgeons de recevoir la lumière de tous les côtés. Or, comme c'est cet agent qui détermine les fonctions des feuilles et leur action sur la sève des racines, cq point végétera avec plus de vigueur que la partie forte qui n'est éclairée que d'un côté. Ce moyen s'applique seulement aux arbres en espalier. On ne devra en user que vers le mois de mai, alors que les arbres n'ayant plus à craindre les intempéries du printemps peuvent se passer en partie de la protection du mur.
Couvrir le côté fort de manière à le priver de la lumière. — On obtient ainsi les mêmes résultats, mais d'une manière plus complète. Toutefois on n'en use que si le moyen précédent est insuflasant, car il pourrait arriver que la partie de Tarbre ombragée s'étiolât par trop et perdît toutes ses feuilles. Pour éviter cet accident, on ne prolonge pas cet état de choses au delà de huit à douze jours, et l'on profite d'un temps sombre pour le faire cesser.
Planter au-dessous d'une branche trop faible un jeune sauvageon vigoureux et greffer par approche le sommet de ce jeune plant, lorsqu'il est bien repris, au-dessous de la branche faible, — Ce jeune arbre donne alors à cette branche la quantité de sève qui lui manque. Ce moyen peut être employé pour augmenter la vigueur des branches inférieures des arbres.
Enfin, lorsque les diverses branches d'un même arbre ne naîtront pas sur des points également favorisés par la tendance naturelle de la sève, comme dans la palmette Legendre [fig, 25) et dans toutes les autres formes présentant cette particularité, il cojiviendra de former les branches de charpente avec des variétés d'autant moins vigoureuses qu'elles occuperont une place plus favorisée par l'action de la sève, — Pour cela, à chacun des points où doivent naître ces branches, on placera une greffe en écusson appartenant à la variété qui doit constituer chaque ramification. En procédant ainsi on diminuera la vigueur des branches les mieux placées et l'on aidera au développement de celles qui sont moins favorisées.
3° L\ SéVE FAIT DÉVELOPPER DES BOURGEONS BEAUCOUP PLUS VIGOUREUX SUR UN RAMEAU TAILLÉ COURT QUE SUR UN RAMEAU TAILLÉ LONG.
Il est évident que, si la sève n'agit que sur un ou deux bourgeons, elle les fait développer avec bien plus de vigueur que si son action est partagée entre quinze ou vingt. Si donc on veut obtenir des rameaux à bois, on doit tailler court, parce que les rameaux vigoureux ne développent que très-peu de boutons à fleur; si, au contraire, on veut faire développer des rameaux à fruit, on taille long, parce que les rameaux peu vigoureux se chargent d'un plus grand nombre de boutons à fleur. Une autre application de ce principe, c'est que.
vGooçIe
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Fig. 25. Pêcher soumis i la fonns en palmette Legendre. Du Breuil, Fruili de table. 5
n ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DE TABLE.
si un arbre a été épuisé par une production de fruits trop considérable, on rétablit sa vigueur en le taillant court pendant un an.
Cette dernière application paraît être en contradiction avec ce que nous avons dit au premier paragraphe de la page 70; mais cette contradiction n'est qu'apparente. En effet, dans le premier cas, quelques-uns seulement des rameaux de l'arbre sont taillés court, et l'on diminue ainsi, au profit de ceux qui sont taillés long, la puissance d'al^sorption qu'ils exercent sur la sève des racines. Les bourgeons qu'ils développent sont assurément plus vigoureux que ceux qui naissent sur les rameaux taillés long; mais ils le sont moins cependant que si tous les rameaux de Tarbre avaient subi la même suppression, car une partie de la sève qui leur serait échue tourne alors au profit des bourgeons plus nombreux des rameaux taillés long, et dont la vigueur se trouve ainsi augmentée. En un mot, les bourgeons des rameaux taillés long ne sont pas aussi vigoureux que ceux de rameaux taillés court, mais ils sont beaucoup plus nombreux et déterminent la formation d'une plus grande masse de tissu ligneux et de boutons dont la proportion ne tarde pas à affaiblir réellement la partie forte au profit de la partie faible.
Mais, quand il s'agit du rétablissement d'un arbre épuisé, celui-ci n'est plus placé dans les mêmes conditions. Au lieu de raccourcir quelques rameaux seulement, on les soumet tous au même traitement, et la sève, n'étant plus attirée en plus grande abondance d'un côté que de l'autre, agit avec une égale intensité sur le développement vigoureux de chacun d'eux. Tous concourent alors à la formation de nouvelles couches ligneuses.et corticales plus amples et mieux constituées que les précédentes, ainsi que de nouveaux prolongeinents radicaux remplissant bien leurs fonctions. L'arbre recouvre sa première vigueur jusqu'à ce qu'une taille plus longue vienne de nouveau le mettre à fruit.
Ce qui précède explique clairement la cause du résultat différent que l'on obtient de cette opération, suivant la manière dont elle est pratiquée, et doit faire disparaître le désaccord qui existe à cet égard entre quelques cultivateurs.
U° La séve, tendant tocjours a affluer a l'extrémité
DES RAMEAUX, FAIT DÉVELOPPER LE BOUTON TERMINAL AVEC PLUS DE VIGUEUR QOE LES BOUTONS LATÉRAUX.
D'après ce principe expliqué au chapiire de la physiologie végétale, dans le premier volume de cet ouvrage, toutes les fois qu'on voudra obtenir un prolongement de branche, il faudra tailler sur un bouton à bois vigoureux, et ne laisser au delà aucune production qui puisse la soustraire à l'action de la sève.
5'' Plus la séve est entravée dans sa circulation, moins elle agit avec force sur le développement des bourgeons, et plus elle produit de boutons a fleurs.
Les arbres ne commencent à former leurs boutons à fleurs qu'après avoir acquis un certain développement. 11 faut, pour que ces productions apparaissent, que la séve circule lentement et qu'elle subisse ainsi une préparation plus complète dans les feuilles, préparation sans laquelle elle ne donne lieu qu'à des boutons à bois. Lorsque les arbres ont acquis un certain développement, la rapidité de la circulation de la séve est ralentie par l'étendue des ramifications qu'elle a à parcourir, et aussi par les lignes plus souvent brisées qu'elle est obligée de suivre-. Elle arrive alors en moins grande quantité dans les feuilles, elle y reçoit une élaboration plus complète et c'est alors seulement que les boutons à fleurs commencent à se former. L'apparition de ces organes est si bien due à un ralentissement dans la circulation de la séve, que les arbres n'ont jamais plus de boutons à fleurs qu'alors qu'ils sont souffrants.
Les opérations suivantes, employées dans l'ordre où nous allons les indiquer, peuvent diminuer l'intensité de l'action de la séve et amener la mise à fruit des arbres.
Tailler très-long le prolongement des branches de la charpente, — En procédant ainsi, où force la séve à partager son action entre un plus grand nombre de boulons. Les bourgeons qui résultent de leur développement poussent moins vigoureusement et donnent lieu à des rameaux qui se mettent plus facilement à fruit.
Appliquer aux bourgeons qui naissent sur les prolongements successifs de la charpente, ainsi qu'aux rameaux qui en résultent, les opérations destinées à diminuer leur vigueur.
70 ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DE TABLE. — Ces opérations sont, pour les bourgeons, le pincement et
Fig. 26, Poirier soumis à la forme en cône à branches arquées.
la torsion, et pour les rameaux le cassement complet ou le
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Fiy. 2T. Poirier soumis à la forme en palmottc à brandies arquées.
cassement partiel. Ces mutilations que nous décrivons plus loin, ont pour but de diminuer la vigueur de ces bourgeons ou de ces rameaux, en forçant la sève à porter son action sur le développement vigoureux du nouveau bourgeon de prolongement. Il en résulte alors la mise à fruit de l'arbre.
Les opérations suivantes ne seront appliquées qu'exceptionnellement. Par exemple, pour des poiriers greffés sur franc, plantés dans un sol frais et très-fertile, et qui tarderont à se mettre à fruit.
Pratiquer la taille d'hiver très-tardivement, lorsque déjà les bourgeons ont atteint une longueur de 0'",0/i. — 11 résulte de cette taille tardive qu'une grande partie de l'action de la sève s'est dépensée au profit du sommet des rameaux. Ceux-ci étant raccourcis à ce moment, les bourgeons de la base poussent moins vigoureusement que si cette perte de sève n'eût pas eu lieu, et se mettent plus facilement à fruit.
Appliquer sur les branches de la charpente un certain nombre de greffes de côté Girardin. (Voir le chapitre des greffes dans le premier volume de cet ouvrage.) — Ces greffes de rameaux à fruits venant à fructifier, les fruits absorbent une grande partie de la surabondance de la sève de l'arbre. On voit dès lors se former sur celui-ci un grand nombre de boutons à fleurs. Ce moyen ne convient que pour les arbres à fruits à pépins.
Arquer toutes les branches de la c/iarpente de façon qu'une partie de leur longueur soit dirigée vers le sol. — La sève agissant avec d'autant plus de force sur le développement des bourgeons, que ceux-ci sont attachés sur un rameau plus rapproché de la ligne verticale, on conçoit que l'arcure des rameaux ou des branches doit diminuer beaucoup la vigueur des bourgeons et déterminer leur mise à fruit. La figure 26 montre un arbre en cône soumis à l'arcure. La figure 27 indique la même opération appliquée à un arbre en palmette. L'emploi de ce moyen est fort ancien et n'est qu'une imitation de ce qui se produit naturellement sur les arbres abandonnés à eux-mêmes.
Pratiquer en février, vers la base de la tige de Varbre, avec la scie à main, une entaille annulaire assez profonde pour entamer la couche de bois la plus extérieure. — La sève s'élève
des racines vers les feuilles en passant par les vaisseaux placés dans la couche externe du corps ligneux. L'incision annulaire dont nous venons de parler a pour résultat de gêner cette ascension de la sève ; les bourgeons acquièrent alors moins de vigueur, et Tarbre se met à fruit.
Déchausser au printemps le pied de V arbre de façon que les racines principales soient mises à nu sur une grande partie de leur longueur^ et les laisser dans cet état pendant tout Vété, — Ce déchaussement, exposant à l'action de l'air et de la lumière une partie notable des racines, a pour efifet de gêner leurs fonctions, de diminuer ainsi la vigueur de l'arbre et de déterminer alors sa fructîGcation.
Déchausser le pied de V arbre au printemps ^ puis mutiler, en les coupant, une partie des racines et replacer ensuite la terre. — Cette opération, plus énergique que la précédente, produit les mêmes résultats; mais il conviendra de l'employer rarement; car /On est exposé à dépasser le but que l'on se propose d'atteindre et à rendre l'arbre réellement malade.
Transplanter les arbres à la fin de V automne, en les déplantant avec le plus grand soin, de façon à leur conserver toutes leurs racines. — Cette pratique donne des résultats analogues aux précédents et par les mômes motifs. Ce déplacement suffit, en effet, pour fatiguer l'arbre assez pour que, l'année suivante, il soit couvert d'un grand nombre de boutons à fleurs.
6° Tout ce qui tend a diminuer la vigueur des bourgeons
ET A faire affluer LA SÈVE DANS LES FRUITS CONCOURT A AUGMENTER LA GROSSEUR DE CEUX-GI.
Les fruits et les bourgeons ont en effet la propriété d'attirer à eux la séve des racines. Or, si les bourgeons sont nombreux et vigoureux, il en résulte qu'ils absorbent presque toute cette séve au détriment des fruits, qui restent alors petits. Voilà ce qui explique pourquoi, toutes choses égales d'ailleurs, les fruits sont moins gros sur des arbres trèsvigoureux que sur ceux de vigueur moyenne. On comprend également que, l'accroissement des fruits étant déterminé par l'abondance de la séve, ils deviendront d'autant plus gros qu'elle pourra y pénétrer plus facilement.
Les opérations suivantes auront donc pour résultat d'augmenter le volume des fruits.
Greffer les arbres sur des espèces de sujets peu vigoureux. — Si les sujets sont très-vigoureux , les bourgeons absorberont presque toute la sève au détriment des fruits. Les poiriers greffes sur cognassiers, les pommiers greffés sur paradis, donnent, toutes choses égales d'ailleurs, des fruits plus gros que ceux greffés sur poirier ou sur pommier franc.
Appliquer aux arbres une taille d^ hiver convenable ^ c'està-dire ne laisser sur V arbre que les rameaitx ou partie des rameaux nécessaires à V accroissement symétrique de la cftarpente ou à la formation des rameaux à fruit. — Ces retranchements ont pour effet de concentrer une plus grande quantité de sève sur les parties conservées, et par conséquent sur les fruits. Les arbres abandonnés à eux-mêmes donnent toujours des fruits moins gros que ceux des arbres soumis à une taille rationnelle.
Faire naître les rameaux à fruit directement survies branches de la charpente de l'arbre ^ et les mainterèir le plus court possible. — En procédant ainsi, les fruits seront attachés tout près de la branche de la charpente ; ils recevront là une influence plus directe de la sève, et acquerront un plus grand développement.
Tailler les branches très-court dès que les boutons à fleurs sont formés, — Ces retranchements considérables concentrent la sève sur une étendue restreinte de la charpente, et les fruits en reçoivent une plus grande quantité.
Mutiler les bourgeons qui ne sont pas nécessaires à l'accroissement de kl charpente de Varbre. — Cette mutilation, que Ton obtient à laide de pincements réitérés, les empêche d'absorber une trop grande quantité de sève; il en reste alors davantage pour les fruits.
Placer les fruits sous V ombrage des feuilles pendant tout le temps de leur accroissement. — L'action d'une vive lumière et de la chaleur a pour résultat de durcir les tissus, de leur faire perdre leur élasticité, et par conséquent la faculté de pouvoir s'étendre en cédant à l'action de la sève. Si donc un fruit est placé dès son jeune âge sous l'influence du soleil, il deviendra moins gros que celui qui est abrité par les feuilles, parce que son épiderme se durcira plus vite et ne se prêtera pas aussi longtemps à l'action de la sève, qui tend à le dis-
tendre. Il conviendrait donc d'attendre que ces fruits eussent pris leur développement avant de les exposer au soleil, qui doit les colorer et les parfumer.
A^e laisser sur l'arbre qu'un nombre de fruits proportionné h sa vigueur^ en faisant les suppressions dès quils ont atteint k cinquième de leur développement. -— Chacun des fruits conservés profite alors d'une plus grande quantité de sève, et devient beaucoup plus volumineux. On en a ainsi un moins grand nombre, mais on en récolte la même quantité en poids, ce qui est toujours préférable.
Les opérations qui précèdent devront être régulièrement appliquées chaque année. Les suivantes ne seront qu'exceptionnelles, lorsqu'on voudra faire acquérir au fruit une grosseur anormale.
Pratiquer une incision annulaire sur le rameau fructifère, aurdessous du point d*attache des fleurs, au moment de leur épanouissement, et de façon que cette incision n'offre pas plm de on>,O05 de largeur {fig, 28). — L'expérience a constamment démontré que, par suite de cette incision, les fruits deviennent plus gros. Ils mûrissent aussi plus tôt que ceux qui n*ont pas été soumis à cette opération. On a tenté d'expliquer ce phénomène de diverses manières, mais toujours d'une façon peu ^..^ ^ ^^^.^.^^ ^^^^^^^ ,, ^ ^i^^,. satisfaisante. Nous nous contentons d'affirmer la réalité du fait. Ce sont particulièrement les fruits à noyau et la vigne qui se prêtent le mieux à cette pratique.
Greffer des rameaux à fruit sur un arbre vigoureux, en ayant recours pour cela à la greffe en couronne pour les rameaux et à la greffe de côté Girardin pour les branches. (Voir ie chapitre des greffes dans le premier volume de cet ouvrage.) ^ Ces sortes de greffes produisent un effet analogue à celui de rincision annulaire. Les fruits ainsi obtenus sont toujours
plus gros que ceux développés sur des rameaux non grefifés. Placer sous les fruits, pendant leur développement, un support destiné à les empêcher de tendre leur pédoncule ou queue {fig. 29). — La sève pénètre dans les fruits en passant par les vaisseaux qui traversent leur pédoncule. Or, si ces fruits soot laissés sans support, il arrive souvent que, leur accroissement se faisant d'une manière inégale sur leur pourtour, il se produit sur le pédoncule un mouvement de torsion qui étrangle les vaisseaux séveux et nuit alors au passage de la sève. D'ailleurs, le propre poids des fruits, en tendant ce
Fig- 29. Poire soutenue par un Fig. 30. Poire maintenue dans une position support pendant son développement. verticale pendant son développement,
pédoncule, allonge ces vaisseaux et rétrécit leur diamètre. Lorsque les fruits sont supportés, la sève y pénètre donc plus facilement, et ils deviennent plus gros.
Maintenir les fruits dans leur position normale pendant tout le temps de leur développement, c'est-à-dire les tenir dressés de façon que le pédoncule soit en bas [fig, 30). — La sève agit avec d'autant plus de force qu'elle suit une direction ascendante plus rapprochée de la verticale. 11 résulte donc de la position donnée aux fruits que la sève y arrive plus facilement et en plus grande quantité en passant par le pédoncule ainsi dressé, et qu'ils deviennent plus gros.
Appliquer sur les jeunes fruits une dissolution d€ sulfate de fer, — On savait déjà que le sulfate de fer, appliqué sous
forme de dissolution dans Teau, stimulait beaucoup les fonctions absorbantes des feuilles, qui attiraient alors à elles une plus grande quantité de sève des racines. Nous avons eu la pensée de mouiller la surface des jeunes fruits avec cette dissolution, et ces fruits ont pris alors un accroissement extraordinaire. Il convient de procéder ainsi : employer la dissolution dans la proportion d'un gramme et demi par litre' d'eau ; en mouiller les fruits seulement après qu'ils ne sont plus frappés par le soleil; répéter cette opération trois fois : lorsque les fruits ont atteint le premier quart de leur développement; lorsqu'ils sont à moitié grosseur, puis quand ils ont acquis les trois quarts de leur volume. Cette dissolution active leurs fonctions absorbantes; ils attirent à eux une plus grande quantité de sève au détriment des feuilles, et deviennent tellement gros que cet accroissement monstrueux nuit souvent à leur qualité.
Greffer par approche un bourgeon sur le pédoncule des fruits lorsqu'ils ont acquis le premier tiers de leur développement. (Voirie chapitre des greffes dans le premier volume de cet ouvrage.) — On a remarqué que, par suite de cette opération, le volume des fruits devient plus considérable, sans doute parce que le bourgeon ainsi greffé attire dans le pédoncule du fruit une plus grande quantité de sève.
7" Les feuilles servent a préparer la sève des racines
POUR LA nourriture DE l'ARBRE ET CONCOURENT A LA FORMA- TION DES BOUTONS SUR LES RAMEAUX; TOUT ARBRE QUI EN EST PRIVÉ EST EXPOSÉ A PÉRIR.
Il faut donc se garder d'enlever aux arbres une trop grande quantité de feuilles, sous prétexte de placer plus immédiatement les fruits sous l'influence du soleil, car ces arbres, privés d'une partie de leurs organes nourriciers, cesseraient leur développement; il en serait de même de leurs fruits. D'un autre côté, les rameaux effeuillés, ne présentant pas de boutons ou n'en offrant que de mal conformés, ne donneraient lieu, l'année suivante, qu'à une végétation languissante. On conservera toujours le pétiole des feuilles qu'on voudra supprimer.
8° DkS QUE LES RAMIFICATIONS ONT ATTEINT l'AGE DE DEUX ANS, CEUX DE LEURS BOUTONS Qll n'ONT PAS ENCORE VÉGÉTÉ NE
8i ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DE TABLE.
SE DÉVELOPPENT PLUS QUE SOUS l'iNFLUENCE D'UNE TAILLE TRÈS- COURTE; DANS LE PÊCHER, ILS RÉSISTENT PRESQUE TOUJOURS A CETTE OPÉRATION.
On doit donc, sur tous les arbres, quelle que soit la forme imposée à leur charpente, pratiquer la taille de manière à déterminer le développement de tous ces bputons sur les prolongements successifs des branches de la charpente, et veiller à la conservation des rameaux qui en résultent. Sans cette précaution, Tintérieur de l'arbre resterait complètement dégarni et improductif, et Ton ne pourrait plus y remédier, parce quMl serait très-difficile de faire développer les boutons restés endormis. On obtient le développement de tous ces boutons en retranchant, chaque année, une certaine étendue du nouveau prolongement de la charpente.
9" Le prolongement annuel de la charpente des arbres
DOIT ÊTRE d'autant PLUS RACCOURCI QUE LA BRANCHE EST PLUS RAPPROCHÉE DE LA LIGNE VERTICALE.
En effet, la séve agissant surtout de bas en haut, si un rameau est placé verticalement, les boutons resteront endormis sur la moitié inférieure de sa longueur, il faudra, pour prévenir ce résultat, supprimer la moitié au moins de la longueur de ce rameau. S'il est incliné suivant l'angle d'environ iib degrés, la séve agira avec moins de force sur les boutons du sommet, mais elle en fera développer un plus grand nombre vers la base ; il n'y aura que le tiers inférieur qui restera dégarni. Il suffira alors, pour obtenir les bourgeons sur toute la longueur, de supprimer le tiers supérieur du rameau. Enfin, si le rameau est placé horizontalement, on devra le laisser entier; car, dans cette position, la séve fera développer les boutons de la base aussi bien que ceux du sommet.
Mon ami, M. Laujoulet, de Toulouse, a imaginé un autre procédé à l'aide duquel on arrive à garnir de rameaux à fruit les branches de charpente sans pratiquer aucun retranchement sur les prolongements successifs de ces branches. Ce moyen, très-ingénieux et parfaitement d'accord avec les lois de la végétation, consiste à faire suivre au bourgeon de prolongement d'une branche quelconque de la charpente d'un arbre la ligne verticale A (/ig. 31), puis à contourner l'année suivante le rameau qui en est résulté en lui donnant la direc-
tion B. Le nouveau bourgeon de prolongement s'allonge. Tannée suivante, suivant la ligne verticale C, et le nouveau rameau est courbé Tannée d'après en D, et ainsi de suite chaque année jusqu'au point où doit s'arrêter cette branche.
On peut donner à l'ensemble de ces courbes toutes les directions possibles et les combiner entre elles de façon à donner à la charpente des arbres les formes les plus variées et les plus fantastiques. On comprend facilement que ces courbes, gênant l'action de la sève vers l'extrémité des branches, déterminent le développement des bourgeons sur toute la longueur de chacun des prolongements successifs. Ce mode de formation de la charpente des arbres nous paraît être très-rationnel; toutefois, sauf le cas où il s'agit de former des cordons ondulés décrits plus loin au chapitre du poirier, nous préférons les lignes droites et par conséquent le retranchement annuel d'une partie des prolongements successifs. On obtient ainsi les mêmes résultats, la formation de la charpente est plus facile, elle demande moins de surveillance pour empêcher le développement des gourmands, elle exige moins de connaissance de la part de l'opérateur, elle est par cela même plus à la portée de toutes les Intelligences.
10° QOELLE QOE SOIT LA FORME DONNÉE A LA CHARPENTE D'dn ARBRE SOUMIS A LA TAILLE, SOIT EN ESPALIER, SOIT EN PLEIN AlB, IL IMPORTE, POUR TOUTES LES ESPÈCES, DE FAIRE DÉVE- LOPPER CHAQUE AN«ÉE, A l'eXTRÉMITÉ DES BRANCHES DE LA CHARPENTE, APRÈS LEUR FORMATION COMPLÈTE, UN BOURGEON VICODREÛX.
Chacune de ces branches ne devant porter que des rameaux à fruit, on mutile chaque année tous les bourgeons latél'aux un peu vigoureux qui y apparaissent, et cela dans l'intérêt de la fructification. Or ces bourgeons étaient des-
Fig. 31.
tinés à constituer une nouvelle couche de bols et de liber ainsi que de nouveaux prolongements radicaux pour l'entretien de la vie de l'arbre pendant l'année suivante. Mutiler annuellement tous ces bourgeons, c'est donc compromettre l'existence de l'arbre. Le bourgeon vigoureux que l'on fera naître tous les ans à l'extrémité de chacune des branches viendra amoindrir cet inconvénient en aidant à la formation des organes dont nous venons de parler. Le rameau qui en résultera sera coupé près de sa base lors de la taille d'hiver pour en faire développer un nouveau chaque année. Si, par suite des tailles successives faites au même point, il se for-
Fig. 32. Renouvellement annuel du boui^eon de prolongement des branches de charpente.
mait à l'extrémité de la branche une dififormité qui devînt un obstacle au passage de la sève comme au point G {fig. 32), on procéderait de la manière suivante : on favoriserait pendant l'été le développement vigoureux d'un bourgeon placé en arrière du point C. L'année suivante, le rameau D qui en est résulté sera laissé au point B et la branche de charpente sera coupée en A. Cette branche sera successivement allongée jusqu'à ce que le même inconvénient se reproduise ; alors on recommencera périodiquement la même opération.
11° On ne doit appliquer la première taille aux jeunes