PREMIÈRE DIVISION — FRUITS A PEPINS
Le Poirier commun (pyras communis. Lin., fig\ 33) croît à l'état sauvage dans les parties tempérées de l'Europe, de
l'Asie et de l'Afrique. C'est par suite des semis successifs et des soins de la culture que l'on a obtenu de cet arbre les excellentes variétés que nous cultivons aujourd'hui.
L'importance du poirier, au point de vue des .
fruits de table, est des plus grande. Ses fruits, trèshygiéniques , conviennent à tous les estomacs, soil à l'état frais, soit cuits. Les époques de leur maturité étant très-variées, on peut les consommer frais pendant toute l'année. La structure de ces fruits se prête très-bien au transport et, par suite, au commerce. Enfin cet arbre s'accommode de presque tous nos climats.
L'origine de la culture du poirier se perd dans la nuit des
Fig. 33. Poirier commun.
temps. On sait, eu effet, que les Romaîos cultivaient environ trente-six variétés de cette espèce, dont plusieurs font encore partie de nos collections, mais sous d'autres noms.
Sol. — Le poirier est peu exigeant quant à la nature du sol. n ne redoute que les calcaires plus ou moins purs et les terrains très-secs. Les sols dans lesquels sa végétation et son produit sont les plus satisfaisants sont les terrains profonds, de consistance moyenne, silicéo-argileux, schisteux ou argilocalcaires.
Climat. — Nous avons dit que cet arbre est peu difficile à regard du climat. Toutefois il réussit surtout sous les climats tempérés un peu humides. 11 redoute les chaleurs du Midi et les froids secs ou humides du Nord. Les régions où il réussit le mieux en plein air sont surtout lès départements formant les anciennes provinces de la Touraine, de l'Anjou et de la Bretagne.
Variétés. — 11 y a peu d'espèces d'arbres fruitiers qui aient produit un nombre de variétés aussi considérable que le poirier commun. On en compte environ 2,000. Elles peuvent être partagées en deux séries principales : celles à fruits à cidre, celles à fruits de table. Nous indiquons les meilleures variétés de la première série dans le Traité spécial de la culture des vignobles et des arbres à fruits à cidre ; nous n'avons donc à nous occuper ici que de celles de la seconde. On peut les subdiviser en deux groupes : les variétés à fruits à couteau, puis celles à fruits à cuire.
Nous donnons ici la description des meilleures variétés de poiriers appartenant à chacun de ces deux groupes. Nous les rangeons par époque de maturité pour le climat de Paris, et nous en avons fait un choix tel, qu'on puisse consommer de ces fruits pendant toute l'année. Nous avons puisé une partie des renseignements que nous donnons sur ces variétés dans VexceWeni Dictionnaire pomologique d'André Leroy; ce livre est certainement l'ouvrage le mieux fait et le plus complet qui ait été publié sur la pomologie.
1° Poires à couteau. — Juillet.
Citron des carmes ou de la Madeleine, Gros Saint- Jean. — Fruit petit, ovifonne court, yert-pûmme, passant au jaune pâle ; chair mi-fine, fondante un peu parfumée. Entre-cueillir les fruits. Arbre très-fertile à greffer sur franc. Décrit pour la première fois en 16*28. Origine inconnue.
Doyenné de juillet (fig. H4) ou Leroy-Jolimont, Doyenné d'été, Saint- IHichel d'été. — Petit fruit d*un beau jaune vermillonné du côté du soleil ; chair à moitié
fondante, eau douce, abondante et agréable. Entre-cueillir les fruits avant qu'ils ne soient jaunes. Arbre très-fertile, à greffer sur franc. — Variété déjà ancienne, obtenue probablement en Belgique, où elle était déjà connue en 1803. Bewré Giffard (fig. 35.) Fruit moyen, pyriforme, jaune blond, strié de rose vif; chair très-fine, fondante ; eau douce parfumée. Fertilité moyenne ; à greffer sur franc. Entre-cueillir les fruits un peu avant la maturité complète. Cette variété a été trouvée, en 1825, à l'état dô sauva • geon, par M. Nicolas Giffard, cultivateur, à Angers.
Épargne (fig. 36) ou Saint-Samson,
de Beau- Présent, des Tables des Princes,
de CueUlette, Belle-Verge, Chopine. —
Fruit plus gros que les deux précédents ;
allongé, vert jaunâtre, lavé de carmin orange; chair un peu graveleuse, à moitié
cassante, goût acidulé. Entre-cueillir les fruits avant maturité complète. Arbre
Fig. 84. Doyenné de juillet.
Fig 35. Beurré Giffard.
Fig. 36. Épargne.
très-fertile, à greffer sur franc. C'e^t une des plus anciennes variétés cultivées en France, où elle existait dès l'année 1600.
Août.
Bergamote d'été ou Milan de la Beuvrière, Beurré d'été, Frane-Réal d'été, Mouille-Bouche d'été. Milan blanc. Beurré blanc. — Fruit moyen turbiné court; vert clair, devenant rose du côté du soleil. Chair fine, fondante, parfumée. Bntrocuoillir les fruits avant leur maturité complète. Arbre très-fertile, à greffer sur
franc. Ce fruit paratt être né en Anjou, sur le domaine de la Beuyrière, près
Angers. Elle a été décrite pour la première fois en 1628.
Monchallard ou Momallard, Belle-Epine fondante, Épine rose. — Fruit moyen,
presque cylindrique, d'un vert tendre et jaune mat, layé de rose intense ; chair
fine, blanche et fondante, d'un goût relevé.
Laisser cette poire commencer à jaunir sur
l'arbre, qui est assez fertile. Cette variété a été
trouvée, vers 1810, à l'état sauvage, sur les
terres de la famille Monchallard, dans le canton de Brantôme (Dordogne).
Beurré de l'A$s(m^>tion. — Fruit gros, tantôt allongé et pyriforme, tantôt ramassé sur luimême; épiderme de couleur verte avec des dessins roux; chair mi-fine, fondante, trèsjuteuse, sucrée et parfumée. Arbre fertile à greffer sur franc. Cette variété est née près de . Nantes, chez M. Ruillé de Beauchamp, propriétaire à Pont-Saint-Martin. Bile a fructifié pour la première fois en 1863.
Williams (fig. 87) ou Bon-Chrétien William, Bartlell de Boston, Bartlett William's. Fruit gros. Ion;, bosselé; épiderme fin, d'un beau jaune parfois mordoré, jaspé de rose du côté du soleil; chair fine, fondante, musquée. Arbre très-fertile, peu vigoureux, à greffer sur franc. Le pied mère de cette variété est né de semis, vers 1796, chez M. Wecler, instituteur à Aldermaston (Berkshire) , en Angleterre. On a commencé à le multiplier en France vers 1828.
Fig. 37. Williams.
Septembre.
Bewré d'Amenlis (fig. 38) ou Hubard, Wilhelmine, Kaissoise. — Fruit gros, turbiné ; épiderme épais, vert sombre, nuancé de brun du côté du soleil. Chair mi-fine, fondante; eau abondante, sucrée, un peu acidulée. Entre-cucillir les fruits
avant leur maturité. Arbre vigoureux et très-fertile. Il y a une sousvariété à bois et à fruits panachés.
Le beurré d'Amenlis est né à Amenlis, près de Rennes, où le pied mère existe encore dans un verger. C'est vers la fin du siècle dernier que cette variété a commencé à se répandre dans nos cultures.
Du Breuil père. — Fruit petit, arrondi, écrasé; irrégulier, mamelonné au sommet; épiderme d'un vert clair, entièrement ponctué et veiné do fauve, chair fine, fondante; eau très-abon iante, sucrée, vineuse, acidulée. Arbre fertile et vigoureux. Cette variété résulte d'un semis que nous fîmes au Jardin des Plantes de Rouen, en 1840. Cet arbre fructifia en 1851 et le Cercle pratique d'Horticulture de cette ville dédia ce fruit à mon père.
Fi(j. 38. Beurré d'Amanlis.
Beurré superfin. — Fruit assez gros, ové, ventru, atténué et bourrelé à l'insertion du pédoncule; jaune verdâtre semé de gris. Chair mi-fine, fondante; eau abondante, sucrée, un peu acidulée. Arbre de fertilité moyenne, vigoureux. Variété obtenue, en 1844, par M. Ooubault, horticulteur à Angers.
Fondante des Bois (fig. 39) ou Fondante du Bois, Belle des Flandres, Nouvelle Gagnée à Heuze, Bewré de Flandre, Beurré Davy, Beurré Spence, Belle des Bois. — Fruit gros, tronqué aux deux bouts, vert passant au jaune paille fouetté de rouge ponceau ; chair fine, fondante, juteuse, sucrée, anisée. Bntre-cueillir ce fruit qui passe vite. Arbre de fertilité moyenne, assez vigoureux. Variété obtenue dans la Flandre orientale et propagée par Van Mons, vers 1810.
Fig. 39. Fondante des bois.
Fig. 40. Bonne d'Ézée.
Bonne d'Ézée (fig. 40) ou Belle excellente. — <• Fruit assez gros, allongé, cylindrique, un peu difforme; jaune maculé de verdâtre; chair très-fine, fondante, sucrée, avec un léger parfum d'amande. Arbre très-fertile, de vigueur moyenne. Cette variété est née à Loches (Touraine), vers 1788, et M. Dupuy l'y découvrit et la multiplia.
Doyenné Boussoc/i (fig. 41) ou Beurré de Mérode, Double-Philippe, Doyenné de Mérode. — Fruit gros, ovale arrondi tronqué. Épiderme épais, vert d'eau devenant jaune teinté d'incarnat. Chair assez fine, fondante, juteuse, d'un excellent goût. Arbre fertile, à grefier sur franc. Obtenu au commencement de ce siècle par Van Mons, d'un semis de pépins de Doyenné blanc.
Professeur Du Breuil. — Fruit de grosseur moyenne, de forme allongée, un peu arqué, pédoncule court, gros, placé latéralement, charnu à sa base ; épiderme d'un vert pâle nuancé de vert-gris et carminé du côté du soleil ; — cha'r blanche, fine, juteuse ; eau abondante, acidulée, très-sucrée,' parfumée. Arbre fertile. Cette variété fut obtenue par nous d'un semis de pépins de Louise bonne d'Avranclies que nous fîmes au Jardin des Plantes de Rouen, en 1840. Le Cercle d'Horticulture de cette ville lui donna le nom sous lequel on l'a propagée.
Fig. 41. Doyenné Boussoch.
Beurré Hardy. — Fruit assez gros, obtus ou pyrifonno tronqué, de couleur nuancée d'aurore et de gris ; chair très-fine fondante et parfumée. Arbre très-vigoureux, de fertilité moyenne. Cette poire a été obtenue par M. Bonnet à Boulognesur-Mer et a commencé à se répandre vers 1830.
Beur^'é gris (fig. 4«) ou Ysambertfd'Amboise, Lisambart, Beurré doré. —Fruit assez gros, de forme ovée, de couleur gris doré ou vert, tenté de rouge. Chair fine, fondante; eau parfumée, sucrée, vineuse, acidulée. Arbre fertile de vigueur moyenne, à greffer sur franc et à cultiver en espalier. Le beurre gris a été décrit pour la première fois en 1628 et paraît être originaire de la Normandie.
Fig. 42. Beurré gris.
Fig, 43. Bonne-Louise d'Avranches.
Bonne- Louise d'Avranches (fig. 43) ou Louise-bonne d* An-anches, Louisebonne de Jersey, Bonne de Longuevalle. — Fruit.assez gros, pyiiforme; vert jaunâtre, de couleur rouge ponceau du côté du soleil ; chair assez fine, bien fondante ; eau abondante, sucrée, acidulée. Arbre vigoureux et fertiloi Arbre obtenu de semis, vers 1T70, par M. de Longuevalle, à Avranches (Manche). Le pied mère est mort seulement l'année dernière (1873).
Bergamote lucrative (fig. 44) ou Seigneur (Esperen), Grésil lier , Bergamote Fiévée. — Fruit moyen, turbiné arrondi, ventru, obtus, d'un vert clair passant au jaune maculé de roux ; chair bien fine, fondante, sucrée et parfumée. Arbre très-fer-tile, à grefler sur franc. On pense que cette variété a été obtenue vers 1828, à Maubeuge, par M. Fiévée.
Beurré d'Angleterre ou à* amande, Bec d*oiseau, de Finois. — Fruit moyen, pyri-
forme, de couleur ambrée clair, sablée de noisette; chair mi-fine, fondante, saveur d'amande. Arbre très-fertUe, à greflfer sur franc et à cultiver à haut vent.
Fig. 44. Bergamote lucrative.
Cette variété apparaît pour la première fois dans nos ouvrages de pomologie en 1628. On la croit originaire d'Angleterre.
Octobre et novembre, .
Bevrré Bosc, ou Beurré d'Apremont. — Fruit gros, allongé, bosselé, ventru à la base; d'une couleur gris-jaune; chair très-fine, fondante, juteuse, parfumée.
Arbre fertile, à grefifer sur franc.
Cette variété a été trouvée à l'état de sauvageon à Apremont, près de Grey (Haute-Saône), vers le commencement de ce siècle.
Zéphirin Grégoire (flg. 45). — Fruit petit, arrondi, aplati vers l'œil, replié â l'insertion du pédoncule, vert jaunâtre, rarement frappé de rose ; chair très-fine, fondante, parfumée. Arbre trèsfertile, à greffer sur franc. Cette variété a été obtenue de semis, en 1843, par M. Xavier Grégoire, de Jodoigne (Belgique).
Marie-Louise (fig. 46) ou Marie- Louise Delcoui't, Marie-Louise de Jersey, Marie-Ijouise Duquesne. — Fruit moyen, allongé, jaune pâle taché de vert et de roux doré; chair très-fine, fondante, sucrée, très-parfumée ; fertilité moyenne ; à greffer sur franc. Cet arbre a été obtenu de semis, en 1809, à Mons, par l'abbé Duquesne, qui lui donna le nom de l'impératrice Marie-Louise.
Fig, 45. Zéphirin Grégoire.
Fiy. 46. Marie-Louise.
Fig. 47. Van Mons.
Bewré Dumont. — Fruit gros, cylindrique, bosselé, déprimé à ses extrémités. Épiderme d'un vert clair, ponctué, lavé de roux du côté du soleil; chair fine demi-cassante; eau abc niante, très-sucrée, légèrement musquée. Arbre de fertilité
et de vigueur moyennes. Cette sorte de poire paratt être originaire de Pilbao (Bspagme), d'où efle fut envoyé?, en 1821, aux États-Unis pour apparaître en France en 1849.
Van Mons (Léon Leclerc) (fig. 47). Fruit gros, long, vert pointillé de brun; chair fine, fondante; eau abondante, sucrée et acidulée. Arbre assez fertile ; la tige se couvre toujours de gerçures profondes; à greffer sur franc. Cette variété fut obtenue de semis, à Laval, 18î8, par Léon Leclerc, qui la dédia à Van Mons.
Fig. 48. Doyenné gris.
Fig. 49. N3C plus Meuris.
Doyenné gris (6g. 48) ou Doyenné roux. Doyenné doré, Doyenné rouge, Saint- Michel giiSf Doyenné couvert. — Fruit moyen arrondi, épiderme roux chamois ; chair très-fine, fondante, sucrée, d'un parfum exquis. Arbre très-fertile à greffer sur franc. Cette variété, fort ancienne, était déjà cultivée en Hollande, en 1737. Son origine est inconnue.
Necplus Meuris (fig. 49) ou Beurre d* Anjou. — Fruit gros, oboval, obtus; épiderme jaune, faiblement coloré du côté du soleil ; chair fine, fondante ; eau vineuse et parfumée. Arbre de vigueur et de fertilité moyennes.
Obtenue à Louvain, en 1823, par Van Mons, qui le dédia à Meuris, son chef de culture.
Soldat - laboureur ou Beurré de Blumenbach. — Fruit moyen , pyriforme turbiné^ épiderme jaune clair avec des points do couleur fauve ; chair assez fine, fondante et parfumée. Arbre vigoureux et fertile .
Cette variété a été obtenue de semis, à Malines, vers 1818, par le major Esperen, qui lui donna le nom qu'elle port3 aujourd'hui.
Doyenné du Comice. — Fruit assez gros, sphérique ou turbiné court ; jaune pâle teinté do carmin léger; chair fine, fondante; eau abondante, sucrée, très-
Fig. 50. Duchesse d'Angoulême.
parfumée. Fertilité et vigueur moyennes. Obtenu par le Comice horticole d'Angers ; il fructifia pour la première fois en 1849.
Doyenné blanc on Doyenné^ Saint-Michel, De Neige, Doyenné commun, BeurrJ blanc d*oulonine. — Fruit moyen, presque rond, jaune tirant sur le blanc souvent maibré do vermillon et couvert de taches noirâtres; chair très-fine, fondante avec un parfum des plus agréables. Arbre de vigueur moyenne, très-fertile. Le placer à bonne exposition. Cette variété, des plus anciennes, paraît être d'origine romaine. — il existe une variété à fruits et à rameaux panachés; elle a été trouvée, en 1820, dans les propriétés de M. André Leroy, à Angers.
Duchesse d'Angoulême (fig. 50) ou De Pezenas. — Fruit souvent très-gros, ventru, tronqué aux extrémités, bosselé; veit clair ou jaune citron pointillé de roux ; chair mi-fine, souvent granuleuse au centre, presque fondante, parfumée. Arbre do vigueur moyenne et très-fertile. Le pied mère de cette variété a été trouvé dans le jardin de la ferme des Éparonais, commune de Querré, près Champigné (Maine-et-Loire). Ce pied type est mort en 1862 et paraissait âgé d'au moins un siècle. M. Audusson, pépiniériste à Angers, le remarqua en 1809, le multiplia immédiatement et lui donna le nom sous lequel cet arbre est connu aujourd'hui.
Il y a i:nc variété à fruits et à rameaux panachés qui a les mêmes qualités. — Cette variété est née à Angt rs, en 1840, dans les pépinières de M. André Leroy.
Fin de l'automne et commencement de l'hiver.
Bergamote crassane (fig. 51) ou Bergamote crésane. Beurré plat. — Fruit moyen, rond et plat. Épiderme vert, pointillé de taches olive; chair demi-fine, fondante; eau très-abondante, sucrée, un peu astringente et acidulée. Arbre de fertilité moyenne, vigoureux, à cultiver en espalier. Cette variété fort ancienne paraît remonter à 1670 ou 1675. Quelques pomologues pensent qu'elle serait originaire de la localité nommée Crésane, près Donzy, dans la Nièvre.
Bergamote Crassane.
fig. 52. Beurré Diel.
Figue d*Alençon ou Figue d'hiver, Bonnissime de la Sarthe. — Fruit moyen en forme de figue longue; vert ombré de gris, marbré de teintes fauves; chair ferme, assez fine, mi-fondante ; eau abondante, sucrée, acidulée. Arbre de vigueur
et de fertilité moyennes. La figue d'Alençon a été obtenue, vers 1820, dans une pépinière à M. Lecomte-Mortefontaine, dans la commune de Cussay, près Alençon.
Beurré Diel (fig. 52) ou Beurré royal, Beurré magnifique. Des trois tours, Beurré incomparable. — Fruit gros, pyriforme, tronqué; épiderme vert passant au jaune piqueté de roux ; chair mi-fine, ferme, mi-fondante ; eau assez abondante et sucrée. Arbre vigoureux et fertile. Le pied mère a été trouvé à l'état de sauvageon, vers 1811, dans le village de Perck, entre Bruxelles et Malines. Cette variété fut introduite en France, vers 1821.
Fig. 53. Passe-Colmar.
Fig. 54. Orpheline d'Enghein.
Passe-Colmar (fig. 53) ou Beurré Calmar gris, Passe-Colmar gris, Colmar doré^ Beurré Passe-Colmar doré, Passe-Colmar d*hiver. — Fruit moyen, turbiné court, jaune sablé de roux; chair ferme, bien fine, presque fondante, vineuse, parfumée. Arbre très-fertile ; à greffer sur franc. Cette variété fut obtenue d'un semis fait par l'abbé d'Hardenpont, en 1758, àMons (Hainaut). 11 lui donna le nom qu'elle porte aujourd'hui.
Orpheline d'Enghein (fig. 54) ou Beurré d'Arenlerg (des Belges), Colmar Deschamps, Beurré des Orphelins. — Fruit moyen oblong ou raccourci, vert moucheté de gris à ses extrémités; chair assez fine, fondante, juteuse, vineuse et acidulée. Arbre fertile, de vigueur moyenne; à greffer sur franc. Ce poirier résulte d'un semis fait par l'abbé Deschamps, vers 1820, dans le jardin des Orphelins, à Bnghein (Hainaut).
Beurré d'Arenberg (fig. 55) ou Beurré d'Hardenpont d'hiver (Belgique), Gloux-Morceau, Beuné de Cambron. — Fruit gros, en forme de coing ; épiderme onctueux, vert pâle devenant jaune sulfureux; chair très-fine, fondante, juteuse, sucrée. Arbre assez vigoureux et fertile. Cette excellente poire a été obtenue, il y a cent cinquante ans environ, par le conseiller ecclésiastique Hardenpont, à Paniselle, près de Mons (Hainaut).
Bonne de Malines ou Nélis d'hiver. Beurré de Malines, Colmar Nélis. — Fruit
Fig. 55. Beurré d'Arenberg.
petit, de forme turbinée obtuse et ventrue ou globuleuse, fortement bosselée; épiderme épais, jaune obscur, ponctué de roux. Chair fine, très-fondante,
juteuse, un peu granuleuse ; eau abondante, sucrée, vineuse, acidulée et parftimée. Arbre fertile, de vigueur moyenne. Variété obtenue à Malines, par M. Nélis.
C'est vers 1828 qu'on commença à la cultiver eta France.
Bewré gris d'/iivei' nouveau (fig. 56) ou Beui'ré de Luçon, Beurré de Fmilenayf Beurré gris de Luçon. — Fruit moyen, oviformc tronqué; épiderme vert bronzé, ombré de gris. Chair mifine, fondante, vineuse, sucrée et parfumée; arbre fertile, de vigueur moyenne; à greffer sur franc. — Cet arbre parait s'être développé spontanément aux environs de Luçon, près Fontenay-Ie-Comte (Vendée). Il a été observé, vers 1830, et a commencé à être cultivé quelques années après.
Fig. 56. Beurré de Luçon.
Hiver.
Royale d'hiver ou Spina di Carpi, duchesse de Montebello. — Fruit parfois assez gros, pyramidal, turbiné, tronqué ; vert clair, ombré de gris, devenant d'unbeau jaune à la maturité. Chair jaunâtre, fine, mi-fondante, parfumée. Arbre très- vigoureux, pas très-fertile; la meilleure des variétés pour le climat de la Provence. Variété originaire de Carpi, dans le duché de Modène, où elle parait avoir fait son apparition vers 16C0.
Saint-Germain d'hiver ou Inconnue-la- Fare, Saint-Germain vert. — Fruit moyen, oblong, souvent arqué, vert, jaunissant par la maturation ; chair un peu granuleuse, fondante ; eau sucrée, vineuse, acidulée. Arbre vigoureux, assez fertile, apparten: ni à l'espalier. Cette variété a été trouvée à l'état spontané sur les bords de la petite rivière de la Fare, près de Saint-Germain-d'Arcé, voisin de la petite ville de Lude, en Anjou.
C'est seulement en 1675 que cette variété se trouve indiquée par les pomologistos.
Saint-Germain gris ou Saint- Germain brun. — Variété du précédent. L.lle est caractérisée par les fruits dont l'épiderme est uniformément teinté de- gris brun ; mêmes qualités, mais moins vigoureuses ; à greffer sur franc. Trouvée en 1804, par M. Prévost, pépiniériste, dans le jardin des anciens moines de Saint-Ouen, à Rouen.
On cultive encore une autre sous-variété sous le nom de Saint-Germain panaché. Les firuits et les rameaux sont panachés. Arbre à' greffer aussi sur franc. Cette variété parait être d'origine française et avoir été propagée vers 1819.
Fig 57. Joséphine de Maîines.
Olivier de Serrea. — Fruit moyen, arrondi, jaune doré couvert de fauve ; chair ferme, fondante et fine ; eau abondante, sucrée et parfumée ; vigueur et fertilité moyennes. Cette variété a fructifié pour la première fois, en 1861, chez M. Boisbunel, de Rouen, son obtenteur. Bile résulte d'un semis de pépins de la Fortunée d'Angers. La Société d'horticulture de Paris lui donna le nom qu'elle porte.
Joséphine de Malines (fig. 5T;. — Fruit petit, rond, déprimé vers l'œil, jaune verdàtre; parfois nuancé de rose; chair très-fine, fondante; couleur aurore pâle, vineuse , parfumée. Arbre à greffer sur franc, assez fertile. Variété obtenue à Malines, en 1830, d'un semis fait par le major Bsperen.
Passe-Crassane. — Fruit assez gros, rond, aplati, jaune verdàtre, finement moucheté de roux ; chair assez fine, fondante, juteuse, acidulée et parfumée. Arbre vigoureux et fertile. — Obtenu de semis, en 1855, par M. Boisbunel, pépiniériste à Rouen.
Doyenné d'hiver (fig. 58) ou Bergamote de la Penleeâte, Doyenné de printemps, Seigneur d*hiver. — Fruit gros, obovale, renflé au milieu ; vert parfois nnancé de rougeâtre, jaunissant à la maturité; chair assez fine et fondante; epu un peu acidulée, agréable. Arbre peu vigoureux, très-fertile; à placer en espalier. Cueillir tard. — Cette variété paraît être originaire de Belgique et avoir été introduite chez nous qu'au commencement du xix« siècle.
Fig. 58. Doyenné d'hiver.
Fig. 59. Beurré de Rance.
Doyenne d*Alençon ou Doyenné marbré, Saint-Michel d'hiver. — Fruit moyen, rond ou oval obtus; verdàtre sablé de roux; chair assez fine, fondante, juteuse, acidulée. Arbre de vigueur et de fertilité moyennes. Il y a quelques doutes sut l'origine de cette variété. Les uns pensent qu'elle était déjà cultivée à Orléans, il y a deux siècles et demi ; les autres affirment qu'elle a été trouvée à l'étet sauvage sur une ferme de la commune de Cussay, et que ce fut M. Thuillier, pépiniériste, à Alençon, qui commença à la multiplier en 1810.
Bewré de Rance (fig. 59) ou Bon-chrétien de Rance, Beurré de Noirchain, Hardenpont de printemps. — Fruit assez gros, tronqué aux deux bouts et bosselé; épiderme rude, vert bronzé ; chair grenue, assez fondante ; eau sucrée, acidulée, astringente. Arbre peu fertile , à greffer sur franc et à cultiver en espaUer. Cet arbre existait déjà en 1628, à Orléans. Son origine est restée douteuse.
Bergamote Esperen. — Fruit moyen en forme d'oignon ; épiderme épais, vert pointillé de gris ; chair ferme, très-fine, presque fondante, parfumée. Arbre vigou-
reux, assez fertile. Gett,e sorte de poir^a été obtenue de semis, en Belgique, vers 1830, par 1* major Esperen. Sa culture en France remonte à 1844.
fortunée de printemps ou Bergamote Fortunée, Fortunée Pai'mentier, Fortunée Deremme. — Fruit moyen, trapu; épid3rme assez rude, vert, maculé de gris jaunâtre ; chair fine, tendre, mi-fondante, parfumée. Arbre très-fertile, à greffer sur franc. Ce poirier a été trouvé à l'état sauvage, vers 1828, aux environs d'Engbein (Belgique), par M. Fortuné Deremme. Son introduction en France remonte à 1830.
2° Fruits à cuire.
Memre-Jean ou Messirc-Jean gris, Messire-Jean doré, ChauHs. — Mûrit en novembre ; fruit moyen, turbiné, court, peau rude , olivâtre, à reflets bronzés et nuancé de brun ; chair grosse, graveleuse, <iassante,eau abondante, parfumée . Cette poire fut obtenue d'un semis fait, vers 1550, par un curé de Lorraine qui portait le nom de Jean.
De Curé ou Belle de Berry, Belle Adrienne, Comice de Toulon, Vicaire de Winkfield. — Mûrit de novembre à janvier. Fruit gros» très-allongé, calebasse; épiderme mince, vert clair, jaunâtre, avec une raie longitudinale roussâtre, un peu coloré en rouge-brun du côté du soleil. Chair demi-fine, deihi-fondante ; eau assez sucrée, peu parfumée. A bre très-vigoureux et très-fertile. — Cette belle variété a été trouvée, en 1760, à l'état sauvage dans un bois de la commune de Villiers-en-Brenne, près de Clion (Indre). M. Leroy, curé de cette paroisse, qui fit cette trouvaille, multiplia et répandit cet arbre remarquable.
Martin sec ou de Saint-.)/ ar lin, Rou^^elet d'hiver. — Mûrit en décembre et janvier; fruit petit, en forme de calebasse; épiderme couleur roux clair et jaunâtre, couvert de points gris et largement carminé du côté du soleil; chair blanchâtre, demi-fine, très-cassante, un peu pierreuse au cen^e ; eau peu abondante, sucrée, im peu anisée. Arbre vigoureux, assez fertile. Cette variété paraît
être originaire de Provins ou de Champagne. Elle était déjà cultivée en France, en 1530.
Catillac ou Cadillac, Grand monarque, 7'etonde Vénus, Bon-chrétien d'Amiens. — Mûrit de janvier à mai.
Fruit gros, ventru, obtus; épiderme d'un blanc verdâtre, passant au jaune pâle teinté de rose du côté du soleil. Chair grossière, dur et cassante; eau abondante, peu sucrée, un peu astringente, sans parfum.
Arbre vigoureux, très-fertile.
Belle Angevine ou Bellissime d'hiver, de Bur, Duchesse de Berry d'hiver, Comtesse de Tervueren. — Mûrit de mars à avril. La plus grosse et la plus belle des poires. Fruit trèsgros, très-allongé, obtus, un peu bosselé, ventru ; épiderme jaune d'or, ponctué de fauve, largement coloré de carmin du côté du soleil ; chair tendre, cassante, demi-fine; eau douceâtre sans saveur et sans parfum. Arbre vigoureux, peu fertile; à cultiver en espalier pour avoir de beaux fruits employés surtout à orner le dessert. On pense que cette magnifique variété, connue dès 1690, serait originaire de Bur, près Versailles.
Fig. 60. Bon-chrétien d'hiver.
vCoogIt
TarqiUn ou Epargne d*hiver. — Mûrit de mars en mai. Fruit assez gros, de forme conique allongée, ventru à la base; pédoncule charnu à son point d'attache; épiderme vert, nuancé de jaune pâle et couvert de points bruns; chair blanche, demi-fine, dure, croquante, peu granuleuse; eau peu abondante, peu sucrée et peu parfumée. Arbre vigoureux, assaz fertile. L'origina de cette variété n'est pas connue. Elle a été décrite pour la première fois, en 1768, par Duhamel.
Bon-chrétien d'hiver (fig. 60) ou Bon-chrétien d'Auch, de Saint- 3farlin, Bonchrétien de Vernon, de Boncrustumevien. — MClrit de février en mai. Fruit assez gros, calebasse, anguleux, bosselé; épiderme jaune, teinté de rose du côté du soleil; chair un peu granuleuse, mi-cassante, sucrée, vineuse, peu parfumée. Arbre de vigueur moyenne, pas très-fertile ; à cultiver en espalier. Quoique l'origine de cet arbre soit très-incertaine, on peut du moins affirmer que ce fruit était connu en France dès 1495, et tout porte à croire qu'il est né dans notre pays.
Nous résumons dans le tableau suivant ce que nous venons de dire des variétés qui précèdent.
Nous ferons à l'égard de cette liste les observations suivantes : d'abord les époques de la maturité que nous indiquons sont pour le climat de Paris, d'où il résulte qu'en se rapprochant du nord, la maturité de ces fruits est en retard sur répoque indiquée et qu'elle avance au contraire en allant vers le midi; mais sur quelque point qu'on observe les époques relatives de maturité des diverses variétés, on voit qu'elles ne varient pas.
En second lieu, la position en plein air ou en espalier que nous indiquons s'applique également au climat de Paris. Plus au nord, toutes les variétés devront être placées en espalier, sauf quelques-unes indiquées dans la liste et dont les fruits sont moins bons en espalier. Dans le Midi, tous ces poiriers devront être cultivés en plein air sous peine de les exposer à une température trop élevée en les mettant en espalier, sauf aux expositions froides. Les variétés indiquées pour les murs exposés à l'est ou à l'ouest pourront être aussi bien placées au sud-est ou ^u sud-ouest. Ajoutons, que si nous avons recommandé quelques sortes de poiriers pour les murs au nord, ce n'est pas que ces arbres préfèrent cette position, mais seulement parce que ce sont ces variétés quT la supportent le mieux. D'ailleurs, si les fruits ainsi obtenus sont moins savoureux que ceux développés à une exposition plus chaude, il faut reconnaître que les premiers mûrissent bien plus tardivement que les autres.
Disons enfin que les variétés indiquées comme fruits à cuire ont eu beaucoup d'importance à l'époque où l'on
yGoQgk
n'avait pas pour l'hiver les excellentes poires fondantes que nous cultivons maintenant, ll'nous paraît donc peu convenable aujourd'hui de consacrer à la culture des poires à cuire, au moins dans le jardin fruitier, un terrain qui serait beaucoup plus utilement occupé par des variétés meilleures, se conservant aussi longtemps et ayant bien plus de valeur sur les marchés. L'abandon de ces variétés serait d'autant plus justifié que les meilleures poires d'hiver fondantes sont délicieuses cuites et peuvent être considérées comme des fruits à deux fins.
Gultiire. — Multiplication. — Nous nous sommes occupé précédemment de l'élève du poirier dans la pépinière (p. 10). Nous avons également étudié les soins qui doivent présider à sa plantation à demeure, lorsqu'on choisit des arbres tout greffés (p. 33). Nous devons maintenant dire un mot de l'opération qui consiste à élever soi-même, dans une petite pépinière, les arbres destinés à meubler le jardin fruir lier.
On doit planter en pépinière un nombre de sauvageons d'un quart plus considérable que le nombre d'arbres dont on a besoin, afin de faire la part des accidents et de pouvoir choisir les plus beaux sujets lorsque la greffe sera assez dévcr loppée.
Le poirier peut. être greffé sur trois sortes de sauvageons : le poirier franc ^ le cognassier et V aubépine. Ce dernier sujet n'est employé qu'en Bretagne, parce qu'il ne convient qu'à certaines variétés qui réussissent d'ailleurs sur les deux autres généralement préférés. Le choix à faire entre le poirier franc et le cognassier est déterminé par la nature du sol, la forme à donner aux arbres et le degré de vigueur des variétés qu'on veut cultiver.
Le poirier franc, ohienn par le semis des pépins, produit des arbres toujours plus vigoureux. Les premiers fruits se font attendre plus longtemps, ceux-ci sont généralement moins gros et moins savoureux, mais l'arbre présente une plus longue durée. Ce sujet est toujours préféré, peu importe la nature du sol, lorsqu'on veut former des arbres à haut vent. On l'emploie également pour tous les arbres soumis à la taille lorsque le terrain est exposé à la sécheresse. On le choisit encore pour certaines variétés peu vigoureuses que
vGooçIe
nous avons notées dans la liste qui précède, et cela quels que soient la forme qu'on leur donne et le terrain où on les plante. Le poirier franc sera généralement préféré pour la région du Midi, où tous les terrains sont exposés à la sécheresse.
hQ" cognassier est moins vigoureux que le poirier franc. 11 produit plus tôt, mais il vit moins longtemps. Les arbres qu'on y greffe donnent des fruits généralement plus gros et plus savoureux. On préfère ce sujet pour les terrains plus substantiels, non exposés à la sécheresse et pour les variétés vigoureuses du poirier, quelle que soit leur forme, moins celle à haut vent.
Enfin il est certaines variétés,- telles que le doyenné d'hiver, qui, d'une vigueur insuffisante, réussissent mal sur le cognassier, et dont les fruits sont médiocres lorsqu'ils sont greffés sur franc. Pour ces variétés, on les surgreffe, c'est-àdire qu'on greffe sur cognassier une variété très-vigoureuse, le sucré vert, le curé, la jaminette; puis on greffe sur ces arbres la variété qu'on veut cultiver.
Ces considérations s'appliquent non-seulement aux sujets qu'on veut greffer soi-même, mais encore aux arbres que l'on achète tout greffés.
Quant aux moyens de se procurer les sujets que l'on greffe soi-même, le plus simple consiste à acheter dans les pépinières de jeunes plants de poirier franc d'un an de semis, ou des boutures ou marcottes de cognassier présentant le môme âge.
Si la végétation de ces sujets est vigoureuse, on les greffe en écusson Vitry dès le mois d'août qui suit leur repiquage; s'ils sont encore trop faibleg, on retardera l'opération d'une année. Si au printemps suivant la greffe en écusson n'a pas réussi sur certains sujets, on la remplace par la greffe en fente anglaise ou par celle en couronne perfectionnée. (Voir la note de la page 10.)