Bourgeon du poirier soumis à la torsion
Fig. 145. Dard du poirier
né vers le tiers inférieur
des prolongements.
f^. tm. Bwsi dm parier, laiMau né «an le tia» inférieur de la laoflpBar en i^nlmgement.
plus, lis ont donné lieu à autant de petits rameaux longs dé 0'",0Z( à 0"%a8 et semblables à celui de la figure l/i6. Ce sont aussi des dards. On n'a non plus aucune opération à leur appliquer lors de la taille d'hiver.
Enfin, vers le tiers supérieur du prolongement {fig. 135), les bourgeons ont poussé avec plus de vigueur ; mais on &/ dû les soumettre au pincement ou à la torsion. Ils ont donné lieu à la série de rameaux suivants : les uns, peu vigoureux
OU de vigueur moyenne, sont semblables à celui de la figure 147. On les casse complètement en A, à C^jOS ou G",!© de leur base, immédiatement au-dessous d'un bouton et toujours de façon à ce qu'il reste au moins trois boutons bien formés au-dessous de la partie cassée. Ce cassement complet fatigue le rameau en produisant une plaie contuse et déchirée. On est alors moins exposé à voir les boutons inférieurs se développer en bourgeons vigoureux; le petit prolonge-
Fig. 147. Rameau du poirier pincé
^ndant l'été, soumis au cassement
complet en hiver.
Fig. 148. Rameau du poirier pincé
plusieurs fois pendant l'été et soumis
au cassement partiel en hiver.
Hierit laissé entre le point cassé et le bouton situé au-dessous vient encore favoriser la mise à fruit des boutons, «n permettant à la sève de dépenser une partie de son action dans cette issue. .
D'autres rameaux plus vigoureux, et qui ont été soumis pendant l'été à des pincements réitérés, ressemblent à celui de la figure iUS, Ceux-là doivent recevoir le cassement partiel (B) pratiqué comme l'indique notre figure. Si on les cassait complètement, la sève, plus abondante que dans les autres, serait restreinte dans des limites trop étroites et ferait développer en bourgeons vigoureux les boutons inférieurs qu'on
veut mettre à fruit. Ce cassement partiel laisse une issue suffisante à la sève tout en en retenant assez pour que les boutons inférieurs donnent lieu à une rosette de feuilles. Il est bien entendu que ce cassement partiel doit aussi être pratiqué î^u-dessus de trois boutons bien constitués. •
Quant aux bourgeons qui ont reçu la torsion pendant Tété précédent, ils offrent l'aspect de celui de la figure Mi9. On les soumet au cassement complet en A s'ils sont peu vigoureux ou de vigueur moyenne, ou au cassement partiel en B et complet en A, s'ils sont très-vigoureux. Les rameaux que nous venons d'examiner sont les seuls qu'on devrait trouver sur le prolongement indiqué par la figure 135, si les opérations de pince- Fig. 149. Rameau du poi- ment et de torsiou avaient été bien faites rier soumis à la torsion pendant l'été précédent. Mais il se pourra Utrc^/^pr/a^; que l'on ait oublié de les appliquer à l'hiver. quclqucs bourgeons. Ceux-ci auront
alors produit des rameaux longs de O'",30 à 0"',80, et plus ou moins gros. Lorsque ces productions sont très -minces et ne dépassent pas 0"S30 à O^jZiO de longueur, on leur donne le nom de brindilles. Si ces sortes de rameaux sont laissés entiers, ils pourront se mettre à fruit; mais ceux-ci naîtront vers le sommet, et par conséquent sur un point peu favorable à leur développement; d'ailleurs ces longs rameaux à fruit détermineront de la confusion dans l'arbre; il sera donc utile de rapprocher la production de la branche principale en raccourcissant ces brindilles. Pour cela, on cassera complètement ces rameaux à 0"»,12 de leur base, en C, s'ils sont faibles ou de vigueur moyenne (fig. 150). S'ils sont vigoureux, on les cassera complètement à 0",25de leur base, puis on les rompra partiellement au milieu de la partie conservée (fig, 151). Enfin, lorsque ces rameaux auront une grande vigueur, qu'ils auront pris le caractère de rameaux^ourmands, on les transformera facilement en rameaux à fruit en plaçant à leur base une ou deux greffes de rameaux à fruitindiquées au chapitre des greffes dans le premier volume de cet ouvrage. Si l'on a recours à la greffe de côté Girardin,
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le rameau sera coupé au printemps, immédiatement au-dessus du point où la greffe a été opérée.
Troisième année. — Pendant l'été qui a suivi les diverses opérations d'hiver que nous avons décrites, et comme conséquence de ces opérations, les rameaux ont donné lieu aux productions, suivantes.
Les petits dards situés vers la base des prolongements [fig, Mi^) ont développé seulement une rosette de feuilles por-
Ftflf. loO. Brindill^e du poirier soumise au cassement complet.
Fig. 151. Brindille vigoureuse du poirier soumise au double cassement.
tant un bouton au centre et se sont allongés de quelques millimètres. Ils présentent après la végétation, comme l'indique la figure 152, un bouton, très-gros à leur sommet. Ce bouton épanouira ses fleurs au printemps. Ces petits rameaux, qui sont à leur troisième année de formation, sont ainsi constitués en rameaux à fruit. On leur donne le nom spécial de lambourdes.
Les dards {fig. lZi6) ont développé deux ou trois bourgeons très-courts, qui ont donné lieu aux petits rameaux indiqués par la figure 153.
Il en est de même des rameaux soumis au cassement com-
plet ou partiel {fig. 147, 148, ili9, 150 et 151); deux ou trois de leurs boutons se sont allongés en bourgeons de quelques
Fig. 132. Petit dard à la base des prolongements transfonné en lambourde.
Fig. 158. Autre dard âgé de deux ans.
millimètres et ont donné lieu à autant de petits rameaux trèscourts que montrent les figures 15/i, 155 et 157.
Si, pendant l'été, l'un des boutons situés vers le sommet
Fig. 154. Rameau du poirier soumis au cassement complet depuis un an.
Fig. 155. Rameau du poirier soumis au cassement partiel depuis un an.
de ces rameaux s'est allongé en bourgeon un peu vigoureux, on aura dû le pincer à 0",08. Le petit rameau A {fig, 157) résulte de ce pincement. Il n'y aura d'ailleurs aucune opération à appliquer à ces diverses productions pendant ce se-
cond hiver. Si Ton faisait quelque retranchement vers leur extcémité, on s'exposerait à faire développer en bourgeons les boutons de la base qu'on veut transformer en boutons à fleurs.
Quatrième année, ' — Pendant le troisième été, la lambourde que montre la figure 152 a fructifié. 11 s'est formé, au ■ ■ ■ / : j
Fig. 156. Lambourde de poirier après sa première fructification.
Fig. 157. Brindille vigoureuse Fig. 158. Lambourde de poirier d'un an,
de poirier soumise au double cassement pourvue d'un petit rameau,
j . depuis un an. .'.,.»
point où étaient attachés les fruits et la rosette de feuilles qui les accompagnait un renflement spongieux qu'indiquent les figures 156 et 158. On donne à cette production le nom de bourse. On remarque en outre quelques boutons nés à l'aisselle des feuilles de cette bourse et portés sur des rameaux très-courts. Ces boutons se transformeront d'eux-mêmes en boutons à fleurs dans l'espace de deux ou trois ans. Quelquefois l'un des yeux placés à l'aisselle des feuilles formant la rosette s'est développé en bourgeon plus vigoureux, A {fig, 159). On a dû le soumettre au pincement à 0^',10. Le petit rameau
qui en résulte (A fig, 158) reçoit alors le cassement complet en C. Toutefois il sera préférable de pincer ce bourgeon A {fig. 159) au-dessus de la feuille la plus basse, et cela pendant Tété qui préside à son développement. On empêchera ainsi les lambourdes de s*allonger autant, on déterminera la formation d'un plus grand nombre de boutons à la base des feuilles qui forment la rosette et la sève non absorbée par
Fig, 159. Bourgeon d'une lambourde soumis au pincement court.
ce bourgeon tournera au profit de l'accroissement des fruits. Le seul soin à donner aux bourses consiste à retrancher en A (fig, *156) ou en B {fig, 158) le sommet qui est en état de décomposition .
Les dards {fig, 153) ont allongé leurs petits rameaux de quelques millimètres, et ceux-ci sont terminés par un bouton à fleur qui va s'épanouir {fig. 160) et qui donnera lieu à une bourse comme celle de la figure 156. On lui donnera, lors de la taille d'hiver suivante, les mêmes soins qu'à cette dernière.
Les rameaux soumis au cassement complet {fig. 15/i) portent aussi des boutons à fleurs {fig. 161). Le moment est venu de retrancher en D le petit prolongement laissé à leur extrémité. On donnera aussi aux bourses qu'ils produiront le» soins que nous venpns d'indiquer. Enfin les rameaux soumis au cassement partiel {fig. 155 et 157) portent aussi de petites lambourdes {fig, 162 et 163). Il convient alors de retrancher en A l'extrémité de ces rameaux ; car, les boutons à fleurs étant formés, on n'a plus à craindre que l'action de la sève,
Fig. 160. Dard à sa troisième année Fig. 161. Rameau deux ans après le et portant des lambourdes. cassement complet et portant des lambourdes,
restreinte dans des limites trop étroites, ne les fasse s'allonger en bourgeons vigoureux.
On a dit et écrit, il y a quelques années, qu'en supprimant les fleurs centrales sur les bouquets de fleurs du poirier, au moment de leur épanouissement, on fait nouer un plus grand nombre de fruits sur ces bouquets, et que la production en est augmentée.
Théoriquement cette opération paraît être assez rationnelle, car on économise ainsi la sève au profit des fleurs conservées.
Mais comme nous sommes du nombre de ceux qui pensent que la théorie doit toujours être sanctionnée par la pratique, nous avons voulu expérimenter ce dire. Or voici les résultats des essais que nous avons tentés au jardin fruitier de l'École municipale pratique de Saint-Mandé, à Paris.
En 1872, nous avons opéré sur vingt poiriers de Doyenne d'hiver en espalier, disposés en cordons obliques. Dix de
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ces arbres ont été soumis à cette suppression, et dix autres, placés alternativement entre les premiers, ont été laissés intacts. Au moment de la récolte, on a comparé entre eux les produits de ces deux séries d'arbres, et nous n'avons trouvé aucune différence appréciable.
Cette année (1873), nous avons répété cette expérience sur d'autres Doyennés d'hiver, mais seulement au nombre de
Fig. 102. Rameau deux après le cassement partiel et portant des lambourdes;
Fig. 163. Rameau pourvu de lambourdes, deux ans aprè's le double cassement.
douze; ils étaient cultivés sous forme de contre-espaliers à double face et en cordons verticaux. Comme nous l'avions fait l'année précédente, six d'entre eux ont subi la suppression partielle des fleurs, et les autres, pris alternativement, y ont été soustraits. La récolte, faite à la fin d'octobre, nous a donné les résultats suivants :
Les six poiriers non soumis à la suppression ont produit 68 fruits.
Les six arbres opérés en ont donné 65. Nous n'avons pas non plus constaté de différence dans la grosseur des poires, dans l'un et l'autre cas. Nous nous croyons donc autorisé à conclure que cette suppression partielle des fleurs n'a aucune influence sur l'abondance du produit.
Soins d'entretien. — Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la lambourde {fig, 156) qui a fructifié pourra porter de nouveaux boutons à fleurs deux ou trois ans après, en se ramifiant, comme le montre la figure 16/i. Il en sera de même
Flg. 164. Lambourde Fig. 165. Lambourde
âgée de six an>. âgée de huit à dix ans.
pour chacune des petites lambourdes situées sur les rameaux dont nous venons de parler. Six ans après leur première fructification, chacune de ces lambourdes pourra être constituée comme l'indique la figure 165. Sr enfin ces lambourdes ne sont pas gênées dans leur développement et que les arbres soient assez vigoureux, elles pourront, au bout d'un certain temps, off'rir l'aspect de la figure 166. Or nous devons examiner si Ton doit laisser prendre à ces productions cet accroissement indéfini. S'il en était ainsi, les fruits se trouveraient bientôt atta^shés à une assez grande distance de la branche principale et ne recevraient ainsi qu'une* action insuflasante de la sève ; cette action serait encore gênée par les petites ramifications plus ou moins difi*ormes qu'elle aurait à traverser et qui entraveraient sa marche. D'ailleurs, des lambourdes ainsi développées produiraient dans l'arbre une
confusion telle, que la lumière ne pourrait plus pénétrer entre les branches, et que les productions fruitières ne se maintiendraient plus qu'à la circonférence de l'arbre; ou bien il faudrait diminuer beaucoup le nombre des branches de la charpente et laisser un grand intervalle entre chacune des lambourdes. .
De ce qui précède résulte donc la nécessité de maintenir les lambourdes dans de certaines limites de développement. Il sera bon de ne pas leur laisser dépasser 0'",06 à 0™,07 de longueur. Ainsi, lorsqu'elles auront atteint les dimensions
de celleè de la figure 165, on en retranchera le Kommet au point A. L'action de la sève sera ainsi refoulée vers la base,
G o'^ ^^^'^^^ ^* ^^^ y verra
naître de nouveaux boutons qui se transformeront eux-mêmes en boutons à fleurs. Toutefois il sera utile de profiter, pour faire ces retranchements, de la présence d'un ou plusieurs boutons à fleurs au-dessous de la section. Autrement, s'il n'y avaif que des boutons à bois, ceux-ci pourraient s'allonger en bourgeons.
Si déjà on a laissé acquérir à ces lambourdes de trop grandes dimensions [fig, 166), il faudra les restreindre, mais d*une manière progressive; on les coupera d'abord en B, puis l'année suivante en G, et ainsi de suite. Si on les coupait immédiatement en D, on s'exposerait à ce que l'action de la sève, trop restreinte, fît développer des bourgeons vigoureux et que ces lambourdes fussent transformées en rameaux à bois.
Malgré les soins d'entretien que nous venons de décrire pour la conservation des lambourdes après leur obtention, il
Fig. 166. Mode de taille d'une lambourde très-vieille.
pourra arriver que, par suite de certains accidents, ces rameaux à fruit disparaissent et laissent des vides sur l'étendue des branches de sa charpente. On pourra tenter de combler les vides par l'emploi de la greffe de côté Girardin, décrite au chapitre des greffes dans le premier volume de cet ouvrage. Disons toutefois que le succès de cette opération ne sera assuré que pour les branches saines et vigoureuses. S'il s'agit de branches âgées, plus ou moins languissantes et à écorce rugueuse, cette sorte de greffe réussira difficilement. Telle est la série d'opérations à l'aide de laquelle on constitue et l'on entretient les rameaux à fruits dans les arbres à pépins. On a vu que c'est en diminuant, par des mutilations successives, la vigueur des rameaux latéraux des branches de la charpente que l'on obtient ce résultat. Mais il ne faut pas oublier que la taille très-longue des prolongements annuels des branches de la charpente vient aider puissamment à atteindre ce but en ouvrant une issue plus large à la sève, qui agit alors avec moins d'intensité sur le développement de chacun des bourgeons. La taille presque toujours beaucoup trop courte que l'on applique à ces prolongements détermine au contraire l'apparition de bourgeons d'une vigueur extrême qui ne peuvent être transformés en rameaux à fruits qu'après cinq ou six ans de mutilations continues. Le plus souvent ces bourgeons vigoureux ainsi mutilés ne donnent lieu qu'à des têtes de saule ifig, 167, p. 216) ou à des nodosités complètement stériles.
Autre mode de formation des rameaux à fruits pour les arbres trop serrées ou à branches tortueuses ou difformes, — Le plus souvent encore aujourd'hui on laisse trop peu d'intervalle entre les poiriers, surtout pour ceux en espalier; il en résulte que, la charpente ne pouvant prendre une étendue suffisante, la sève n'a pas assez d'espace pour dépenser utilement son action, et, lorsque ces arbres sont complètement formés, on n'obtient plus chaque année, sur tous les points, que des rameaux vigoureux sans jamais voir naître un bouton à fleur. Si ces arbres sont une fois trop rapprochés les uns des autres, il ne faudra pas hésiter à en enlever un sur deux. Mais, s'il ne manque à ces arbres qu'un quart, par exemple, de l'espace qui leur serait nécessaire, on pourra les
faire se mettre à fruit en remplaiçant le mode de formation des lambourdes décrit plus haut par Topération. suivante, qui a été employée avec une rare intelligence par M. A. Cossonnet, qui était propriétaire-cultivateur à Longpont (Seineet-Oise). Le même moyen sera employé pour les arbres dont les branches de charpente, noueuses, tortueuses et difformes, ne permettent pas à la sève de dépenser son action surabondante au profit du bourgeon terminal.
On soumet au pincement habituel le quart environ des bourgeons latéraux des branches de charpente. Tous les autres sont laissés intacts. Dans le courant de juillet, on coupe les plus vigoureux, parmi ces derniers, immédiatement au-dessus du petit empâtement qu'ils offrent à leur base. Les moins vigoureux sont coupés quinze jours ou trois semaines plus tard, à 0'»,01 ou 0™,02 de leur base.
Les boutons stipulaires ne tardent pas à se développer à la base des rameaux vigoureux coupés au-dessus de Tempâtement, ils s'allongent à peine d'un centimètre avant la cessation complète de la végétation, et se transforment d'euxmêmes, les années suivantes," en rameaux à fruits. Quant aux rameaux moins vigoureux et qu'on a coupés un peu plus longs ils développent Tannée suivante un ou deux petits rameaux qui finissent également par se mettre à fruit.
Si cependant quelques-unes de ces productions donnaient lieu Tannée suivante à de nouveaux bourgeons vigoureux, on les traiterait de la même façon jusqu'à ce qu'enfin elles donnent lieu à une lambourde.
Cette série d'opérations est complétée par la présence des bourgeons gourmands qu'on laisse se développer chaque année à Textrémité des branches de charpente. Ils- sont plus ou moins nombreux, selon que Tarbre offre une plus ou moins grande surabondance de séve.iGes bourgeons donnent lieu à des rameaux vigoureux qui sont supprimés chaque année au momeut de la taille d'hiver, et qui sont aussi remplacés chaque année par de nouveaux bourgeons développés pendant l'été suivant.
Il résulte de l'ensemble de ces soi^s que la surabondance de la sève se trouve dépensée pour le développement, soit des bourgeons latéraux qu'on laisse pousser librement jusqu'en
juillet, soit des bourgeons gourmands de Textrémité qui agissent là comme des tire-sévt. Grâce à cet emploi de l'action de la sève, un certain nombre des petits rameaux les moins vigoureux peuvent se transformer en lambourdes. Si, au contraire, on soumettait tous les jeunes bourgeons de ces arbres au pincement rigoureux que nous avons indiqué, l'action de Ja sève, ne trouvant pas dMssues suffisantes; agirait avec force sur les boutons qui, sans elle, se seraient transformés en boutons à fleurs, et les fait développer. au contraire en bourgeons vigoureux ■:,.'.. ' : > . »
Ces procédés sont les seuls à Taide desquels on puisse faire mettre à fruit les arbres placés dans les conditions que nous venons d'indiquer. Mais on remarquera qu'il y. aurait bien plus d'avantage à employer cette surabondance: de la sève à étendre la charpente des arbres, îplu tôt que d'user chaque année sou action au profit de production qu'on supprime sans cesse. Il y aura donc tout profit à laisser, entre chaque arbre, un espace suffisant et à donner aox branches jde charpente, une direction telle, que la sév,e. surabondante puisse sedépenser au profit du' bourgeon terminal: II" suffira alors 'de leur, appliquer le mode d'obtention des rameaux à fruit décrit en premier lieu. ' ' .. î ■ • j : • :,- ; .-
Soins à donner aux fruits.' — Disons, pour. compléter ce qui précède, que rien ne concourt plus à .épuiser les arbres et à anéantir les lambourdes du poirier que la surabondance: des fruits, lesquels absorbent ^presque' toute la sève. Non-seulement il ne se forme pas de nouveaux boutons pour l'année suivante, mais souvent ceux qui existent, s'éteignent, faute de nourriture. Les branches principales ne fournissent qu'un chétif rameau terminal, et les racines ont à peiné la force de développer de nouveaux prolongements capables d'aller puiser leur nourriture dans une zone de terre qui n'ait pas été appauvrie par la végétation précédente. L'arbre reste donc languissant et stérile pendant les îînnées suivantes. D'ailleurs,' le but que la nature se propose d'atteindre par la fructification des arbres fruitiers; est difl'érent de celui que l'homme a en vue. La première a seulement pour but la production dé' la plus grande quantité possible de graines, et cela indépendamment de la pulpe des fruits, afiti d'accroître dans la plus
grande proportiod la multiplication de chaque individu. L'homme a en vue seulement la production de la plus grande masse possible de matière pulpeuse, sans avoir égard aux graines. Or la quantité des graines est en raison du nombre des fruits, et plus ceux-ci sont nombreux, moins ils sont pulpeux et de bonne qualité.
Il y a donc tout avantage à supprimer les fruits trop nombreux, afin de régulariser la fructification et d'avoir des produits de bonne qualité. On perd ainsi sur le nombre, mais on a la même quantité en poids, car les fruits conservés profitent de la sève de ceux qu'on a supprimés, et d'ailleurs les arbres non épuisés par cette production surabondante sont encore fertiles pour l'année suivante. Quant à la proportion de fruits qu'il convient de laisser sur chaque arbre, on suivra à cet égard la règle suivante. On laissera environ dix fruits par mètre de longueur de branches pour les variétés à petits fruits; six pour les variétés à fruits moyens; et enfin quatre seulement pour les poiriers à très-gros fruits. 11 cpnviendra de faire porter les suppression^;, autant que possible, sur les parties les moins vigoureuses de l'arbre dans l'intérêt de l'équilibre de la végétation.
On procédera à cette suppression seulement lorsque la nature aura fait son choix, c'est-à-dire lorsque les fruits auront acquis le premier quart environ de leur développement; ce sera, pour le climat de Paris, vers la fin de juin.
Duhamel conseille, dans son Traité des arbres fruitier s j pour augmenter la coloration des poires, de mouiller, avec de l'eau fraîche, le côté frappé directement par le soleil, lorsque ces fruits ont atteint la moitié de leur développement. Cette opération doit être répétée plusieurs fois par jour et jusqu'au moment de la récolte. On est arrivé ainsi à faire acquérir une couleur rouge assez intense au beurré Diel et au bon-chrétien Napoléon, qui restent toujours d'un vert jaunâtre. Nous renvoyons à la page 278 pour les moyens à l'aide desquels on augmente la grosseur des poires.
Culture du poirier dans les Jardins fruitiers du Midi. — Le poirier peut, comme nous nous en sommes assuré, donner d'excellents produits sous le climat du Midi, même dans la région de l'olivier. Tout ce que nous venons de
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dire de sa culture pou» le Nord et le climat intermédiaire s'applique également au Midi, sauf les observations suivantes :
1° Par suite du climat, les arbres sont beaucoup plus exposés à la séclieresse que partout ailleurs. Si Ton plantait des arbres greffés sur cognassier, les racines de cette sorte de sujet s'enfonçant très-peu au-dessus de la surface du sol, il en résulterait qu'elles souffriraient beaucoup de la sécheresse et que l'arbre ne pourrait vivre que pencTant un très-petit nombre d'années. Il faudra donc ne planter, au moins dans la région de l'olivier, que des arbres greffés sur franc, et cela quels que soient le degré de vigueur des variétés et la richesse du sol ;
S"» Pour les poiriers cultivés dans le Midi, le palissage contre les murs est plutôt nuisible qu'utile, par suite de l'excès de chaleur à laquelle ils sçront ainsi exposés. Les murs placés au nord et au nord-ouest pourront seuls recevoir des poiriers. Il conviendra donc en général de ne cultiver ces arbres qu'en plein air, soit non palissés, soit fixés sur des contre* espaliers.