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CULTURE DU POMMIER DANS LE JARDIN FRUITIER

La culture du pommier dans les jardins fruitiers ne diffère nullement de celle du poirier. Nous ne pourrions donc que

répéter ici ce que nous avons dit à l'égard de ce dernier arbre. Nous ferons toutefois les observations suivantes :

Et d'abord presque toutes les variétés de pommiers peuvent être placées en espalier ; mais le plein air leur est plus favorable. Cette espèce redoute, plus que le poirier, les expositions chaudes ; il lui faut un air vif et un peu humide. Néanmoins quelques variétés, telles que la Reinette du Canada ^ le Calville blanc, VApi, etc., supportent plus facilement la chaleur et pourront être placées en espalier, mais de préférence à l'exposition de l'ouest.

Toutes les formes de charpentes recommandées pour le poirier conviennent également au pommier. Toutefois, le pommier s'accommode parfaitement de la forme en cordons horizontaux. Ces cordons, bordant toutes les plates-bandes du

Fig. 224. Pommier soumis à la forme en cordon horizontal bilatéral.

jardin fruitier, et occupant ainsi un emplacement qu'on n'utiliserait pas autrement, pourront présenter une longueur totale suffisante pour donner la quantité de pommes dont on peut avoir besoin. Nous conseillons donc d'adopter généralement pour le pommier cultivé dans le jardin fruitier la forme en cordons horizontaux que nous allions décrire.

Pommiers en cordon horizonal. ~ Les pommiers en cordon horizontal peuvent être soumis à deux dispositions différentes que nous devons examiner séparément.

Cordon horizontal bilatéral {fig. 224). — Cette forme n'est pas nouvelle. Elle existait déjà en 1818 chez M. Bertrand, pépiniériste à Auxerre.

On procède de la manière suivante pour former ces cordons : planter de jeunes arbres de deux ans de greffe, écussonnés sur paradis ou sur doucin, ce dernier sujet seulement pour les terrains secs et brûlants. Cboisir des arbres portant deux

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rameaux d'égale force opposés l'un à l'autre et placés àO'",/iO au-dessus de la greflFe. Planter ces arbres en ligne, à 0"\25 du bord de la platebande, et de façon que ces deux rameaux soient dirigés parallèlement à la ligne de plantation. Réserver entre ces arbres un intervalle de l^jô^ s'ils sont greffés sur paradis, et de 2 mètres s'ils sont greffés '§\ sur doucin. Tendre au-dessus de la ligne, et à 0™,40 du sol, un fil de fer galvanisé fi.j n» 1/t. Couper, lors de la plantation, le tiers de la longueur des deux rameaux, puis les abandonner à eux-mêmes jusqu'au moment de la taille de Tannée suivante. Alors abaisser les deux bras dans une position horizontale; les fixer sur le fil de fer, et favoriser le plus possible le développement du bourgeon terminal de chaque bras. Laisser ce dernier se redresser librement pendant tout le temps de la végétation et coucher horizontalement, l'hiver suivant, le rameau qui en résulte, sauf l'extrémité qu'on doit relever suivant l'angle d'environ Ub"* pour aider à son allongement. Répéter les mêmes opérations chaque année, en laissant toujours chacun des nouveaux prolongements des bras sans les tailler. La position horizontale dans laquelle on les place suffit pour faire développer en bourgeons tous les boutons qu'ils portent. Lorsque les cordons commencent à se joindre,taillerchaque année leurextrémité, comme nous l'indiquons au chapitre des principes généraux de la taille, page 85.

Cordon horizontal unilatéral {fig, 225.) — Cette disposition diffère de la première en ce que chacun des arbres se compose

d'un seul bras, et que ces bras sont dirigés tous du même c6té.

On procède ainsi à la formation de ces cordons :

Choisir des pommiers d'un an de greffe sur paradis si le sol est de bonne qualité, ou sur doucin si le sol est sec et brûlant. Les planter en une seule ligne à 1",50 d'intervalle pour les paradis, et à 2 mètres pour les doucins. Supprimer, en les plantant, le tiers de la longueur des jeunes tiges, et abandonner le développement à lui-même pendant tout l'été.

L'année suivante, lors de la taille d'hiver, placer un fil de fer galvanisé n» iU (A) sur la ligne de plantation; ce fil de fer, solidement fixé à chaque extrémité, est roidi le plus possible au moyen d'un tendeur B, et supporté tous les 8 mètres par

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Fig. 226. Greffe par approche pour les pammiers en cordon horizontal unilatéral.

un petit poteau en bois (C) à 0",40 au-dessus du sol. Ce fil de fer ainsi placé, abaisser chacune des tiges dans une position horizontale en les fixant sur le fil de fer et de façon à ce que la partie de la tige située au-dessous du fil de fer reste dans une position verticale. Pendant l'été suivant, supprimer tous les bourgeons qui naissent sur la partie verticale de la tige. Ils absorberaient trop de sève au détriment de la partie horizontale. Laisser le bourgeon de prolongement complètement libre, afin d'augmenter sa vigueur. Lors de la taille d'hiver suivante, opérer les rameaux à fruits comme ceux du poirier. Laisser le nouveau prolongement entier et le coucher sur le fil de fer en redressant un peu son extrémité. Sa position

horizontale suflat pour y faire développer tous les boutons. On continue ce mode d'opérer jusqu'au moment où chaque tige, en s'allongeant, rencontre la naissance de la tige suivante; ce moment venu, on a conseillé, jusqu'à ces dernières années d'opérer ces arbres de la manière suivante : dès que les tiges ont dépassé de 0™,40 l'arbre qui suit, on greffe par approche, en mars, l'extrémité de chaque tige en D au point de départ du cordon suivant. Cette greffe est pratiquée comme le montre la figure 226. L'année suivante, la greffe étant parfaitement soudée, on coupe Textrémité des cordons en A. On espérait alors que la sève surabondante d'un arbre passerait au profit de l'arbre suivant, et que la sève pouvant ainsi parcourir toute la longueur de la ligne, tous ces petits arbres

Fig, 227. Pommiers en cordon horizontal unilatéral non grefTés.

présenteraient le même degré de vigueur. L'ensemble de cette plantation présentait alors l'aspect de la figure 225.

Mais nous avons reconnu que l'équilibre de la végétation qu'on espérait établir entre les divers arbres de la même ligne au moyen de ce greffage est loin d'être obtenu. D'un autre côté, les arbres ainsi greffés les uns sur les autres ne sont plus terminés par un bourgeon vigoureux renouvelé chaque année et destiné à entretenir une vigueur suffisante . dans chacun de ces arbres (page 85). Nous pensons donc qu'il est utile de renoncer à ce greffage et de procéder de la manière suivante :

Dès que l'extrémité de la tige a dépassé la naissance du cordon de l'arbre suivant, redresser cette extrémité suivant l'angle de /t5° environ et la maintenir dans cette position à l'aide d'un petit tuteur piqué dans le sol et fixé sur le fil de fer (A, fig. 227). Le rameau ainsi fixé est taillé de façon à lui

conserver une longueur d'environ 0™,20. Pendant Tété, favoriser le développement d'un bourgeon terminal. L'hiver suivant, le rameau qui en résulte est taillé près de sa base audessus d'un bouton bien constitué pour avoir un nouveau bourgeon de prolongement, et ainsi de suite chaque année.

Les cordons de pommiers soumis à ce traitement présentent l'aspect de la figure 227.

Nous préférons les cordons unilatéraux aux cordons bilatéraux pour les motifs suivants :

1° on n'a pas à maintenir l'équilibre de la végétation entre les

deux bras de chaque arbre;

2° on gagne une année sur la

formation de la charpente;

30 enfin on peut établir ces

cordons parallèlement à la

pente du sol sur les terrains

inclinés,ce que l'on nepeutfaire

avec les cordons bilatéraux.

Lorsqu'on aura à établir ces

cordons unilatéraux sur un

terrain en pente, il faudra tou-

jouris diriger le cordon vers le

sommet de la pente, autrement,

la sève étant obligée de suivre

une direction contraire à sa

tendance naturelle, le cordon

ne pourra pas s'allonger.

Si, par suite d'une cause

quelconque, les cordons unilatéraux poussent trop vigoureusement, et tardent à se mettre

à fruit, on aura recours aux moyens suivants pour diminuer

Fig. 228. Double greffe pour les cordons de pommiers.

leur vigueur : 1* supprimer un arbre sur deux, de façon à doubler la longueur du cordon à fournir par chacun d'eux; 2* greffer par approche, comme nous l'avons expliqué plus haut, Textrémité du cordon d'un arbre sur la naissance du cordon suivant {/ig, 226). Ne faire cette opération que pour un arbre sur deux. Lorsque après deux ans la soudure est complète, supprimer Textrémité du greffon en A, puis couper la tige de l'arbre qui a reçu cette greffe. Cette section est faite au sommet de la partie verticale de cette tige. L'arbre qui a fourni le greffon est alors obligé de nourrir un cordon une fois plus long que celui qu'il alimentait avant. On pourra hâter le moment où les cordons se joindront assez pour être greffés en employant la double greffe indiquée par la figure 228. Il conviendra de choisir pour cela un rameau C de même grosseur que le prolongement A. Lorsque la soudure de cette double greffe sera complète, au bout de deux ans, on coupera l'extrémité du rameau G immédiatement au-dessus du point où il est greffé avec la tige B; 3** enfin on a conseillé également, pour diminuer la vigueur de ces arbres, de laisser développer sur le dessus de chaque cordon et à sa naissance un bourgeon vigoureux, destiné à former un second cordon parallèle au premier et placé à 0™,/iO au-dessus de ce dernier. Ce procédé est beaucoup moins convenable que les précédents. Le cordon supérieur empêche toujours celui de dessous de conserver une vigueur sufiisante, puis cette élévation de 0™,80 résultant de ces deux cordons superposés devient un obstacle pour arriver facilement du chemin aux espaliers ou aux contre-espaliers.

Soins à donner aux rameaux à fruit du pommier. —Le pommier présente un mode de fructification semblable à celui du poirier. Les boutons à fleurs naissent sur des rameaux peu vigoureux, âgés de deux ou trois ans. Pour former ces rameaux à fruit du lambourdes, on applique à cet arbre les mêmes soins qu'au poirier; ainsi les bourgeons sont soumis au pincement à mesure qu'ils arrivent à une longueur de CnjlO à 0™,15, et ces pincements sont répétés sur les mêmes bourgeons si cela est nécessaire. Lors de la taille d'hiver, les rameaux qui en résultent sont cassés complètement ou partiellement, suivant leur degré de vigueur. Enfin,

lorsque les boutons à fleurs sont constitués, on taille ces rameaux immédiatement au-dessus du point d'attache de ces boutons. Les lambourdes ainsi obtenues sont ensuite entretenues comme celles du poirier.

Kous devons cependant faire remarquer que les rameaux de prolongement des branches de charpente du pommier, développent, à longueur égale, des bourgeons moins nombreux que les rameaux de prolongement du poirier. D'où il suit que, dans le pommier, ces rameaux doivent être taillés un peu plus court pour obtenir des bourgeons jusqu'à leur base.

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