‹ Cours d'arboricultureChapitre 32 sur 83 · CBLTURB DANS LES JARDINS OU CULTURE INTENSIVE · texte numérisé non relu

CBLTURB DANS LES JARDINS OU CULTURE INTENSIVE

1 Les orangers sont aussi cultivés dans les Jardins. C'est pour les espèces plus délicates, telles que les limoniers, les cédratiers, les bergamotiers, qu*on choisit cette position. On peut aussi y placer les plus belles variétés d'orangers à fruit doux. Là, ces arbres peuvent être plus facilement abrités, et l'on peut leur donner des soins plus minutieux, tels que la taille, etc.

Dans les jardins.de la région des orangers, ces arbres sont presque toujours cultivés sous forme de palissades en plein air ou contre-espaliers, ou appliqués contre des murs. On les plante alors en lignes, à des distances qui varient entre 3 et 5 mètres. Les opérations de taille sont presque nulles et consistent plutôt en une sorte d'élagage. La charpente est. complètement irrégulière. On se contente, de raccourcir un

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peu les rameau^ de prolongement des branches pour les forcer ; à se ramifier. On retranche les rameaux gourmands ou plumets inutiles pour remplir les vides, et le tout de façon que les deux faces des contre-espaliers ou la surface des espaliers soient parfaitement planes et régulièrement garnies.

Il y a loin de ces opérations à celles qui commencent à; être employées avec tant de succès dans le nord et le centre de la France pour les autres espèces d'arbres fruitiers. Et cependant nous sommes convaincu que la quantité et la qua* < lité du produit des orangers ne feraient que gagner à l'appli-. cation de ces mêmes procédés. Ces opérations pourront paraître superflues à ceux qui ont vu les orangers du midi presque complètement abandonnés à eux-mêmes. Mais nous croyons fermement qu'il y aura autant de différence entre la récolte des orangers bien taillés et ceux qu'on laisse en toute liberté, qu'il y en a entre les produits de nos arbres fruitiers du centre et du nord bien conduits et ceux de ces mêmes arbres qui sont complètement négligés. Nous pensons donc qu'il est utile de décrire ici les opérations qu'il convient d'appliquer aux orangers cultivés dans les jardins, afin d'amener, le produit de ces arbres au plus haut point, soit comme quan* tité, soit comme qualité.

Espaliers d'orangers. — Les murs à choisir pour établir, ces espaliers doivent être placés aux expositions du levant, du sud-est ou du sud. Leur hauteur devra être de S^.ôO au moins. Les murs moins élevés sont beaucoup moins convenables pour la prompte obtention du produit maximum, ainsi que nous le verrons plus loin.

Les plates-bandes destinées à nourrir ces espaliers doivent présenter une largeur d'au moins 1",50 et disposées de façon à recevoir les irrigations.

Si le sol n'est pas de bonne qualité, on répand à la surface, les terres de nature convenable pour l'améliorer, puis les engrais en quantité sufiisante pour bien fumer toute l'épais-, seur de la couche de terre qui va être remuée par le défon-; cément. Ces engrais se composeront de bon fumier, de chif^ fonsde laine, de rognures de corne, etc. Ceci fait, on procédera au défoncement en tranchée continue de toute l'étendue des^ plates-bandes.^ Ce terrassement pénétrera à la profondeur de.

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i«,30 pour les terrains légers, et seulement de i mètre pour, les sols substantiels un peu argileux. Ce travail, pratiqué avant rhiver, sera exécuté de façon à mélanger parfaitement toutes les parties du sol et de manière à extraire successivement du fond de la tranch éf> une quantité de terre égale à celle que Ton aura cru devoir répandre à la surface pour améliorer ces plates-bandes. Il en résultera qu*en procédant ainsi le niveau du sol ne sera pas changé.

Avant de procéder à la plantation, il convient de déterminer la forme à donner à la charpente des arbres, de façon que toute rétendue de la surface des murs, toujours coûteux à établir, soit régulièrement et utilement occupée. Or, la charpente des arbres peut être soumise dans ce but à deux séries de formes différentes : les grandes formes, qui occupent une assez grande surface, qui exigent des soins minutieux pour leur application régulière. Elles doivent couvrir chacune un espace moyen de ià à 16 mètres carrés; elles ne sont complètement établies et ne donnent leur produit maximum qu'environ quinze ans après la plantation.

La seconde série comprend les petites formes ou cordons. Les arbres, beaucoup moins développés, sont placés très-près les uns des autres; la charpente, composée seulement d'une ou deux branches, est très-facilement établie ; elle a acquis tout son développement et donne son produit maximum vers la septième année après la plantation.

Lorsqu'on crée une culture quelconque, on est toujours pressé d'en obtenir le plus tôt possible le produit maximum. 11 convient donc de donner la préférence aux cordons pour les espaliers d'orangers. Toutefois, cette forme exige des murs ayant au moins 2%50 de hauteur. Lorsqu'on ne pourra pas obtenir celte élévation, on sera obligé d'adopter les grandes formes. L'une des moins mauvaises est la Palmelte Verrier (page iliU)»

Occupons-nous plus spécialement ici de l'application des formes en cordons, dont nous recommandons vivement l'emploi.

- On peut donner aux orangers les formes en cordons obliques simples ou en cordons verticaux doubles. Toutes les fois que les murs arriveront à une hauteur d'au moins 2™,50 et ne

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312 ARBRES £T ARBKtSSEAUX A FRUITS DE TABLE.

dépasseront pasd'^yGO, il faudra préférer les cordons obliques.

Les arbres soumis à cette forme (fig. 2) sont plantés à 0",70 d'intervalle. Chacun d'eux se compose d'une seule tige, ne portant que des rameaux fructifères dont la longueur ne dépasse pas 0'»,20. Chacune de ces tiges, formant une ligne parfaitement droite, est couché suivant l'angle de ii5% en sorte qu'il existe un intervalle d'environ 0"»,50 entre chacune des tiges mesurées perpendiculairement de l'une à l'autre. Le commencement de cet espalier est occupé par une demi-palmette à branches obliques, et l'arbre de l'extrémité opposée se compose d'une tige horizontale au-dessus de laquelle naît une série de branches obliques qu'on ne laisse se développer qu'après la formation complète de la tige.

Voici maintenant comment on procède à la formation d'espaliers semblables. Le sol ayant été préparé avec les soins indiqués plus haut et le moment de planter étant venu (au commencement d'avril) , on choisit de jeunes orangers de deux ans de greffe, greffés en pied, et dont la tige ne porte que des rameaux latéraux peu vigoureux. On ne doit planter ainsi que des arbres greffés sur des sujets obtenus de bouture et non de semis, afin d'avoir une végétation moins fougueuse. Ces jeunes plants sont placés aux distances que nous venons d'indiquer et sont couchés d'abord suivant l'angle de 60®. Ce ne sera que plus tard qu'on les abaissera à U^"". On les laisse pousser librement pendant le premier été. Si la plantation doit se composer de variétés différentes, il faut avoir grand soin de grouper ensemble les variétés semblables, autrement les plus vigoureuses nuiraient aux plus faibles.

L'année suivante, en avril, on raccourcit un peu les rameaux latéraux les plus vigoureux, afin de favoriser l'allongement du rameau terminal, et l'on supprime tous ceux qui sont dirigés du côté du mur ; la jeune tige est fixée contre une latte bien droite, longue d'environ 2 mètres, couchée sui* vaut l'angle de 60» et attachée contre le mur. Le bourgeon terminal qui s'allonge pendant l'été est bien dressé contre cette latte à mesure qu'il se développe.

Au mois d'avril suivant, on retranche sur le nouveau rameau de prolongement le tiers de sa longueur, afin de l'obliger à développer des bourgeons latéraux sur. les deux tiers infé-

Fig, 246. £spalici d'orangers soumis à la forme en coi dons ' obliques.

rieurs. On procède de la même façon chaque année, jusqu'au moment où ces tîges ont atteint les deux tiers de l'espace qu'elles ont à franchir pour arriver au sommet du mur. Alors on les détache et on les abaisse sur l'angle de 45® en les fixant sur le treillage que nous indiquons plus loin. Il n'y a plus qu'à compléter leur allongement en procédant comme on Ta fait d'abord. Un point important dans cette sorte de culture, c'est que chaque tige forme une ligne parfaitement droite. La moindre déviation devient un obstacle au passage de la sève et donne lieu à des plumets qui nuisent à l'élongation de la tige.

Le treillage le plus convenable pour les orangers soumis à cette forme est celui indiqué par la figure 124 à la page 182 et suivantes. Toutefois, pour lefe orangers, les lignes obliques du treillage seront placées à O^jTO d'intervalle mesurées horizontalement.

Ce que nous venons de dire a eu pour but la formation de la charpente des orangers en cordons obliques. Indiquons maintenant les soins relatifs à l'obtention et à l'entretien des rameaux fructifères, en rappelant tout d'abord le mode de fructification de l'oranger.

Dans cet arbre les fleurs naissent à l'aisselle et à l'extrémité des rameaux développés pendant l'été précédent, et aussi sur quelques bourgeons de l'année même. Il n'y a que sur les rameaux ou les bourgeons peu vigoureux ou de vigueur moyenne qu'on voit apparaître ces fleurs. D'où il suit que, dans l'intérêt d'une abondante fructification, les orangers devraient se composer de branches de charpente suivant chacune une ligne parfaitement droite et portant une série continue de rameaux et de bourgeons peu vigoureux ou de vigueur moyenne. Toutes les autres productions absorbent de la sève au détriment de la fructification ou de l'extension dé la charpente. Voyons maintenant comment on obtient ces résultats.

Prenons comme exemple le jeune rameau de prolongement développé pendant l'été précédent à l'extrémité de la tige de l'un de nos cordons obliques. Nous avons dit qu'on doit retrancher, au commencement d'avril, le tiers de la longueur de ce rameau, afin de refouler la sève jusqu'à sa base

et de le faire se garnir de bourgeons sur toute son étendue. Cette taille étant faite, on voit bientôt naître un bourgeon à Taisselle de chaque feuille. Aussitôt que ces bourgeons ont atteint une longueur d'environ 0"»,06, on ébourgeonne, c'està-dire qu'on retranche complètement tous ceux qui naissent du côté du mur. Aussitôt et à mesure que les autres bourgeons de ce même prolongement de la tige atteignent une longueur d'environ O'»,!^, on les soumet au pincement, c'est-àdire qu'on coupe avec les ongles la pointe de ces bourgeons. Il résultera de ces opérations de pincement que ces bourgeons, arrêtés dans leur allongement, donneront lieu pour l'année suivante à autant de rameaux fructifères au lieu de se transformer en bourgeons gourmands ou plumets qu'on serait obligé de supprimer, et qu'en outre, la sève qu'ils n'absorbent plus tourne au profit du développement rapide et vigoureux du bourgeon terminal qui doit, chaque année, prolonger la tige.

Si, après ce pincement, quelques-uns des bourgeons les plus vigoureux, ceux qui sont les plus rapprochés de Textrèmité, donnaient lieu à une nouvelle série de bourgeons ou bourgeons anticipés, ceux-ci seraient également soumis au pincement dès qu'ils arriveraient à une longueur de 0",06 à 0",08.

L'année suivante, au commencement d'avril, on pratiquera sur ces mêmes productions une taille qui aura seulement pour but de retrancher tout ou partie des rameaux anticipés nés l'été précédent sur les rameaux proprement dits les plus vigoureux. Ces retranchements ont seulement pour but d'empêcher la confusion et aussi de faire que les rameaux fructifères ne dépassent pas dans leur ensemble environ O^jlô de longueur.

Enfin la troisième année, à la même époque, les rameaux qui viennent de fructifier et qui sont plus ou moins épuisés sont retranchés immédiatement au-dessus du point d'attache du jeune rameau ou à son défaut de la feuille la plus rapprochée de sa base.

La même opération est ensuite répétée chaque année et toujours de façon que l'ensemble de ces rameaux latéraux ne dépasse pas environ 0'»,15 de longueur et que la lumière puisse éclairer parfaitement toutes les parties.

Lorsque les cordons seront arrivés au sommet du mur, il sera utile de laisser développer chaque année un plumet à leur extrémité. Ce bourgeon est indispensable pour entretenir la vigueur des arbres. Chaque année, au moment de la taille, ce plumet est coupé vers sa base de manière à favoriser la naissance, vers ce point, d'un nouveau bourgeon vigoureux.

Les arbres disposés en cordons obliques donnent souvent lieu vers leur base à des bourgeons gourmands, qui arrêtent la sève au passage et épuisent la tige. Le môme fait se produira pour les orangers. Il conviendra donc de supprimer ces bourgeons aussitôt qu'ils commenceront à apparaître.

Les orangers cultivés sous forme de cordons ne peuvent nourrir qu'une certaine quantité de fruits, sous peine d'être rapidement épuisés et de ne donner que des produits de médiocre qualité. La quantité à laisser sur chacun d'eu» varie suivant la vigueur des arbres et aussi suivant la grosseur habituelle des fruits de chaque variété. Ainsi pour les plus petits, tels que les mandarines, on pourra en laisser en moyenne dix par mètre de longueur de cordon; pour les plus gros, on n'en laissera que quatre ou cinq. Lors donc que les jeunes fruits seront parfaitement noués, vers la fin de juillet, on supprimera la surabondance en retranchant de préférence sur les parties les moins vigoureuses de l'arbre.

Nous avons dit que les orangers en espalier peuvent aussi être soumis à la forme en cordcns verticaux doubles {fig, 8). Cette forme est certainement l'une des meilleures, mais elle exige des murs ayant au moins U mètres de hauteur. Si cette condition peut être remplie, on procédera de la manière sui* vante à l'établissement de ces espaliers :

On choisit pour la plantation de jeunes arbres semblables à ceux indiqués pour les cordons obliques et on les place à 1 mètre d'intervalle les uns des autres. Chacun de ces arbres se compose, comme le montre notre figure, de deux tiges verticales, naissant près du sol, s'élevant jusqu'au sommet du mur et laissant entre elles un intervalle de O^jôO. Ces deux tiges sont régulièrement garnies de rameaux fructifères sur toute leur longueur.

Pour obtenir ces résultats, chacun de ces jeunes arbres est recepé au printemps à environ 0'",20 au-dessus du sol.

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après une année de plantation. Cette opération fait naître sur ce tronçon de tige un certain nombre de bourgeons; lorsqu'ils

Fig. 247. Espalier d'orangers soumis à la fonne en cordons - . verticaux doubles.

ont atteint enviroa 0'»,20 de longueur, on en choisit deux des plus vigoureux, placés latéralement et qui jsont destinés à for-

mer les deux tiges dé chaque arbre. Les autres sont coupés rèz récorce. Les deux bourgeons choisis s'allongent rapidement; on fixe chacun d'eux sur le treillage en les plaçant à 0",50 l'un de l'autre. L'année suivante, au moment de la taille, on retranche la moitié de la longueur de ces jeunes rameaux, afin qu'ils se garnissent de bourgeons sur toute leur étendue. On procède à l'allongement successif de ces tiges en opérant chaque année de la même manière. Comme il est très-important que les deux tiges de chaque arbre présentent la môme vigueur, si l'une poussait plus que l'autre, il faudrait pour rétablir Téquilibre entre elles tailler assez court le rameau de prolongement du côté fort, et plus long le côté faible.

Quant aux soins à donner aux rameaux fructifères, ils sont en tout semblables à ceux indiqués pour les cordons obliques.

Le treillage à choisir pour le palissage de ces arbres est celui indiqué par la figure 130, page 189. Il est construit d'après les mômes principes que le treillage indiqué plus haut pour les cordons obliques. Les lignes de fil de fer sont placées à 0",50 d'intervalle.

Contre-espaliers d'orangers. — Le produit des orangers cultivés en plein air est souvent très-amoindri par l'action des gelées et de la neige. Nous conseillons donc pour ceux de ces arbres qui sont placés dans cette position dans les jardins, de les disposer sous forme de contre-espaliers doubles, afin de pouvoir les soustraire plus facilement, à l'aide d'abris, à l'action des intempéries.

• Nous pensons aussi que pour en obtenir le plus tôt possible le produit maximum, il conviendra d'adopter pour chacun de ces arbres la forme en cordon vertical double {fig. 8). Voici maintenant comment on procédera à l'établissement de ces contre-espaliers :

Préparer une plate-bande, large de 2'",60, avec les soins indiqués pour les espaliers. Laisser entre. ces plates-bandes un sentier large de 1",50 et les diriger autant que possible du sud au nord.

Les supports pour ces contre-espaliers {fig. 268) sont établis comme ceux décrits plus haut, page 165 pour les poi- Tiers, mais il conviendra de laisser un intervalle de 0",50 entre les lattes verticales,

' Il n*y a plus ensuite qu'à procéder à la plantation. Les arbres, placés contre ces supports, de mètre en mètre entre

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Fig, 248. Profil d'nn contre-espalier double d'orangers soumis à la forme * en cordons verticaux.

deux lattes, et de chaque côté des contre-espaliers, sont soumis à la forme en cordon vertical double (/î^r. 2^7). Il est utile de choisir pour cette sorte de plantation de jeunes orangers constitués comme ceux que nous avons recommandés pour

les espaliers. Il /aut, en outre, avoir grand soin de grouper ensemble les variétés semblables, c'est-à-dire que, si Ton a à planter vingt limoniers, il faut en placer dix sur une face du contre-espalier et dix sur la face opposée, et ainsi de même pour les autres variétés. Autrement il pourrait arriver qu'on .plaçât Tune près de l'autre deux variétés de vigueur très-différente. 1] en résulterait nécessairement que, dans une plantation aussi serrée, la variété vigoureuse nuirait à celle qui l'est moins.

Il pourra se faire que le jardin destiné à recevoir ces contre-espaliers ne soit pas entouré de murs et que les fils de fer destinés à consolider les poteaux ne puissent pas y être fixés.

Cette difficulté peut être facilement résolue en procédant comme il est dit à la page 170.

En résumé, la nouvelle disposition que nous proposons pour les orangers cultivés en plein air dans les jardins offre, sur les arbres soumis aux grandes formes plus ou moins irrégulîères habituellement employées, les avantages suivants :

i"" Produit maximum obtenu huit ans plus tôt;

2° Rendement doublé pour la même surface de terrain;

3° Possibilité de soustraire très -facilement ces arbres à l'influence des gelées tardives, ainsi que nous le verrons plus loin.

Les soins que réclame la formation de la charpente de ces arbres sont en tout semblables à ceux indiqués plus haut pour les espaliers en cordons verticaux doubles. Quant aux opérations relatives à l'obtention et à Tentretien des rameaux fructifères, nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit à cet égard pour les espaliers en cordons obliques.

Les orangers peuvent aussi être utilement cultivés dans le jardin sous forme de cordons horizontaux^ unilatéraux. Ces cordons occupent les bords des plates-bandes d'espalier et des plates-bandes de contre-espalier (N, fig. 12). On procède ainsi à la formation de ces cordons :

Choisir, pour la plantation, de jeunes arbres semblables à ceux indiqués pour les espaliers et les placer sur une seule ligne, à 0™,25 des chemins et à 2'n,50 d'intervalle. Les laisser pousser librement pendant le premier été.

L^année suivante, lors de la taille d'hiver, placer un fil de fer galvanisé n** iU (A, fig. Ml) sur la ligne de plantation; ce fil de fer, solidement fixé à chaque extrémité, est roidi le plus possible au moyen d'un tendeur B, et supporté tous les 8 mètres par un petit poteau en bois (G) à G»" ,40 au-dessus du sol. Ge fil de fer ainsi placé, abaisser chacune des tiges dans une position horizontale en les fixant sur le fil de fer et de façon à ce que la partie de la tige située au-dessous du fil de fer reste dans une' position verticale. Pendant rété suivant, supprimer tous les bourgeons qui naissent sur la partie verticale de la tige. Ils absorberaient trop de sève au détriment de la partie hori- ^^^j^ ^ |

2ontale. Appliquer à tous les autres bourgeons les soins décrits plus haut pour les espaliers, en vue de les transformer en rameaux à fruits. Laisser le bourgeon de prolongement complètement libre, afin d'augmenter sa vigueur.

Lors de la taille d'hiver suivante, laisser le nouveau prplongement entier et le coucher sur le fil de fer en redressant un peu son extrémité. Sa position horizontale suflît pour y faire développer tous les boutons.

On continue ce mode d'opérer jusqu'au moment où chaque tige, en s'al-.

longeant, rencontre la naissance de la tige suivante. Alors on maintient cette extrémité redressée et on la raccourcit chaque année en avril, mais de façon à avoir toujours à ce point un bourgeon vigoureux.

Si, par suite d'une cause quelconque, ces arbres poussaient

trop vigoureusement et tardaient à se mettre à fruit, on pourrait supprimer un arbre sur deux. Lorsqu'on aura à établir ces cordons sur un terrain en pente, il faudra toujours diriger la branche de charpente vers le sommet de la pente.

Soins d'entretien des orangers soumis à la culture intensive. — Les soins d'entretien décrits plus haut pour les orangers à haute tige dans les vergers, tels que la culture du sol, l'application des engrais, les opérations contre la sécheresse du sol, s'appliquent également aux arbres soumis à la culture intensive. Mais ils exigent encore d'autres soins qu'il nous reste à décrire.

Abris, — Nous traitons plus loin cette question des abris d'une manière générale pour les diverses espèces d'arbres fruitiers. Ce que nous en disons s'applique rigoureusement aux orangers.

On devra placer ces divers abris au commencement de l'hiver et les laisser d^uûe manière permanente jusqu'à l'époque où l'on n'a plus à craindre les gelées. Dans tous les cas, on choisira un temps sombre et humide pour découvrir les arbres, afin qu'ils ne Souffrent pas de l'influence trop subite d'une vive lumière.

Opérations contre le soleil trop ardent de Vété. — Nous avons indiqué les opérations les plus efficaces à employer contre la sécheresse du terrain. Mais il arrive souvent que les arbres en espalier souffrent beaucoup de l'intensité de la chaleur, quoique le sol présente un degré d'humidité convenable. Il faut attribuer cet effet, d'abord à ce que ces arbres, palissés contre des murs exposés à toute l'ardeur du soleil, sont soumis à une évaporation telle que leurs racines ne suffisent pas à réparer les pertes d'humidité qu'éprouvent les parties vertes par toute leur surface, et, en second lieu, à ce que les rosées sont trop peu abondantes pendant la saison la plus chaude. Sous ces influences, toutes les parties vertes se fanent, jaunissent et se dessèchent; et, si cet état se prolonge, il peut eh résulter la mort de l'arbre. Ces accidents se manifestent d'autant plus violemment que les arbres sont couverts d'une plus grande quantité de feuilles et surtout de fruits; car c'est par la surface de ces organes qu'a lieu particulièrement l'évaporation. Il faut donc, pendant Içs grandes chaleurs de l'été,

arroser ou bassiner légèrement les feuilles deux ou trois fois par semaine, après le coucher du soleil, pour rendre à la sève sa fluidité et faciliter sa circulation dans les diverses parties de la tige.

On pratique ces arrosements à l'aide d'une petite pompe .à main, à jet continu, décrite plus loin au chapitre des soins généraux du jardin fruitier.

L'ardeur du soleil exerce aussi son action nuisible sur récorce de la tige et des branches des arbres en espalier qui ne sont pas couvertes par les feuilles. Sur ces points, l'écorce se durcit, se dessèche et perd l'élasticité dont l'arbre a besoin pour grossir. De là des engorgements séveux qui peuvent donner lieu à plusieurs maladies, telles que la gomme, les chancres j etc. D'autres fois, ces parties de la tige sont tellement chauffées que l'écorce, désorganisée, se détache par plaques et met l'aubier à nu..

Pour soustraire ces parties de la tige à l'action brûlante du soleil, quelques cultivateurs les recouvrent, à la fin d'avril, d'une couche ^. ^^^ ^ .

,, , - . ^ Ftg. 250. Abns contre l'ardeur

de chaux mélangée à une forte pro- du boieii.

portion de terre glaise ; d'autres les

enveloppent de paille. Le second moyen oflVe cet inconvénient de servir de refuge à beaucoup d'insectes nuisibles. On pourra recouvrir la base de la tige d'un petit coflfret en bois Ifig. 250) que Ton placera à la fin du printemps pour l'enlever à la fin de l'autome.

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