‹ Cours d'arboricultureChapitre 35 sur 83 · DEUXIÈME DIVISION — FRUITS A NOYAU PÊCHER · texte numérisé non relu

DEUXIÈME DIVISION — FRUITS A NOYAU PÊCHER

Histoire. — Le pêcher (amygdafus Persica, L.) {fig. 256)' est certainement le plus remarquable de tous nos arbres fruitiers pour la beauté de ses fruits, la délicatesse de leur parfum, la suavité de leur goût. Le pécher paraît être originaire de l'Ethiopie, d'où il passa en Perse. Son introduction en Europe remonte au règne de l'empereur Claude ; Pline est le premier qui en ait donné une description exacte, et il assure que c'est par Rhodes et l'Egypte qu'il a été transporté de la Perse en Italie. Ce furent les Romains qui introduisirent chez nous cet excellent fruit. Columelle parle avec éloge de la pêche gauloise. Toutefois il paraît constant que les croisés

importèrent de nouveau le pêcher en Occident; peut-être y avait-il disparu à la suite des siècles de barbarie qui succédèrent à la domination romaine.

La pêche, lors de son introduction en Europe, était loin d'offrir les qualités qui la distinguent* aujourd'hui. Elle était beaucoup plus petite, sa chair était moins savoureuse. Olivier de Serres dit avoir vu dans les jardins d'Ispahan des pêchers qui avaient probablement servi de souche à ceux que Ton

Fig, 256. Pécher de grosse mignonne.

Fig. as*?. Fleur du pêcher do grosse mignonne.

avait importés en Europe, et dont les fruits étaient de médiocre qualité. Ce ne fut donc que progressivement, et au moyen de semis successifs, des soins de la culture et par suite de Tinfluence de notre climat, que Ton a obtenu les excellentes variétés que nous cultivons aujourd'hui.

L'importance du pêcher n^égale pas celle du poirier et du pommier, car de nombreuses difficultés s'opposent à ce que sa culture prenne un grand développement.

Ces difficultés tiennent surtout à ce que cet arbre ne peut être cultivé partout en plein air, aux soins minutieux qu'il

réclame là où il exige des abris, au laps de temps assez restreint pendant lequel on peut consommer ces fruits, au peu d'avantage que présente leur dessiccation, et aux soins dispendieux qu'exige leur transport. C'est donc seulement dans le voisinage des grands' centres de population, que la culture en grand du pencher peuw donner lieu à des spéculations pro> fitables.

Espèces et variét§s. -~ Le pécher est si voisin de Tamandier par ses caractîSres botani lues, que quelques naturalistes l'ont considéré comme une simple variété de cette dernière espèce. En effet, h\ seule différence vraiment sensible est dans le péricarpe,. qui est charnu dans la pêche et coriace dans l'amandier; or MM. Sageret en France et Knight en Angleterre ont obtenu de l'amandier, au moyen des semis, des variétés dont le péricarpe, en partie charnu, tient le milieu entre celui du pêcher et de l'amandier. Tout porte donc à penser que l'amandier est réellement le type du pêcher, et que ce dernier aurait été obtenu originairement en Perse. Quoi qu'il en soit, le pêcher a donné, au moyen des semis, un nombre de variétés qui s'élève aujourd'hui à plus de deux cents. Ces diverses variétés peuvent être subdivisées en quatre groupes que Ton distingue par les caractères suivants :

1" Groupe. — Pêches proprement dites, — Peau duveteuse, chair fondante quittant le noyau.

2« Groupe . — Pavies, Peau duveteuse, chair ferme, adhérente au noyau. Le type de ce groupe paraît avoir été obtenu à Pavie.

3« Groupe. — Pêches lisses. Chair fondante, quittant le noyau.

Zi« Groupe. — Brugnons, Peau lisse, chair ferme, adhérente au noyau. Les Anglais appellent nectarines les pêches qui appartiennent à ces deux derniers groupes.

Nous donnons ci-après la description des meilleures variétés de chacun de ces groupes, rangées d'après l'époque de leur maturité pour le climat de Paris.

1« OROUPB. — Pêches proprement dites. Précoce de Haie. — Mûrit au commencement de juillet. Chair fine et blanche, un peu adhérente au noyau ; fruit de grosseur moyenne, un peu coloré du côté du soleil ; eau abondante, sucrée et parfumée. Arbre de vigueur moyenne, très-fertile. Cette variété, d'origine améri-

caine, a été récemment introduite en France par MM. Transon frères, d'Orléans. Précoce Béatrice. Mûrit au commencement de juillet. Cette variété, très-voisine de la précédente par ses caractères et ses qualités, est d'origine anglaise. Elle a été introduite aussi dans nos cultures par MM. Transon frères, d'Orléans. Grosse mignonne hâtive. Mûrit au commencement d'août. Fleurs grandes et dont les glandes sont globuleuses ; fruit assez gros, un peu déprimé ; épiderme d'un rouge vif qui devient brun du côté du soleil. Chair fine et blanche d'un beau rouge près du noyau ; eau abondante, sucrée et parfumée ; noyau assez petit. Arbre de vigueur moyenne et très-fertile.

Grosse mignonne on mignonne ordinaire. Mûrit au milieu d'août; fleurs grandes à glandes globuleuses ; glandes des feuilles peu développées ; fruit assez gros ; épiderme vert pâle à l'ombre ; rouge brun au soleil. Chair blanche, très-fine, moins rouge que celle de la précédente près du noyau ; eau des plus abondantes, parfumée et très-sucrée ; noyau peu volumineux. Arbre de vigueur moyenne, très^ fertile. Cette variété se reproduit souvent de noyau.

Galande ou Bellegarde noire, de Montrexùl. Mûrit fin d'août. Fleurs moyennes à glandes globuleuses; feuilles plus dentées que dans les mignonnes. Fruit moyen un peu déprimé ; épiderme adhérent à la chair, d'un brun sombre au soleil, duvet épais. Chair blanche, très-fine, un peu. rouge près du noyau qui est moyen ; elle est vineuse et sucrée. Arbre vigoureux et fertile, souvent atteint par le blanc ou meunier. Cette variété est cultivée depuis plus d'un siècle.

Belle Battsse. Mûrit après la précédente. Fleurs grandes, à glandes globuleuses. Fruit de grosseur moyenne, plus large que haut; épiderme d'un jaune verdâtre à l'ombre, variant- du rouge vif au rose au soleil; chair bien fine, un peu teintée de vert, très-rouge près du noyau ; eau trèis-abondante, parfumée et sucrée. Noyau petit. Arbre assez vigoureux et fertile. Cette variété a été obtenue à Montreuil, il y a plus d'un siècle, par un cultivateur qui lui a donné son nom.

Madeleine rouge ou grosse Madeleine. Mûrit fin d'août. Fleurs moyennes; glandes nulles. Feuilles profondément dentées. Fruit de grosseur moyenne, un peu plus haut que large ; épiderme verdâtre à l'ombre, rouge cîair marbré de rouge plus foncé au soleil. Chair blanche, rouge près du noyau ; eau abondante, vineuse et sucrée. Arbre vigoureux et fertile. Cette variété est souvent attaquée par le blanc ou meunier.

Noblesse. Mûrit à la fin d'août. Fleurs grandes ; glandes nulles ; feuilles dentées. Fruit peu coloré, teinté de rose pâle au soleil ; chair blanche, un peu veinée de rouge près du noyau; eau abondante et sucrée. Cette variété, d'origine française, fut introduite en Angleterre il y a de nombreuses années, puis on la réimporta chez nous assez récemment.

De Malte ou Belle de Paris. Mûrit au commencement de septembre. Fleurs grandes, d'un rose pâle, à glandes nulles; feuilles larges et dentées. Fruit moins gros que celui des variétés précédentes, de forme régulière, ronde, un peu déprimé ; épiderme adhérent à la chair, verdâtre, fouetté de rouge du côté du soleil ; chair très-fine, un peu verdâtre, glacée, d'un rouge foncé près du noyau qui est petit ; eau très-abondante, sucrée et parfumée. Cette ancienne variété est une des plus rustiques. Nous l'avons \u réussir en plein air, en Normandie, dans le voisinage de la mer. L'arbre n'est pas très-vigoureux, mais il est très-fertile. On le multiplie souvent avec succès au moyen des noyaux.

Reiiie des vergers. Mûrit en septembre. Fleurs petites, peu ouvertes, à glandes réniformes. Fruit gros,^ un peu élevé, avec un large sillon qui le partage également. Épiderme richement coloré, recouvert d'un long duvet jaunâtre. Chair un peu ferme, d'un blanc un peu verdâtre, légèrement adhérente au noyau qui est gros ; eau assez abondante et sucrée. Arbre très-rustique et fertile. Les fruits doivent être cueillis un peu avant leur maturité complète et conservés dans la fruiterie. Cotte variété à été obtenue en Anjou vers 1851.

Barrington. Mûrit en septembre. Fleurs grandes à glandes globuleuses. Fruit gros, de forme un peu irrégulière ; épiderme couvert de rouge foncé, chair fine et

blanche, juteuse, sucrée et parfumée. Noyau gros et un peu aplati. Arbre vigoureux et très-fertile. Cette variété est d'origine anglaisa.

Bonouvrier. Mûrit au milieu de septembre. Fleurs moyennes, à glandes globuleuses. Fruit moyen de forme un peu variable. Êpiderme teinté d'un beau rouge du côté du soleil, d'un jaune verdâtre à l'ombre ; chair d'un blanc jaunâtre, un peu rouge près du noyau, fondante, juteuse et parfumée. Arbre de vigueur moyenne, très-fertile. Cette variété est orij^naire de Montreuil, oh elle a été obtenue par M. Bonouvner.

Belle impériale. Mûnt à la fin de septembre. Fleurs moyennes, à glandes globuleuses. Fruit gros, large, un peu déprimé, souvent mucroné ; êpiderme jaune pâle à l'ombre, d'un rouge vif et pourpré au soteil ; chair juteuse, sucrée, parfumée, rouge près du noyau qui est assez gros. Arbre très-vigoureux et fertile. Cette variété remarquable a été récemment obtenue à Montreuil.

Chevreuse tardive. Mûrit vers la fin de septembre. Cetto variété est très-voisine, par ses caractères, de la pêche Bonouvrier, avec laquelle on l'a souvent confondue ; mais elle est moins colorée et un peu plus tardive.

Bourdine ou grosse royale. Mûrit fin de septembre. Fleurs petites ; glandes globuleuses. Fruit souvent large, un peu plat ; êpiderme d'un rouge pâle sur fond vert clair, avec des marbrures plus foncées ; chair fine, sucrée, parfumée, juteuse et d'un goût vineux ; elle est rouge autour du noyau qui est assez gros. Cette variété, originaire de Montreuil, est assez ancienne.

Admirable jaune ou Grosse jaune de Burai, d'orange. Mûrit au commencement d'octobre. Fleurs moyennes, d'un rose vif; glandes réniformes. Fruit gros, un peu aplati ; êpiderme jaune, teinté de rouge du côté du soleil ; chair un peu ferme, jaune, juteuse et sucrée. C'est un arbre de vigueur moyenne, fertile.

Sanguine, grosse admirable ou cardinal de Furstemberg . Mûrit en octobre. Bois de couleur foncée. Fleurs grandes, à glandes réniformes. Fruit de grosseur moyenne. Epiderme couvert d'un rouge sanguin, avec des stries de couleur plus foncée. Chair rouge sang avec des éclaircies plus claires et des veines plus foncées. Elle est un peu ferme, juteuse et assez parfumée. Cette variété réclame une exposition un peu chaude pour que les fruits acquièrent une qualité suffisante.

2« OROUPB. — Pavies. Nous avons indiqué plus haut les caractères qui distinguent les variétés de ce groupe, connu aussi sous les noms de persèque, pêches mâles. Comme ces variétés sont assez tardives, elles appartiennent surtout à la région du midi ou du sud-ouest, où elles trouvent la température qui leur est nécessaire pour mûrir leurs fruits. Les Pavies ont peu d'importance au point de vue de l'exportation. Elles sont consommées dans les lieux de production. Les tentatives que l'on a faites pour les transporter en dehors de ces régions n'ont eu aucun succès. On leur préfère toujours les pêches fondantes du premier groupe. Le nombre des variétés de Pavies est très-considérable. Nous nous contenterons de signaler les deux variétés suivantes qui sont certainement les plus remarquables par leur volume, leur coloris et leur ensemble des plus séduisants.

Paviepersèque ou Gros persèque, Persèque allongé. Mûrit à la fin de septembre. Variété du midi, presque aussi remarquable par son aspect que la suivante.

Pavie de Jt^omponne ou Pavie monstrueux, gros persèque rouge, gros mirlicoton. Mûrit au milieu d'octobre. C'est la plus grosse et la plus belle de toutes les pêches. Bile est surtout cultivée sous le climat de l'olivier.

3« QRODPB. — Pêches lisses. — Élruge. Mûrit fin d'août. Fleurs petites, glandes grosses et réniformes. Fruit un peu allongé, êpiderme d'un rouge peu foncé et vert à l'ombre. Chair fine un peu verdâtre et rose près du noyau, qui est petit. Eau abondante, sucrée et parfumée.

Victoria. Mûrit en septembre. Fleurs petites, à glandes réniformes. Fruit peu coloré ; chair très-fine, juteuse et vineuse, excellente.

4« GROUPE. — Brugnons. — Newington hâtif. Mûrit fin d'août. Feuilles dentées, dépourvues de glandes. Fleurs grandes. Fruit moyen. Chair À peu près blanche, d'un rouge foncé près du noyau. Eau vineuse, sucrée et abondante.

Piimaston oraiige. Mûrit en août et septembre. Fleurs grandes, à glandes globuleuses. Fruit moyen ; épiderme d'un jaune orange à l'ombre, d'un rouge pourpré au soleil. Chair un peu ferme, d'un jaune orange, devenant d'un beau rouge près du noyau qui est assez petit ; eau abondante, très-sucrée, parfumée et ayant un peu le goût d'abricot. L'arbre est vigoureux et fertile.

Violet musqué ou Brugnon violet. Mûrit fin de septembre. Fleurs petites, glandes réniformes. FiUit rond; épiderme vert à l'ombre, violet au soleil et criblé de points roux ; chair fine, un peu ferme, un peu jaune, très-rouge près du noyau ; eau sucrée, un peu musquée, vineuse. Arbre vigoureux et fertile.

Nous résumons dans le tableau ci-dessUs la liste des sortes de pèches dont nous venons de parler et nous indiquons leur époque de maturité.

Liste des meilleures variétés de pêchers.

NOMS DES VARIÉTÉS

Précoce de Haie

Précoce Béatrice

Grosse mignonne hâtive. .

Grosse mignonne ordinaire.

Galande

Belle Bausse

Madeleine rouge. .....

Noblesse

De Malte . ■ ,

Reine des vergers

Barrington ,

Bonouvrier

Belle impériale

Chevreuse tardive

Bourdine

Admirable jaune

Sanguine grosse admirable ,

Pavie persèque

Pavie de Pomponne. . . . ,

Pèche lisse Elruge

Pêche lisse Victoria

Brugnon Newington hâtif . .

Brugnon Pitmaston orange. .

Brugnon violet musqué. . .

ÉPOQUE DE MATURITÉ sous

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