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FORMATION DE LA CHARPENTE

Comme les poiriers, les pêchers peuvent être soumis à deux séries de formes différentes : les grandes formes et les petites. Nul doute qu'on ne doive préférer les petites formes ou cordons, par les motifs indiqués plus haut pour le poirier. Mais il y a quelques circonstances où les grandes formes doivent être employées. Nous devons donc examiner aussi ces dernières en recherchant celles qui sont les moins mauvaises.

Ces grandes formes étant assez nombreuses, on les a partagées en plusieurs groupes auxquels on a donné les noms de palmettes, di^ éventails, de candélabres et de gobelets.

Formeb en palmette. — Les arbres en palmette présentent une série de branches sous-mères superposées^ dirigées horizontalement ou obliquement, et naissant d'une ou de deux branches mères verticales. Les principales formes appartenant à ce groupe sont les suivantes ;

Pécher en palmette Verrier. — Les arbres soumis à cette forme sont en tout semblables aux poiriers soumis à cette même disposition (page ilxk). On les plante à la même distance les uns des autres le long du mur. La seule différence qui existe entre ces deux espèces, c'est que, dans le poirier, les branches sous-mères sont placées à 0"\30 seulement l'une de l'autre, tandis qu'un espace de 0",50 à 0™,60 est nécessaire pour le pêcher, afin de permettre le palissage des bourgeons latéraux pendant l'été. En outre, dans cette dernière espèce, toutes les branches mères ou sous-mères sont garnies, seu-

lement sur les côtés, de rameaux à fruit, naissant à environ 0"*,10 les uns des autres.

Première taille. — Les poiriers, ainsi que toutes les autres espèces, ne doivent recevoir la première taille qu'après leur reprise, c'est-à-dire une année je^eviron am^ès leur plantation ; le pêcher seul fait exceptiort : ^%t S t »- / ô^ ?^ doit le tailler Tannée même de la ^^^^ ^^'e ^ plantation. Autrement les b6ti J \^ S R S T tons de la base que Ton a besoin ^^ de faire développer en bourgeiSq^ seraient complètement anéan Tannée suivante.

Cette première taille a pour but de faire naître, à environ 0°*,30 au-dessus du sol , les deux premières branches sous-mères, et d'obtenir un nouveau prolongement de la tige. A cet effet, on choisit deux boutons B {jîg. 259), situés latéralement à une hauteur convenable, plus un bouton A placé au-dessus et en avant; c'est immédiatement au-dessus de ce dernier bouton, au point D, que Ton coupe la tige. Les boutons B sont destinés à former les deux premières branches sous-mères, et le bouton A le prolongement de la tige.

On choisit, autant que possible, un bouton placé en avant pour prolonger la tige et les branches sous-mères. La petite difformité qui existe au point d'attache de chaque nouveau prolongement est ainsi moins apparente, et la plaie, n'étant pas frappée par le soleil, se cicatrise mieux.

Pendant Tété qui suit, on protège le développement vigoureux des trois boutons choisis. S'il s'en développe d'autres, on les pince lorsqu'ils ont atteint une longueur de 0™,20. On ne les supprime pas complètement comme pour les poiriers; leur présence est nécessaire pour favoriser le développement des

Fig, 259. Première taille du pécher en palraette Verrier.

nouvelles racines de ces jeunes arbres récemment plantés. On maintient en outre une vigueur égale entre ces bourgeons par les moyens indiqués au chapitre des Principes de la taille.

Deuxième taille. ,— La figure 260 indique le résultat des opérations de Tannée précédente. Lors de la deuxième taille,

on supprime le tiers environ de la longueur des branches sous-mères en choisissant un bouton de devant, qui formera le nouveau prolongement. La tige est coupée au point A, à environ 0'",30 de la naissance des sous-mères, immédiatement audessus d'un bouton de devant. On pourrait couper cette tige plus haut, à O^jôO au-dessus des sousmères, de façon à obtenir un nouvel étage de branches pendant Tété suivant, mais il est plus prudent de laisser un intervalle de deux ans entre l'obtention des premières sous-mères et

Fig, 260. Deuxième taille du pêcher en palmetto Verrier.

celle des secondes. On favorise ainsi l'accroissement des ramifications inférieures de l'arbre qui ont toujours une tendance à devenir moins vigoureuse que celles du sommet. Il n'y a d'exception que pour le cas où les rameaux latéraux sont aussi vigoureux que le rameau central.

Pendant l'été suivant, on donne au bourgeon terminal de chacune de ces branches les soins nécessaires pour qu'ils conservent le même degré de vigueur. Quant aux autres bour-

geons, on leur applique les opérations décrites plus loin pour les transformer en rameaux à fruit.

Troisième taille. — Au troisième printemps, le jeune pêcher offre Taspect de la figure 261. On coupe alors la branche

Fig. 261. Troisième taillo du pêcher en palmette Verrier.

mère à environ 0™,60 de la naissance des sous-mères, en A, au-dessus de deux boutons latéraux, B et C, qui doivent développer deux nouvelles branches sous-mères, et d'un bouton placé en avant, destiné à prolonger la tige. On supprime sur les branches sous-mères le tiers environ de leur nouveau prolongement en D, afin de déterminer le développement de tous les boutons quMl porte.

Lors de la taille des branches sous-mères, il importe de donner exactement la même longueur aux branches symétri-

ques, pour maintenir l'équilibre de la végétation entre les deux côtés de l'arbre. Si cependant une branche était devenue

Fig. 862. Quatrième taille du pêcher en palmette Verrier.

plus forte que la branche correspondante, elle serait taillée un peu plus court. Quant aux rameaux à fruits développés

vers la partie inférieure de l'arbre, on leur applique les opérations que nous décrirons plus loin en parlant de la taille des rameaux à fruit du pêcher.

Pendant Tété, on donne aux bourgeons de prolongement des branches de la charpente, des soins semblables à ceux de Tannée précédente.

Qtmtrième taille. — Lés opérations de Tannée précédente ont eu pour résultat {fig, 262) de faire naître un nouvel étage de branches sous-mères. On supprime en D un tiers de leur longueur; on coupe en E le tiers de la longueur du nouveau prolongement des sous-mères inférieures. Quant au nouveau prolongement de la tige, on taille en A, à 0"»,60 des plus jeunes sous-mères. On peut alors faire naître un nouvel étage de branches chaque année, car les sous-mères inférieures ont acquis assez de force pour attirer à elles la sève dont elles ont besoin pour continuer de s'accroître.

Les soins indiqués plus haut sont répétés pendant Tété.

Cinquième taille, — Un troisième étage de branches sousmères s'est développé pendant Tété précédent {fig. 263). Les prolongements des branches sous-mères sont taillées comme les années précédentes aux points D, E, F. Quant à la branche mère, elle est coupée au point A, en vue d'obtenir un nouvel étage des boutons B et C. Les soins d'été sont les mêmes que précédemment.

Les opérations que nous venons de décrire sont continuées de manière à obtenir à chaque année un nouvel étage de branches sous-mères et Tallongement progressif de celles-ci jusqu'au moment où elles arrivent successivement au point où leur sommet doit être relevé dans une position verticale, comme le montrent les figures des pages ilxlx et 148. Alors on allonge successivement chacune d'elles jusqu'au sommet du mur, en retranchant la moitié de la longeur des prolongements successifs. Vers la neuvième année, les arbres soumis à cette forme offrent l'aspect de la figure, page 14ù, avec cette différence, toutefois, que les rameaux à fruit sont distribués de chaque côté des branches de la charpente, comme le montre la figure 330, et que les branches sont placées à 0'",60 d'intervalle, au lieu de 0'",30. Les branches de la charpente sont ensuite taillées chaque année suivant le principe indiqué page 85.

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Fig. 263. Cinquième taille du pêcher en palmette Verrier,

Nous renvoyons à la page 152 pour l'emploi des moyens destinés à régulariser la charpente des arbres. Nous devons faire remarquer que, malheureusement, les entailles pour faire développer les boutons restés endormis ou pour favoriser Taccroissement des branches trop faibles, ainsi que les greffes de côté pour placer des branches de charpente là où il en manque, ne sont pas praticables pour le pêcher et en général pour les arbres à fruit à noyau. Ces opérations déterminent presque toujours la maladie de la gomme.

Le moyen indiqué à la page 150 pour obtenir sur les arbres en palmette deux étages dans la même année, s'applique également aux pêchers. Mais il convient de ne l'employer que dans le cas indiqué pour le poirier.

Palissage de la charpente du pécher. ^ Le palissage de la charpente du pêcher doit être exécuté de la même façon et avec tous les soins que nous avons indiqués pour le poirier, page 155. Si l'on ne peut pas employer le palissage à la loque, décrit page 22, on fera le palissage sur treillage.

On droit palisser dans le pêcher, non -seulement les branches de la charpente, mais encore, comme nous le verrons plus loin, les rameaux à fruits, après la taille d'hiver, et les bourgeons latéraux pendant l'été.

Comme les points d'attache nécessaires pour ces divers palissages doivent être très-rapprochés, on ne pourrait employer le treillage en bois sans une forte dépense. Aussi convient-il de préférer le treillage en fil de fer, disposé comme nous l'indiquons pour le poirier (page 157), en laissant toutefois un intervalle de O^jOS seulement entre les lignes horizontales. Ce treillage ainsi établi coûtera 67 centimes le mètre carré, non compris la pose.

Si déjà le mur ou l'on se propose d'établir un espalier de pêcher était couvert d'un treillage en bois à grandes mailles.

Fig. 264. Treillage en bois garni de fil de fer pour le pêcher.

on pourrait néanmoins l'utiliser pour cette espèce d'arbre. Il suffirait pour cela de diviser les mailles ayec des fils de fer, comme le montre la figure 26^.

Nous avons indiqué à la page 143 les motifs qui nous font préférer les palmettes à toutes les autres grandes formes imaginées pour les arbres palissés, et parmi les palmettes, celles que nous venons de décrire. Toutefois nous croyons devoir dire un mot de quelques autres grandes formes, moins bonnes à coup sûr que la précédente, mais qui sont fort anciennes et encore aujourd'hui très-usitées.

Taille en palmette Legendre {fig, 265). — Une branche mère verticale donnant naissance, de chaque côté, à un certain nombre de sous-mères horizontales, d'égale force et superposées, telle est cette palmette, décrite pour la première fois par Legendre, curé d'Hénouville, qui écrivait en 1684- C'est à tort, suivant nous, que quelques auteurs ont donné à cette forme le nom de Palmette Forsyth, puisque ce cultivateur anglais n'a publié son livre qu'en 1802.

Pour obtenir cette forme, on fait développer à la base, la première année, soit à l'aide d'un ravalement, soit en posant trois écussons sur le sujet, trois bourgeons : un en avant pour former la branche mère et deux latéraux pour former les premières sous- mères. Au printemps suivant, la branche mère est coupée à environ 0™,30 au-dessus des deux branches inférieures, puis les sous-mères sont taillées le plus long possible. On n'exige pas, la deuxième année, un nouvel étage de sous-mères, car il faut favoriser la végétation des premières; mais à partir de l'année suivante, on fait développer, chaque printemps, au moyen de la taille, un nouvel étage de sousmères qui naissent immédiatement au-dessous de chaque coupe. Il est bien entendu que les sous-mères sont d'abord placées presque verticalement, et qu'on ne les abaisse qu'à mesure qu'elles s'allongent.

Cette disposition présente le grave inconvénient que voici : la sève des racines, s'élançant avec rapidité dans la tige verticale, réagit avec force sur le développement des sous-mères supérieures, qui deviennent trop vigoureuses, tandis que celles de la base restent languissantes. D'un autre côté, la position horizontale des sous-mères qui gêne la circulation de la sève,

Fig. 265. Pêcher soumis à la forme en palmette Legendre,

vient encore augmenter l'état de souffrance de ces branches.

Fig. 266. Pêcher soumis à la forme en palmette à branches obliques. '

Taille en palmette à branches obliques (fig, 266),

— Mon père, en imaginant cette forme vers 1816, a voulu remédier à Tun des défauts de la palmette Legendre, en donnant aux sous-mères une direction oblique ascendante qui y favorise la circulation de la sève ; puis, pour remplir le vide produit au-dessous des premières branches sous-mères par leur obliquité, il a fait naître une branche tertiaire. Mais rinconvénient principal que nous avons signalé dans la palmette Legendre existe également dans celle-ci. C'est la " superposition des branches sous-mères de même longueur qui fait que celles du sommet sont toujours plus vigoureuses que celles de la base.

La charpente de cette palmette s'obtient à l'aide des opérations décrites pour la palmette Legendre. Les murs destinés à la recevoir ne devront pas avoir moins de 3 mètres, sous peine de voir le sommet des branches obliques trop promptement arrêté.

Palmette Cossonnet (fig, 267). — M. Cos-

Du Ere:: IL, Fruitx de table.

Fiij. 267. Pêcher soumis à la forme eu palmette Cossonnet.

sonnet, cultivateur à Longpont (Seine-et-Oisej,a adopté pour ses espaliers de poiriers la palmette Legendre et la palmette à branches obliques en les modifiant ainsi : ces deux formes sont alternativement appliquées aux arbres du même espalier; mais les palmettes à branches obliques A offrent des sous-mères inclinées sur un angle bien plus aigu (Zi5<») que nous ne l'avons indiqué; et les branches de la palmette Legendre B diminuent de longueur à mesure qu'elles se rapprochent du sommet du mur. Il en résulte que l'ensemble de ces arbres n'offre plus un carré ou un quadrilatère, mais bien un triangle rectangle dont le plus grand côté est appuyé sur le sol.

Le mode de formation de cet espalier est le même que pour chacune des deux formes dont il est composé et dont nous avons parlé plus haut. Il est bien entendu que les branches horizontales des palmettes Legendre B ne sont aipenées que progressivement dans cette position.

Quant aux avantages et aux inconvénients de ce mode d'opérer, ils participent de ceux que nous avons signalés dans les deux formes dont cette sorte d'espalier est composée. Nous devons toutefois faire remarquer que la .palmette Cossonnet ne présentera tous ces avantages que sur un mur élev^ de li mètres au moins. Sur un mur de 3 mètres seulement, il faudra planter les arbres à 3 mètres les uns des autres pour que les branches obliques des palmettes puissent être placées sur un angle de 65°; or les arbres ne pourront offrir ainsi qu'une surface de 9 mètres carrés chacun, ce qui déterminera un excès de vigueur qui les empêchera de se mettre à fruits. Sur un mur de U mètres de hauteur au moins, les arbres sont plantés à U mètres de distance les uns des autres, ce qui leur donne une surface de 16 mètres, tout en conservant à chacun d'eux sa forme spéciale.

Palmette à branches alternes {fig. 268). — Trois arbres sont au moins nécessaires pour compléter cette forme. Celui du centre (A) développe à droite une première branche sousmère (D). La sous-mère parallèle (E) est fournie à gauche par l'arbre C. Au-dessus de cette dernière, l'arbre du centre en fournit une troisième (F), puis l'arbre B une quatrième (G), et ainsi do suite alternativement jusqu'au sommet du mur. Il

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Fig. 268. Pécher soumis à la forme en palmette à branches alternes.

36i ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS PE TABLE.

résulte de cette disposition que les arbres doivent être placés à une distance moitié moindre que pour les autres formes. La palmette à branches alternes diffère peu, comme on le voit, de la palmette Legendre; elle présente les mêmes inconvéniv3nts et les mêmes avantages; on rapplique à l'aide de procédés semblables.

C'est chez M. Alexis Lepère, de Montreuil, que nous avons observé pour la première fois cette disposition. M. Lelieur en parle dans la Pomone française^ et lui donne le nom de palme Ue-cor don. Nous avons mieux aimé conserver cette appellation pour la forme que nous avons décrite sous ce nom, et qui, portant des branches coursonnes seulement en dessus des sous-mères, ressemble bien plus à un cordon de vigne que la palmette dont nous venons de parler. L'alternance des sousmères dans celle-ci nous a naturellement fourni le nom que nous lui avons imposé.

Palmette-conion {fig. 269). — Cette disposition, que nous avons vue décrite dans un ouvrage anglais, a été imaginée pour remédier à la difficulté de maintenir assez vigoureuses les branches coursonnes placées sous les sous-mères." A cet effet, on les a supprimées, excepté sur la sous-mère inférieure; puis, pour remplir le vide, on a doublé le nombre des sousmères. Mais on a fait naître cet autre défaut, que, ne pouvabt obtenir chaque année qu'un seul étage de sous-mères, on a doublé l'espace de temps nécessaire à l'arbre pour acquérir tout son développement.

La palmelte-cordon est formée à l'aide des mêmes moyens que la palmette Legendre; elle peut être placée contre tous les murs, quelle que soit leur élévation; mais on ne peut l'appliquer avec avantage qu'au pêcher.

Palmelle à double lige de Fanon {fig. 270). — Nous avons reproché à la palmette Legendre de laisser arriver trop rapidement la sève des racines vers le sommet de l'arbre; M. Fanon a publié, en 4807, une modification de cette forme à l'aide de laquelle il a diminué cet inconvénient. A cet effet, il a divisé le canal direct de la sève en deux parties égales, c'est-àdire qu'au lieu d'une seule tige verticale l'arbre présente deux branches mères qui, naissant du même point, s'élèvent verticalement en s'écartant l'une de l'autre à une distance

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Fig. 269, Pécher soumis à la forme en palmolte-cordon.

suffisante pour palisser les bourgeons entre elles. Ces branches donnent naissance, d'un seul côté, à une série de branches sous-mères, superposées et placées horizontalement.

Ce procédé tempère la rapidité de la circulation de la sève, de la base au sommet, mais il fait naître un autre vice. En effet, la palmette Legendre ne présentant qu*une seule branche mère, il est aisé d'y établir l'équilibre de la végétation, mais la palmette Fanon rend cette condition plus difficile à remplir, car il faut veiller sans cesse à ce que les deux branches mères soient constamment d'égale force. Nous estimons donc que la faible amélioration apportée par M. Fanon est bien détruite par l'inconvénient que nous venons de signaler. Du reste, cette palmette à double tige est formée à l'aide des moyens décrits pour celle de Legendre et peut être employée dans les mêmes circonstances.

Palmette en U de M. de Bengy-Puy vallée, — Les diverses formes que nous yenons de décrire manquent toutes à Tune des trois conditions principales précédemment posées. Dans aucune d'elles la sève n'est suffisamment arrêtée vers la base de l'arbre, qui, quoi qu'on fasse, est toujours trop peu vigoureuse. Frappé de ces inconvénients, M. de Bengy-Puy vallée chercha à remplacer ces formes défectueuses par une autre plus convenable, et imagina celle décrite dans son excellent Mémoire sur la culture du pêcher sous le nom de forme en 0:

Cette disposition ne diffère de la palmette à» double tige {fig, 270) que par son mode de formation. Le premier étage de branches sous-mères est formé au moyen de branches mères qu'on abaisse peu à peu jusqu'à la ligne horizontale. Lorsque ce premier étage est suffisamment développé, on remplace les branches mères au moyen d'un bourgeon vigoureux que l'on obtient facilement de chaque côté au point où les branches mères primitives abandonnent la ligne verticale pour suivre la ligne horizontale. Les autres branches sousmères sont successivement obtenues comme celles de la palmette à double tige.

H résulte de ce mode de formation que, la sève éprouvant plus de difficulté à s'élancer vers le sommet de l'arbre, on peut maintenir la base plus vigoureuse. Nous ne comprenons pas pourquoi M. de Bengy-Puyvallée n'a usé de ce moyen que

Fiff. 270. Pdcher souoais à la forme en palmette à double tige de Fanon.

pour obtenir les deux premières sous-mères inférieures. S'il l'eût employé pour chacune des ramifications, comme l'indique Le Berriays, ainsi que nous Je verrons plus loin, il eût certainement approché plus près du but; la sève des racines, en s'élevant dans les branches mères, aurait eu une tendance naturelle à passer successivement dans chacune des branches sous-mères, et serait ainsi arrivée en moins grande abondance au sommet de l'arbre, qui est toujours assez vigoureux.

La palmette en U peut être appliquée à toutes les espèces d'arbres fruitiers employées pour les murs de toutes les hauteurs.

Palmette de Le Berriays (fig. 271). — Cette forme diCTère très-notablement des précédentes, soit par une double tige, soit par le mode de formation des branches sous-mères.

Le Berriays, contemporain de Duhamel, aux travaux duquel il s'associa, et auteur de plusieurs ouvrages remarquables sur l'arboriculture, notamment du Nouveau la Quintinie, est le premier qui ait fait usage de ce mode de formation, pour la palmette que nous croyons devoir désigner sous son nom.

Les deux premières branches ayant été obtenues au moyen d'un recepage, on les allonge pendant deux ou trois ans en les abaissant chaque année; puis, lorsqu'elles ont atteint toute leur longueur, on les place horizontalement en A, de façon à ce qu'elles deviennent les deux premières sous-mères. Pendant l'été suivant on laisse développer sur la courbe, et de chaque côté, un bourgeon vigoureux qui s'allonge verticalement. A la taille suivante, les deux rameaux qui en résultent sont courbés horizontalement pour former deux nouvelles branches sous-mères, et ainsi de suite chaque année.

En adoptant cette forme et ce mode de formation, Le Berriays a voulu utiliser tout le produit de la végétation au profit du développement de la charpente sans être obligé de faire des retranchements. Il a aussi espéré que ce mode d'obtention des sous-mères ralentirait la rapidité de la circulation de la sève de la base au sommet de l'arbre.

Soustraire les arbres aux amputations annuelles', souvent assez considérables, auxquelles on les soumet pendant la formation de la charpente, est certes un avantage incontestable. Mais nous pensons que le second résultat n'est obtenu que

Fig. 271. Pêcher soumis à la forme on palmaite de Le Borryais.

bien imparfaitement, voici pourquoi : chaque année il se forme une nouvelle couche d'aubier dont les vaisseaux servent à l'ascension de la sève. Tant que les couches ligneuses qui fonctionnaient au moment où l'on a incliné les branches mères pour en former les branches sous-mères, conservent leurs fonctions, sans aucun doute la sève tend à passer successivement de la branche mère dans la branche sous-mère placée immédiatement au-dessus; elle agit ainsi avec plus de force sur le développement des parties inférieures de l'arbre, qu'elle maintient plus vigoureuses; mais, au bout de deux ans, les fonctions de ces couches cessent, il s'en est développé d'autres, dans lesquelles la direction des vaisseaux est en harmonie avec la tendance naturelle de la sève, c'est-à-dire que les vaisseaux séveux qui les composent, rétablissent, entre les racines et le sommet de la tige, la communication directe qui avait été interrompue par l'inclinaison successive du sommet des branches mères. Dès lors, les fluides nourriciers n'étant plus gênés dans leur mouvement d'ascension, les arbres soumis à cette forme offrent de nouveau l'inconvénient d'être trop vigoureux au sommet et languissants à la base. Ajoutons à cet inconvient qu'il faut maintenir l'équilibre de la végétation entre les deux branches mères, nécessité qui n'existe pas pour les palmettes composées d'une seule tige. Palmette en lyre [fig, 272). — Cette forme, que nous avons observée chez M. Lepère, et qui lui a été peut-être inspirée par les observations précédentes, donne sous ce rapport un résultat beaucoup plus satisfaisant. En effet, les courbes nombreuses que décrivent les branches mères à mesure qu'elles s'élèvent, arrêtent suffisamment la rapidité de la circulation de la sève de la base au sommet de l'arbre ; et cet efl*et n'est pas momentané, comme dans la palmette de Le Berriays, car ces courbes forcent les nouvelles couches ligneuses et les vatsseaux séveux qui les composent à adopter la même direction, à mesure qu'ils se développent. Les branches inférieures sont donc constamment maintenues assez vigoureuses. Toutes les branches sous -mères sont d'ailleurs obtenues à l'aide du moyen que nous préconisons, c'est-à-dire par l'inclinaison successive du sommet des branches mères. Nous donnons à "ette nouvelle forme le nom de palmette en lyre.

Fig. 272. Pécher soumis à la forme eo palmette en lyre.

La palmelle Millot (fig. 273), inspirée également par ce que nous avions publié antérieurement à ce sujet, est due à M. Millot, de Nancy, qui était Tun des arboriculteurs les plus distingués de la Lorraine. Cette forme diffère peu, quant à sa disposition, de la palmette en lyrcy qu'elle a d'abord précédée; elle est obtenue à Taide des mêmes moyens et présente les mêmes avantages.

La difficulté que présentent les palmettes à double tige pour maintenir l'équilibre de la végétation entre les deux parties semblables de l'arbre nous a fait chercher une autre disposition qui, tout en conservant les avantages attachés à la palmette, ainsi que le nouveau mode d'obtention des branches sous-mères, n'offrît pas cet inconvénient. Nous croyons avoir résolu cette question au moyen des deux formes suivantes.

La première (fig. 27/j), à laquelle nous donnons le nom de palmettes sans branches mèrea, est obtenue ainsi :

L'année même de la plantation des jeunes arbres, on les recèpe sur trois boutons de la base, ou bien l'on a placé trois écussons, l'un en avant, les deux autres latéralement. Pendant Tété qui suit, on obtient trois bourgeons. Vers le commencement de juin, les deux bourgeons latéraux (A) sont placés sur un angle de /j5°; le bourgeon central (B), dirigé d'abord un peu à droite, est ensuite incliné vers la gauche sur le même angle. Le point où l'on doit commencer à l'incliner doit être calculé de manière qu'il y ait une distance de O^jSO entre ce bourgeon et celui placé au-dessous.

Au printemps suivant, ces trois rameaux sont taillés sur une longueur en rapport avec leur force, puis on les abaisse un peu. On continue ces soins pendant deux ou trois ans jusqu'au moment où, ayant atteint toute leur longueur, on les met dans la position qu'ils occupent dans la figure, c'est-à-dire sur un angle de 45*» environ. Alors, pendant l'été, on laisse développer en gourmand un bourgeon situé en C à la partie supérieure de la branche centrale, là où elle cohimence à se diriger latéralement. Vers le mois de juin, ce bourgeon, dirigé d'abord un peu à gauche, est aussi incliné sur un angle de 45% de manière à réserver à sa naissance un espace de 0 ",55 entre lui et la branche de dessous. Au printemps sui-

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Fig. 273. Pocher soumis à la forme en palmette Millot

Fig. 274. Pêcher soumis à la forme en palmette sans branches mères.

vant, cette nouvelle ramification est abaissée sur un angle égal à celui des précédentes, puis taillée de manière à favoriser son allongement.

A Taide du procédé que nous venons de décrire, on peut ainsi, chaque année, obtenir une nouvelle ramification, distante des précédentes de 0'",55 et dirigée alternativement à droite ou à gauche, jusqu'à ce que Ton soit arrivé au sommet du mur : Tarbre alors est entièrement formé, et il ofiTre les avantages de la palmette en lyre sans en présenter Tinconvénient; c'est-à-dire que, n'étant pas composé de deux branches mères, on n'a pas à se préoccupper de maintenir l'équilibre de la végétation entre elles.

On ne peut obtenir, chaque année, à l'aide de cette dernière forme, qu'une seule ramification à la fois. Comme dans le pêcher, ces branches doivent être placées à environ O^jSô les unes des autres, afin qu'on puisse palisser entre elles les bourgeons qu'elles développent; il en résulte que, sur un mur de A mètres d'élévation, l'arbre se composera de treize branches, six d'un côté et sept de l'autre : les trois premières pouvant être obtenues le plus souvent en deux ans, il faudra douze ans pour former complètement un arbre. C'est à peu près le temps employé pour donner au pêcher les formes que nous avons précédemment examinées.

Mais, si l'on voulait appliquer cette disposition aux autres espèces, au poirier, par exemple, il faudrait un nombre d'années beaucoup plus considérable que pour les autres formes. Ainsi, la distance que l'on doit réserver entre les branches sous-mères étant d'environ 0'",27, le poirier en développerait trente et une sur un mur de U mètres; or, comme on ne peut en obtenir qu'une par année, il faudrait attendre trente et un ans avant de voir le mur entièrement couvert, ce qui serait beaucoup trop long. Cette forme ne peut donc être utilisée que pour le pêcher. On peut indifféremment l'appliquer contre tous les murs.

Palmette à branches croisées. — Frappé de l'inconvénient de cette destination exclusive, nous avons cherché s'il ne serait pas possible de trouver une forme qui offrît, pour les autres espèces d'arbres fruitiers, les avantages que présente la précédente pour le pêcher. La forme à laquelle nous donnons le

Fig. 2"75, Pêcher soumis à la forme en palmette à branches croisées

PÊCUliR. 377

nom de palmelle à branches croisées {fig, 275) atteint complètement ce but; elle s'obtient de la manière suivante :

Lors de la première taille, on recèpe le jeune arbre sur deux boutons latéraux de la base. Pendant l'été suivant, on obtient deux bourgeons vigoureux (D) qui, vers le mois de juin, sont abaissés sur un angle de 45°. Au printemps, ces deux rameaux sont taillés sur une longueur convenable, puis abaissés sur un angle d'environ 35*». Un an ou deux après, lorsqu'ils ont atteint toute leur longueur, on les abaisse sur un angle de 15°. Vers le mois de mai qui suit cette opération, on choisit sur le dessus de chacune de ces branches un bourgeon situé à 0'",35 environ du point de leur naissance. On laisse ces bourgeons se développer en gourmands, en leur donnant d'abord une position verticale. Vers la fin de juin, on les incline l'un vers l'autre, en les croisant, sur un angle d'environ 65''. Deux ans après, au printemps, on abaisse ces nouvelles ramifications sur un angle d'environ 15% comme dans la figure, de manière à conserver entre elles et les branches inférieures la distance qui doit exister entre les branches sous-mères de chaque espèce. Au commencement de l'été suivant, on choisit sur l'une et l'autre deux nouveaux bourgeons situés comme ceux que l'on a réservés précédemment sur les branches D; on les incline l'un vers l'autre au mois de juin; puis, dès le printemps suivant, on les met en place. Dès lors on pourra recommencer chaque année la même opération, et couvrir ainsi régulièrement l'espace réservé à chaque arbre.

Nous devons ajouter que, s'il s'agit d'arbres à fruits à pépins, il sera convenable de greffer les branches entre elles au point où elles se croisent.

Le laps de temps nécessaire pour qu'une palmette à branches croisées couvre complètement l'espace qui lui a été réservé n'est pas plus long que pour les autres formes. Ainsi, pour un mur de 4 mètres, les branches étant placées à 0™,55 les unes des autres, l'arbre devra développer douze branches, six de chaque côté. Gomme on ne peut en obtenir que deux à la fois chaque année, et que les deux premiers étages ne peuvent être formés qu'en cinq ans, il s'ensuit qu'il faudra dix ans environ pour compléter cette disposition : c'est le

temps qu'emploient les arbres soumis aux autres formes pour couvrir le môme espacé.

Ainsi qu'on le voit, cette disposition remplit toutes les conditions que nous avons posées. Elle s'accommode, en outre, de tous les murs, quelle que soit leur élévation, et peut être employée pour toutes les espèces d'arbres.

Éventfidls. — Dans ce groupe, les branches mères rayonnent du centre vers la circonférence. Il comprend les cinq formes suivantes.

Éventails Dumontier ou à la française (fig. 276). — Cette forme, qui remonte au temps de la Quintinie, a été améliorée par M. Dumontier. Les arbres qui y sont soumis présentent de chaque côté quatre branches mères (B, C, D, E) naissant presque du même point, et se partageant également les deux côtés du rectangle. Des branches sous-mères (^> f> g, h, i, j, k, l), prises en d'essus et en dessous des branches mères, remplissent l'espace compris entre ces dernières, de manière que, pour le pêcher, il existe entre ces diverses ramifications un espace de 0"\55 environ.

M. Dumontier procède ainsi à la formation de l'éventail qui porte son nom. Il commence par obtenir deux ramifications principales (C), soit en ravalant le jeune pêcher sur deux boutons latéraux de la base, soit en plaçant deux écussons sur le sujet. Ces deux premières branches sont placées d'abord dans une position presque verticale qui favorise leur développement, et, l'année suivante, on les taille en A pour obtenir les ramifications B. Chaque année, à mesure que ces quatre branches principales B,G — B,C s'allongent, on les abaisse jusqu'au point qu'elles occupent dans notre figure. Pendant leur formation on obtient les branches sous-mères (j^ ^9 ^ Qïiî naissent en dessous. Lorsque les branches mères ont atteint la longueur qu'elles doivent conserver, on fait développer à leur base, au moyen d'un bourgeon gourmand, deux nouvelles ramifications qui donnent lieu aux deux branches D et sur chacune desquelles on fait naître les branches sous-mères i. Après l'allongement complet de la branche mère D, on forme en dessus la branche sous-mère g, sur laquelle on obtient ensuite la branche de troisième ordre A.

Ces ramifications complètement développées et mises en

vGooçIe

gl

F^. 2*36. Pêcher soumis à la forme en éventail Dumontier ou à la française.

38a ARBRKS ET ARBRISSEAUX A FRUITS DE TABLE.

place, on termine, en prenant à la base des branches D, deux dernières ramifications E, destinées à remplir l'intérieur de Tarbre; puis on obtient la branche sous-mère e, et enfin les branches /*.

Cette forme présente l'inconvénient suivant :

La branche mère E et les branches sous-mères e, f, g, h, étant dans une position bien plus favorable, pour la circulation de la sève, que les branches D, t, C, j, k, B, l, elles seront constamment irop vigoureuses, tandis que ces dernières seront promptement épuisées par une production trop abonds^nte de fruits. Cette forme présente, en outre, Tinconvénient de nécessiter le développement de plusieurs branches mères et sousmères en dessus de celles primitivement formées. Telles sont les ramifications E, D, e, g. C'est là un défaut grave; car ces productions tendent sans cesse à épuiser les branches qui les portent et exigent une surveillance continuelle.

L'éventail Dumontier peut être appliqué à toutes les espèces d'arbres fruitiers; nous devons faire observer que les murs ne devront pas avoir plus de Ix mètres ni moins de 3 d'élévation. En effet, si l'on dépassait cette hauteur, il se produirait un vide au sommet du mur, entre les branches e [fig, 276) ; or on ne pourrait remplir ce vide qu'en plaçant les branches e ou C dans une position plus verticale, ce qui augmenterait leur vigueur, déjà trop considérable. Si, au contraire, on choisissait des murs de moins de 3 mètres, on serait obligé, pour donner assez d'espace aux branches mères du centre, de les incliner davantage, ainsi que toutes celles placées au-dessous, et les branches mères de la base, déjà trop peu vigoureuses, seraient complètement anéanties par cette position défavorable.

Éventail carré de Mon treuil ou en V ouvert {fig, Tll). — Cette forme, qui remonte à 1773, a été successivement améliorée par Butret, qui écrivait en 1795, et, récemment, par MM. Alexis Lepère et Félix Malot, cultivateurs à Montreuil.

Les arbres soumis à cette forme présentent deux branches mères (A) inclinées sur un angle de 45». Ces branches mères offrent en dessus et en dessous des branches sous-mères formant un angle d'environ 15° avec l'horizon, et espacées de façon qu'il existe entre chacune d'elles un intervalle d'environ

O'»,50. On procède ainsi à rétablissement de cette charpente.

Fig. 277. Pêcher soumis à la forme en évontaii carré de Moutreuil ou en V ouvert.

Première taille, — Les jeunes pêchers que Ton rencontre

ordiDairement dans les pépinières n'ont reçu qu'un écusson et ne présentent alors qu'un seul rameau {fig. 278). Pour la forme qui nous occupe, la première taille à appliquer à ces arbres consiste à couper ce premier rameau en A, immédiatement audessus des deux boutons latéraux B, C. Ces boutons sont des-

Fùj.. 278. Première taille du pêcher pour en former un éventail carré.

Fig, 2*79. Première taille du pêcher lorsqu'il a reçu deux écussons.

tinés à donner lieu aux deux branches mères de l'arbre (A, fih 277).

Mais il y aura plus d'avantage à choisir dans la pépinière des arbres ayant reçu deux écussons latéraux, ou, ce qui vaut mieux encore, à grefler ainsi les sujets plantés ou semés au pied du mur d'espalier. Les arbres présenteront alors l'aspect de la figure 279. On gagnera ainsi une année sur la formation de la charpente de l'arbre; car on aura tout d'abord les deux branches mères.

Nous admettons qu'on ait donné la préférence à ce dernier

mode, la première taille se composera de l'opération suivante : chacun des rameaux  sera taillé immédiatement au^-dessus du bouton B. Ces boutons serviront à prolonger les branches mères: et les boutons C, placés latéralement au-dessous, donneront naissance aux premières sous-mères inférieures. Pendant l'été qui suivra, on maintiendra entre ces quatre bourgeons une vigueur parfaitement égale; à cet effet, l'on emploiera les moyens que nous avons décrits pages 1/i5 et l/i6. Les deux bourgeons destinés à former les branches mères seront maintenus sur un angle d'environ 70% et ceux qui donneront lieu aux sous-mères, sur un angle de 40*». Les autres bourgeons qui se développeraient en même temps que ceux-ci sur les rameaux primitifs du jeune arbre seront d'abord pinces lorsqu'ils auront atteint une longueur de 0",10 environ, puis supprimés entièrement quinze jours après. Les bourgeons anticipés qui paraîtront sur les quatres bourgeons conservés recevront l'opération du pincement, décrit plus loin pour les rameaux à fruit du pêcher.

Deiixièfne taille. — Le jeune pêcher, ainsi traité, présentera, au printemps suivant, la disposition indiquée par la figure 280.

A ce moment on taillera les branches mères à 0™,50 environ de la naissance des sous-mères en A, immédiatement audessus du bouton B, placé en avant, et qui servira à prolonger ces branches. On ne doit pas songer à obtenir, pendant cette seconde année, de nouvelles sous-mères inférieures, car l'on a besoin de favoriser la végétation des premières. On y arrive en taillant les branches mères assez court, et les sous-mères le plus long possible, en C, au-dessus d'un bouton placé en avant.

Les branches parallèles doivent être taillées de la même longueur: ce soin est indispensable pour maintenir l'équilibre de la végétation entre les diverses parties de l'arbre. Si néanmoins il arrivait qu'une branche fût plus vigoureuse que la branche correspondante, il y aurait nécessité de tailler la branche forte plus court que la branche faible.

Immédiatement après cette taille, chacune des branches doit être palissée de manière que celles qui sont parallèles entre elles soient exactement dans la même position. Si l'une était plus inclinée que l'autre, elles ne végéteraient pas égalé-

ment, et l'équilibre serait rompu. Les branches mères seront placées sur un angle de 65* environ, et les sous-mères seront maintenues dans leur position primitive, afin d'en favoriser la végétation.

Pendant Tété suivant, on appliquera les opérations de Vé bourgeonne meut et du pincement (voir pliis loin la taille

Fig. 280. Deuxième taille du pêcher en éventail carré.

<ies rameaux à fruit du pêcher) et l'on veillera à ce que les t)ourgeons terminaux se développent avec une égale vigueur. Troisième taille. •— Au printemps de la troisième année, d'arbre présente l'aspect de la figure 281. Les branches mères «ont taillées, en A, à 1 mètre environ du point où naît la sousmère inférieure. Les boutons B prolongeront les branches mères, et les boutons G donneront naissance à une seconde sousmère. On fait naître ces sous-mères tous les 0™,80 environ. €ette distance est nécessaire, afin qu'étant inclinées les unes sur les autres, il existe entre elles un espace de 0"*,50 environ, destiné au palissage des bourgeons. Les premières sous-mères

sont taillées, le plus long possible, en D: quant aiix rameaux développés sur les branches mères et sous-mères, et qui, à l'aide des opérations d'été, ont dû être transformés en rameaux à fruits, on les coupe au point indiqué dans notre figure, afin d'obtenir les résultats indiqués plus loin à la taille des rameaux à fruit du pêcher.

Si toutefois, par une circonstance quelconque, un ou plusieurs boutons, sur le développement desquels on comptait

Fig. 281. Troisième taille du pêcher en éventail carré.

pour former, des rameaux à fruits, étaient restés endormis, on procéderait comme nous l'avons expliqué plus loin pour les rameaux à fruit de cet arbre.

Les branches mères sont palissées sur un angle de 60° environ : les sous-mères sont encore maintenues dans leur position primitive; les rameaux à fruits sont palissés avec les soins prescrits plus loin; enfin on donne, pendant Tété, des soins semblables à ceux des années précédentes, en ayant soin d'appliquer aux rameaux à fruits les opérations de Véhourgeonnemerit et de la taille en vert que nous décrirons plus loin.

Quatrième taille, — Au printemps suivant, l'arbre offre Taspect de la figure 282. Chacun des côtés est composé d'une branche mère A et de deux sous-mères inférieures B et C. Ces ramifications portent des branches coursonnes complètement établies (D) et des rameaux à fruits (E) qui présenteront le même caractère Tannée suivante.

Les branches mères sont taillées en F, de manière à obtenir un prolongement et une troisième sous-mère inférieure. On peut, à partir de ce moment, faire naître chaque année une de ces dernières branches; car celle obtenue d*<abord (C) a

Fig. 282 Quatrième taille du pêcher en éventail carré.

assez de force pour ne plus craindre d'être arrêtée dans son accroissement. Cette sous-mère (C) est taillée seulement à 0'",50 de la coupe de l'année précédente, car elle a presque acquis la longueur qu'elle doit avoir; l'autre (B), est coupée en H. Les rameaux à fruits (D et E) reçoivent chacun le mode de taille indiqué à la page /ilO.

Les branches mères sont laissées dans la position qu'elles occupaient l'année précédente ; les sous-mères G sont abaissées sur un angle de 25° environ, et celles B sont maintenues dans leur première position. On palisse les rameaux à fruits comme on l'a fait l'année précédente, et l'on exécute avec soin les diverses opérations d'été.

Cinquième taille. ~ Au bout de la cinquième année, notre

Fig. 283. Cinquième taille du pêcher en éventail carré.

arbre offrira trois branches sous-mères. Au printemps, on taillera les branches mères A {fig* 283) en E, afin d'obtenir un nouveau prolongement et une nouvelle sous-mère. Les sousmères B seront coupées à O^jSO seulement de la taille de l'année prédédente, en G, celles G seront taillées en F et celles D en H- Les rameaux à fruits,!, J,K, recevront la taille ordinaire.

Ces diverses ramifications seront palissées de la manière suivante ; les branches mères seront palissées sur un angle de 45° environ, position qu'elles devront continuer d'occuper à l'avenir; les sous-mères B présenteront une inclinaison de 15°, qu'elles conserveront aussi; celles G, une inclinaison de 25°, et celles D, une pente de 40°.

Sixième taille. — - Notre arbre présente de plus que Tannée précédente une dernière sous-mère (F, fig* 28Zi) ; les branches mères sont taillées à 0%/iO environ du sommet du mur; les sous-mères B et G, à 0'",30 environ de la coupe précédente; celles D sont coupées en F, et celles E, en G. Les sous-mères G sont placées dans une position définitive, c'est-à-dire sur un angle de 15°, celles D, sur une pente de 25°, et celles E conservent l'angle de ZiO°, qu'on leur a conservé pendant l'été précédent.

Les diverses branches sous-mères du dessous étant ainsi obtenues, on doit songer à faire développer les sous-mères du dessus. 11 n'eût pas été convenable de s'en occuper avant ce^ moment, car ces dernières ramifications, placées dans une position plus favorable, eussent immanquablement nui à la formation des sous-mères du dessous. On choisit donc, lors de la sixième taille, en dessus de la branche mère, à chacun des points H, I, J, K, un rameau bien constitué auquel on laisse une longueur de O^jlô environ, en le taillant ^ur un bouton à bois bien conformé. Quand vient le palissage, on lui conserve sa position verticale. On choisit toujours ces rameaux de telle sorte, qu'ils naissent au delà du point où est insérée la sous-mère du dessous; il en résulte que celle-ci reçoit la sève des racines avant la sous-mère supérieure, et que cet avantage compense la gêne qui résulte pour elle de sa position moins favorisée. Pendant l'été, on protège le développement du bourgeon terminal de ces quatre rameaux.

Septième, huitième et neuvième tailles. — A la septième

Fifj. 284. Sixième taillo du pêcher en éventail carré.

année, toutes les sous-mères du dessous (fig. 254) sont taillées à 0'",30 de la limite qu'elles ne peuvent dépasser, puis fixées définitivement sur un angle de 15°. Les sous-mères de Tintérieur sont coupées à 0'",50 de leur naissance environ, puis un peu abaissées vers les branches mères.

Lors de la huitième année, les sous-mères de l'intérieur qui n'ont pas atteint leur longueur totale reçoivent une taille semblable à celle de l'année précédente ; celles qui ont atteint leur limite sont coupées à 0^,30 environ de cette limite.

Enfin, à la neuvième année, toutes les branches sont taillées à 0'",30 du point qu'elles ne peuvent dépasser. A la fin de cette neuvième année, la charpente est terminée, et l'arbre . remplit complètement Tespace qui lui aété consacré {fig. 277.)

Il n'y a plus, chaque année, lors de la taille d'hiver, qu'à couper le sommet des branches sous-mères à O'",30 environ du point qu'elles ne doivent pas dépasser. Ceci est nécessaire, afin de réserver un espace suffisant pour l'allongement du bourgeon terminal de chacune d'elles. La présence de ce bourgeon est utile pour attirer une suffisante quantité de sève jusqu'à l'extrémité de ces branches et les maintenir assez vigoureuses dans toute leur étendue, puis aussi pour faire qu'un certain nombre de bourgeons vigoureux étant ainsi conservés, sans être mutilés comme le sont la plupart des autres, ils concourent à la production annuelle des organes indispensables à la vie de l'arbre, couches ligneuses et corticales, prolongements radicaux, etc. Ce soin est également indispensable pour le sommet des branches mères ; mais ici on obtient le même résultat d'une autre manière. Tous les ans, à la même époque, on coupe leur rameau terminal à 0'",10 du sommet; puis, vers la fin de juin, on choisit un bourgeon d'une vigueur moyenne et naissant sur ces branches à 0™,ZiO au-dessous du sommet du mur. Ce bourgeon remplace le sommet de la branche que l'on coupe immédiatement au-dessus du point où le bourgeon prend naissance. Ce procédé a pour effet de faire tourner une plus grande quantité de sève au profit des parties inférieures de l'arbre.

Outre ces soins, on doit également, chaque année, appliquer scrupuleusement aux branches coursonnes les opérations des tailles d'hiver et d'été, que nous décrivons plus loin.

L*éventail éarré de Montreuil présente à l'œil une forme plus agréable que celui de Dumoutier : il est plus simple et plus facile à appliquer. Les branches mères étant moins nombreuses, Téquilibre de la végétation est plus aisément maintenu entre elles. On devra généralement le préférer au précédent. Toutefois cette forme n'est pas non plus sans présenter quelques-uns des défauts que nous avons reprochés à réventail de Dumoutier. Ainsi, les branches sous-mères du dessous étant loin d'être aussi favorisées par leur position que celles du dessus, celles-ci, malgré les pincements, poussent toujours trop vigoureusemeùt , tandis que les autres sont souvent languissantes.

On peut cependant diminuer cet excès de vigueur au moyen des trois procédés suivants employéspar M. Lepère.Le premier consiste à choisir, pour donner lieu à ces branches, des rameaux faibles, peu vigoureux et placés sur des branches coursonnes fatiguées déjà par des tailles successives. Le second moyen a pour but de courber ces rameaux faibles vers leur base et de les coucher sur la branche de bas en haut sur une longueur de 0"',15 environ, puis de redresser ensuite leur sommet dans une position verticale. On gêne, de cette façon, la circulation de la sève dans ces rameaux, et l'on diminue leur vigueur.

Le troisième mode d'opérer est le plus efficace ; on place à l'avance sur les branches mères, et successivement, à mesure qu'elles s'allongent, un écusson à chacun des points où l'on aura besoin de faire naître les branches sous-mères du dessus. Ces écussons doivent appartenir à une variété 'beaucoup moins vigoureuse que celle sur laquelle on les pose. On les taille en coursons jusqu'au moment où l'on commence à former les branches sous-mères.

Ces divers procédés peuvent être appliqués non-seulement à cette forme d^arbre et pour le pêcher, mais encore pour toutes les autres dispositions qui présentent des branches plus favorablement situées les unes que les autres, et pour toutes les autres espèces d'arbres.

L'éventail carré peut être appliqué à toutes les espèces d'arbres fruitiers. Tl exige également des murs de 3 mètres d'élévation au moins et de U mètres au plus.

Éventail oblique de M, Louis Noisette {fig, 285). — Cette disposition, imaginée par M. Louis Noisette, ne diffère de la

Fig. 285. Pêcher soumis à la forme en éventail de Louis Noisette.

précédente qu'en ce que les arbres auxquels on l'applique ne présentent que la moitié d'un éventail.

Le mode de formation de cette charpente est le même que celui de Téventail carré.

L*éventail oblique présente cet avantage, que, la charpente se composant d'une seule branche mère, l'équilibre de la végétation est bien plus facile à.maintenir entre les diverses parties de l'arbre. D'un autre côté, cette forme est d'une grande utilité pour les murs placés sur les terrains en pente très-prononcée. Admettons, comme exemple, que le mur ABCD présente une inclinaison de D en G de 0™,06 par mètre. Si Ton veut mettre sur ce mur des arbres en espalier et leur donner la forme en éventail carré, il faudra, avant tout, placer les branches parallèles dans une position absolument semblable par rapport à l'horizon; sans quoi on ne tarderait pas à voir les branches les plus inclinées diminuer progressivement de vigueur et être complètement anéanties par celles qui, leur étant parallèles, seraient moins penchées. Pour bien établir cette charpente, il faudrait tracer sur le mur un quadrilatère parfaitement parallèle à l'horizon : soit le quadrilatère EFGH! mais, en y inscrivant ensuite la charpente de Tiarbre, on verrait bientôt l'impossibilité de l'y faire entrer tout entière ; ainsi la branche mère I serait beaucoup plus courte que l'autre branche mère B, et la branche sous-mère inférieure J ne pourait pas même être placée; ce côté de l'arbre resterait forcément moins étendu que l'autre qui, absorbant de plus en plus la sève des racines, finirait par Tanéantir complètement.

L'inconvénient que nous venons de signaler dans l'emploi de l'éventail carré pour les murs en pente se reproduirait pour toutes les formes qui présentent deux côtés parallèles. L'éventail oblique échappe à cette cause d'insuccès ; car, les arbres se recouvrant les uns les autres, il n'y a pas de parallélisme à observer entre les branches mères du même arbre, et par conséquent pas d'irrégularités semblables à celles que nous venons de signaler.

Nous pensons donc que cette forme pourra être utilement réservée pour les murs en pente. Les murs ne devront pas avoir moins de 3 mètres : ils pourront, sans inconvénient, être beaucoup plus élevés. L'éventail oblique peut être employé pour toutes les espèces d'arbres ruitiers.

Fig. 286. Pêcher soumis à la forme en éventail à branches convergentes.

Cette disposition n'est pas la seule qui puisse couvrir avantageusement les murs en pente; toutes les autres formes donneront le même résultat, à condition qu'elles n'offriront, comme dans Téventail oblique, qu'un côté au lieu de deux. C'est ce que montre la figure 109, page 160.

Éventail à branches convergentes (fig. 286). — Après avoir reproché à l'éventail carré de Montreuil la direction presque verticale des branches sous-mères du dessus, nous avons essayé d'améliorer cette forme en renversant ces branches les unes vers les autres sur un angle de Zi5°, ainsi que l'indique notre figure. De cette manière elles ne se trouvent guère plus favorisées que les sous-mères du dessous, par rapport à la circulation de la sève. L'équilibre de la végétation est ainsi beaucoup plus facile à maintenir.

Le mode de formation de cette charpente est semblable à celui indiqué pour l'éventail carré de Montreuil.

Cette forme ne pourra être convenablement placée que contre un mur de 3 mètres d'élévation au moins. Mais on pourra, sans inconvénient, l'employer pour les murs plus élevés ; car ici (et c'est encore là un des avantages de cette forme) on n'a pas à craindre, comme dans l'éventail carré, qu'en allongeait beaucoup les branches mères on produise un vide vers le sommet de l'arbre entre les deux sous-mères du centre.

Éventail de Dalhrel [fig. 287). — Pour remplir l'intérieur de l'éventail en V ouvert, M. Dalbret indique le moyen suivant : lorsque les deux branches mères de l'arbre et les branches sous-mères du dessous sont complètement formées, on fait développer, en dessus des branches mères, et un peu au delà du point où naissent les premières sous-mères du dessous, deux nouvelles ramifications principales (A). Celles-ci sont dirigées verticalement et portent seulement à droite ou à gauche un certain nombre de branches sous-mères dirigées parallèlement aux branches mères primitives. Cette forme se rapproche beaucoup de l'éventaij de Dumontier (fig. 276).

Cette disposition présente, selon nous, un inconvénient très-grave ; c'est la position verticale des deux branches mères de l'intérieur. Celles-ci ne tardent pas à absorber la plus grande partie de la sève de l'arbre au détriment des

branches mères du dessous, qui, devenant bientôt languîssan-

ttg, 287. Pêcher soumis à la forme en éventail de Dalbret.

tes, ne tardent pas à périr. M. Dalbret, prévoyant ce résultat,

conseille de remplacer ces branches mères du dessous par celles du dessus qu'on abaissera, et de suppléer à ces dernières par de nouvelles ramifications qu'on fera développer à l'intérieur de l'arbre. C'est le procédé conseillé aussi par M. Lelieur pour remplacer les branches mères inférieures de l'éventail de Dumontier. Nous avons démontré plus haut les vices de cette pratique; les mêmes considérations nous empêchent de conseiller l'éventail de Dalbret.

Toutefois, si Ton croyait devoir en faire usage, oh pourrait choisir des murs plus élevés que ceux qui conviennent exclusivement pour les éventails de Dumontier et en V ouvert; car la position verticale des branches mères de l'intérieur empêcherait qu'il ne se produisît un vide au sommet de l'arbre.

Candélabres. ^ Les formes en candélabre se composent de deux branches mères qui, naissant du même point, tout près du sol, s'allongent horizontalement à droite et à gauche, se redressent ensuite verticalement, et portent en dessus un certain nombre de branches sous-mères.

Candélabres à branches verticales {fig, 288). — Cette sorte de candélabre, décrite par le professeur Thouin, présente des sous-mères qui, naissant à d'égales distances au-dessus des branches ibères, s'élèvent verticalement jusqu'au sommet du mur.

On commence par faire développer à la base de l'arbre deux bourgeons latéraux destinés à former les deux branches mères. Placées d'abord sur un angle très-aigu, ces branches sont abaissées un peu, chaque année, à mesure qu'elles s'allongent; lorsqu'elles ont dépassé en longueur le point où elles doivent se redresser, on les place horizontalement, puis on dirige leur extrémité verticalement. L'année suivante, on choisit sur le dessus de chaque branche mère un nombre semblable de rameaux peu vigoureux, on leur applique l'un des procédés décrits pour les branches sous-mères du dessus de l'éventail de Montreuil (page 391) et l'on en forme les branches sous-mères du candélabre. , Ces dernières ramifications doivent être formées lentement, c'est-à-dire qu'à chaque printemps on doit les tailler assez court, sous peine de voir disparaître les branches coursonnes placées sur les branches mères.

Du Brbuil, FruUs de table. 23

Googk

Fig. 289. Tâcher soumis à la forme en candélabre à branches convergentes.

400 ARBnES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DE TABLE.

11 suffit de jeter un coup d'œil sur Tensemble de cette forme pour reconnaître immédiatement les vices qu'elle présente, en effet, la sève s'élance avec rapidité vers le sommet des branches sous-mères verticales et abandonne les branches coursonnes des branches mères, qui disparaissent bientôt. D'un autre côté, le sommet des sous-mères est trop vigoureux pour se mettre à fruit La base, trop languissante, s'en charge tellement, pendant les premières années, qu'elle est bientôt épuisée et que les rameaux qui les produisent disparaissent. Il ne reste donc de productif que la partie moyenne des sousmères. Toutefois nous avons pu, mais avec beaucoup de soins et en arrêtant sans cesse la vigueur des sous-mères, obtenir de très-beaux pêchers soumis à cette forme. Mais nous pensons néanmoins que les difficultés sont telles, qu'il vaut mieux la réserver pour les arbres à fruits à pépins, qui s'y prêtent davantage. Elle peut être employée pour les murs de toutes les hauteurs.

Candélabres à branches convergentes {fig, 289). — Nous avons tenté d'améliorer la forme précédente en inclinant les branches sous-mères les unes vers les autres sur un angle de Zi5°; puis, pour remplir le vide qui résultait à droite et à gauche de cette inclinaison, nous avons fait développer sur la partie verticale des branches mères les sous-mères A, B, C, D, également inclinées.

Le mode de formation* de cette charpente diffère peu de celui de la précédente. Les branches mères sont obtenues.de la même manière. Où fait naître les sous-mères A, B, C, D, à mesure que l'on allonge les branches mères, et on les place immédiatement sur un angle de 45°. Les sous-mères E, F, G, ne sont prises qu'après la formation complète des premières ; on les incline aussi dès leur naissance, sur un angle de Zi5°.

A l'aide de cette disposition, on remédie à l'inconvénient que nous avons signalé dans le premier candélabre, et l'on peut remarquer que toutes les sous-mères sont dans une position également favorable. Nous considérons cette forme comme l'une des plus simples et des meilleures.

Candélabres à branches croisées {fig. 290). — Nous avons encore imaginé cette autre modification dans le but de remédier aux inconvénients du premier candélabre. Cette

Fig. 29D. Pé:;her soatnis à la formj en candélabre à branches croisées.

forme ne diffère, comme on le voit, de la dernière que par les sous-mères qui se croisent. Afin de remplir régulièrement l'espace occupé par Parbre, nous avons établi une bifurcation au point A.

Cette charpente donne absolument les mêmes résultats que celle du candélabre à branches obliques, et elle s'obtient à l'aide des mêmes moyens. Toutefois nons devons faire observer que, convenable pour toutes les autres espèces d'arbres fruitiers, on ne pourra pas l'appliquer avec avantage au pêcher, à cause de la disposition des sous-mères, qui feraient naître une certaine confusion parmi les bourgeons, ou qui donneraient lieu à une perte d'espace sur le mur, si l'on voulait les éloigner davantage l'une de l'autre pour éviter cette confusion ; c'est ce que l'on voit dans notre figure. Mais, nous le répétons, ces difficultés ne se produiront pas pour les autres arbres à fruits à noyau ou pour ceux à fruits à pépins.

Taille du pêcher en gobelet. — Dans le Midi, où les pêchers prospèrent en plein air, on peut leur donner la forme en gobelet (fig. 291). Cette disposition ne diffère de celle indiquée pour le poirier, page, 133, que par l'intervalle à laisser entre les branches verticales; il est de 0"%60 au lieu de 0"%30 indiqué pour le poirier. D'où il suit qu'il faudra seulement 10 branches au lieu de 20 pour garnir le périmètre. Ces branches sont obtenues à l'aide des moyens employés pour le poirier. Toutefois il conviendra d'abaisser immédiatement les bourgeons à la place définitive qu'ils doivent occuper, et dès qu'ils auront atteint une longueur d'environ 0"%60. Cette opération deviendrait impossible si l'on attendait pour cela que ces productions fussent à l'état de rameaux. Les bourgeons et les rameaux à fruits, qui occupent tout le périmètre de chaque branche, ne sont pas soumis au palissage.

On peut également et par les mêmes moyens appliquer au pêcher la forme en gobelet décrite pour le poirier, page 136, mais en laissant aussi un intervalle de 0"%60 entre les branches de charpente.

Nous venons de passer en revue les principales grandes formes qui ont été imaginées pour le pêcher et qui s'appliquent également aux autres espèces d'arbres fruitiers. Toutes ces sortes de charpentes peuvent présenter de l'intérêt au point

de vue des difficultés vaincues. Mais elles offrent toutes, même la palmette Verrier qui est la moins mauvaise, les graves

Fig. 291. Pêcher soumis à la forme en vase ou gobelet à branches verticales.

inconvénients signalés plus haut pour le poirier, pages l/i2 et 16/i : d'abord les difficultés d'exécution de ces formes, puis et surtout la lenteur du résultat. En effet, les charpentes dont

Fig. 292. Cordon oblique simple appliqué aux pêchers.

nous venons de parler, et couvrant une surface de 16 à 20 mètres carrés, ne donneront leur produit maximum que vers la dixième année après la plantation. Or pour des arbres dont la vie moyenne ne dépasse pas vingt ans, ce résultat se fait trop longtemps attendre.

Nous conseillons donc vivement, pour les pêchers cultivés en espalier ou en plein air, l'emploi des petites formes ou cordons dont il nous reste à parler. Ces sortes de charpentes présentent pour les pêchers des avantages au moins égaux à ceux signalés pour le poirier, pages 171 et 177. Les principales sortes de cordons sont les suivantes :

Taille du pécher en cordon oblique simple^.

(fig, 292). — C'est en 18Zi3 que nous avons appliqué pour la première fois cette disposition aux pêchers de rÉcole d'arbres fruitiers du Jardin des Plantes de Rouen.

On opère ainsi qu'il suit :

On choisit, pour la plantation, de jeunes pêchers d'un an de greffe et ne portant qu'une seule tige (fig, 293>. On les plante tous les 0'»,75, en les inclinant d'abord les uns sur les autres sous un angle de 60 seulement. Lors de la première taille pratiquée l'année même de la plantation, on les coupe à 0'",20 ou 0«»,30 de leur base, au-dessus d*un bouton à bois placé en avant (A, fig, 293). S'il existe quelques rameaux anticipés au-dessous de ce point, on supprime complètement tous ceux de devant et de derrière ; tous les autres sont taillés au-dessus des deux boutons à bois les plus rapprochés de la base.

Pendant l'été, on favorise le développement vigoureux du

Fig. 293. Cordon oblique simple, première année.

400 ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DE TABLE, bourgeon terminal, et Ton applique aux autres bourgeons les soins que nous décrivons plus loin, pour les transformer en rameaux à fruits. Au printemps suivant, chacun des jeunes arbres est constitué comme le montre la figure 29Zi.

Lors de la seconde taille, on supprime sur le rameau terminal le tiers environ de sa longueur totale, en coupant toujours au-dessus d'un bouton placé en avant (A, fig. 29/i). Quant aux rameaux 4 fruit, on les taille et on leur applique le palissage d'hiver, comme nous l'indiquerons bientôt. On continue d'allonger ainsi la tige de chaque arbre en la faisant se garnir latéralement de rameaux à fruit seulement,, et en lui faisant suivre le degré d'inclinaison indiqué d'abord. Lorsqu'elle a parcouru les deux tiers de l'espace qui sépare sa base du sommet du mur, on la couche sous un angle de Zi5°. Les arbres étant placés à 0'",75 les uns des autres, il en résulte un intervalle de 0"%55, mesurés perpendiculairement d'une tige à l'autre. SI l'on plaçait ces tiges tout d'abord suivant ce degré d'inclinaison, on ferait développer trop vigoureusement les bourgeons de là base au détriment du bourgeon terminal. Lorsque ces tiges sont arrivées au haut du mur, l'espalier est terminé, et l'on applique à l'extrémité de chacune d'elles le mode de taille indiqué, pour le sommet des branches de la charpente des autres pêchers complètement formés.

Pour que cette disposition ne laisse pas de vides sur les murs au commencement et à la fin d'un espalier soumis à

Fig. 294. Cordon oblique simple, deuxième année.

cette forme, on commence et l'on termine cet espalier comme l'indique la figure 292, en employant pour cela les soins indiqués pour le poirier (p. 176). On suit d'ailleurs toutes les autres indications données pour les poiriers en cordon oblique (p. 172), et Ton oMient de cette disposition appliquée au pécher tous les avantages signalés p. 177, c'est-à-dire que, contre un mur der 3 mètres de hauteur, la charpente des arbres est terminée vers la fin de la troisième année, et que l'on a, pendant l'été suivant, le produit maximum de l'espalier; or il faut attendre dix ans pour avoir ce résultat avec les grandes formés.

Treiltage pour les pêchers en cordoji oblique, — Le mode de treillage le plus simple et le moins coûteux pour les pêchers en cordon oblique, lorsqu'on ne peut pas faire usage du palissage à la loque, est incontestablement, celui imaginé par M. Thiry, à Paris, et dont nous donnons ici la figure {fig, 295). Voici comment on procède à son établissement :

Fixer en A un fil de fer galvanisé n° IZi, le faire passer sur les clous ronds D et E; le faire descendre et passer sous les clous H et I, le faire remonter et le fixer en L. Placer un nouveau fil de fer en N et continuer ainsi jusqu'à l'extrémité du mur. Ces premières lignes en gros fil de fer, ainsi placées tous les 0,™75 et inclinées sur l'angle de /i5% doivent servir au palissage de la tige de pêcher. Quant au palissage d'hiver des rameaux à fruits et des bourgeons pendant l'été, on y pourvoit au moyen de deux autres lignes de fer n° 10, placées de chaque côté des premières, l'une à 0™,06 de la tige, l'autre à 0™,22. Ainsi l'un de ces fi!s de fer est ^\ë en a; il remonte et tourne sur les clous c et d, descend et -passe sous les clous f et g, remonte, tourne sur les clous * et j, et vient se fixer en L On recommence alors en m, et ainsi de suite, jusqu'à l'extrémité du mur.

Trois lignes horizontales de fil de fer n° 16 sont solidement fixées au point B et supportées, de mètre en mètre, par de petites pattes trouées C, semblables à celles de la page 157. Ces trois lignes horizontales, placées tout d'abord, servent à fixer les lignes obliques à chaque point d'intersection, au moyen d'un nœud fil de fer fin. Toutes ces lignes sont parfaitement tendues à l'aide d'un roidisseur décrit à la page 15* et

Fig, 295. Treillage en fîl de fer pour les pôchors en oordon oblique simple.

placé au point P de notre figure. Cette sorte de treillage revient à 92 centimes le mètre carré, non compris la pose.

Taille du pécher en cordon vertical simple. — 11 conviendra de préférer pour les pêchers appliqués contre des murs ayant U mètres et plus de hauteur, ainsi que nous l'avons conseillé (p. 186) pour les poiriers, la forme en cordon vertical. Dans ce cas, ces pêchers seront plantés à 0'",60 seulement d'intervalle, et leur charpente sera formée avec les soins indiqués pour les poiriers soumis à cette forme.

Le treillage à établir pour cette disposition sera semblable à celui qui précède, avec cette seule différence que les lignes de fil de fer seront établies dans une position verticale.

Taille du pécher en cordon vertical double. — Cette forme, déjà décrite pour le poirier, page 191, peut être également appliquée au pêcher palissé contre des murs ayant au moins 4 mètres de hauteur. Les arbres seront alors plantés à l^SO d'intervalle. Cette disposition présente, pour le pêcher, les avantages et les inconvénients indiqués pour le poirier, page 192. On emploiera le treillage que nous venons de recommander pour les cordons verticaux.

Taille du pêcher en cordons ondulés. — Le pêcher se prête aussi parfaitemet à cette disposition figurée pour le poirier à la page 193. Les jeunes pêchers sont plantés tous les 0'",80. Le treillage devra se composer d'une série de lignes verticales de fil de fer galvanisé n<» IZi, placées tous les 0™,08. Le mode de formation de cette charpente est, d'ailleurs, le même que pour le poirier, page 192. Ces sortes de cordons peuvent être employés pour des murs ayant au moins 3 mètres de hauteur.

Taille du pécher en contre-espalier double, en cordons verticaux simples ou doubles. — Dans les régions où le pêcher s'accommode de la culture en plein air, il y a autant d'avantage à le soumettre à cette disposition que le poirier (Voir la page 164). Toutefois les supports des contreespaliers devront être ainsi modifiés : les poteaux seront placés à 3 mètres d'intervalle, au lieu de 6 mètres, puis ils seront pourvus au sommet de petites potences en fer destinées à sup-

porter des abris (Voir plus loin le chapitre des abris), — Les arbres sont plantés à O^^jôO d'intervalle ou à 1™,20 sur les deux faces du contre-espalier, selon qu'il s'agit de cordons simples ou doubles. Le treillage se compose d'une série de très-petites lattes fixées tous les CSôG sur les lignes horizontales de fil de fer. La charpente de ces arbres, en tout semblable à celle des cordons verticaux palissés contre les murs, est formée à l'aide des mêmes moyens. — Les bourgeons latéraux et les rameaux à fruits qui occupent tout le périmètre de chaque branché ne sont pas palissés.

11 résulte donc de tout ce qui précède à l'égard de la forme à donner à la charpente du pêcher, qu'il conviendra de choisir les dispositions suivantes au point de vue de la rapidité des résultats et de la facilité de l'exécution :

1° Pour les pêchers palissés contre les murs : les cordons verticaux simples ou doubles, lorsque les murs présenteront une hauteur d'au moins 4 mètres; les cordons verticaux ondulés, si les murs s'élèvent de 3 à 4 mètres; les cordons obliques pour ceux de 2"%50 à 3 mètres ; enfin la palmette Verrier pour les murs ayant moins de 2™,50 ;

2° Pour les pêchers cultivés en plein air, le contre-espalier double en cordons verticaux simples bu doubles.

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