CULTURE DU CERISIER DANS LES VERGERS
Dans les vergers, le cerisier reçoit les soins que nous avons recommandés pour le prunier. Ainsi on en forme des quinconces ou on les plante en ligne plus ou moins distantes, en les associant à la culture des céréales ou à celle de la vigne. Seulement la distance à réserver entre ces arbres n'est pas la même ; on peut, sous ce rapport, partager les cerisiers en trois séries : les guigniers et les bigarreautiers, qui prennent de grandes dimensions, doivent être plantés à environ ili mètres les uns des autres; les cerisiers proprement dits, dont la tête s'évase, mais qui s'élèvent moins, seront plantés à 10 mètres. Enfin certaines variétés de cerisiers, comme les cerisiers anglais, se développent naturellement en pyramide; on les greffe d'ailleurs à 4 mètre du sol seulement, afin de hiter la maturation de leurs fruits et d'en faciliter la récolte. Ces arbres, cultivés en grande quantité dans les sols légers des environs de Paris, sont plantés seulement à 6 mètres de distance les uns des autres. Il est bien entendu que ces distances moyennes doivent augmenter ou diminuer suivant le plus ou moins de fertilité du sol.
La tête des cerisiers à haut vent est formée en gobelet comme celle des pruniers. Quant aux rameaux à fruits, on en abandonne aussi la formation et le renouvellement à la nature. Ce que nous avons dit de la restauration des pruniers s'applique également aux cerisiers.
Maladies. — Plusieurs maladies déjà décrites attaquent également le cerisier. Telles sont la jaunisse ^ page 235, la gomme j page 451, et le blanc des racines, page 4^4. Cette dernière altération sévit particulièrement sur les cerisiers greffés sur Sainte-Lucie et qu'on n'a pas plantés avec les soins
CERISIER. 479
indiqués page ^3. On peut prévenir ces altérations ou y remédier à l'aide des moyens indiqués pages dd et /i55.
Animaux et insectes nuisibles. — Les plus redoutables des animaux pour les produits du cerisier sont les oiseaux. On peut les éloigner à l'aide du moyen indiqué plus loin, au chapitre des Raisins de table.
Bon nombre des insectes qui attaquent les espèces précédentes ravagent aussi les plantations de cerisiers. Les insectes suivants dont nous n'avons pas encore parlé sont parfois aussi des ennemis redoutables pour cet arbre.
Bombyx-tête*bleue [Bombyx cœrulescephala). La chenille de ce papillon apparaît en mai et dévore les feuilles des cerisiers et de la plupart des espèces d'arbres fruitiers. A la fin de juin, cette chenille se file un cocon attaché aux branches des arbres et s'y transforme en chrysalide. Le papillon apparaît en octobre et dépose ses œufs sur les branches. Gomme moyen de destruction : secouer les branches avec un bâton, lorsque les chenilles sont engourdies par le froid du matin, puis les écraser sur le sol.
Vponomeulhe du prunier de Sainte-Lucie p^^ gg^
{Yponomeuthapadella){fig,^^l),L'àc\iQrx\i\Q Yponomeuthe de cette espèce enveloppe les rameaux du ^^ saini^Lucie cerisier, comme le fait l'yponomeuthe du pommier, page 283, et ronge leurs feuilles. Elle a les mœurs de cette dernière espèce et peut être détruite à l'aide des mêmes moyens.
Puceron du cerisier {Apfiis cerasi). Mêmes mœurs et même mode de destruction que pour le puceron du pécher, page M8.
Ortalide des cerises [Ortalis cerasi) {fig, 368) . Cette sorte de mouche . apparaît en mai. Elle se pose sur les' jeunes fruits de guigniers et de bi- Fig, 368. Ortalide des cerises, garroautiers et déposo un œuf à leur surface. Elle n'attaque jamais les variétés à fruits acides. Bientôt cet œuf éclôt et sa larve s'introduit dans le fruit, dont elle dévore la pulpe. Les fruits attaqués continuent néanmoins leur développement et arri-
vent à leur maturité. Le ver sort du fruit et s'enfonce dans le sol pour se transformer en nymphe et éclore au mois de mai de Tamnée suivante. Nous ne connaissons pas de moyen de destruction.
Récolte et conservation. — Les cerises ne doivent être récoltées qu'après leur maturité parfaite, aGn que le principe sucré y soit le plus abondant possible; mais on ne doit pas laisser dépasser ce moment, car elles perdent assez rapidement leur qualité.
Dans certaines contrées, et notamment dans le Midi, on conserve les cerises en les faisant sécher comme les pruneaux ; on leur donne alors le nom de cerisettes,
Histoire. — Vabricôtier commun {Armeniaca vulgaris)
{fig 369) fut importé de l'Arménie à Rome, trente ans environ avant l'époque à laquelle Pline écrivait ; Dioscoride fait aussi mention du fruit de cet arbre sous le nom de pomme (T Arménie précoce. On trouve également cet arbre à l'état
Flg- 869. Abricotier-pôche. Fig. 870. Fleur de l'abricotier-pôche.
spontané dans le Caucase, en Chine et au Japon. Cet arbre
ne paraît avoir été introduit en France qu^au commencement du xvi« siècle.
L'abricotier eôt l'objet de cultures assez étendues dans certaines contrées de la France, et notamment en Auvergne, aux environs de Paris et dans le voisinage des grands centres de population des départements du Sud-Oùest et du Midi. Les fruits de cet arbre sont consommés à l'état frais, mais ils le sont plus encore sous forme de marmelades et de pâtes. La ville de Clermont-Ferrand est particulièrement renommée pour la confection de ces conserves.
Variétés. — L'abricotier commun a fourni une cinquantaine de variétés, panni lesquelles nous décrivons ci-après les meilleures. Nous indiquons l'époque de leur maturité sous le climat de Paris. •
Rouge précoce ou Abrieotin. — Mûrit en juiUet. Fruit petit, arrondi ; épidémie jaune, teinté d'un beau rouge du côté du soleil ; chair jaune, juteuse, peu parfumée, parfois un peu musquée. Arbre très-fertile.
De Montgamet ou Alberge de Montgamet. — Mûrit à la fin de juillet. Fruit de grosseur moyenne, peu coloré ; chair de très-bonne qualité ; ne le manger qu'en complète maturité. Feuilles accuminées vers le pétiole. Arbre assez fertile.
Commun. — Mûrit à la fin de juillet. Fruit à peu près rond; épiderme jaune avec des tons rouges, souvent couvert de taches brunes et raboteuses. Chair jaune, un peu ferme et parfumée. Arbre vigoureux et fertile. Employé surtout pour les pâtes et les marmelades.
Royal ou Orange. — Mûrit fin de juillet et commencement d'août. Fruit gros, allongé, comprimé latéralement, d'un beau jaune orangé, taché et tiqueté de rouge foncé et de tons grisâtres. Chair jaune, bien fondante et parfumée. Arbre fertile et vigoureux. Variété obtenue à la pépinière du Luxembourg, à Paris, vers 1815.
Pêche ou de Nancy (fig. 869). — Mûrit en août. Fruit gros, présentant un sillon prononcé, irrégulièrement arrondi, presque entièrement rouge avec de nombreuses petites taches brunes ou noirâtres. Chair d un beau jaune orangé, juteuse, fine» fondante, sucrée et très-parfumée. C'est la meilleure des variétés. Arbre trèsvigoureux et très-fertile.
Jacques. — Mûrit vers le milieu d'août. Fruit moyen, d'un beau jaune doré, rouge du côté du soleil ; chair fine, sucrée, juteuse et parfumée. Arbre fertile d'obtention assez récente.
Viard. — Mûrit en août. Fruit assez gros, jaune tiqueté de rouge-brun du côté du soleil; chair jaune, sucrée et parfumée. Les fruits^ont parfois mûrs d'un côté et verdâtres du côté opposé. Arbre fertile; variété peu ancienne.
Pourret. — Mûrit en août. Fruit gros, d'un jaune orange rougi et taché comme V Abricot-Pêche dont il a les qualités. Arbre fertile. Variété obtenue d'un semis de V Abricot-Pêche, vers 1827, par M. Pourret, pépiniériste.
Nous résumons, dans la liste suivante, ce choix des meilleures variétés d'abricotiers.
Liste des meilleures variétés d'abricotiers.
NOM DES VARIBTés.
ÉPOQUE DE MATURITÉ sous