PÉPINIÈRE SPÉCIALE
partie de la jeune tige si Tétat des racines rend cette opération nécessaire, car tous ces plants sont destinés à être greffés en pied, ou à être recépés pour être greffés en tête.
Pour les arbres qui doivent former des hautes tiges, et qui sont repiqués dans des carrés spacieux, on devra toujours choisir les plus beaux plants, connus par les pépiniéristes sous le nom de baliveaux.
Dans rintérêt de la formation de leur tige, les arbres qui doivent être greffés en tête sont à cet effet recépés deux ans après leur repiquage.
Quelques pépiniéristes ont récemment adopté Tasage de greffer en pied les sujets du pommier ou du poirier francs destinés à former des hautes tiges, au lieu de les recéper. Ils emploient comme greffons certaines variétés de pommiers ou de poiriers d'une vigueur extraordinaire. Us posent des écussons sur les jeunes plants, Tannée qui sait celle du repiquage; puis ils forment la tige de Parbre aux dépens de Técusson. La végétation est si rapide, qu'ils gagnent quelquefois deux ans sur la formation de cette tige, que Ton greffe ensuite en tête. Nous pensons qu*on pourra très-avantageusement remplacer le recépage par ce procédé, mais seulement pour les jeunes plants les moins vigoureux.
Lors du repiquage, on aura dû, si le sol est exposé à la sécheresse, faire emploi des couvertures. Si le terrain est compacte, on remplacera les couvertures par plusieurs binages pratiqués pendant Tété. Lorsque les tiges ont atteint une hauteur et une grosseur convenables, on leur applique les soins indiqués au chapitre des pépinières dans le premier volume de cet ouvrage, pour les disposera recevoir la greffe. Les sujets de cognassier, de douçain et de paradis sont multipliés au moyen diî marcottage en butte ou en cepée. Ils sont ensuite repiqués dans le carré des greffes.
Les sujets de poirier franc destinés à former des arbres à haute tige sont greffés en fente ou en couronne, vers l'âge de cinq à six ans, à 2'»,50 de hauteur environ. Si ces greffes ne réussissaient pas, au lieu de rabattre une seconde fois le sujet, on pose, pendant Tété même, des écussons à œil dormant sur trois ou quatre des bourgeons qui se développent vers le sommet de sa tige tronquée.
i2 ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DE TABLE.
Si le sol de la pépinière est un peu compacte et humide, il pourra arriver qu'en pratiquant la greffe sur les arbres à haute tige, la suppression de la tête donne lieu à des chancres nombreux sur la tige, et cela parce que la sève très- abondante des racines, ne trouvant plus d'issues dans la tète de Tarbre, s'extravasera en perçant Técorce. Pour éviter cet accident, on transplantera les arbres une année avant de les greffer; leur vigueur diminuera, et on pourra les opérer sans inconvénient.
Les individus destinés à former des arbres à basse tige sont greffés en pied à Tâge de deux ans. Les sujets de cognassier, de douçain et de paradis sont multipliés par le marcottage en butte pu cépée et par boutures (voir le chapitre des pépinières dans le premier volume de cet ouvrage). On les greffe en écusson Vitry, Tannée même de leur repiquage, s'ils présentent assez de vigueur; sinon, on retarde jusqu'à l'année suivante, mais alors on peut en outre leur appliquer les greffes en fente ou en couronne.
Les espèces à fruits à osselets, les néfliers, les azeroliers et les cormiers, sont greffées le plus souvent sur l'aubépine. Ce sujet est multiplié au moyen des semis. On leur applique les mêmes soins qu'aux arbres à fruits à pépins greffés sur franc.
Gomme les espaces précédentes, les arbres à fruits à noyau sont tous multipliés au moyen de la greffe. Étudions le mode de multiplication des sujets.
Les noyaux des divers sujets sont stratifiés et semés au printemps, à l'exception des amandes et des noyaux de pêche, pour lesquels on attend que la radicule ait atteint, dans la terre où on les a mis en stratification, une longueur de 0",03 à 0",0/i; c'est seulement alors qu'on les enlève avec soin, et qu'on les sème en lignes dans le carré des greffes, en les plaçant à la distance de 0'",40 environ. A mesure qu'on plante les amandes ou les noyaux de pêche, on rompt une partie de la radicule à peu près à la moitié de sa longueur; cette suppression fait ramifier le pivot immédiatement, et les jeunes sujets sont ensuite transplantés avec plus de succès. En effet, le pivot de la racine de ces deux sujets a peu de tendance à se ramifier, et comme beaucoup de ces plants doivent être greffés l'année