‹ Cours d'arboricultureChapitre 7 sur 83 · PÉPINIÈRE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PÉPINIÈRE SPÉCIALE

même de leur ensemencement, et rester deux ans à la même place, si Ton ne prenait pas le soin que nous venons de prescrire, les racines s'allongeraient beaucoup sans se diviser, et la reprise de ces jeunes arbres deviendrait très-douteuse.

Au bout d'un an de semis, tous les jeunes plants doivent être repiqués dans le carré des greffes, même les amandiers ou les pêchers qui doivent être greffés en tête. Nous exceptons, bien entendu, ceux de ces derniers arbres qui seront greffés en pied; ceux-ci ne doivent être déplantés qu'après un an de greffe.

L'année même du repiquage, s'ils sont assez vigoureux, ou Tannée suivante, tous les sujets destinés à former des arbres à basse tige sont greffés en écusson Yitry ou en écusson Descemet, suivant la forme qu'on donnera à leur charpente. Les amandiers et les pêchers qui doivent former des pêchers à basse tige peuvent seuls être greffés l'année même de leur ensemencement. Les sujets d'amandier, de pêcher et de prunier Mahaleb ou de Sainte-Lucie ne doivent être greffés en écusson que très-tard, vers le mois de septembre. Comme la végétation de ces arbres se prolonge beaucoup, si l'on grerfait au commencement d'août, les écussons seraient noyés par la sève, comme disent les pépiniéristes, et ne reprendraient pas.

Toutefois on pourra écussonner ces sauvageons dès la fin de juillet en opérant de la manière suivante : on pince les bourgeons des sauvageons immédiatement après le greffage, de manière à suspendre momentanément leur végétation. Ceux de ces sauvageons dont le greffage n'a pas réussi en juillet sont de nouveau écussonnés en septembre. On a ainsi deux chances de succès au lieu d'une.

Les sujets d'amandier, de pêcher, de merisier et de prunier, qui devront former des arbres à haute tige, recevront les soins indiqués pour la formation de cette tige au chapitre des pépinières dans le premier volume de cet ouvrage, puis seront greffés en tête en employant, suivant la grosseur de la tige, les greffes en écusson, en fente ou en couronne.

Les mêmes espèces d'arbres fruitiers à fruits à pépins ou à fruits à noyau pouvant être greffées sur des sujets différents, nous indiquerons, en traitant de la culture spéciale de chaque

espèce, le choix que Ton devra faire parmi ces sujets en raison de la variété que Ton aura à greffer, du sol où les arbres seront plantés, ou de la forme qu'on voudra leur imposer.

Les diverses espèces ^* arbrisseaux à fruits en baie se multiplient au moyen des marcottes et des boutures. Il suffit d'une année pour le développement des racines, et on les plante à demeure après ce laps de temps.

Pour les espèces à fruits en noix, multipliées au moyen du marcottage, on procédera au sevrage et à la plantation à demeure au bout d'un an. On suivra pour les semis de ces espèces les indications données pour les amandiers. Quant à la greffe du noyer, nous renvoyons à la culture de cet arbre comme fruit oléagineux dans le troisième volume de cet ouvrage consacré aux vignobles, etc.

Les châtaigniers, qui forment seuls la série des fruits en capsule, peuvent être multipliés au moyen des semis effectués comme pour les amandiers; mais les bonnes variétés, connues sous le nom de marrons^ ne se reproduiraient pas avec toutes leiys qualités, et Ton est obligé de les greffer. On les greffe sur le châtaignier commun, soit en pied, sur des sujets âgés de deux ans environ (c'est le meilleur moyen), soit en tête, lorsque la tige du sUjet est bien formée. On se sert pour cet arbre de la greffe en écusson, et mieux de la greffe en fente anglaise.

Nous donnons, dans le tableau suivant, le résumé des diverses opérations dont nous venons de parler.

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